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Les news consacrées à l'emprise ou l'empire des médias (anciens et nouveaux) sur Aeiou.
La chute du mur en 140 signes : Flu twitte depuis Berlin
Aujourd'hui big day !, il vous fera vivre la (re)chute du Mur comme si vous y étiez. Vous pouvez le suivre sur Twitter et via la page d'accueil de Fluctuat. A voir ou revoir également : Reportage photos : Berlin-Est, la rebelle Bakchich en sursis, entretien avec ses fondateursPosté par Easywriter le 06.11.09 à 18:25 | tags : médias
Bakchich est au bord du dépôt de bilan. Fonctionnant depuis sa création il y a 3 ans avec l'argent de quelques mécènes, quelques abonnements payants et de (très) maigres ressources publicitaires, le site satirique a toujours été vacillant. Courant septembre, ses fondateurs décident de lancer une version papier hebdomadaire et pénétrer le marché déjà bien fourni des journaux satiriques du mercredi. Fluctuat a interviewé Nicolas Beau et Xavier Monier, les deux co-fondateurs qui font le point sur la situation de leur bi-media et les stratégies qu'ils imaginent pour perdurer. Les twitts d'Estrosi rendus ''publiques'' à l'Assemblée
Tout ce que vous twittez pourra être retenu contre vous. Outres les déclarations dans la presse et les entretiens télé, les hommes politiques doivent désormais faire attention aux messages qu'ils postent sur twitter.
"Je commence le bêtisier : Bourquin PS: efficacité du service publique (sic) mais cette efficacité pas au détriment du service publique (sic)". Ledit Bourquin, député PS, après avoir ironisé sur la double faute d'orthographe du ministre de l'Industrie, s'est indigné du ton employé : "Je suis profondément indigné par ces allégations qui avilissent notre Haute assemblée et renforcent les extrêmes". Une indignation en 140 signes qui avait elle aussi toute sa place sur Twitter.
Pure players : après Rue 89, au tour d'Agoravox d'appeler aux donsPosté par Easywriter le 03.11.09 à 17:56 | tags : médias
Après rue 89 (et son fameux mur), c'est au tour d'Agoravox de demander l'aide financière de ses lecteurs. "Le modèle publicitaire, en perte de vitesse, ne permet plus d’assurer la survie du média, bien que l’audience du site soit toujours au rendez-vous", indique dans une tribune son fondateur Carlo Revelli.
L'idée de faire payer les contenus, très en vogue en ce moment chez les éditeurs de presse, est difficilement conciliable avec le modèle éditorial participatif choisi par Agoravox. Du coup il en appelle à ses lecteurs. S'il passe l'hiver, Agoravox pourrait pourtant bénéficier de l'extension d'un certain business model français de la presse : dès 2010, l"Etat prévoit d'octroyer 20 millions d'euros aux editeurs de presse en ligne, qui bénéficieraient petit à petit d'un statut approchant celui des acteurs du "print". "Nous ne savons pas encore comment ces aides seront distribuées, selon quelles règles et avec quelles contraintes, ni si AgoraVox pourra en bénéficier le cas échéant. Mais d’une manière générale, nous pensons que les médias ne doivent pas dépendre des subventions de l’Etat, sauf s’il s’agit d’une aide de transition ponctuelle versée sans critères discriminatoires. Plutôt que d'attendre l'aumône de l'état, c'est vers un modèle américain en pleine croissance que se tourne Agoravox : le fundraising. Le site a déjà un statut de fondation et aimerait bénéficier des dons que réussit à réunir ses homologues américains de Propublica ont réussi à réunir. Yahoo a-t-il balancé 200 000 adresses au régime iranien ? (réponse : NON)MAJ : cette information - que nous reprenions au conditionnel - a été démentie par Yahoo et ZDnet a reconnu qu'il s'agissait d'une boulette de l'un de ses blogueurs. Nous nous étions permis de reprendre le sujet - au conditionnel, bis repetita - connaissant le sérieux habituel de ZDnet. L'info était fausse, et c'est tant mieux (Yahoo ?!).
