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Neda, symbole de la révolution iranienne

Posté par Easywriter le 22.06.09 à 18:27 | tags : politique

Neda Agha-Soltani sera probablement à jamais l'ultime symbole de la révolution iranienne.
Cette jeune femme de 27 ans aurait été la victime des miliciens d'Ahmadinejad lors d'une manifestation samedi à Téhéran. Selon un blog de The Atlantic, il s'agit d'un bassidji à moto, un volontaire iranien d'une milice proche des Gardiens de la révolution islamique. Neda meurt devant les caméras en moins de deux minutes. La jeune femme est avant tout le symbole de l'incroyable violence des autorités iraniennes face à la contestation.
Mais des victimes il y en a d'autres, le bilan grossit chaque jour et les vidéos témoignant de la sanglante répression ne manquent pas. Apparemment, la jeune femme ne participait pas directement à la manifestation mais était coincée dans un embouteillage avec des amis.

Pourtant la mort de Neda a fait l'objet de centaines d'articles outre-Atlantique. La jeune étudiante en philosophie représente à la fois l'engagement des femmes dans la révolte en cours mais aussi toute la jeunesse d'un pays dont près des deux tiers des habitants ont moins de 30 ans.
Elle s'intéressait aux langues étrangères et au tourisme, ce qui fait d'elle également le symbole du cosmopolitisme d'une certaine jeunesse iranienne, connectée et nomade.
Car enfin, Neda incarne aussi une révolution dont on est informés massivement par les réseaux sociaux et autres outils de partage utilisés par les manifestants.

Vidéo visible ici : Attention, cette vidéo contient une violence susceptible de choquer.

(Post mis à jour le 23/06 à 11h18)

 

 





#IranElection : du journalisme de liens superfiltré

Posté par Jordan le 22.06.09 à 14:10 | tags : twitter, politique

Difficile pour la presse de couvrir les évènements iraniens, les reporters étant cordialement invités à ne pas quitter leur chambre d'hôtel. Déficit d'information d'un côté, mais profusion des sources de l'autre : des milliers d'Iraniens enregistrent, téléphone portable à la main, les images des manifestations, et tweetent le fil de la protestation.

Difficile pour nous d'y voir clair, d'identifier les falsifications, les manipulations, de faire le tri tout simplement.

Robin Sloan nous aide avec Super-filtered #IranElection info for the easily overwhelmed, page web centralisant les informations publiées par quelques sources "fiables".

C'est peut-être cela, l'avenir du journalisme finalement. Un site par sujet, un flux par évènement. Je m'intéresse à l'Iran, j'ajoute le module #IranElection dans mon Netvibes, qui ne disparaitra pas de mon agenda médiatique tant que je ne le remplacerai pas par des lolcats.






Un livre sur le Blackberry d'Obama

Posté par Jordan le 11.06.09 à 23:51 | tags : politique

Barack Obama a la vilaine manie de copier Nicolas Sarkozy. De son slogan, Yes We Can, traduction directe d'Ensemble, tout est possible, à la réplique éhontée de la webTV présidentielle, le locataire de la Maison Blanche manque d'imagination et trouve l'inspiration chez son homologue français.

Comme ce dernier, il affiche donc sans complexe un attachement particulier à son téléphone portable, un über-Blackberry en l'occurrence.

 

Tandis que le phénomène n'aura sucité en France que moqueries faciles, et accessoirement stimulé la créativité d'un facétieux journaliste du Nouvel Observateur, il est aux États-Unis l'objet d'un livre écrit par Kasper Hauser. L'auteur d'Obama's Blackberry, un poil satirique, invite ainsi le peuple américain à découvrir les coulisses du bureau ovale 

 

Le site www.firstblackberry.com permet de consulter quelques-uns de ces échanges de "first" SMS.

 



G20, Europe et Sarkozy en quelques points

Posté par Jordan le 07.04.09 à 10:46 | tags : politique, twitter

Neoformix a mis au point un petit système de visualisation des occurrences sur Twitter dans des diagrammes de Venn.
Ici à l'étude : Obama, Brown, Merkel et Sarkozy au G20. Il apparaît clairement sur la première figure (cliquez pour agrandir) que le monde s'intéresse assez peu au président français, et encore moins au couple franco-britannique. Sur la deuxième, on s'aperçoit que le couple franco-allemand suscite plus d'intérêt, mais au regard des mots associés l'on se rend compte que le sujet passionne essentiellement outre-Rhin. Sur la troisième figure enfin l'on visualise assez bien les carences de l'unité européenne, le premier mot associé aux trois dirigeants étant… "Obama".

 

 

La valeur de ces conclusions micropolitiques étant tout à fait nulle, je vous invite à tester d'autres mots amusants sur TwitterVenn.




Cracher sur Hadopi dans le temps et dans l'espace

Posté par Jordan le 02.03.09 à 20:28 | tags : politique, hacktivisme

Les débats sur la loi Création et Internet, qui doit entre autres instituer la riposte graduée, animeront l'Assemblée dès après-demain. Les internautes sont majoritairement contre, et ont envie de le dire. Ils le diront donc, et ce majoritairement sur Twitter, outil presque majeur de micro-communication qui a au moins le mérite de limiter les trolls à 140 signes (et du coup de stimuler leur créativité, permettant ainsi la mutation vers une nouvelle race de trolls, aussis redoutables que concis).

