Selon un rapport publié lundi par la compagnie newyorkaise eMarkerter, les adultes américains passent désormais plus de temps sur des appareils mobiles (smartphones et tablettes) qu'à lire des journaux ou des magazines.
Contrairement à ce que craignent ou président certains, la télévision se défend très bien face à la montée en puissance de ces nouveaux supports médias. Mieux, les Américains n'ont même jamais passé autant de temps devant leur écran TV, avec 274 minutes (soit 4 heures et 34 minutes) par jour en 2011, contre 264 l'an dernier. Ils consacrent en revanche 2 minutes de moins à écouter la radio (94 minutes contre 96 en 2010), et 6 minutes de moins à la lecture de quotidiens ou de magazines (44 minutes contre 50 en 2010).
En 2009, la lecture de la presse avait encore un temps d'avance sur les appareils mobiles (55 minutes contre 39), et faisait encore ex-aequo en 2010 (50 minutes chacun). En 3 ans, le temps de lecture de la presse a chuté de 19 minutes par jour chez nos amis américains.
Plus de net et de multitasking
Le temps passé sur internet continue en revanche de grimper, avec 167 minutes par jour, contre 155 en 2010. Pour les smartphones et autres appareils mobiles, la croissance est encore plus nette. Les Américains y ont consacré en 2011 65 minutes par jour, chiffre qui a doublé depuis 2008 (32 minutes).
Pour mieux mesurer la portée de ces chiffres, il faudrait toutefois savoir ce que font les gens sur leur smartphone. Sont-ils en train de consulter des sites d'info, d'envoyer des SMS ou de jouer à Angry Birds ? L'étude ne résout malheureusement pas ce mystère.
Le rapport publié sur eMarketer nous confirme en revanche que le multitâche est en plein boom, raison pour laquelle la télévision ou la radio ont moins morflé que la presse papier. En effet, si le temps global consacré à tous ces supports médias augmente significativement (693 minutes par jour contre 660 en 2010 et 635 en 2008), c'est qu'on a de plus en tendance à surfer sur son ordinateur ou à consulter son smartphone tout en regardant la télévision. Voire à faire les trois en même temps.
Selon les derniers chiffres publiés par Nielsen, les Américains ne consacrent que 2,6% de leur temps de surf aux sites médias, contre 22,5 aux réseaux sociaux et blogs.

Ces données ont de quoi faire trembler les médias traditionnels. En effet, dans le tableau publié par le site poynter.org, les sites d'info seraient carrément dernier de la classe, doublés y compris par les sites de ventes aux enchères, les chats et les moteurs de recherche.
Heureusement pour nous autres web journalistes, en creusant un peu on constate que Nielsen a établi ces catégories avec des critères plutôt archaïques et une étrange définition de l'information.
Les sites d'infos spécialisés, dont ceux traitant de l'actu techno, se retrouvent ainsi relégués dans la catégorie "autres", qui inclut elle-même le porno. Les blogs sont eux placés avec les réseaux sociaux alors qu'ils peuvent aussi traiter d'informations très sérieuses (le blogging ne se résume pas à des tumblr comme "Paye ta raie"), qu'ils soient tenus des par des journalistes professionnels ou amateurs. Enfin, les portails, qui ont leur propre catégorie, postent aussi des informations.
Bref, les faiblesses de cette étude nous montrent surtout que la façon dont on consomme de l'info en 2011 a complètement changé et qu'il est grand temps de mettre à jour les méthodes de mesures d'audience afin de pouvoir dresser un bilan précis sur la situation de l'information en ligne.

Au pays où les journalistes avouent qu'ils emploient des détectives privés pour voler des informations croustillantes aux people en piratant leurs messageries, les papas et les mamans font le job eux-mêmes en surveillant ce que font leurs propres enfants sur Facebook.
Une étude publiée par le site britannique Laptopmag révèle en effet que plus de la moitié des parents britanniques surveillent ce que font leurs enfants sur Facebook au Royaume-Uni. Plus précisément : 55% suivent attentivement le profil de leur enfant, et 5% déclarent qu'ils le feraient aussi... s'ils savaient utiliser le réseau social.
Parmi les 2000 parents voyeurs interrogés, 41% vérifient le statut Facebook de leurs enfants, 39% contrôlent qui publie quoi sur leur mur, et 29% regardent les photos dans lesquelles ils ont été taggés.
Et il y a pire : 11% desdits géniteurs avouent carrément s'être créé un compte Facebook dans le but de pouvoir espionner les faits et gestes de leurs bambins... Mais certains enfants sont plus rusés que d'autres, car l'étude indique aussi que 4% des parents sondés se sont vu refuser leur demande d'ajout. Et na !
