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Attention, vous êtes filmés ! Suveillance et contrôle assistée par ordinateur, du panopticon au web 2.0.
Un gaydar sur Facebook : dis-moi qui sont tes amis…
Deux étudiants du MIT ont développé un logiciel capable de dire si une personne est, ou n'est pas, homosexuelle, après analyse de son profil Facebook. Sont observés la liste d'amis, leur genre et leurs préférences sexuelles quand celles-ci sont renseignées. Un test effectué sur dix hommes s'est avéré concluant. Les résultats pour les lesbiennes et les bisexuels sont en revanche moins convaincants. Un professeur assistant de l'Université du Texas et l'un de ses étudiants (qui travaillent maintenant pour Facebook) ont pareillement deviné les affinités politiques de sujets après avoir analysé 167 000 profils du réseau Dallas-Fort Worth et les 3 millions de liens qui les unissaient, croisant les données publiées et les listes d'amis. Des chercheurs de l'Université du Maryland ont étudié les informations publiques de membres de Facebook, Flickr, Dogster (réseau social pour propriétaires de chiens) et BibSonomy (site de social bookmarking). En analysant une moitié de l'échantillon, ils ont pu déduire des informations concernant les membres de l'autre moitié : sexe, lieu de vie, race du chien… Les auteurs notent une précision relative des prédictions liées au seul réseau d'amis, mais soulignent à quel point l'appartenance à des groupes peut révéler de significatifs détails de notre existence. L'on imagine aisément à quelles fins ce type d'études pourrait être poursuivi par un régime quelque peu sécuritaire, ou par une administration américaine post 9/11 un peu parano… Google Japan Street View : so kawaii (et légal)Street View, service intégré à Google Maps et Google Earth qui permet de naviguer virtuellement dans les rues de plus ou moins grandes villes du monde, a été lancé au Japon, suscitant quelques réactions émues de Nippons ne souhaitant pas que des photos d'eux-mêmes, de leur voiture ou de leur maison soient publiées en ligne. Une commission dépendant du ministère de l'Intérieur et des télécommunications s'est penchée sur la question et a considéré que les lois sur la vie privée ne sont pas violées tant que Google respecte certaines conditions : effectuer ses prises de vue à faible hauteur, masquer les visages, les plaques d'immatriculation et tout autre élément d'identification, ainsi que les intérieurs de lieux privés. Google Japan a donc produit cette mignonne publicité qui ne manquera pas de rassurer les Japonais inquiets...D'autres problèmes en matière de respect de la vie privée se sont posés dans le reste du monde, comme à Londres où Google a dû supprimer la photo d'un homme sortant d'un sex shop et d'un autre vomissant à la sortie d'un pub. Scarabées téléguidés
Aussitôt dit, aussitôt fait, six électrodes sont posées sur les globes oculaires et les muscles nécessaires à l'envol de l'animal, un microprocesseur, un récepteur radio et une batterie sont accrochés sur son dos. Les signaux électriques envoyés depuis un ordinateur "dirigent" le scarabée : des pulsations à fréquence oscillatoire actionnent les ailes, une courte pulsation les arrête. Une petite décharge sur le flanc gauche pour aller à gauche, une à droite pour tourner à droite. Il s'agit officiellement du premier "wireless beetle system". Les scarabées choisis mesurent de 4 à 8 cm de long et pèsent de 4 à 10 grammes, sont particulièrement endurants et peuvent sans mal porter une caméra et même un détecteur de chaleur…
Lire aussi : Le Feltron nouveau est arrivéEt il est pliable.
Troisième édition, après 2006 et 2007, The Feltron 2008 Annual Report est le résumé en chiffres de l'année passée par Nicholas Felton. ![]() On y apprend, entre autres moyennes, courbes et graphiques, que l'individu a été malade 4 jours, qu'il a pris le métro 545 fois, l'avion 12 fois ou encore qu'il a vu Michael J. Fox une fois. A mi-chemin entre entreprise de paranoïa-hypocondrie et auto-surveillance, le projet continue d'interroger les outils de captation et de publication de nos activités privées. Aujourd'hui conçu "à la main", le Feltron Report demeure la vision pas si lointaine d'une société du contrôle volontaire où chaque donnée chiffrée qui compose notre vie sera automatiquement consignée et/ou rendue publique. ![]() La quête de qui nous sommes, à l'heure de la suprématie scientifique et informatique, doit-elle nécessairement se passer de réflexion et d'imaginaire pour ne se résumer qu'à un étalage de chiffres qui nous sont propres ? Et si jamais on parvenait à consigner vraiment tous les chiffres, toutes les données personnelles d'un individu particulier, est-ce que cet inventaire sera la fidèle représentation de l'individu en question ? Le tout, dans ce contexte, semble encore et toujours bien loin de la somme de ses parties. L'administration Bush : pas si déconnectée ?
