Aeiou, le blog de Flu. Blog !
Fil d'actu : net artFil Rss net art
Le Net art est mort, vive le net_art ! Tous les posts Net art. Classement en cours.

Temporary.cc : visiter c'est tuer

Posté par Jordan le 13.11.09 à 15:17 | tags : net art

Zach Gage explore avec temporary.cc, page titrée "the internet is forever", le délabrement qui frappe les données personnelles stockées sur nos disques durs, victimes de crashs, virus et autres suppressions involontaires, mais qui épargne (presque toujours) les données en ligne, indexées, archivées, dupliquées... Éternelles.

A chaque visite de temporary.cc, le site perd un morceau de son code, et change de forme. La page, dégénérescente, n'est jamais vraiment indexée par les moteurs de recherche puisqu'en perpétuelle recomposition, et désintégration. Elle finira complètement vide, uniquement tangible pour ceux qui l'auront vue avant qu'il ne soit trop tard.




Net art vivant : les automates cellulaires

Posté par Jordan le 20.02.09 à 15:55 | tags : arts visuels, net art

Rudy Rucker, éditeur du webzine Flurb, et John Walker de la société Autodesk, leader des éditeurs de logiciels de conception et de création numérique sur PC, ont créé des petits logiciels d'automates cellulaires, œuvres digitales en perpétuelle évolution, téléchargeables gratuitement ici et (économiseur d'écran inclus).
Rendez-vous ici pour des exemples d'automates cellulaires en java.

Un automate cellulaire consiste en une grille régulière de "cellules" contenant chacune un "état" choisi parmi un ensemble fini et qui peut évoluer au cours du temps. L'état d'une cellule au temps t+1 est fonction de l'état au temps t d'un nombre fini de cellules appelé son "voisinage". À chaque nouvelle unité de temps, les mêmes règles sont appliquées simultanément à toutes les cellules de la grille, produisant une nouvelle "génération" de cellules dépendant entièrement de la génération précédente. Sachons que les automates cellulaires sont étudiés en mathématiques et en informatique théorique, qu'ils sont à la fois un modèle de système dynamique discret et un modèle de calcul, utilisé par exemple pour analyser le trafic autoroutier. Voici ce que Wikipedia nous dit de la chose, à laquelle je ne comprends à peu près rien, mais qui ne manque pas de charme.







Poésie des erreurs

Posté par Troudair le 07.01.09 à 09:13 | tags : vidéo, net art, media art
L'une des techniques les plus utilisées depuis que le net.art est net.art a consisté à utiliser l'erreur pour la rendre signifiante.
Du détournement de moteurs graphiques à l'élaboration de bugs volontaires, tout ce qui ne "fonctionne pas" intéresse l'artiste qui voit souvent dans ces dysfonctionnements un moyen d'affirmer la suprématie de l'esprit humain et de la poésie sur la terrifiante efficacité d'une machine sans surprise.
Parabole politique ou acte de résistance des créatures imparfaites que nous sommes, la mise en évidence de l'incident de parcours dans un système s'avère néanmoins de plus en plus difficile à déceler en ce début de XXIe siècle où les systèmes justement sont de plus en plus efficaces et leurs créateurs laissent de moins en moins de place à l'erreur.
Toujours sur le front, il reste malgré tout des artistes à la recherche du ghost in the machine.

Photographs of HDTV errors / Robert Wodzinski / 2007

Robert Wodzinski par exemple, se passionne pour les erreurs de compression qu'on trouve régulièrement dans les fichiers vidéo circulant en ligne. Sa série HDTV, composée de screenshots de ces bouillies de pixels mis côte à côte peut ainsi être vue comme les derniers soubresauts artistiques d'algoritmes condamnés à la perfection. Avec l'évolution galopante des méthodes de diffusion numérique, on peut en effet imaginer sans peine que dans un futur très proche, ces erreurs deviendront de l'histoire ancienne, balayées bien vite par des codecs de conversion infaillibles.