Les éditeurs de presse écrite adorent l'Ipad. Ils y voient deux retours gagnants : celui d'une interface utilisateur qu'ils comprennent - celle du media packagé - et surtout celui du contenu payant.
Malheureusement ils risquent encore de perdre de l'argent. Surtout s'ils publient un quotidien.
Une étude réalisée par l'école de journalisme du Missouri indique que 58,1 % des utilisateurs d'Ipad qui ont un abonnement à une édition papier résilieront probablement ce dernier dans les 6 prochains mois.
L'échantillon de 1609 personnes composé de gros consommateurs de news. Pour eux la tablette et le papier font doublon. Ils suppriment donc ce qui leur coûte le plus cher, leur journal quotidien.
Or pour l'heure un abonnement via l'Ipad est quasi condamné à être déficitaire.
Ludovic Blecher, rédacteur en chef de Libération. fr , expliquait récemment à Capital que pour être à l'équilibre, une édition quotidienne sur Ipad devrait être vendue autour d'un euro.
Mais la grille tarifaire d'Apple ne permet de choisir qu'entre deux prix : 0,79 cts et 1,59 centimes d'euros. Trop cher ou pas rentable voilà l'alternative proposée.
Donc si les déjà rares abonnés au papier préfèrent l'Ipad, les éditeurs de presse ne s'y retrouvent pas.
Seul le recrutement massif de nouveaux lecteurs peut permettre à une appli d'être rentable, notamment via la croissance de son chiffre d'affaires publicitaire. Mais là encore mauvaise nouvelle : 37 % des possesseurs d'Ipad surfent pour lire des news (et donc ne téléchargent pas d'applis) d'après une étude relayée par Business Insider. D'ailleurs le surf reste l'activité principale (37% du temps) sur l'Ipad.
Pour les éditeurs de presse, l'Ipad pourrait donc conjuguer deux handicaps : nécessiter d'importants coûts fixes (comme sur le print aujourd'hui) et favoriser encore la consommation gratuite de news.
Pour parler comme les magazines économiques, on peut dire que la croissance de Twitter est insolente.
La plateforme de micro-blogging réunit 145 millions d'utilisateurs dans le monde, soit le double de l'année précédente.
Avec 14,7 millions de dollars de chiffres d'affaires, le business reste en revanche assez modeste et en dessous de certaines prévisions qui tablaient sur 25 millions pour 2010.
Pour engranger plus de recettes publicitaires, la firme a décidé de reprendre un peu la main sur les usages.
Attractif parce que simple, Twitter était tout de même jusqu'ici une plateforme cheap qui encourageait les membres à utiliser des services extérieurs comme Tweetdeck pour gérer leur(s) compte(s) ou paramétrer leurs recherches.
Dans la nouvelle version, la navigation est meilleure, l'information mieux délivrée.
Une source de revenus pour les media ?
Mais c'est surtout sur l'utilisation des contenus que Twitter évolue : en signant un accord avec différentes plateformes comme Youtube, Flickr ou Twitpic, Twitter souhaite afficher directement de plus en plus de contenus dans sa nouvelle colononne de gauche.
Alors, Twitter bientôt éditeur de contenus ?
Honnêtement ce serait étonnant, pour la simple et bonne raison qu'il y a plus d'argent à gagner et d'avenir à construire pour un réseau d'infos pour un éditeur.
Au regard de la circulation de l'information, les platesformes sociales ont moins de souci à se faire que les sites.
L'enjeu pour les medias en ligne est donc surtout d'exporter leur contenus sur ces nouvelles plateformes qui ont une énorme masse d'utilisateurs et si possible de se faire rétribuer.
Avec le nouveau twitter, les medias ont donc sans doute moins à craindre qu'à espérer : autoriser l'"embedd" d'articles sur la plateforme et partager avec elle les revenus de la publicité sur les contenus peut représenter une source de revenus non négligeables.
Surtout en France, où, contrairement aux Etats-Unis, Twitter génère peu de report de trafic ( le réseau n'est pas dans les 50 premières sources d'audience du classement Nielsen).
Le bénéfice est donc double pour les éditeurs media : plus de visibilité pour leurs contenus via l'affichage direct sur les comptes twitter, et la possibilité d'un revenu sharing vertueux.
Même pour Twitter c'est probablement une manne plus intéressante que les poussifs tweets sponsorisés qui permettront difficilement un retour sur investissement des 160 millions de dollars déjà levés.

Wired estime donc que le web est mort. Le magazine américain voit l'avenir de l'internet en dehors des navigateurs et du search. Le web version html, celui avec lequel on conçoit les sites, est condamné. (Vive l'internet des applis et des mobiles).