Télé-dénonçons discretement (ou presque)Posté par sumoto.iki le 19.11.08 à 20:31 | tags : surveillance
![]() Si votre voisin est un cruel sans-papiers, votre collaborateur de bureau un fervent lecteur des œuvres du Comité Invisble ou votre dernier contact Facebook un dangereux utilisateur des plate-formes P2P, le Ministère de l'Intérieur vient de mettre à votre disposition un formulaire pratique de dépôt de plainte. Malheureusement dans sa v1 ce Pharos (Plateforme d'Harmonisation, d'Analyse, de Recoupement et d'Orientation des Signalements) ne propose qu’un seul type de contenu (Pédophilie ou corruption de mineur sur Internet ) à télé-dénoncer. Petite mise en garde pour les habitués des lettres anonymes écrites avec des machines à écrire obsolètes et postées avec des gants d’un pays limitrophe, toutes les IP des télé-dénonciateurs seront conservées dans un registre (numérique) mis à disposition de la police, la gendarmerie, les douanes, la DGCCRF et Interpol/Europol. Le Ministère du Civisme et de la Dénonciation l’avait rêvé, les services informatiques du Ministère de l'Intérieur l’on réalisé … Méconnaissance facialeVideoSurf ne fonctionne pas, et on en serait presque soulagé. ![]()
Embryon d'infosphèrePosté par Troudair le 17.10.08 à 10:21 | tags : surveillance, réseaux sociaux, internet 2.0, twitter
Cela fait plusieurs décennies maintenant que les écrivains de science-fiction ont décrit l'utopie infosphérique : un réseau accessible à n'importe quel endroit de la planète proposant toutes les données possibles sur tous les lieux possibles.
Pourtant, et malgré l'explosion des réseaux sociaux, bien peu de start-up ont misé sur cet aspect du partage de l'information, et encore moins sur les connexions directes entre monde physique et monde virtuel. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c'est peut-être même Twitter, qui jusqu'à présent, était la meilleure passerelle permettant de faire le lien entre événements vécus offline et le témoignage quasi-instantané de cet événement online. On pourrait disserter longtemps sur cette constatation, et pointer du doigt le fait que bien entendu, la construction des réseaux sociaux s'est faite non pas dans un souci d'altruisme ("je partage une information pour en faire profiter les autres"), mais dans un souci de nombrilisme ("regardez ma vie et dites-moi qu'elle est géniale"). Mais au lieu de se perdre en lieux communs, peut-être vaudrait-il mieux suivre la destinée d'un nouveau site 2.0 qui va à l'encontre de cette tendance. ![]() Pachube vient donc de sortir, et bien plus qu'un réseau social, il s'agit surtout d'un réseau informationnel qui propose, en théorie, de diffuser en temps réel n'importe quel flux d'information généré par un capteur physique. Température, humidité de l'air, taux d'ensoleillement, puissance du vent, mais aussi nombre de dispositifs bluetooth détectés dans une zone donnée, ou nombre de passants qui parcourent un point précis du trottoir, toute donnée est assimilée par le système et publiée en ligne, géolocalisée grâce à Google Maps. Le procédé est techniquement assez simple, mais le résultat forcément monstrueux, car si dans l'immédiat, très peu d'utilisateurs sont connectés et diffusent un nombre de flux assez réduit aux qualités pour le moins conventionnelles, on peut commencer à imaginer à quoi pourrait ressembler un Pachube sur lequel tous les capteurs du monde seraient reliés. ![]() Cette vision serait tout simplement celle dont parlent les cyber-visionnaires, la pure infosphère utopique, Big Brother consenti par des hommes qui l'alimentent et en dépendent à la fois. Mais comme nous le disions plus haut, le 21e siècle ne brillera pas par son altruisme, et il y a fort à parier que Pachube ne trouvera pas beaucoup plus d'utilisateurs qu'il n'en compte aujourd'hui. La mythique infosphère sera donc encore embryonnaire pour quelques décennies supplémentaires, et la publication globale de toute chose en temps réel n'est pas encore pour demain. Ce qui nous amène à une autre question terrifiante : est-ce que finalement, l'idéologie ultra-libérale, nombriliste et égocentrée ne serait pas le dernier rempart contre la surveillance