Des personnes prévoyantes de Politechnicart ("laboratoire universitaire autonome en lutte et agence de communication en devenir") ont donc mis en place une plateforme "persistante, pervasive et située" de "débat participatif géolocalisé en temps réel contre l’Hadopi", autrement dit un mashup des API de Google Maps, Twitter et de la librairie javascript Timemap, qui traque dans les conversations le hashtag #hadopi.
On note qu'il s'agit d'un "débat" "contre", donc supporters de Christine Albanel et groupies de Frédéric Lefebvre merci de vous abstenir. On note aussi qu'il s'agit d'un laboratoire universitaire futur agence de com, donc… Rien, on le note, c'est tout.
API’s vs. Hadopi (c'est le nom de la plateforme) diffusera également les débats.

Related : Hadopi qu'en pense l'Europe ? Sur Tempus Fugit, le blog société




Téléchargement : Luc Besson se fait corriger (deux fois)

Posté par Jordan le 18.02.09 à 12:22 | tags : politique

Luc Besson publiait récemment dans Le Monde une virulente tribune contre le piratage et plus particulièrement contre les sites de streaming.
Parmi beaucoup de bêtises, le réalisateur/producteur/scénariste, dont les talents étaient récemment mis en lumière par Mozinor, avoue n'avoir que des connaissances en droit "limitées".

Maître Eolas ne s'est donc pas fait prier pour le corriger. Et c'est douloureux.
Malheureusement il est trop tard. Friand d'imprécisions juridiques, gourmand de vilipendes numériques, avide de déclarations à l'emporte-pièce et d'effets d'annonce qui sont probablement la plaie la plus infectieuse de l'ère sarkozyste, le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a immédiatement demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire sur ce "piratage industriel"...

Notons que Luc Besson mettait aussi en cause les annonceurs présents sur les sites de streaming, parmi lesquels PriceMinister. Son co-créateur Pierre Kosciusko-Morizet a immédiatement souligné la manifeste méconnaissance du sujet dont témoigne le papa d'Europa Corp, donnant ainsi raison à sa sœur Nathalie (notre nouvelle secrétaire d'État à la prospective et au développement de l'économie numérique), qui rappelait ce week-end l'imperméabilité totale entre les intérêts familiaux et ceux du gouvernement. Dommage.

 

EDIT du 18/02/09 : Une indispensable mise à jour de ce billet pour vous recommander à nouveau la lecture du blog (particulièrement drôle aujourd'hui) de Maître Eolas : l'avocat n'a pu s'empêcher de réagir aux propos de Frédéric Lefebvre, qui en rajoute et s'enfonce pitoyablement dans les colonnes de 20minutes.
Comme écrivait récemment Jean-François Couvrat : "On peut évidemment en ricaner. On peut aussi s’interroger." Frédéric Lefebvre peut-il décemment porter la parole du parti majoritaire "si des chiffres frelatés fondent son diagnostic", "si le n’importe quoi nourrit sa réflexion et son discours", s'il connaît aussi mal les sujets auxquels il prétend s'intéresser ? Tant que ça ne choque que ces sagouins d'internautes…

Related :  Lire un article sur  le procès The Pirate Bay

               Consulter le guide Vidéos, téléchargements et streaming vidéo




Nos amis les mots

Posté par Troudair le 03.02.09 à 10:00 | tags : flash, politique
Les mots naissent, s'accouplent, et disparaissent.
Chaque année, si les dictionnaires présentent fièrement leurs nouveaux ajouts, on parle beaucoup moins de tous les mots exclus pour leur faire de la place.
Inutilisés, incompris, et finalement abandonnés, des quantités de mots tombent ainsi aux oubliettes du langage.

Savethewords se propose donc de lutter pour la sauvegarde des mots oubliés (de langue anglaise).
Sur ce site, vous trouverez une quantité de mots anglais accompagnés de leur définition, et vous aurez la possibilité d'en adopter un, c'est à dire de vous engager à l'utiliser massivement. A force d'usage, et bien souvent d'explications dispensées par vos soins à vos interlocuteurs interloqués, vous contribuerez ainsi à réhabiliter votre mot adopté, et qui sait ? Peut-être finira-t-il par réintégrer le dictionnaire.

D'un point de vue plus politique, on s'étonne un peu de voir que le projet est proposé par Oxford Fajar, la filiale malaisienne de la prestigieuse maison d'édition Oxford University Press. D'autant plus qu'on peut lire sur leur site que cette filiale a été créée l'année même de l'indépendance de la Malaisie, au moment justement où ces territoires se détachaient de l'influence coloniale britannique.

Visiblement, avec l'omniprésence de la langue anglaise et le travail d'édition massif proposé par Oxford Press (spécialisé dans les manuels scolaires traduits en langue locale), la puissance des mots, et plus généralement de la langue, a joué un rôle allant bien au-delà du souci économique. Oxford Fajar, de toute évidence, a contribué depuis près de 50 ans, à préserver la langue anglaise, et plus généralement la culture et l'enseignement britannique sur des zones du Commonwelth théoriquement indépendantes.

En filigrane, savethewords s'avère donc être le reflet étonnant d'une problématique plus générale.
Sauvez les mots oubliés, certes... mais surtout, sauvez une langue dont la suprématie pourrait être remise en cause.



L'administration Bush : pas si déconnectée ?