Nous ne trancherons pas le vif débat qui s'est engagé mais constatons qu'annoncer prématurément la mort des supports ou des medias est une activité très prisée... dans les medias.
Ca accroche le regard du lecteur et ça ne mange pas de pain puisque personne ne se risque généralement à déterminer la date précise de l'acte de décès.
Chronique rapide des morts annoncées ces dernières années.
La presse écrite
Effritement (lent mais certain) des ventes, effondrement (rapide) des recettes publicitaires, manque d’intérêt de la part des jeunes générations, les critères objectifs ne manquent pas. Mais la presse écrite meurt surtout dans les articles qu'on lui consacre. En attendant, dès qu'un quotidien est à vendre, il trouve toujours des repreneurs et pas forcément des mécènes. Après la reprise du Monde par le trio Pigasse/Bergé/Niel, on apprend que Bolloré serait intéressé par le Parisien.
Le mobile
Slate, ambitieux media d'expertise de la vie, annonça la mort du mail il y a 3 ans.
Plus modestement, Fahrad Manjoo, chroniqueur tech (très respecté) écrivit récemment l'acte de décès de l'Ipod (super...).
Heureusement que Jacques Attali fait preuve d'audace - et dans la version française s'il vous plaît - en proclamant la fin du téléphone mobile. Et pourquoi ? Parce que la conversation téléphonqiue c'est mort, man.
La télévision (la fin de)
La télévision est assez détestée des journalistes qui n'y passent pas, la voir mourir est donc une perspective très séduisante.
Il y a trois ans, Jean-Louis Missika (spécialiste des medias et à notre sens génie du marketing éditorial) a donné une perspective théorique au fantasme.
Idée centrale : de la paléo-télévision (le spectateur totalement soumis de part la rareté de l’offre) à la VOD (une relation totalement individualisée) et aux offres triple pay, la télé aurait perdu son rôle de médiation.
Plus modestement, Fluctuat (et en l'occurence l'auteur de ces lignes) avait fanfaronné il y a un peu plus de 3 ans que la télé réalité était morte.
Elle était condamnée à se "trashiser" ou à disparaître (elle fit tranquillement les deux).
Bon ok ce n'est pas un support. Mais la nécro avancée des réseaux, à peine sont-ils nés, est également un sport à la mode.
"Bon et bien vous vous souvenez de Friendster ?"
Voilà la comparaison préférée des Cassandre qui prévoient une mort imminente de Facebook, oubliant un peu vite que leur compte Friendtser cumulait royalement trois amis ; alors que Facebook est plus peuplé que la plupart des pays de la planète.
Eh bien justement, expliquent les socio-analystes, tu as désormais trop de collègues sur FB, et en plus quand tout le monde y est, ça devient très vite ringard.
Ceux qui ont un CAP de marketing préfèrent mettre en doute le business model du réseau
Sont également morts : Internet explorer (et bien sur son ennemi Firefox), les blogs, les forums, le netbook.
Prochains à mourir : Chatroulette, Myspace
Vous voulez en être ? La cellule marketing éditorial de Fluctuat vous encourage à écrire un article expliquant que "Google c'est mort" (analysant par le menu comment Apple a gagné le match applis vs brower, domaine dans lequel la firme de Mountain View rame etc).

Inspiré par le blog Deadspin, qui a rajouté le son de la vuvuzela sur des images historiques (chute du Mur de Berlin, meurtre de Lee Harvey Oswald, premier Homme sur la Lune), Fluctuat en a fait de même avec l'annonce du prolongement de l'âge légal de départ à la retraite, qui passera à 62 ans en 2018 (et même 65 ou 67 ans pour ceux qui voudront toucher une pension à taux plein).
La réforme des retraites étouffée par le bruit des vuvuzelas, c'est sans doute le fantasme du gouvernement qui n'a pas choisi son calendrier par hasard. Heureusement, le cannibale médiatique qu'est le Mondial de football n'a pas totalement dévoré cette "vraie" actu...
Troisième boulet de la presse écrite après les journalistes feignasses et le modèle français de diffusion des journaux, j'ai nommé l'imprimerie.
(Celle du Monde par exemple pèse lourd dans le déficit du quotidien et nécessiterait d'après Libé 25 millions supplémentaires pour sa modernisation).
Du coup, il est temps d'imaginer des modèles low-cost et fortement automatisés d'impression. Pour cet ambitieux projet, les Lego seront probablement d'un grand secours.
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Afficher par : naissance / nationalité / métiers
posté par Gaelle Dubois Animator vs. Animation game
posté par zs't(hgrsg De l'importance du timing en photo
posté par Clem La twittosphère française est-elle devenue un...
posté par Jude La NASA publie de nouvelles photos de la Terre...
posté par AstronomieAmateur17