technologique généralisée ? Commentaires ouverts... La riposte non-graduée des artistes Au fond, le débat n'aura jamais vraiment eu lieu.Depuis les honteuses tribunes réactionnaires publiées dans la presse nationale, réunissant musiciens et cinéastes qui s'opposaient au téléchargement, sans même avoir compris pourquoi on leur demandait de s'engager, le Gouvernement avait fini par conclure que la messe était dite, que tout le monde était d'accord et avait programmé le vote cet automne du projet de loi "Création et Internet". Pensez... Cali et Johnny Halliday, Claude Lelouch et Gérard Jugnot, tous d'accord sur un même sujet. Ca n'était pas arrivé depuis la Coupe du Monde 98' et c'était donc suffisament historique pour ne pas réfléchir plus loin. De fait, depuis ce moment, peu avant l'été, le soufflet était retombé et rien ni personne n'avait été en mesure de s'imposer médiatiquement pour expliquer en quoi ce projet de loi était une absurdité, et non le texte miracle qui allait sauver l'industrie audio-visuelle. Hier, ce sont donc nos confrères de Poptronics qui ont mis les pieds dans le plat en mettant en ligne une liste de 86 artistes (plasticiens, écrivains, musiciens, designers, metteurs en scène) farouchement opposés à cette régression intellectuelle sans précédent. La pétition "Téléchargez-moi" explique de la manière la plus simple possible pourquoi ce projet de loi entrave la création, et garantit, à terme, la fin de l'art indépendant et la mort pure et simple de la diversité de l'art en ligne. Car contrairement aux musiciens et cinéastes qui ont signé avant l'été les deux pétitions reprises dans la presse, ces 86 personnes là savent très exactement de quoi elles parlent, puisque c'est leur activité artistique même, ainsi que leur pratique quotidienne, qui se voient menacées si cette loi était votée. Certes l'action pourrait paraître vaine, tant il est évident que les motivations de ce projet de loi ne sont rien d'autre que la création d'un nouvel arsenal répressif mis à la disposition des majors. Que vaut au fond une poignée d'artistes ne passant pas chez Drucker face à l'élite artistique dont le Président français a la fierté de s'entourer (Bigard, Mireille Mathieu, etc) ? Mais si ces questions sont présentes à l'esprit des signataires, d'autres, encore plus concrètes et techniques, sont au contraire pleines d'espoir. Car il est évident qu'aucune structure technique ne pourra jamais stopper l'échange de fichiers, à moins de transformer la France en "Corée du Nord bis". Demander aujourd'hui la libre circulation des oeuvres de l'esprit, réfléchir à des structures légales qui le permette, n'a donc rien de chimérique. Ce serait au contraire traiter aujourd'hui de manière intelligente un fait qui sera inévitable dans quelques années. Ce serait prendre, au niveau juridique, quelques années d'avance, plutôt que 30 de retard... Big Brothers ne vous regarde plus William Lamson aime les ballons. Et il en met partout.Ses installations sont souvent des interventions en milieu urbain ou naturel où l'ajout de ballons de baudruche permet de révéler une façette particulière d'un paysage. Dans notre exemple ci-contre, c'est en l'occurence le jouet d'un enfant innocent qui devient par inadvertance un moyen de lutte contre la surveillance généralisée. Arbre à codes barre Il semblerait que les codes barre n'aient pas fini d'être des inspirations graphiques pour les designers.Après les recherches de Barcode Revolutions, c'est Daniel A. Becker qui s'y colle en transformant les incontournables rangées de traits noirs en musique et en arbres colorés. Son application Barcode Plantage ne fonctionne pour le moment qu'avec des codes barres pré-définis, mais on se prend à rêver d'un système qui permette de percer les secrets de n'importe lequel de ces tatouages d'identité. Un moyen, peut-être pour les artistes d'attirer l'attention sur ces numéros invisibles mais omniprésents, juste avant qu'ils soient imprimés sur autre chose que des objets. Triny Prada et la justiceArtiste franco-colombienne, invitée du festival Vidéoformes à Clermont-Ferrand, Triny Prada a fait les frais, le 12 mars dernier du zèle de policiers clermontois.