youtube as a subject II / Constant Dullaart / 2008

Toujours dans le registre vidéo, Constant Dullaart s'est plus particulièrement intéressé à YouTube, et à ses fréquents écrans noirs. Dans sa pièce "youtube as a subject II", on découvre ainsi les trois erreurs possibles rencontrées sur le site de partage de vidéo. Vidéo supprimée par l'utilisateur, pour cause de contenu frauduleux ou interdite d'incrustation, ces trois écrans noirs, associés à un quatrième conçu par l'artiste, changent donc de statut pour devenir les parties d'un poème graphique nimbé de mystère. Quelles étaient en effet les vidéos en question ? Et où sont-elles passées ?
Peut-être qu'un jour, Constant Dullaart ajoutera à sa liste le dernier message d'erreur qu'on peut trouver sur YouTube, et utiliser du même coup la dose d'énigme contenue dans ces mots : "Cette vidéo n'est pas disponible dans votre pays." Une vidéo pas disponible en France ??



Pour finir, petit voyage vers le futur avec la douce erreur 404 de Kari Altmann. Si les fichiers .htaccess permettent depuis bien longtemps la personnalisation de l'erreur 404, bien rares sont les exemples d'utilisation artistique de cette fonctionnalité. La vidéo SOFT 404, en offrant au spectateur l'exemple contemplatif de l'erreur, est peut-être l'évocation d'un avenir où les codes d'erreur serveur seront des oeuvres à part entière devant lesquels nous pourrons nous recueillir, plutôt que de vociférer devant le témoin numérique d'une fausse route.



Art Euh

Posté par Gflu le 30.11.08 à 18:53 | tags : ludique, net art
Pas tout récent mais toujours actif, le Project Euh du néerlandais Sylvain Vriens fourmille de trouvailles flashy et de java scripts bigarrés. Le dernier en date est un Pong navigateur qui fait ces jours-ci les délices de moult dealers de liens (pour jouer, c'est au clavier avec les flèches haut / bas). Sur le même principe, l'artiste nous avait déjà gratifié d'un Window-Snake plus vrai que nature. Et bien d'autres choses, en cliquant sur la touche Euh.



La subjectivisation des cartes

Posté par sumoto.iki le 15.11.08 à 01:22 | tags : google, cartographie, net art
Quelques semaines après le GEO GOO (info park), le groupe italien les Liens Invisibles dévoile leur Google is not the Map. Très proche du travail de JODI, ce mashup googlemapôgraphique donne à re-voir en 35 tableaux les cartes d’un monde concrètement abstrait digitalisé par Google. Par une sorte d’API-poésie, GISNTM offre une nouvelle géométrie imaginaire des lexiques des frontières et délimitations des territoires. En références directes à la Sémantique Générale du linguiste Alfred Korzybski, et à la Trahison des images de Magritte, ces GeoPoeMaps dévoilent les mécanismes subjectivement cachés de la grammaire des (Google)cartes.



The Streets (views) of San Francisco

Posté par sumoto.iki le 30.10.08 à 00:44 | tags : google, net art, photo
Normal 0 21 false false false MicrosoftInternetExplorer4

 

Il y a quelques jours (précisément le 14 octobre) Google ajoutait à son service gMap Street View les villes de Paris, Lyon, Marseille, Nice, Lille et Toulouse. Au rythme d’une vingtaine d’ajouts de grandes villes par mois, Google poursuit son travail de numérisation des rues (du monde où les services Google sont accessibles). Cette collecte massive, mécanique, voire quasi-industrielle de clichés de (nos) boulevards et chaussées a suscité une réflexion au sein du petit groupe de média-artistes Suwud, de Sao Paulo.  Toutes ces images aveugles, sans sens, mécaniques, enregistrées par le dispositif de capture à 360° d’Immersive Media  pouvaient  pour un recadrage, une recontextualisation esthétique devenir objet d’art (à minima des procédés photographiques à signifiant intégré). Avec Googorama ils ont pris le parti de re-photographier, de re-focaliser les vues enregistrées par le robot Sreet View. Par un angle, une focale post-artistique donnée ils ont immortalisé leur déambulation dans les rues de San Francisco à l’intérieur du dispositif de captation de Google. Le résultat de leur dérive virtuelle est un portfolio de 18 vues des rues de la ville californienne. Pour paraphraser Baudrillard (qui ironisait dans ses Cool Memories sur l’eau en poudre) : suffit-il de rajouter du sens aux images gStreetView pour obtenir une œuvre ? Belle expérience de ready-made (proche de par le fond de celle de JODI avec GEO GOO (info park)) autour des services Google.   