Posté par Jordan le 27.01.09 à 12:53 | tags : politique, facebook, flickr, surveillance

Les technophiles du monde entier rêvent de l'über-Blackberry à 3500$ de Barack Obama et saluent l'arrivée au pouvoir d'un président connecté (un "Franklin Roosevelt 2.0", selon The Huff) qui compte tirer profit des nouveaux outils utilisés pour sa campagne.
Mais sont-ils si "nouveaux" ? L'administration Bush était-elle si has-been ? Détrompons-nous, et n'en profitons pas pour noircir le bilan déjà bien terne de W.. Pendant les huit années que ce denier a passées au pouvoir, le web a permis : à l'Institut national de la propriété industrielle américain de faire du crowdsourcing pour examiner les demandes de brevets, à la bibliothèque du Congrès de partager des collections et documents sur Flickr, au FBI de diffuser ses widgets, qui font fureur sur la blogosphère patriote et/ou sécuritaire, au Département des Affaires Étrangères d'avoir sa petite encyclopédie interne, Diplopedia - histoire de vérifier avant une interview qui gouverne le Pakistan, et si c'est un méchant -, ou encore à la CIA de recruter sur Facebook.
Initiatives louables mais pas toujours appréciées, d'aucuns s'insurgeant par exemple contre la présence de l'agence de renseignements sur le réseau social (CIA out of Facebook). Tandis que d'autres posent la vraie question : Who needs the CIA when you have Facebook!




Le robots.txt d'Obama

Posté par Gflu le 21.01.09 à 14:00 | tags : politique

L'équipe de Barack Obama a sans aucun doute le génie de chuchoter à l'oreille des nerds. Le blog de Jason Kottke nous apprend que le fichier "robots.txt" de la Maison Blanche a été modifié aujourd'hui. Kesako, robots.txt ? C'est un fichier "placé à la racine d'un site web, permettant au webmestre d'indiquer les ressources du site qui ne doivent pas être prises en compte par certains ou par tous les robots, tout en restant accessibles par les navigateurs" (Wikipedia). Les ressources listées n'apparaissent donc pas dans les moteurs de recherche. Au temps de George W. Bush, ce fameux fichier robots.txt ressemblait grosso modo à quelque chose comme ça :


Un simple aperçu... puisque la liste des fichiers exclus s'allongeait sur 2400 lignes ! (liste complète ici).

Avec Barack, le robots.txt du site Whitehouse.gov se résume à deux petites lignes :

Traduction informatique : les moteurs de recherche peuvent parcourir tout le site, sauf les "fichiers inclus" (cela pour ne pas doublonner les textes déjà crawlés dans les pages principales).
Traduction politique : avec Obama, on ne vous cache rien on vous dit tout.

Un geste plus symbolique qu'autre chose, et que seuls les nerds les plus irrécupérables auront perçu. Seulement voilà, à l'époque de Digg et de Twitter, les nerds sont des faiseurs d'opinion qu'il faut soigner... si possible à coups de signaux cryptiques ou de messages pour initiés. Quoi qu'elle en dise dans Le Monde - "J'ai inspiré Obama et ses équipes nous ont copiés" - Ségolène Royal a encore une marge de progrès importante.



Copains d’pouvoirs

Posté par sumoto.iki le 19.01.09 à 23:12 | tags : réseaux sociaux, facebook, politique
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A quelques heures du changement de propriétaire de la Maison Blanche (il vous reste un peu de temps pour peaufiner le discours d’investiture d’Obama), LittleSis permet d’appréhender toutes les relations qui se nouent entre personnalités des mondes politique et du business. Fraichement sorti des cartons de la Sunlight Foundation, qui a déjà menée une vaste campagne de transparence sur l'utilisation de l'argent public aux Etats-Unis, ce trombinoscope alimenté par des citoyens scrupuleux donne à pister toutes les dérives du et des pouvoirs.




Diffamation sur le net : vive les médias autorisés !

Posté par Gflu le 14.11.08 à 23:35 | tags : blogs, médias, politique
Peut-être êtes-vous comme moi passés à côté de cette info : le Sénat veut étendre à un an le délai de prescription des faits de diffamation sur le web. D'une grossièreté inouïe envers le petit peuple du net, les sénateurs font en outre le distingo entre sites issus de médias traditionnels « régulièrement déclarés ou autorisés », et blogs ou médias « informels ». L'ami Davduf décrypte et démonte avec brio ce projet de loi dans le dernier édito vidéo de Mediapart.
Permettez, messieurs qui défendez cette loi, que je vous traite un bref instant de galapiats pétochards et décérébrés. En attendant que vous reveniez à plus de raison.
(de toutes façons vous n'avez pas le choix : c'est ça ou on traîne le Nouvel Obs devant le Conseil de la concurrence pour monopole sur les SMS truqués, avant de se saborder à coup de jurons déplacés)



Le blues d'après-campagne

Posté par Troudair le 14.11.08 à 07:49 | tags : environnement, loufoque, politique, vidéo
Peut-être en avez-vous entendu parler : les Etats-Unis ont élu un nouveau président.
Voilà, c'est fait. Le 20 janvier prochain, Barack Obama entrera à la Maison Blanche et sera à la tête de la nation la plus puissante du monde.
Pour atteindre cette objectif ultime, il a dépensé des sommes colossales en déplacements et surtout en communication. Ainsi, les petites pancartes résistant aux intempéries ont poussé depuis plusieurs mois dans les jardins. Il s'agissait de l'objet militant le plus simple et le plus visible. Sauf qu'aujourd'hui, et maintenant que tout est fini, que faire de ces bouts de plastoque qui appellent à voter pour un Président déjà élu (ou pour un perdant confirmé) ?

Poser devant ?


Oui, mais enfin, une fois que c'est fait ?

Et bien nos confères des Fourmis ont trouvé la solution et proposent ainsi un guide en images qui vous permettra de transformer ces panneaux désormais inutiles en belles petites maisons colorées pour nos amis les oiseaux. Car l'hiver arrive et tous les abris sont bons pour nos petits compagnons volatiles.


