Le travail de l'HADOPI est très facile. Quand vous téléchargez un torrent, la plupart du temps votre adresse IP est visible en clair pour n'importe quel curieux. Les créateurs du site You Have Downloaded.com ont donc décidé de créer un programme qui récupère automatiquement ces données publiques et les expose sur son site. Voilà ce qu'ils savent sur vous :
La liste est longue ? Probablement pas. Le site n'a pas exactement les moyens de ses prétentions, et ne répertorie qu'une petite partie des millions de téléchargement quotidiens du web (je le sais parce que j'ai un ami qui télécharge beaucoup, c'est pas moi, bien entendu).
Rassurez-vous, le site est simplement la création d'un trio de développeurs avec du temps à perdre et sans aucun lien avec HADOPI ou toute autre autorité. Lorsque vous vous connectez au site, il a votre adresse IP et vous montre vos résultats, mais si vous vouliez savoir ce que quelqu'un d'autre a téléchargé, il faudrait d'abord récupérer son adresse IP. Ce n'est pas impossible, mais si vous voulez le faire légalement, ça n'est pas si facile non plus.
Le site est plutôt l'équivalent d'un de ces panneaux lumineux sur le bord de la route qui vous informent de la vitesse avec laquelle vous roulez : c'est plus un service qu'on vous rend qu'une menace.
Le côté amusant du truc, c'est que Torrentfreak a récupéré les adresses IP des sièges de Sony Pictures, NBC Universal et Fox Entertainement, tous trois engagés activement dans la lutte contre le piratage, et tous trois coupables du piratage de la propriété de leurs concurrents et de la leur. Torrent Freak affirme aussi avoir trouvé des traces de piratages chez Google et même depuis les connexions de plusieurs églises.
MarkMonitor, une entreprise spécialisée dans la lutte contre la fraude, a réalisé une étude sur l'audience des sites de partages de fichiers. Il en ressort que les trois principaux sites de téléchargement direct enregistrent 21 milliards de visites par an. Une pierre dans le jardin d'Hadopi qui ne lutte que contre le peer-to-peer.

En s'en tenant à une liste non-exhaustive de 43 sites, MarkMonitor a découvert qu'ils généraient plus de 53 milliards de visites chaque année. Un chiffre qui est donc en dessous de la vérité mais donne une idée de l'ampleur du phénomène.
Certains diront qu'une société qui défend les ayants droits n'est pas très objective, et que partage de fichier ne veut pas forcément dire partage de fichier illégal. Mais ne nous voilons pas la face, le piratage se pratique en masse aux quatre coins du globe, et rare sont les internautes qui surfent sur ces sites en quête de fichiers libres de droit.
De toute manière, le vrai intérêt de cette étude est qu'elle confirme le boom des sites de téléchargement direct, très prisés des jeunes internautes et plus faciles à utiliser pour les novices puisqu'en un clic on trouve des vidéos en streaming regardables immédiatement.
Les trois sites les plus visités, toujours selon MarkMonitor, seraient ainsi RapidShare.com, Megavideo.com et Megaupload.com, qui totalisent à eux seuls 21 milliards de visites par an.
Vu de la France, ces chiffres réaffirment ce qu'on savait déjà : Hadopi est complètement à la masse en ne s'attaquant qu'au peer-to-peer, méthode en voie d'obsolescence qui semble réservée aux geek et aux téléchargeurs de l'ancienne école. Numerama notait d'ailleurs récemment que la croissance impressionante de Meagupload coïncidait avec le vote des deux lois Hadopi.
"Les sites d'upload, aux côtés des messageries instantanées et des blogs, sont maintenant au même niveau que les sites de peer-to-peer en ce qui concerne le piratage", constate un représentant de MarkMonitor interrogé par la BBC. Et "il est plus difficile pour les ayants droits d'agir contre eux".
Via : BBC News
Lire aussi : Hadopi, "s'il vous plait laissez-moi juste télécharger le dernier épisode"