La scène, malheureusement trop banale depuis plusieurs mois, est relatée en détails par Loiez Deniel, président du festival, et la version de Gabriel Soucheyre, présent sur les lieux, apparaît elle aussi dans les commentaires de l'article. Plus important que tout, le témoignage vidéo de Triny Prada vient d'être mis en ligne . A la lecture et à l'écoute de ces récits détaillés, on se souviendra bien sûr des grands shows médiatico-démocrates où le candidat Sarkozy, alors Ministre de l'Intérieur, répondait sèchement à un jeune homme accusant les forces de police de violences. A l'époque, les propos du ministre étaient sans ambiguïté, et condamnaient avec fermeté ces comportements, promettant même de s'occuper de ces affaires personnellement... si les faits étaient vérifiés. A-t-on entendu, depuis, à quelles enquêtes ces plaintes publiques ont mené ? Bien sûr que non. Attaquer frontalement une présumée victime, pour enfin ne pas donner suite à ces promesses de justice avait (et a eu) un seul objectif simple, médiatiquement parlant : changer le témoignage en "on dit" et le témoin en menteur. Aujourd'hui pourtant, avec l'affaire Triny Prada, qui survient à peine une semaine après un autre incident du même genre, les victimes ne sont plus de simples "racailles de banlieue" molestées et humiliées, mais des artistes d'un côté, et des étudiants de l'autre. Mauvaise pioche pour les policiers zélés mis en cause, puisqu'une plainte sera en effet déposée auprès du procureur de la République à Clermont. On pourrait se rejouir de ces démarches, tout en souhaitant que la justice autorise encore des recours contre des forces de l'ordre indélicates, mais comme on vient de le dire, il s'agit là d'artistes, intégrés à la vie de leur cité et de leur pays, socialement fréquentables et dignes de confiance a priori. Mais qu'en est-il des autres ? De tous ceux qui sont victimes des mêmes abus mais ne possèdent pas la stature sociale suffisante pour leur permettre d'être de bonne foi a priori ? Outre la constatation que ces débordements scandaleux continuent de se multiplier en France, c'est bien la principale question qui serait à débattre aujourd'hui. La ville de Santa Ana vous informe "Le tag n'est pas une forme d'art ou un moyen d'expression. C'est du vandalisme et de la destruction de propriété privée ou publique."C'est ainsi que commence la page consacrée au graffiti sur le site de la ville de Santa Ana en Californie. Une explication bien utile pour tous les parents inquiets qui ne savent pas très bien ce que c'est que cette pratique étrange et tout à fait nouvelle. "La différence entre le graffiti en tant qu'art et le délit, c'est la PERMISSION !" continue le communiqué, avant de donner quelques pistes pour essayer de savoir si derrière votre enfant ne se cache pas en réalité un dangereux tagger. Un petit fichier .pdf (voir ci-contre) permet ainsi, à l'aide de quelques indices, de débusquer le jeune criminel. Est-ce que votre enfant s'en va le soir avec un sac à dos plein de bombes de peinture ? Est-ce qu'il a dans sa chambre des photos de murs taggés ? Est-ce qu'il possède un cahier d'artiste rempli de tags ? Est-ce que les favoris de son ordinateurs contiennent des adresses de sites consacrés au tag ? Autant d'éléments suspects qui vous permettront, tel un Sherlock Holmes des temps modernes, de mettre à jour la criminelle passion de votre progéniture. Bien entendu, une fois que vous aurez prouvé sa culpabilité, les nécessaires sanctions vous reviennent. Et surtout, ne vous laissez pas attendrir. Peu importe ses explications, ou ses convictions, dessiner des graffitis sur les murs est illégal, point final. On note au passage que pour accompagner cette campagne de répression au coeur du foyer, un formulaire a été conçu par la ville. Si vous réussissez à dénoncer un tagger et que vos informations mènent à son arrestation, la municipalité vous offrira généreusement 500$. Quand on pense qu'en France, le souci majeur des citoyens est leur pouvoir d'achat, ceci pourrait donner des idées à nos dirigeants. Délation = pognon. Quoi de plus simple pour relancer la croissance ? T'as pensé à arroser les plantes ? Devant Botanicalls, on reste à nouveau sans voix.Pour faire vite, le site propose un système de capteurs qui surveillent la santé de vos plantes. Humidité, engrais ou lumière sont ainsi analysés et en cas de carence, la plante... vous passe un coup de fil. Plus la peine de se fatiguer à connaître les besoins spécifiques de chaque espèce, ni d'essayer de comprendre les symptomes du manque, un