Enfin, si aucune de ces solutions ne vous convient, il reste toujours la bonne vieille méthode...




Dingbats et profil bas

Posté par Troudair le 06.11.08 à 07:55 | tags : design numérique, politique
La gêne était palpable hier, dans les locaux de Fluctuat.
Tandis que derrière les vitres blindées de la salle de rédaction, des cris de liesse se faisaient entendre, nous nous dépéchions de décrocher les affiches grandeur nature de John McCain et de gratter au cutter les autocollants "No, sucker, you can't !" solidement fixés au dos de nos écrans plats 45 pouces.
L'inconcevable s'étant produit, le temps était désormais venu de faire profil bas, au moins pendant quatre ans, et de se consoler en se disant que peut-être, le gouvernement Sarkozy proposerait l'asile politique au sénateur républicain, comme il l'avait fait pour ces sales communistes de FARC.

Mais en attendant ces bonnes nouvelles qui tardaient à venir, nous devions nous fondre dans la masse, ne pas faire de vague, faire le dos rond, bref, redevenir la cellule dormante que nous avions momentanément cessé d'être. Et afin de parfaire notre camouflage et ne pas attirer l'attention, la première opération consistait à relooker nos fonds d'écrans et notre bureau Windows pour éviter qu'un invité quelconque de passage dans nos locaux ne mette à jour notre espoir politique brisé.


Si comme nous, vous avez hâte de vous planquer, rendez-vous sur le site de l'admirable designer Jeff Domke qui a conçu cette fabuleuse série de dingbats True Type à base de têtes d'Obama.
Grâce à celle-ci, vous pourrez idéalement coder vos messages pro-républicains dans des fichiers qui ressembleront à des apologies du nouveau locataire de la Maison Blanche.
Et rendez-vous dans quatre ans, bloody yankees !



John McCain a gagné... sur Google

Posté par Troudair le 05.11.08 à 08:34 | tags : google, politique, vidéo

Enfin... Google ne fait pas grand chose, mais les utilisateurs de Google, eux, font exploser les compteurs.
L'événement n'est certes pas comparable au 11 septembre 2001, où le réseau était tout simplement tombé en rade, assomé par une surcharge à laquelle il n'était pas préparé, mais la déferlante en dit long sur l'état d'esprit des Américains aujourd'hui.

McCain se résigne
Un coup d'oeil à GoogleTrends nous apprend en effet que sur les 100 requêtes anglophones les plus consultées du moteur de recherche, 47 concernent de près ("Qui a gagné ?") ou de loin ("Obama sera-t-il assassiné ?") l'élection présidentielle américaine. La tête du classement, contre toute attente, revient pourtant au sénateur John McCain, dont le "concession speech" (la reconnaissance de défaite) est le plus recherché. Républicains qui n'arrivent pas à y croire ou Démocrates qui souhaitent jubiler ? Les chiffres ne nous diront rien de plus sur cette surprenante première place, alors que l'acceptance speech d'Obama n'arrive pour sa part que 4e.

La proposition 8
Autre surprise du classement, on découvre à la deuxième place des recherches l'étrange "Did prop 8 pass".
Pour comprendre cet engouement pour une loi locale de Californie, il faut savoir qu'en plus de voter pour leur président, les californiens devaient se prononcer sur la fameuse proposition de loi n°8, qui inscrivait dans le marbre qu'un mariage était "l'union d'une femme et d'un homme". La campagne a fait rage ces dernières semaines, et le résultat du scrutin s'avère bien plus serré que celui du locataire de la Maison Blanche, ce qui explique cette position au classement. Car si tout le monde sait que Barack Obama sera le prochain président des Etats-Unis, aucun résultat n'est encore tombé sur ce réferendum qui pourrait réduire à néant les lois libérales sur le mariage en Californie. Elire un Noir à la Présidence, oui, mais autoriser le mariage gay, faudrait pas exagérer !

CNN entre dans le futur
La chaîne d'info en continu a bien choisi son moment pour rendre public son dernier gadget technologique. La question "cnn hologram" se hisse en effet à la 40e place et réussit son buzz.
Cette nuit en effet a été présentée cette formidable révolution du duplex quand le présentateur a invité sur son plateau... un hologramme.

A ceux qui ne voient pas vraiment la différence entre cette "prouesse technique" et la présentation de la météo, ne vous inquiétez pas, c'est normal...

Qu'en pensent les Français ?
Et oui, c'est bizarre, mais il semblerait que dans leur quête de reconnaissance mondiale, les Américains aient à coeur de connaître l'avis des Français sur le résultat de cette élection. A la 59e place, on trouve ainsi la requête "Paris newspaper" et à la 77e "french news", tandis que "german news" arrive 93e et "london times" 48e. "Pourquoi nous détestent-ils autant ?" disait la presse américaine en 2002. Aujourd'hui, on peut penser qu'une des clés du vote Obama aura été la reconquête de l'aura internationale des USA. "Les années Bush, c'est fini. On a changé, et on espère que vous avez remarqué." C'est ce que semble dire aujourd'hui le peuple américain.

Conspiration !
Pour finir, forcément, on trouve aussi dans ces requêtes les premières rumeurs de conspiration dont seul le web a le secret. A la 44e place, le flippant "obama antichrist" nous laisse présager de belles années illuminées du côté des ultra-catholiques pétés au casque, tandis que l'oxymorique "obama kkk" parvient à atteindre la 67e place sans qu'on sache vraiment si les internautes étaient à la recherche d'un lien secret entre le sénateur et le gang des capuches pointues, ou bien s'ils voulaient simplement connaître l'opinion des leaders racistes sur le résultat de cette élection.