 




Univers palimpseste (et festivals du week-end...)

Posté par n@ya le 20.09.08 à 16:04 | tags : arts visuels, net art, performance réseau
Quatres festivals numériques se chevauchent sur le mois de septembre. Scopitone (Nantes), le Festival Emergences (Paris), N.A.M.E (Lille), et Marsatac (Marseille). A moins de posséder le don d’ubiquité, il faudra faire son choix. Peut être que les sites internets respectifs offriront de quoi calmer les ardeurs. Après tout, l’art numérique explore bien souvent les méandres de l’espace/temps.
En 1980 déjà, « Hole in Space », avait créé la surprise en mettant en confrontation des piétons du centre ville de New York avec ceux de LA, par écrans géants interposés, filmant et retransmettant en temps réel les réactions de chacun.

Une vingtaine d’année plus tard, Béatrice de Fays et Mathieu Constans proposent une installation "Univers palimpseste" immersif reliant Bombay et Paris. Les participants se rencontrent dans un espace virtuel (image projetée et musique diffusée), les silhouettes se touchent, se découvrent et interagissent au rythme de leurs gestes.
Ainsi ensemble, par leurs comportements (image, voix, mouvement) et l’interaction sur leurs environnements respectifs (peintures et musiques réalisées par des artistes locaux), les participants génèrent l’oeuvre interactive en création.
La téléportation vers un autre monde en quelque sorte…



ASCII art is not dead

Posté par Troudair le 17.09.08 à 08:41 | tags : ascii, net art
Et il a même plutôt de beaux restes, comme en témoigne le travail de LUNK, en particulier son très apaisant iPod Clouds aka I still believe in ASCII art aka My girlfriend sees iPods in the sky.
A ce propos, je vous conseille grandement de cliquer sur le lien, car le screenshot réduit ci-contre n'est en rien représentatif du produit fini.

Mine de rien, avec ce beau projet, LUNK nous pose une question fondamentale. Qui fait encore du ASCII art aujourd'hui ? Et qui s'en émeut ? Longtemps fer de lance de l'art en ligne, à une époque où la diffusion d'images prenait des heures et où le fichier texte représentait une alternative idéale, l'entrave technique qui a donné naissance à cet art n'existe plus aujourd'hui, et on ne trouve de traces d'ASCII art que dans les fichiers .nfo que les crackers diffusent avec leurs seeds pirates .

Et est-ce que les gamins en train de télécharger le dernier épisode de Prison Break ont vraiment conscience que les signatures géantes à base de lettres et de signes cabalistiques alignés dans un fichier texte sont là pour une raison précise : le fait qu'autrefois, il était vital pour la diffusion d'un fichier que celui-ci soit le plus léger possible ?

LUNK, et quelques autres, sont là pour témoigner de cette réalité passée, et apporter un regard contemporain sur une pratique qui, au fond, relève presque de l'archéologie numérique.



Et bien chantez maintenant

Posté par Troudair le 29.05.08 à 09:20 | tags : musique, net art
A part sillonner le web et indexer bêtement des pages, il faut bien avouer que les bots des moteurs de recherche ne servent à rien.
Ou plutôt, ils ne servaient à rien jusqu'à ce que Amy Alexander et Peter Traub ne se penchent sur leur cas, et tels des profs rigoureux de la Starac, ne leur apprennent à chanter.

netsong

Voici donc Netsong, la grande chanson du web, composée à partir des paroles récupérées à la suite d'une première requête, et chantée par la voix synthétique du Netsong Bot.
Finies les compétitions intra-européennes pour savoir qui de la Finlande ou du Portugal a le meilleur chanteur. Netsong est le chanteur global. Il enterre le Te Deum de Charpentier pour concevoir le seul hymne universel, supranational et infini.
Pour écouter cette merveille, proposez un mot clé au robot, et votre chanson se composera automatiquement, piochant ses paroles au gré des pages sur lesquelles il surfera.