Internet, instrument du n'importe quoi selon FinkielkrautPosté par Easywriter le 23.09.09 à 15:25 | tags : médias
Après Alain Duhamel qui s'inquiétait de la dictature de la transparence (face à la belle démocratie de l'opacité sans doute...) voici Alain Finkielkraut qui estime que Da internet c'est vraiment "l'instrument privilégié du n'importe quoi" (ça faisait longtemps).
A la manière de le voir s'inquiéter de voir les gens déambuler, se balader, on attend que le philosophe évoque des rodeurs malfaisants.
Susan Boyle ne rapportera pas un centimePosté par Easywriter le 21.04.09 à 10:27 | tags : médias
Wired estime la perte à 500 000 dollars minimum. Mais au fond n'est-ce pas une nouvelle victoire de la beauté pure et désintéressée du don de soi face à l'esprit mercantile navrant qui nous entoure ? Twitter : Ashton Kutcher gagne son duel face à CNNDate à retenir pour les férus d'histoire de l'information : Ashton Kutcher a atteint le million de followers sur son compte Twitter vers 7 heures le 17 avril 2009 (heure française) devançant CNN. Au début de la semaine l'acteur américain avait provoqué la chaine en duel, assurant qu'il pouvait être le premier membre de twitter à réunir 1 million de followers, avant même un grand network. En réalité, CNN a déjà dépassé ce chiffre si on ajoute ses 45 comptes mais la battle se faisait uniquement entre le mini-blog de Kutcher et le twitter breaking news de la chaine. Et puis les grands événements historiques ne s'embarrassent pas de tels détails, pas vrai ? En bonus, la vidéo de cet émouvant moment avec Demi Moore qui passe de temps en temps à l'arrière plan. Quelqu'un a-t-il des news de Google news ?Une info qui peut vous paraître anodine mais sachez que, depuis ce matin, Google a fait disparaître l'onglet actu de son menu gauche. G-news n'est désormais accessible que quand votre recherche a un grand nombre de résultats dans l'actualité, auquel cas lesdits résultats sont en première réponse.
Alors comment l'interpréter ? Est-ce une nouvelle victoire du communautaire sur le contenu, la fonction groupes étant de son côté bien mise en avant ? A moins que le moteur de recherche en temps réel ait convaincu Dame Google de moins vanter sa vieille bécane ? Outre Twittersearch, Orange Actu (voir illus) a également dans les cartons un agrégateur sophistiqué qui permettra de hiérarchiser des contenus textes, audios et vidéos agrégés depuis de grands sites d'information. La perspective de moteurs améliorés aura peut-être convaincu la firme de Mountain View de revoir sa copie ? Récemment Google a d'ailleurs signé des accords avec différentes agences de presse pour agréger leurs contenus et les aider en retour à les monétiser (par le partage de ressources publicitaires). Ce qui nous amène à une dernière spéculation : Peut-être que Google news tel qu'il a existé jusqu'à aujourd'hui - la reprise de sites d'informations générales et notamment de journaux qui râlent parfois de l'agrégation sans vergogne de leurs articles - a vocation à disparaître. Et que le moteur d'actu reviendra en grande pompe mais sans agréger les sites de contenus pour taper directement dans leurs sources, les agences. Peut-être aussi que tout reviendra à la normale dans quelques heures... ![]()
Pourquoi cette obsession du temps réel ?L'info Business du moment est donc le rachat possible de Twitter par Google pour une somme qui pourrait avoisiner 250 millions de dollars. Le temps réel c'est l'avenir (méditez l'absurde beauté de cette phrase deux secondes, pas plus, avant de poursuivre). ![]()
Le temps réel n'a donc objectivement pas grand intérêt. Ci-dessous une Twittersearch sur le sommet de l'Otan : ![]()