Cassoulet ?
Et en bonus, l'intrus du classement, en forme d'énigme culinaire. A la 53e place, trône fièrement le mot-clé "cassoulet" et là, nous n'avons aucune analyse à apporter. Si de votre côté, vous avez des indices sur la présence de ce plat, par ailleurs succulent, dans les requêtes du jour de Google, n'hésitez pas à nous éclairer...

 




Obama/McCain dans le texte

Posté par Troudair le 04.11.08 à 09:29 | tags : design numérique, hoax ?, media art, politique, vidéo
Jour J pour les Américains qui vivront ce soir le dénouement d'une des campagnes politiques les plus exitantes de leur histoire.
Depuis près de deux ans maintenant, John McCain et Barack Obama  parcourent les 50 états et enchaînent meeting sur meeting, avec chaque fois un texte différent à dispenser à leur auditoire. Différent, parce que désormais, tout ou presque est enregistré, décortiqué, diffusé, à tel point que les foules amassées dans les stades ne représentent au fond qu'un petit pourcentage de la cible de ces discours. Et puisque tout le monde peut tout voir et tout entendre, il convient de ne pas se répéter.
Pourtant, fondamentalement, le message reste le même, et les techniques qui permettent de le faire passer sont identiques.

Vous connaissez tous les graphiques et autres analyses sémantiques de discours politiques dont nous relatons l'existence depuis plusieurs années, et dont Jean Véronis est devenu l'incontournable expert.
Décomptes de mots employés, références à "moi", "eux" ou "nous", martelement de phrases récurentes, toutes ces techniques de réthorique nous sont désormais familières mais jusqu'à aujourd'hui, il nous fallait encore attendre l'analyse poussée d'un spécialiste pour nous éclairer sur les méthodes particulières d'un candidat ou d'un autre.

Le groupe de designers et artistes américains Sosolimited a monté le niveau d'un cran en proposant, pendant tout le mois d'octobre, cette même méthode d'analyse sémantique, mais présentée en direct, au moment même de la diffusion d'un débat télévisé, sous la forme de performances vidéo.


Basé sur un logiciel de reconnaissance de texte, ReConstitution 2008 présente ainsi en temps réel des décomptes de mots qui se classent automatiquement, offrant pour chacune des prestations des candidats une image fidèle de leurs champs lexicaux au moment même où ceux-ci sont en train de parler.

Bien entendu, ça, c'est la théorie, mais on ne vous cachera pas que la technologie employée nous paraît quelque peu floue, et que derrière cette idée intéressante, on aurait tendance à renifler le hoax, sans pour autant que ceci ôte quoi que ce soit au projet. Mais puisque Sosolimited se refuse à mettre en ligne des captations de leurs performances, et invite le public à venir vérifier de ses propres yeux, on en restera à la version officielle et aux quelques exemples, déjà très parlants, disponibles sur leur site.



Des bassets pour Obama

Posté par Troudair le 29.10.08 à 07:31 | tags : loufoque, politique, vidéo


Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?



Debout face au déluge

Posté par Troudair le 01.10.08 à 08:16 | tags : lectures, politique, vidéo
Devant un parterre clairesemé, G.H. Hovagimyan exécute sa performance "Smart Money" à l'occasion des rencontres Democracy in America.
En pleine crise boursière, tandis que dehors, les murs de Wall Street tremblent, l'image de cet artiste, scandant son texte avec rage devant quelques personnes acquises à sa cause, apparaît comme dérisoire.


Car aux Etats-Unis, actuellement, bien plus qu'en Europe, c'est une sensation sourde qui habite les citoyens. L'idée que peut-être, un monde est en train de s'écrouler. Et pas n'importe quel monde : l'empire le plus puissant de tous les temps. C'est un tumulte, supérieur en puissance aux vents des ouragans qui balaient régulièrement les côtes du pays.
Et face à ce déluge, se tenir face à un micro et continuer à crier apparaît, avec toutes les imperfections de l'exécution, comme un geste qui contient toute la force et toute la beauté qu'on demande à l'art.

Personne ou presque n'aura entendu les mots de Hovagimyan, mais ce minuscule point sombre, comme un surfeur glissant avant de disparaître sous un mur d'eau de plusieurs dizaines de mètres, nous aura fait  prendre conscience qu'il est possible de toujours s'élever, peu importe le gigantisme des événements.
Puisque comme l'écrivait Shakespeare il y a plus de quatre siècles, c'est à celui qui voit qu'il revient de juger de la force des personnages, pour "compenser nos imperfections par ses pensées, et en mille parties diviser un seul homme pour créer des armées imaginaires."



Un cri est politique

Posté par Troudair le 19.09.08 à 08:01 | tags : générateur, media art, politique, vidéo
Aujourd'hui, tout est politique d'ailleurs.
Ca n'est pas moi qui le dis, c'est Orwell. Et son observation s'avère encore plus juste aujourd'hui, qu'elle ne l'était au 20e siècle.