Laquelle est la plus chaude ?

Posté par Troudair le 24.05.08 à 10:28 | tags : media art, net art
Hottest to ColdestUne compétition acharnée à suivre en temps réel sur www.hottesttocoldest.com.
Réalisée par Aleksandra Domanovic, cette page indique le classement des principales villes du monde de la plus chaude à la plus froide.
Ou comment choisir une donnée parfaitement incontrôlable (la météo) pour en faire un critère d'excellence et décréter qui est premier et qui est dernier.
On n'est pas loin de certaines oeuvres de Claude Closky, en particulier de son texte "1000" qui réorganisait les 1000 premiers nombres dans l'ordre alphabétique. Dans les deux cas, les artistes nous invitent à réfléchir aux classements de toutes sortes, et à leur caractère souvent bien arbitraire.



Web Flash Festival 2008 : expo Jouable + soirée de clôture (avec invitations)

Posté par Puck le 22.05.08 à 10:35 | tags : arts visuels, design, flash, net art, performance réseau


La septième édition du Web Flash Festival France (www) aura lieu ce week end à Paris, au Centre Pompidou, au Delaville Café et au Point Ephémère. Au programme : du net art, du cinéma digital, des installations, des performances, une webjam et une série de conférences. C'est trois jours durant, vendredi, samedi et dimanche et sur entrée libre. Copinage oblige, on ne peut que vous inciter à venir écouter avec les yeux la petite histoire du jeu vidéo que nous présentera Etienne Mineur, samedi à partir de 15h15. Téléchargez le programme complet ici (PDF). Surtout, le Web Flash Festival proposera une exposition sur la thématique Jouable (8 oeuvres online, 5 installations et 5 vidéos) et dévoilera les lauréats de cette édition 2008.

Pour l'occasion, Fluctuat.net propose à ses lecteurs 10 invitations pour la soirée de clôture dimanche à partir de 19h45 (soirée sur inscription préalable). Celle-ci se déroulera en trois temps, avec :
- une présentation du spectacle “PlayBoy vs GameBoy” de Quasimondo, invité d’honneur du Web Flash Festival.
- le résultat de la webjam
- la remise des prix aux lauréats (Cf ceux de 2007)

Comment assister à cette soirée ? Il suffit de laisser vos noms et email en commentaire de ce billet ou de nous les envoyer à l'adresse arno fluctuat.net : les dix premiers d'entre vous à répondre recevront une confirmation de leur inscription sur notre guest list.




1000 colonnes à la Une

Posté par Troudair le 14.05.08 à 07:58 | tags : media art, net art
I Wanted to See All of the NewsEnseignant au département artistique de l'Université de Londres, Martin John Callanan est aussi un artiste dont le champ d'action se situe aussi bien sur les terres de l'art numérique que du land-art ("I Wanted to See the Whole of The USA", par exemple, est un projet de voyage au travers des 50 états américains en 90 jours).

Avec I Wanted to See All of the News, il apporte une réflexion intéressante sur l'information, en concevant une page qui récupère (toutes ?) les unes de journaux du monde entier.
A l'heure des fils RSS aggrégés par paquets de 10 dans nos logiciels préférés, le concept de "une", mais aussi plus généralement de papier, est en effet sérieusement malmené. Le résultat, empilé sans hiérarchie sur une seule page web, est assez étourdissant, d'autant plus quand on s'imagine que demain, toutes ces unes auront été renouvelées.

A tort ou à raison, les journalistes "traditionnels" s'en inquiètent depuis longtemps, mais cette oeuvre a le mérite de très exactement démontrer comment, à l'heure du web, les choix spécifiques d'organisation de l'information ne passent plus par la mise en page d'une Une, laquelle n'est plus qu'un minuscule fichier image perdu dans la masse des fils dont chaque média est aujourd'hui doté.



