C'est ce que Tristan Perich a tenté de faire. Son projet "1-bit Symphony" tient effectivement dans un boîtier de CD. Comme la plupart de la musique moderne, me direz-vous. Pas tout a fait, la différence majeure est que l'orchestre se situe carrément dans le boîtier ! Pas spécialement complexe et sexy (une micro-puce, une pile-bouton et une prise jack), mais le système arrive à cracher une demi-heure de musique sans discontinuer.
Cet "album" fait suite au premier projet de Perich, nommé "1-bit Music". Il résume l'idée de base du concept comme "une tentative de proposer de la musique jouée, et non plus perpétuellement enregistrée, à l'auditeur, et lui offrir un chaaînon de la création musicale qu'il ne peut pas appréhender d'habitude". Bon, vu le style de musique, on va pas se rejouer la symphonie tous les quatre matins, mais l'idée est assez merveilleuse. Vous pouvez écouter Tristan exposer son projet dans la première vidéo, et écouter un extrait dans la seconde. Et si ça vous botte, vous pouvez même vous l'acheter.
Tristan Perich: 1-Bit Symphony (Part 1: Overview) from Tristan Perich on Vimeo.
Tristan Perich: 1-Bit Symphony (Part 2 - Music Excerpts) from Tristan Perich on Vimeo.

Gilbert dixit : "Le plus vieil enregistrement sonore du monde, réalisé en 1860 par l'inventeur parisien Edouard-Léon Scott de Martinville, est désormais audible sur Internet, sur le site d'un collectif d'historiens et d'ingénieurs du son. Il s'agit d'une séquence de 10 secondes d'Au clair de la lune, enregistrée le 9 avril 1860, soit 17 ans avant l'invention du phonographe de Thomas Edison. L'inventeur français avait enregistré la célèbre chanson grâce au phonautographe, l'ancêtre du phonographe (illus. ci-contre). Le procédé consistait à recueillir des vibrations acoustiques puis de retranscrire les ondes sonores sur une feuille de papier noircie par de la fumée. Cette invention ne permettait toutefois pas de réécouter le morceau enregistré. C'est désormais chose faite, un siècle et demi plus tard !" Ouvrez grandes vos esgourdes, voici the sound :
(source : FirstSounds.org)
Merci Gilbert pour cette info (revue entre temps dans la presse ; la ritournelle a fait son chemin). Cette découverte rappelle l'exhumation récente des 24 urnes mises à l'abri par l'Opéra de Paris en 1908 pour témoigner de l'art du chant à cette époque (enregistrements qui seront repris sur CD par EMI cette année). Comme pour parachever cette fringale de "voix ensevelies", la BN propose mercredi 2 avril une conférence sur l'invention de l'enregistrement sonore : l'ère des pionniers.
Le vendredi, c'est connu, c'est le jour de transition où plus personne n'a vraiment envie de bosser, mais fait comme si.
Reçu dans la boîte à idées, un lien vers le site de Papa Yotta, toaster du dimanche et nerd-hardcore auto-proclamé (autrement appelé nerdcore). Sa came : puiser dans le patrimoine subculturel de la chanson française pour révéler la beauté cachée de lyrics qu'on ré-apprend à écouter sur de nouvelles instrus dub, ragga ou hip hop. Défense et illustration avec ce Papayou Lélé ("le plus beau qu'on ait vu depuis des années") en forme d'hommage à l'oeuvre de Carlos, qui possède un vrai souffle poético-analytique :
Papayou Lélé :
(télécharger le mp3)
Musique : Stagger, par Skream / Chanson : originellement interprétée par Carlos, 1983 / Paroles : Jean-Pierre Lang - Patrick Lemaître
On a voulu en savoir un peu plus sur Papa Yotta et sur l'émergence - ou non - d'un mouvement nerdcore en France. Trois questions, top départ :
AEIOU : Tu te planques derrière une peluche de cthulhu. C'est pour "ne pas faire de jaloux dans le quartier" ?
Il y en a toujours que pour les humains !!! (Human Get All the Credit) je revendique le droit à la libération de la peluche hip hop.
Quand à Cthulhu... Rejoins la masse gluante et innocente de ceux qui attendent le réveil du grand poisson noir et tu sauras !
Gainsbourg blasphémait la Marseillaise. Tu reprends Carlos et Gérard Crosse. Tu ne respectes donc rien ??
Moi je privilégie le fond sur la forme ! Ces grandes paroles à textes de la chanson francaise véhiculent des messages profondément radicaux et subversifs que chacun est à même de déchiffrer s'il s'y penche d'un œil averti!
Et d'ailleurs j'invite tout à chacun a me proposer son morceau fétiche à toaster... Qu'est ce que ce sera pour toi monsieur Flu?
Y'a-t-il une scène nerdcore en France ?
Chez moi c'est nerdcore parce que que je toaste tout seul comme un nerd devant ma bécane (et uniquement sur une base de logiciels libres)
Il n'y a pas de trop du tout de Nerdcore hip hop en France à ma connaissance, faudrait demander sur bashFR...
Affaire à suivre...
Vous vous souvenez sans doute de Komar et Melamid, ces deux artistes russes qui ont mené une étude de marché professionnelle pour cerner les goûts esthétiques des populations, pays par pays. Ils en avaient tiré une série de peintures, les plus belles du monde. Sur le même principe, ces messieurs adeptes de bon goût (et Grands ambassadeurs du Sot Arts, mouvement exposé ces jours-ci à la Maison Rouge) avaient repris le concept pour créer avec le compositeur Dave Soldier deux chansons-étalon : The most wanted song (censée être appréciée par environ 72 % de la population) et The most unwanted song ("moins de 200 auditeurs à travers le monde apprécieraient cette chanson" dixit la notice...). Edités par le label Mulatta (stange sounds inside !), les deux titres viennent d'être mis à disposition en mp3 par Ubu.com. Et là, surprise (ou pas) : The most unwanted song (.mp3), dont les mélopées un brin stridentes semblent convier Klaus Nomi, Adrian Sherwood Gary Clail et les Doors, reste autrement plus audible que The most wanted song (.mp3), nectar de sucre de mélasse qui ferait passer la musique de Céline Dion pour du Nina Hagen. C'est exprès vous pensez ?
Ca commence par le travail de Cory Arcangel sur le titre "Number of the Beast" de Iron Maiden. Partant d'une numérisation originale, l'artiste a compressé au format mp3, à 666 reprises le fichier original. Si on connaît tous le résultat sonore de ce type d'opération, ce qu'on ignore, ce sont les éventuels effets démoniaques qu'elle pourrait provoquer. Car comme chacun sait, cela fait longtemps que le Démon a pris possession du support numérique.
Enfin, dernier exemple pictural, mais qui cette fois utilise le filtre "Find Edge" de Photoshop, appliqué des centaines de fois à 3 simples lignes rouge, verte et bleue.
Phonographie de l'horreur, Morbid Soundfields From Iraq propose une collection d'enregistrements environnementaux d'instants de vie ordinaires à Bagdad. Cette petite compilation de Thomas Ashcraft, radioastronome et sound-designer américain, est sans doute la bande sonore qui tourne en boucle sur le baladeur de Bernard Kouchner.
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