Sur la base de cette réflexion, les deux artistes de MTAA (Michael Sarff et Tim Whidden) ont conçu la pièce "Our Political Work", dont la version finale est présentée par la galerie portugaise Lisboa 20.
Alimenté par une série de 141 vidéos à lecture aléatoire, le diptyque met en scène les deux hommes poussant des cris en une boucle changeante de fureur, de colère et parfois même de rire.
Si l'oeuvre peut sembler repoussante au premier abord, force est de constater que l'énergie déployée par ces artistes éveille chez le spectateur des sentiments variés, de l'impression d'agression à la réelle compassion. Et passées les 2 premières minutes, une fois que ces visages et ces voix sont devenus familiers, on se surprend à adhérer à ce discours politique, réduit à sa plus simple expression de bruit et de fureur.

Car le système logiciel qui lance les vidéos, et les arrête souvent au milieu d'un cri, permet d'entretenir l'illusion que ce qui se passe devant nous est une performance en temps réel, que ces deux hommes ont bel et bien crié pendant des heures, et sont peut-être même en train de crier encore en ce moment. L'oeuvre politique dont parle le titre prend alors un sens qui va au-delà des images et du son. Elle s'installe dans la durée, théoriquement infinie, de la projection. L'oeuvre politique n'est alors plus seulement la vidéo en elle-même, mais aussi et surtout le temps qu'elle dure.



La riposte non-graduée des artistes

Posté par Troudair le 10.09.08 à 15:40 | tags : p2p, politique, surveillance
Au fond, le débat n'aura jamais vraiment eu lieu.
Depuis les honteuses tribunes réactionnaires publiées dans la presse nationale, réunissant musiciens et cinéastes qui s'opposaient au téléchargement, sans même avoir compris pourquoi on leur demandait de s'engager, le Gouvernement avait fini par conclure que la messe était dite, que tout le monde était d'accord et avait programmé le vote cet automne du projet de loi "Création et Internet".
Pensez... Cali et Johnny Halliday, Claude Lelouch et Gérard Jugnot, tous d'accord sur un même sujet. Ca n'était pas arrivé depuis la Coupe du Monde 98' et c'était donc suffisament historique pour ne pas réfléchir plus loin.

De fait, depuis ce moment, peu avant l'été, le soufflet était retombé et rien ni personne n'avait été en mesure de s'imposer médiatiquement pour expliquer en quoi ce projet de loi était une absurdité, et non le texte miracle qui allait sauver l'industrie audio-visuelle.

Hier, ce sont donc nos confrères de Poptronics qui ont mis les pieds dans le plat en mettant en ligne une liste de 86 artistes (plasticiens, écrivains, musiciens, designers, metteurs en scène) farouchement opposés à cette régression intellectuelle sans précédent.

La pétition "Téléchargez-moi" explique de la manière la plus simple possible pourquoi ce projet de loi entrave la création, et garantit, à terme, la fin de l'art indépendant et la mort pure et simple de la diversité de l'art en ligne. Car contrairement aux musiciens et cinéastes qui ont signé avant l'été les deux pétitions reprises dans la presse, ces 86 personnes là savent très exactement de quoi elles parlent, puisque c'est leur activité artistique même, ainsi que leur pratique quotidienne, qui se voient menacées si cette loi était votée.

Certes l'action pourrait paraître vaine, tant il est évident que les motivations de ce projet de loi ne sont rien d'autre que la création d'un nouvel arsenal répressif mis à la disposition des majors. Que vaut au fond une poignée d'artistes ne passant pas chez Drucker face à l'élite artistique dont le Président français a la fierté de s'entourer (Bigard, Mireille Mathieu, etc) ?
Mais si ces questions sont présentes à l'esprit des signataires, d'autres, encore plus concrètes et techniques, sont au contraire pleines d'espoir.
Car il est évident qu'aucune structure technique ne pourra jamais stopper l'échange de fichiers, à moins de transformer la France en "Corée du Nord bis".

Demander aujourd'hui la libre circulation des oeuvres de l'esprit, réfléchir à des structures légales qui le permette, n'a donc rien de chimérique. Ce serait au contraire traiter aujourd'hui de manière intelligente un fait qui sera inévitable dans quelques années. Ce serait prendre, au niveau juridique, quelques années d'avance, plutôt que 30 de retard...



Soutenir Obama au soleil

Posté par Troudair le 09.09.08 à 08:00 | tags : politique, réseaux sociaux
Les Etats-Unis, c'est grand.
Et tout le monde n'a pas les moyens financiers pour se déplacer d'état en état afin de convaincre son prochain que le vote Obama est la seule chose utile à faire en novembre prochain.
Manifester sa conviction chez soi, me direz-vous ? Oui et non. Car le fait est admis que la majorité des états sont déjà, socialement et historiquement, des fiefs républicains ou démocrates que rien ne fera changer.
Organiser une manif et faire une démonstration de force en Californie par exemple, territoire largement démocrate depuis longtemps, n'aura donc d'intérêt que symbolique.
A chaque campagne présidentielle américaine, le nerf de la guerre a toujours été ce qu'on appelle les "swing states", c'est à dire les états indécis, dont le vote décidera en grande partie de l'issue de l'élection.

Et ces états ont besoin de militants. Beh oui, s'ils en avaient assez, l'état ne serait pas indécis, hein ?
C'est là qu'intervient ObamaTravel.org, sorte de système de co-voiturage nouvelle génération, qui se propose de mettre en relation, d'un côté les militants sans le sou mais super-motivés, prêts à changer d'état pour faire pencher la balance, et de l'autre les sponsors, militants un peu feignants qui vont rester chez eux, mais qui acceptent de lâcher quelques dollars pour qu'un autre se déplace.