Galerie en ligne

Posté par Troudair le 07.05.08 à 09:45 | tags : net art, performance réseau
Blown Up ExplosionLa pratique devient de plus en plus fréquente.
Aujourd'hui, n'importe qui peut ouvrir sa galerie en ligne, pour peu que l'on ait des choses intéressantes à montrer.
C'est le cas de Club Internet (l'homonymie avec le fournisseur d'accès n'est pas volontaire) qui proposera, du 8 mai au 14 juin prochain une sélection d'oeuvres de net art dirigée par Harm van den Dorpel.
Pré-ouverture aujourd'hui, avec Blown Up Explosion de Constant Dullaart, pas franchement révolutionnaire, mais qui a au moins le mérite de donner le coup d'envoi de ce projet qui réunira un groupe d'artistes particulièrement prometteurs.
A suivre donc, tout au long du mois.



Test d'inattention

Posté par Troudair le 30.04.08 à 08:05 | tags : net art
BOARD - Frédéric MadreUne nouvelle page web de Frédéric Madre, c'est un peu comme un bon vin : quand on met le nez dedans, on se demande comment on a pu se contenter de piquette les autres jours.

Toujours dans le minimalisme et la distanciation, BOARD est un diptyque aléatoire qui associe poésie quotidienne et collages de termes issus de la nomenclature web, c'est à dire toutes ces expressions qu'on lit sans voir et que l'internaute a tellement intégré qu'il ne les voit même plus.

"Subscribe", "sort", "join", "search", "sign-in", "home", "view all", entre autres, deviennent ainsi sous la plume de Madre, sans feuille de style et réduits à l'état de simples mots, autant de mystères sémantiques sur lesquels, pour une fois, on prend le temps de s'arrêter.
Ces expression accolées à des visions urbaines défilant en rythme, comme autant de micro-événements incontrôlables, on mesure l'écart radical entre l'apparence de la communauté en ligne et l'âpreté du vrai contact humain.

"Essai d'écriture exaspérée dans l'image", "test d'inattention", pour citer l'auteur, BOARD est en tout cas le moyen de prendre un peu de recul, et de se souvenir que les images et les mots ont une force qu'il serait bien dommage d'épuiser en cliquant frénétiquement dessus. Pourquoi au fond ?



Fluxus remix

Posté par Troudair le 12.04.08 à 09:40 | tags : générateur, musique, net art
WITCHin fluxL'année dernière sortait "Yes, I'm A Witch", album de remix de titres couvrant toute la carrière de Yoko Ono, par des pointures comme Cat Power, The Flaming Lips ou DJ Spooky.
Pour Mark Cooley néanmoins, ce projet de remix n'allait pas au bout de sa logique, et en particulier au bout de l'idéologie Fluxus, dont Yoko Ono fut une membre active.

Il vient donc de créer WITCHin flux, programme de lecture aléatoire composé de samples extraits de "Yes, I'm a Witch". Un remix de remix en quelque sorte, mais où l'agencement de la matière musicale originale ne dépend plus du talent de tel ou tel artiste, mais des choix aléatoires de la machine.
Et bien, croyez-le ou non, mais c'est très beau.



Courir vers notre mort

Posté par Troudair le 10.04.08 à 08:09 | tags : arts visuels, net art, vidéo
Rushing to your deathEliza Fernbach n'a peut-être pas lu Pascal, mais tout comme le penseur français, a vécu elle aussi sa révélation mystique.
C'était en 2000, dans un aéroport, où un inconnu lui demanda tout simplement "Rushing to your death ?" (Vous courez vers votre mort ?).
Depuis ce jour, ces quelques mots sont devenus pour elle une véritable obsession, qu'elle s'est mise à développer sur toutes sortes de supports : films, banderoles, autocollants (à vendre), pages web... Son but : alerter ses contemporains sur leur capacité à faire une pause.
Un projet étonnant de naïveté, qui dans le cas de sa banderole au bord de l'autoroute (ci-contre), ressemble plus à une campagne de la prévention routière qu'à une oeuvre d'art.
Et Pascal, dans sa tombe, doit vraiment soupirer, et répéter sa célèbre pensée : "Nous courons sans souci dans le précipice, après que nous avons mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de le voir."
Pas sûr qu'il parlait d'une banderole...