ordinateur est là pour le faire à votre place. Les créateurs du système annoncent avec le plus grand sérieux (quoique) que l'objectif est d'améliorer la communication entre les hommes et le monde végétal. Un mode d'emploi vous permet même de concevoir seul votre propre système de surveillance botanique. Alors de deux choses l'une : - soit ce site est un beau canular très ironique qui cherche à alerter sur le danger de notre dépendance technologique. Et là, bravo. - soit tout ça est vrai et sincère, auquel cas on est face à un nouveau développement du mouvement de déresponsabilisation qui voudrait qu'on délègue de plus en plus à la technologie nos connaissances, ainsi que nos devoirs. Parce qu'on peut s'émouvoir de ces plantes qui envoient des sms, mais ceci au fond n'est rien d'autre que la suite logique du développement de systèmes de "surveillance" comme les balises GPS dans les cartables des enfants ou les capteurs de mouvement aux abords des piscines qui nous permettent de boire l'apéro tranquille. "Surveillance", entre guillemets, car dans ces quelques cas, on ne parle pas de Big Brother, mais de son exact contraire, c'est à dire de dispositifs techniques conçus pour justement nous empêcher de surveiller, nous éloigner de notre esprit critique et au fond nous éviter de penser par nous-mêmes aux concepts d'ordre et de morale, dès lors considérés comme figés et immuables. Problème : s'ils sont figés dans leur acceptation actuelle, et que la technique leur apporte sa puissance froide, alors le monde technologique qui se profile en devient bien plus inquiétant que le pire cauchemar d'Orwell. Portrait sonique Après les mails, nouvel exploration du portrait assisté par ordinateur réalisé par Marcin Ramocki.Sur une grille de lecture d'échantillons MIDI, l'artiste a dessiné son visage. Ca paraît simple et inutile, mais en y réfléchissant, peut-être que dans leur quête du système de reconnaissance biométrique parfait, les sociétés de surveillance dans lesquels nous vivons finirons par nous assigner une mélodie personnelle à chacun, comme un code ADN musical. Et on sera fliqué, observé, prisonnier, mais ce sera si poétique ! Cartographie extrêmePosté par Troudair le 29.12.07 à 11:11 | tags : cartographie, dissidences, environnement, shopping, surveillance
Quand Darwin évoque la possibilité que toute vie sur Terre est liée par un enchaînement complexe de causes et d'effets, la vision du monde s'en est trouvée bouleversée.Et ce fut le début de la grande époque des synthèses, dont nous ne sommes pas sortis, et qui en quelques coups de crayons, entend expliquer chaque chose au travers de leurs rapports et interconnexions. Deux sites pour illustrer ce grand mouvement synthétique plein de diagrammes, graphiques et autres schémas globaux passionnants. D'abord HistoryShots, grâce auquel, pour 30$ environ, vous pourrez vous payez des reproductions de graphiques géants expliquant aussi bien l'histoire des partis politiques aux Etats-Unis que la généalogie de la musique pop-rock. Certains de ces diagrammes sont récents, d'autres remontent au 19e siècle, mais que ce soit pour leur intérêt esthétique ou historique, chacun d'eux vaut largement l'investissement. Ensuite, un beau coffret édité par le Journal of Aesthetics Protests, l'Atlas de cartographie radicale, qui regroupe une dizaine de cartes militantes grâce auxquelles vous apprendrez les chemins les moins couverts par des caméras de vidéo-surveillance à New-York, ou encore la carte mondiale de la mécanique capitaliste. Conçues par des pointures, chercheurs et activistes du monde entier, ces cartes sont de véritables outils de travail à destination des militants (surtout américains) qui synthétisent des problèmes sociaux ou environnementaux précis et tentent d'y apporter des solutions claires. Dernier exemple avec la carte du cycle de l'eau à Los Angeles, justement sous-titrée "comment il est, comment il devrait être et sera un jour." Les policiers sont les amis des enfants
![]() 800 de ces charmants gyrophares-lapins ont été commandés par la préfecture d'Osaka afin d'équiper les véhicules de police patrouillant près des écoles. Créés par la société Patlite, spécialiste du gyrophare en tous genres, ils ont pour but d'émerveiller les tout petits, trop souvent impressionnés par les opérations de police musclées. Ou pour faire plus simple, ils permettent juste de savoir très exactement qui sont les gentils et qui sont les méchants. Comme quoi, les descentes de police à la sortie des écoles ne sont pas une exception culturelle française !