Sur le site, on crée donc son profil, on indique de quoi on a besoin exactement (souvent d'argent), et les sponsors choisissent qui ils ont envie d'envoyer en Floride.
Pourquoi en Floride ? D'abord parce que c'est le swing state par excellence. Ensuite parce qu'il fait super beau là-bas en automne. Et enfin parce que pour le moment, il n'y a que deux volunteers inscrits dans la base de données et qu'elles veulent toutes les deux aller à Miami. Bizarre, non ?



Rezo + réseau = réseaux²

Posté par sumoto.iki le 04.09.08 à 00:45 | tags : politique
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Après dix grosses années dodues de bons et loyaux services le portail du web indépendant s’enrichit d’une version 2 (sans ajax et socialnetworking débonnaire en sus). La peinture est encore fraîche et le parquet un poil mouvant mais une première version fonctionnelle est d’ores et déjà en ligne. Pour mémoire ou pour info (suivant les cultures web de chacun) ces messieurs du minirezo republient en intégralité le manifeste du web indépendant diffusé le 2 février 1997. A suivre, … (de près).




Encyclopédie de la violence de masse

Posté par Puck le 03.04.08 à 10:14 | tags : cartographie, politique

Telex : Science Po Paris et le CERI ont lancé aujourd'hui une encyclopédie en ligne analysant tous les conflits du monde qui ont été caractérisés par des violences de masse. Un travail d'historien de référence, qui permet d'accéder à des chiffres avérés, une méthodologie et des synthèses pays par pays, pour comprendre notamment ce qu'ont été les différents génocides du 20e siècle. En anglais.




Down for everyone or just me ?

Posté par Troudair le 18.03.08 à 08:02 | tags : blogs, chine, médias, politique

Ca ne vous aura pas échappé, la Chine connaît ces derniers jours quelque agitation.
Et comme c'est souvent le cas dans ce genre de situation, ce sont d'abord les journalistes qu'on écarte soigneusement des zones sensibles, puis, dans un second temps, les possibilités d'information des Chinois qui sont verrouillées, à commencer par internet.
Toutes les images de propagande que nous avons pu voir ici ont été agrémentées des commentaires des journalistes pas dupes, ce qui bien entendu n'était pas le cas dans l'Empire du Milieu. Et pour ne pas risquer qu'un citoyen chinois tombe malencontreusement sur une image ou une vidéo non-approuvée par le régime, ce sont Flickr et YouTube qui les premiers ont été interdits d'accès.

Down for everyone

En Chine donc, la repression violente des manifestations au Tibet a été très largement sous-traitée par les médias, et beaucoup de Chinois ignorent même qu'elle a eu lieu... ou bien n'osent carrément pas en parler en ligne. C'est dans cet entre-deux surréaliste que John, américain d'origine vivant à Shangaï, écrit les derniers posts de son blog Sinosplice, se demandant pourquoi diable YouTube et Flickr sont innaccessibles, et à quel point ce désagrément l'agace.

On ne saura jamais s'il n'a pas connaissance des événements au Tibet, ou bien s'il s'interdit tout simplement d'en parler, mais un mal pour un bien, il nous donne quand même une adresse bien utile en cas de dictature numérique, celle du site Down for everyone or just me ?

Celle-ci permet de tester des adresses et vous indique si oui ou non, c'est votre pays qui bride votre accès, votre machine qui délire, ou bien si le site en question est tout simplement en rade.
A garder dans ses favoris... au cas où.

 




Triny Prada et la justice

Posté par Troudair le 16.03.08 à 18:34 | tags : media art, médias, politique, surveillance, vidéo
Artiste franco-colombienne, invitée du festival Vidéoformes à Clermont-Ferrand, Triny Prada a fait les frais, le 12 mars dernier du zèle de policiers clermontois.
La scène, malheureusement trop banale depuis plusieurs mois, est relatée en détails par Loiez Deniel, président du festival, et la version de Gabriel Soucheyre, présent sur les lieux, apparaît elle aussi dans les commentaires de l'article. Plus important que tout, le témoignage vidéo de Triny Prada vient d'être mis en ligne .


A la lecture et à l'écoute de ces récits détaillés, on se souviendra bien sûr des grands shows médiatico-démocrates où le candidat Sarkozy, alors Ministre de l'Intérieur, répondait sèchement à un jeune homme accusant les forces de police de violences. A l'époque, les propos du ministre étaient sans ambiguïté, et condamnaient avec fermeté ces comportements, promettant même de s'occuper de ces affaires personnellement... si les faits étaient vérifiés.

A-t-on entendu, depuis, à quelles enquêtes ces plaintes publiques ont mené ? Bien sûr que non.
Attaquer frontalement une présumée victime, pour enfin ne pas donner suite à ces promesses de justice avait (et a eu) un seul objectif simple, médiatiquement parlant : changer le témoignage en "on dit" et le témoin en menteur.

Aujourd'hui pourtant, avec l'affaire Triny Prada, qui survient à peine une semaine après un autre incident du même genre, les victimes ne sont plus de simples "racailles de banlieue" molestées et humiliées, mais des artistes d'un côté, et des étudiants de l'autre. Mauvaise pioche pour les policiers zélés mis en cause, puisqu'une plainte sera en effet déposée auprès du procureur de la République à Clermont.

On pourrait se rejouir de ces démarches, tout en souhaitant que la justice autorise encore des recours contre des forces de l'ordre indélicates, mais comme on vient de le dire, il s'agit là d'artistes, intégrés à la vie de leur cité et de leur pays, socialement fréquentables et dignes de confiance a priori.
Mais qu'en est-il des autres ? De tous ceux qui sont victimes des mêmes abus mais ne possèdent pas la stature sociale suffisante pour leur permettre d'être de bonne foi a priori ?
Outre la constatation que ces débordements scandaleux continuent de se multiplier en France, c'est bien la principale question qui serait à débattre aujourd'hui.