Holy Fire : le net.art est-il soluble dans le capitalisme ?

Posté par Troudair le 03.04.08 à 14:42 | tags : media art, net art

Alors qu'en France, on continue à se demander comment financer l'art numérique, la manifestation Holy Fire, à Bruxelles, met les pieds dans le plat et propose une sélection mondiale d'oeuvres triées sur le volet, dont le point commun, en plus d'être conçues à partir de nouveaux médias, est d'être collectionnables, c'est à dire vendables.

Vu CosicArt à vendre

Domenico Quaranta et Yves Bernard, les deux directeurs artistiques du festival, avec cette proposition assumée et ouvertement polémique, entendent questionner le statut de l'art numérique, selon eux parvenu à l'âge adulte, c'est à dire prêt à intégrer un marché.
"Les arts des nouveaux médias sont-ils à distinguer de l’art contemporain ? Sont-ils l’art de notre temps ? Sont-ils l’art du futur ou un art sans futur ? Que signifie collectionner de telles œuvres ? Est-ce un rêve, un problème, une solution, un non-sens ?"
En quelques mots, voici résumée la problématique qui a occupé l'art en ligne depuis ses débuts, et à laquelle on croyait avoir répondu depuis belle lurette.
Et pourtant, en jetant un oeil à la programmation du festival, surprise, on retrouve, à côté d'artistes n'ayant jamais caché leur souhait de vivre de leur art sans complexe, des individus qui jusqu'alors s'étaient clairement positionnés contre le système capitaliste dans son ensemble, et donc contre la marchandisation de leurs créations, en faisant même parfois le moteur même de leur travail.

JODIRecadrage

D'abord, ne nous enflammons pas. La marchandisation de l'art numérique n'a rien de bien nouveau et remonte à aussi loin que l'art numérique lui-même. Ainsi, lorsque des artistes référencés comme plasticiens et déjà côtés sur le marché se sont mis à utiliser les nouveaux médias, c'est bien logiquement que leurs oeuvres ont été côtées à leur tour et acquises par des collectionneurs ou des musées. Rien de bien nouveau sous le soleil, donc, tout du moins en ce qui concerne les oeuvres qu'on qualifiera de "physiques", c'est à dire les installations, les projections ou les systèmes électroniques modifiés. On peut parfaitement vendre un CD ou DVD numéroté, le concept d'une installation, voire même le témoignage d'un happening.
Mais la question que semblait poser en plus le festival Holy Fire, c'était celle des oeuvres "immatérielles", comme par exemple un site web, dont la qualité artistique se définit en fonction de l'interaction ou de la participation d'internautes. Comment vendre une oeuvre dont le propos même est d'être librement accessible, publique, distribuable et donc gratuite ?
La base idéologique du net.art reposait sur cette idée et s'opposait donc fondamentalement aux règles de l'économie de l'art, préférant la libre circulation d'oeuvres dont le discours politique pouvait se résumer à leur mode de diffusion.
Malheureusement, à aucun moment, et malgré avoir épluché le programme de Holy Fire, on ne trouve d'oeuvres répondant à cette problématique.
Et si des artistes comme Christophe Bruno, JODI, Vuc Cosic ou 0100101110101101.org ont pu, par le passé, être partie prenante de ce souffle libertaire lié à l'idéologie du net.art, ne sont ici présentées que leurs oeuvres "physiques", et par conséquent commercialisables... ce qu'on savait déjà.

Alors pourquoi ?

Oui, pourquoi faire mine de poser une question déjà résolue depuis longtemps ? Pour annoncer au monde que l'art numérique peut être acquis par des collectionneurs ?
La galerie Numeriscausa, tenue par Stéphane Maguet, n'a pas attendu ce genre de rassemblement pour en faire la preuve.
Quant à la vraie question, c'est à dire "le net.art est-il soluble dans le capitalisme ?", aucune des oeuvres ici présentées n'y apporte un semblant de réponse.
La seule chose qu'on peut au contraire y lire, mais qu'on savait déjà, c'est que les net.artistes, eux, sont parfaitement intégrables au système qu'ils combattaient encore il y a dix ans.
Sur ce point, il est clair que Domenico Quaranta et Yves Bernard ont parfaitement réussi leur coup.