Le moteur de recherche de torrent a annoncé aujourd'hui sur son blog qu'il ne permettrait désormais de diffuser que des contenus légaux.
La justice néerlandaise avait en effet exigé en août dernier que Mininova retire de sa base de données tout lien permettant de télécharger des fichiers illégaux sous peine d'une amende de 5 millions d'euros.
Après l'affaire Pirate Bay c'est un nouveau coup dur pour tous ceux qui comme nous n'avaient pas fini de télécharger la saison 3 de Mad Men défendent farouchement la liberté d'échange de données.
Heureusement on pourra toujours échanger des fichiers légaux comme on l'avait fait avec le single de Radiohead. (Euh quelqu'un a une version potable d'E-mule ?)
Le site suédois The Pirate Bay, "plus grand tracker BitTorrent du monde" avec son million de visiteurs quotidien, vient de mettre en ligne quelques statistiques dynamiques concernant ses utilisateurs.
Au fond, le débat n'aura jamais vraiment eu lieu."Pour Noel 2005, grâce à la DADVSI, des DVD aux bonus salés
Dans la nuit du 22 au 23 décembre, certains de nos chers députés devront se prononcer sur un texte de loi nommé DADVSI (pour "Droits d'Auteur et Droits Voisins dans la Société de l'Information").
Pourquoi en discuter en pleine nuit dans un hemicycle logiquement clairsemé ?
Peut être que voter, de jour, un loi remettant en cause notre système de droit d'auteur pourrait empecher la réalisation des plus beaux reves de l'industrie de la culture de masse : mettre le droit de leur coté.
En effet cette loi légalise n'importe quel système anti-copie que pourrait proposer les "majors". Le simple fait de chercher à contourner directement ou indirectement de tels systèmes serait passible de 3 ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amendes.
Des activités légales comme la copie privée ou la lecture d'un CD sur votre vieux PC deviendraient hors-la-loi.
Bref sans mobilisation, fini CD et DVD pour le 24 décembre, il faudra revenir aux bonnes oranges juteuses du temps de votre grand mère. Et ce, à partir de noel 2005 !!"
Une affaire à suivre sur le site EUCD.info. (merci Tangui !)
Voir la sélection de cadeaux de Noël de Fluctuat

La question est d'abord d'ordre purement ' scholastique ' : au regard du succès programmé de ce fameux Harry Potter 7, quelle était la probabilité de voir avant sa sortie officielle apparaître sur Internet une version pirate de l'ouvrage ? Elle était importante. Une simple requête sur les termes " Harry Potter Deathly Hallows ebook " dans un moteur de recherche donne 1 400 000 résultats (lien), dont certains très anciens. Malgré la vigilance de Bloomsbury et de Scholastic (l'éditeur américain), ce pataquès a bien eu lieu. Une version scannée de l'ouvrage dérobé a circulé sur le web via Bit Torrent (info via Torrent Freak et Techcrunch US) et il semblerait ce matin que des internautes anglophones s'organisent pour produire une version texte de 'Harry Potter and the Deathly Hallows'.
Problème : la seule information qu'une copie pirate scannée circule sur le web effraie l'éditeur Scholastic, dont l'avocat a contacté Techcrunch pour lui demander de dépublier leur billet, ou en tout cas de supprimer les contenus et les accès en violation du copyright Harry Potter ( "to remove or disable access to the material or items claimed ") Le motif est imparable juridiquement, quoique spécieux : le blog techno a repris une image de la double page d'ouverture du livre. Techcrumch avait surtout, comme d'autres médias américains avant lui (USA Today, le Wall Street Journal et CNN), cité - sans mention de lien - le nom du site qui diffusait cette copie scannée : le bien nommé Pirate Bay. D'autres blogs américains, au premier rang desquels Boing Boing ne se sont pas privés de donner ce lien.
La question est simple : cette fuite représente-t-elle un risque réel pour l'éditeur ? Je ne doute pas que les risques industriels de contrefaçon soient avérés avant la sortie - à partir de cette copie numérique, n'importe quel éditeur pouvait imprimer une version pirate et la commercialiser de part le monde). Mais les éditeurs de Harry Potter et leurs avocats savent prévenir ou faire réprimer ces genres de pratiques. Reste le lecteur passionné... à l'âge de la copie numérique. Par crainte de plagiat, les éditeurs s'étaient refusés à produire une version ebook du précédent volume, et s'étaient retrouvés du coup incapables de prévenir la passionaria des fans (cf Boing boing) . Il en est de même de ce dernier volume. Par contre, à partir du moment où l'ouvrage ne fait plus l'objet de rareté, moins de 12h avant sa sortie officielle... combien de ces lecteurs et de ces internautes seront prêts à télécharger et lire un roman de plusieurs centaines de pages en version txt ? Le débat est posé.
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