
Tout ce que vous twittez pourra être retenu contre vous. Outres les déclarations dans la presse et les entretiens télé, les hommes politiques doivent désormais faire attention aux messages qu'ils postent sur twitter.
Surtout quand ils le font en séance à l'Assemblée nationale.
Un twitt de Christian Estrosi publié hier alors qu'il était dans l'hémicycle a indigné l'opposition. Le voici :
"Je commence le bêtisier : Bourquin PS: efficacité du service publique (sic) mais cette efficacité pas au détriment du service publique (sic)".
Ledit Bourquin, député PS, après avoir ironisé sur la double faute d'orthographe du ministre de l'Industrie, s'est indigné du ton employé : "Je suis profondément indigné par ces allégations qui avilissent notre Haute assemblée et renforcent les extrêmes".
Une indignation en 140 signes qui avait elle aussi toute sa place sur Twitter.
Transparence, écoute de la communauté et sens de l'autodérision.
Ces trois règles pas forcément écrites du marketing communautaire ont été bien comprises par Ségolène Royal et les désireux d'avenir qui rient désormais des sarcasmes suscités par la nouvelle mouture de leur site.
Comme Frédéric Lefèbvre qui recense dans sa phototèque les pires caricatures dont il fait l'objet , Ségolène compile même les meilleures parodies de désirsdavenirs.org.
Elle explique aussi que seuls ceux qui ne prennent aucun risque ne se trompent jamais (ya qu’chola qui fait rin qui peut contenter tout le minde, en poitevin dans le texte).
A quand une rubrique "rétablir le lol" ?

Heureusement, Ségolène Royal, jamais très en retard dans la course au Point Godwin, est là. Elle voit dans les moqueries suscitées par desirsdangoisse la marque d'un puissant lobby : Le lobby d'internet. Brrrrrrrr....
Neda Agha-Soltani sera probablement à jamais l'ultime symbole de la révolution iranienne.
Cette jeune femme de 27 ans aurait été la victime des miliciens d'Ahmadinejad lors d'une manifestation samedi à Téhéran. Selon un blog de The Atlantic, il s'agit d'un bassidji à moto, un volontaire iranien d'une milice proche des Gardiens de la révolution islamique. Neda meurt devant les caméras en moins de deux minutes. La jeune femme est avant tout le symbole de l'incroyable violence des autorités iraniennes face à la contestation.
Mais des victimes il y en a d'autres, le bilan grossit chaque jour et les vidéos témoignant de la sanglante répression ne manquent pas. Apparemment, la jeune femme ne participait pas directement à la manifestation mais était coincée dans un embouteillage avec des amis.
Pourtant la mort de Neda a fait l'objet de centaines d'articles outre-Atlantique. La jeune étudiante en philosophie représente à la fois l'engagement des femmes dans la révolte en cours mais aussi toute la jeunesse d'un pays dont près des deux tiers des habitants ont moins de 30 ans.
Elle s'intéressait aux langues étrangères et au tourisme, ce qui fait d'elle également le symbole du cosmopolitisme d'une certaine jeunesse iranienne, connectée et nomade.
Car enfin, Neda incarne aussi une révolution dont on est informés massivement par les réseaux sociaux et autres outils de partage utilisés par les manifestants.
Vidéo visible ici : Attention, cette vidéo contient une violence susceptible de choquer.
(Post mis à jour le 23/06 à 11h18)

Difficile pour la presse de couvrir les évènements iraniens, les reporters étant cordialement invités à ne pas quitter leur chambre d'hôtel. Déficit d'information d'un côté, mais profusion des sources de l'autre : des milliers d'Iraniens enregistrent, téléphone portable à la main, les images des manifestations, et tweetent le fil de la protestation.
Difficile pour nous d'y voir clair, d'identifier les falsifications, les manipulations, de faire le tri tout simplement.
Robin Sloan nous aide avec Super-filtered #IranElection info for the easily overwhelmed, page web centralisant les informations publiées par quelques sources "fiables".

Barack Obama a la vilaine manie de copier Nicolas Sarkozy. De son slogan, Yes We Can, traduction directe d'Ensemble, tout est possible, à la réplique éhontée de la webTV présidentielle, le locataire de la Maison Blanche manque d'imagination et trouve l'inspiration chez son homologue français.
Comme ce dernier, il affiche donc sans complexe un attachement particulier à son téléphone portable, un über-Blackberry en l'occurrence.
Tandis que le phénomène n'aura sucité en France que moqueries faciles, et accessoirement stimulé la créativité d'un facétieux journaliste du Nouvel Observateur, il est aux États-Unis l'objet d'un livre écrit par Kasper Hauser. L'auteur d'Obama's Blackberry, un poil satirique, invite ainsi le peuple américain à découvrir les coulisses du bureau ovale…
Le site www.firstblackberry.com permet de consulter quelques-uns de ces échanges de "first" SMS.
Neoformix a mis au point un petit système de visualisation des occurrences sur Twitter dans des diagrammes de Venn.
Ici à l'étude : Obama, Brown, Merkel et Sarkozy au G20. Il apparaît clairement sur la première figure (cliquez pour agrandir) que le monde s'intéresse assez peu au président français, et encore moins au couple franco-britannique. Sur la deuxième, on s'aperçoit que le couple franco-allemand suscite plus d'intérêt, mais au regard des mots associés l'on se rend compte que le sujet passionne essentiellement outre-Rhin. Sur la troisième figure enfin l'on visualise assez bien les carences de l'unité européenne, le premier mot associé aux trois dirigeants étant… "Obama".
La valeur de ces conclusions micropolitiques étant tout à fait nulle, je vous invite à tester d'autres mots amusants sur TwitterVenn.
Les débats sur la loi Création et Internet, qui doit entre autres instituer la riposte graduée, animeront l'Assemblée dès après-demain. Les internautes sont majoritairement contre, et ont envie de le dire. Ils le diront donc, et ce majoritairement sur Twitter, outil presque majeur de micro-communication qui a au moins le mérite de limiter les trolls à 140 signes (et du coup de stimuler leur créativité, permettant ainsi la mutation vers une nouvelle race de trolls, aussis redoutables que concis).
Des personnes prévoyantes de Politechnicart ("laboratoire universitaire autonome en lutte et agence de communication en devenir") ont donc mis en place une plateforme "persistante, pervasive et située" de "débat participatif géolocalisé en temps réel contre l’Hadopi", autrement dit un mashup des API de Google Maps, Twitter et de la librairie javascript Timemap, qui traque dans les conversations le hashtag #hadopi.
On note qu'il s'agit d'un "débat" "contre", donc supporters de Christine Albanel et groupies de Frédéric Lefebvre merci de vous abstenir. On note aussi qu'il s'agit d'un laboratoire universitaire futur agence de com, donc… Rien, on le note, c'est tout.
API’s vs. Hadopi (c'est le nom de la plateforme) diffusera également les débats.
Related : Hadopi qu'en pense l'Europe ? Sur Tempus Fugit, le blog société
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