Netfilmmakers 13e

Posté par Troudair le 02.04.08 à 09:56 | tags : net art, vidéo
ApfelschnappenLa 13e édition de netfilmmakers.dk, mini-festival en ligne de vidéos "pour le web", vient de commencer, avec trois vidéos sélectionnées par Zeenath Hasan sur le thème "To kill at dusk with Foam", tiré du Mahabharata.
Entre l'aquatique "Apfelschnappen", le méditatif "Debris" et le yogique "Nasal Sceptre", trois évocations contemporaine du rapport de l'homme à l'univers au travers d'actions minimalistes.




Chaos des mots

Posté par Troudair le 28.03.08 à 08:01 | tags : flash, littérature, net art
Jason NelsonCa n'est pas parce qu'on lui a déjà posé nos 3 questions qu'il ne faut plus s'intéresser à Jason Nelson.
Ses deux dernières oeuvres de poésie numérique se révèlent parfaitement dans la lignée de ce qu'on disait déjà de lui.
Dimension is night is night et A letter today to attact a rushing hall sont en effet deux superbes explorations de la langue graphiquement triturée, tournoyante ou cubique, qui ajoutent une dimension aux cut-up sur papier de nos ancêtres beat.
Une illustration interactive de la saturation de la langue par accumulation et des connexions invisibles et rhyzomatiques que notre cerveau invente pour relier des phrases sans relation apparente.



Trois questions dispensables à... Rafaël Rozendaal

Posté par Troudair le 27.03.08 à 07:58 | tags : 3 questions, flash, net art

De double nationalité, néérlandaise et brésilienne, Rafaël Rozendaal égraine au fil des années une production minimale à base de petits sites-concept en Flash.
Recherche sur les couleurs, les boucles ou l'interactivité, ses projets sont le fruit d'une seule et même idée percutante, simplement déclinée sur une page.
A sa manière, il utilise l'outil Flash comme ses prédécesseurs utilisaient le HTML et le Javascript : pour faire dire au système le contraire de ce pourquoi il a été créé.


Vaiavanti1- Il est aveugle, mais peut me montrer l'avenir. Dois-je appeler mon navigateur Tiresias ?
Je ne pense pas qu'un navigateur soit aveugle. Il a des yeux différents des notres, et il étend ses yeux tout le temps avec les mises à jour et les plugins.

2- Où mènent les routes ?
Les routes sont des cercles, elles ne mènent nulle part. Elles existent pour que l'on puisse bouger, pas parce que nous voulons aller quelque part.

Fatal to the Flesh3- Quelle est la température de fusion des idées ?
Ca prendra du temps, mais comme nous sommes de plus en plus connectés, toutes nos idées se rejoindront dans la bibliothèque universelle, et finalement, quand toutes les idées auront été indexées et inter-référencées, et quand toutes les sources auront été absorbées, nous entrerons dans l'ère du grand sommeil.

 




The office (party)

Posté par sumoto.iki le 23.03.08 à 16:21 | tags : net art
Vivement Lundi qu'on retrouve tous nos amis...
En attendant le retour dans nos open spaces douillets ou nos alcôves spacieuses, Dennis Knopf propose sur son trackybirthday, enrichi en éléments web2.0 plus actifs, un double-face book du caucus démocrate de Washington.



Veux-tu être mon ami ?

Posté par Troudair le 22.03.08 à 09:12 | tags : net art, réseaux sociaux
Il n'a fallu que quelques lignes de code à Nicolas Frespech pour résumer à peu près tout ce que tout le monde reproche aux réseaux sociaux.
Rien d'autre à ajouter... à part peut-être des amis.