Mobilisation du 29 février

Posté par Troudair le 27.02.08 à 10:14 | tags : politique
Suite de la mobilisation du monde culturel français (après ça et ça) pour protester contre la dangereuse baisse des subventions à partir de 2008.
Un appel à mobilisation est ainsi lancé pour le 29 février prochain par l'UFISC (Union Fédérale d'Intervention des Structures Culturelles), laquelle regroupe plusieurs syndicats et collectifs liés à la diffusion artistique.
Pourtant attention, car lorsqu'on parle de "monde culturel français", il faut maintenant être précis, car le moins que l'on puisse dire, c'est que la Ministre de la Culture, Christine Albanel, a su semer le trouble dans les rangs contestataires.
En effet, en organisant le 11 février dernier ses "Entretiens de Valois", belle concertation nationale qui s'est chargée en grande partie de réduire la Culture au spectacle vivant, et de rassurer ses puissants syndicats que de "nouvelles stratégies" seraient trouvées pour assurer la continuité des financements des grandes structures de diffusion, le Ministère a jeté un pavé dans la mare, déchirant judicieusement un groupe d'acteurs qui gagneraient pourtant à rester unis.

Entretiens de Valois - février 2008


Au secours, Monsieur Pinault !
Le discours introductif de ces Entretiens est assez fidèle à ce que de nombreux observateurs avaient déjà noté à la vue de la tristement fameuse lettre de mission du Président à sa Ministre, c'est à dire une dérive toute néo-libérale qui consiste à dire que l'Etat n'a pas à (trop) financer la Culture, mais que les structures sont en revanche encouragées à trouver des sous ailleurs, et si possible dans des partenariats privés. Ce désengagement n'a donc rien d'étonnant, il était prévisible et annoncé, mais ce qui surprend, c'est avec quel enthousiasme les acteurs culturels majeurs l'ont accueilli, heureux et fiers de travailler à l'élaboration de ces fameuses "nouvelles stratégies de financement".
On ne rêve pas. On n'est pas au comité directoire de Auchan, mais bien au Ministère de la Culture, et les directeurs de structures trouvent ça merveilleux.
Dans son dernier éditorial, Jean-Marc Adolphe (rédacteur en chef du magazine Mouvement) pointe certes cette aberration, mais sans que cela change rien au problème, puisque sont déjà programmés groupes de travail et réunions hebdomadaires qui aboutiront en juin prochain à d'hypothétiques mesures permettant, pour résumer, de mieux distribuer ce qu'on n'a pas.
Car à aucun moment il n'est question d'augmentation des budgets ou au moins de retour à la situation précédente, et ce malgré les annonces démagogiques consistant à dire que "le financement du réseau national en 2008 sera comparable à celui de 2007". C'est peut-être le cas pour les centres dramatiques et les scènes nationales, mais la Culture, heureusement, ne se limite pas à ça, et la contestation actuelle porte aussi bien sur ces lieux que sur d'autres pans de l'activité artistique, comme entre autres les arts plastiques, l'éducation artistique et bien sûr, les arts numériques.

Et nous dans tout ça ?
Et on en arrive au point qui devrait un peu plus intéresser nos lecteurs, c'est à dire le financement de l'art numérique, dont nos précédents articles s'inquiétaient.
C'est que ces "Entretiens de Valois" ne concernaient que le spectacle vivant, et n'y étaient donc pas invités tous les autres professionnels de la Culture. Les assurances bienveillantes du Ministère ne s'appliquent donc que aux salles de spectacle vivant, et les coupes observées dans les budgets des ECM ne sont absolument pas remises en cause. Même tarif pour les fédérations de jazz, plus généralement les scènes de musique actuelle, et en gros, tout ce qui n'est pas une salle de théâtre. L'éducation artistique, quant à elle, si elle est régulièrement évoquée dans les bons sentiments présidentiels, subit le même sort : un mépris affiché pour sa survie à court terme.

La grande réussite de ces Entretiens de Valois aura donc été de diviser idéalement les acteurs culturels, en se mettant dans la poche une poignée de grands directeurs tout en méprisant ouvertement ceux dont l'avenir nécessiterait un investissement politique plus important. On ne doute pas, en effet, de la capacité d'un CDN à dégoter des millions en partenariat privé, mais pour une minuscule structure dont les locaux ne permettent de réunir qu'une centaine de personne par mois, les mécènes risquent de ne pas se bousculer au portillon. Mais après tout, dans la loi de la jungle, les gros survivent et les faibles meurent. Point.

Soutenir les gros, applaudir ce qui marche et condamner ouvertement la diversité, c'est donc le credo bien appris du Ministère de la Culture, qui non seulement ne sera plus une exception dans le monde culturel mondial, mais qui n'en sera pas une non plus dans le monde économique, devenu déjà à moitié une industrie comme les autres, à l'heure où c'est un Etat entier qui est géré avec la même logique et les mêmes idéaux qu'une simple PME.

Mobilisation
Cette mobilisation du 29 février, si elle nous rassure en nous montrant que certaines personnes du monde culturel ne se laissent pas abattre ni endormir, nous inquiète aussi, car elle n'est malheureusement pas capable d'afficher un front uni face à la volonté claire de ses dirigeants de renoncer complètement à l'idée de subventionner la Culture, autrement qu'en payant la réfection des peintures de l'Opéra Garnier.

A suivre...





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