Détecteur de sourire Les technologies de surveillance étaient censées ne pas avoir d'âme.Elles sélectionnaient, bêtement, des visages, des empreintes, les formes significatives de nos iris, avec une froideur toute mécanique. Et déjà, ça faisait peur. Pourtant, de plus en plus, les systèmes biométriques tentent de quitter le domaine de la sécurité pure pour faire des incursions dans l'humain. C'est ce que nous apprend le magazine Technology Review en présentant une mise à jour du logiciel de reconnaissance faciale OKAO Vision, qui peut désormais identifier... un sourire. Dans la pratique, cette révolution a plusieurs applications, toutes assez effrayantes, la première étant la conception d'appareils-photo intelligents. Au moment du cliché, certains appareils SONY déjà équipés d'une technologie similaire, sont en effet capables de sélectionner l'instant précis où le sourire du sujet photographié est le plus avantageux. Finies les photos où votre beau-frère tire la gueule au moment où tout le monde dit "Ouistiti". Finies aussi les paupières à demi-fermées qui vous font ressembler à un toxico au stade terminal. Grâce à ce logiciel, notre mémoire, celle qu'on fige sur les photos, sera une mémoire joyeuse, et le passé, cet instant désormais perdu où tout le monde souriait. Le hasard, l'erreur, à la base de nombre de réflexions artistiques, tendrait donc à disparaître au profit du propre, du lisse et de l'esthétiquement parfait, et le Manuel de la photo ratée deviendrait un objet incongru sans plus vraiment de signification. Pire encore, dans un monde de surveillance globale, d'obligation de bonheur et d'interdiction de déprime, tel qu'il commence à se profiler, les machines pourront bientôt repérer dans la rue les contrevenants. Dans ce monde, vous serez jugés pour ne pas afficher un assez beau sourire, jetés en tôle pour n'avoir pas été heureux, ou tout simplement virés pour n'avoir pas assez souri à vos clients. Car ça, c'est pas de l'anticipation. L'une des applications affichées du logiciel, comme le dit l'article, est en effet d'aider à la formation des professionnels des services clientelle. D'ici à ce que la méthode s'échappe des stages de formation pour surveiller en temps réel le sourire des employés, il n'y a qu'un pas, que Big Brother, on lui fait confiance, ne tardera pas à franchir. (Auto)Surveillance des foulesPosté par sumoto.iki le 31.10.07 à 02:13 | tags : cartographie, réseaux sociaux, surveillance, wikipedia
Largement inspiré des deux mashups Twittervision et Flickrvision, WikiPediaVision permet d’observer en temps réel toutes les modifications faites sur Wikipedia canal english. Dans le même créneau de visionnage instantané des agissements (inter) connectés de cette très en vogue "Sagesse des foules", Ask500People offre une carte dynamique localisant tous les participants à des sondages goupillés par les utilisateurs du service. Ces différentes applications font appel à l’API de Hostip.info autorisant le géotracement des positions de chaque internaute grâce à une base enrichie par de sympathiques contributeurs qui apprennent au programme à être plus précis dans son repérage géographique. Amusant de constater que le crowdsourcing engendre sa propre Biométrie pour chats, fleurs et téléphériques
Public Secrets![]() Surveillance, désobéissance, appel à la vigilance![]() ![]() Le (profond) dessous des cartes
EnGouglés jusqu’au cou Couplée à EPIC 2015, film d’animation de Robin Sloan et Matt Thompson, cette nouvelle de Doctorow pourrait très bien finir en script de commande de la Regency Entreprises à David Fincher.
5 ou 6 minutes avant apocalypse Réjouissons-nous l'ACLU (American Civil Liberties Union), principale association de lutte pour les libertés civiles aux États-Unis, vient de mettre en place une horloge spéciale société de surveillance. Largement inspirée de l'horloge de l'apocalypse, elle indique un permanent 23:54, soit six minutes avant un contrôle totalitaire absolu. Pour mémoire : la très conceptuelle Doomsday Clock a été créée en 1947 par une poignée de scientifiques de l'Université de Chicago et utilise l'analogie du comptage de minutes restantes avant minuit pour caractériser les menaces qui pèsent sur nos sociétés (proliférations des armes nucléaires, dérèglements climatiques, risques industriels,...). Elle indique, à cette heure précise, 23:55.
Point positif : le décalage d'une minute entre la Surveillance Society Clock et la Doomsday Clock devrait voir l'humanité disparaître avant la prolifération irrémédiable d'un univers sécuritaire orwelien généralisé. |
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