Les amis de Nicolas



Programme de solitudes

Posté par Troudair le 14.03.08 à 07:34 | tags : net art, performance réseau

Salon de PanoplieAujourd'hui, de 11 heures à 17 heures, le salon de Panoplie sera occupé par Annie Abrahams et les participants à son atelier au nom évocateur : "Toute présence sur internet peut être qualifiée comme une performance dans l'espace public de solitude ?".
En direct de l'Ecole des Beaux-Arts de Montpellier, Julie Cham, Julia Garbuzova, Marguerite Leudet, Swea, Milan Tutunovic et Sophie Valero, guidés par Annie Abrahams, mettent au point un programme inspiré de multiples travaux en ligne dont on nous propose une liste non-exhaustive ici.

Volontairement, on n'a pas posé trop de questions sur le déroulement de ce workshop, parce que bon, on aime bien les surprises aussi !

Au programme :

11h "Drugistan : Conférence officieuse : Démenti" 20 min
"Ubiphonie"
12h "AnnLee Rewind - La théorie du trickster" 45 min
"Ubifonie"
14h "Google soothsaying" 45 min
"Ubifonie"
15h "Symétrie Variable" 20 min
"Ubifonie"
16h "Plus on regarde quelque chose plus elle se vide de son sens et mieux on se sent" 30 min
"Ubifonie"
17h "Drugistan : Conférence officieuse : Démenti" 10 min

Autant de dénominations mystérieuses dont on découvrira la teneur tout au long de la journée.




Cinéma sur navigateur

Posté par Troudair le 10.03.08 à 21:20 | tags : cinéma, net art

Au cinéma, la vitesse d'un film dépend de la vitesse de la machine qui le projette.
Avec "Frame" de Michael Szpakowski, le projecteur, c'est vous, et pour voir le film, il vous faudra charger ses 80 images dans le cache de votre navigateur, puis lancer la projection en cliquant sur le bouton Back, si possible à 24 clics par seconde.

Frame

Posté sur les forums de Rhizome dimanche dernier, Frame est l'une des multiples épitaphes maintenant posées sur la tombe de l'invention des frères Lumière.
Et dans quelques années, on se demandera bien sûr : mais pourquoi il a pas fait un GIF animé plutôt ?
Et un peu plus tard... on ne se demandera plus rien du tout.



Design and the elastic mind

Posté par Gflu le 09.03.08 à 14:00 | tags : arts visuels, design, net art, origami, technologeek
Elasticité = adaptabilité + accélération. L'exposition Design and the Elastic Mind au MoMA revient sur 25 années d'hybridations artistiques et scientifiques. "Dans la pensée scientifique, la méditation de l'objet par le sujet prend toujours la forme du projet" dixit ce bon vieux Gaston (Bachelard). L'adage semble parfaitement s'appliquer aux 300 travaux présentés ici. Nano-objets, bricopensée, existenzmaximum (xmx), biomimesis... les catégories s'emballent. Grand déballage de néologismes, c'est le printemps. Une sélection serait forcément partiale (et laborieuse pour l'auteur de ces lignes, héhé) : pas mal de projets ont déjà fait l'objet de notules sur Aeiou, des dizaines d'autres nous inspireront sans doute des posts à venir. Signalons simplement que le site de l'expo est signé par les japonais du studio tha* (les auteurs du très joli Amaztype) et qu'une liste de liens complémentaires devrait vous assurer quelques milliers d'heures de surf (passionnantes et gratuites).

Illus. du haut : la télécommande-origami de Hayeon Yoo. Sur les liens entre origami et code source, lire le texte Ordigami et Oribotics d'Etienne Cliquet, qui fut notre invité sur Aeiou. Et remarquer au passage qu'il y a peu, très peu d'intervenants français à l'expo du MoMA... Je n'en ai compté que deux, dont l'ingénieur Frederic Kaplan qui présente son Wizkid (mais c'est vrai que l'index par artistes / intervenants est très mal fichu... il y a peut-être d'autres frenchies planqués dans la programmation). Suite de notre grande saga l'art numérique français mort né ?...
Illus. du bas : le code de Pac-Man "illustré" par Ben Fry, l'un des co-développeurs du langage Processing.





Proposez vos infos !
  Discussions en cours sur les forums :
Rechercher
Dans la boite
Ajouter à Netvibes Ajouter à Mon Yahoo! Ajouter à mon Google Ajouter ce blog à mes favoris Technorati! Abonnement Bloglines