Twittersearch est sans doute plus rapide, mais qui s'en soucie si c'est pour apprendre que Nicolas Sarkozy vient d'atterrir à Strasbourg... (il y a trois minutes, au fait). Si j'étais Finkielkraut je glisserais sans doute ici un paragraphe sur l'anti-intellectualisme du temps réel médiatique mais ce n'est pas le problème. Le temps réel est névrotique, c'est d'ailleurs aussi une lubie de tarés de medias et surtout de technologie qui s'intéressent plus au procédé qu'à son utilité (réelle) alors que c'est presque comparable à regarder une vidéo-surveillance en continu. Bonus : soyez plus rapide encore avec Flutter : ![]()
BBC on ice : service public et douloureuxEn France, le journal de 20h ouvre souvent ces temps-ci par des images du pays paralysé par la neige. En Angleterre, les aléas climatiques sont également sujets d'informations télévisées. La BBC dénonce ainsi les défaillances du service public, en l'occurrence l'absence de salage des marches gelées des escaliers de la Waterloo station à Londres. Pour dénoncer, il faut témoigner, alors plutôt que de signaler aux malheureux piétons le danger qui les guettent, la chaîne a placé une caméra sur le trottoir et attendu que les gens chutent… CQFD. Versac is back : la micro interviewL'ex blogueur le plus influent de France (désolé j'ai pas pu me retenir) revient. Versac devrait participer à Slate.fr, le site français d'expertise de la vie. Micro-entretien.
Link : le blog de Versac. Le journal de demainCeux qui se sont déjà un peu frottés à la programmation de générateurs de textes et autres détournements de newsfeeds comprendront le tour de force d'Antoine Schmitt avec son récent Time Slip.
![]() L'idée de base est extrêmement simple et consite à changer le temps dans lequel sont formulées les infos du jour. Du présent, la dépêche se retrouve ainsi exprimée au futur et par exemple, au lieu de "mourir aujourd'hui", Béatrix Beck "va mourir aujourd'hui". Les infos sont bien sûr réelles et extraites des fils d'infos. L'effet obtenu est vraiment surprenant, et provoque à la fois cette impression étrange de vision du futur, comme l'exprime Jo-Anne Green sur Networked Performance, mais aussi, en français seulement, cette curieuse sensation de temps suspendu. Pourquoi seulement en français ? Tout simplement car la technique employée pour modifier le temps est sensiblement la même, en anglais et en français. Ainsi, le temps futur anglais est composé à l'aide du participe "will" et conjugue l'info au futur simple, lui conférant un caractère définitif et solennel, cette puissance de l'oracle dont parle Jo-Anne Green. En revanche, en français, l'adjonction du participe "aller" ne transforme pas la phrase de la même manière. Et au lieu d'obtenir, par exemple, "Le PSG gagnera 3-0", Time Slip écrit "Le PSG va gagner 3-0". Cette légère différence change tout pour le spectateur français, puisque dans la première version (comparable à la version anglaise), on est face à une certitude indépassable, gravée dans le marbre. Dans la seconde en revanche, on aura plutôt la sensation que les événements prédits ne vont pas nécessairement se produire rapidement, et peut-être même pas du tout, mais qu'ils menacent de se produire. ![]() Toutes les infos qui défilent sont donc des futurs probables et non certains, transformant notre vision du monde actuel en immense somme de possibles dont la réalisation aura lieu sous peu mais peine à arriver. Cette subtilité grammaticale, pas nécessairement prévue par l'artiste, ajoute un degré supplémentaire à cette oeuvre en ligne déjà passionnante. Diffamation sur le net : vive les médias autorisés !Peut-être êtes-vous comme moi passés à côté de cette info : le Sénat veut étendre à un an le délai de prescription des faits de diffamation sur le web. D'une grossièreté inouïe envers le petit peuple du net, les sénateurs font en outre le distingo entre sites issus de médias traditionnels « régulièrement déclarés ou autorisés », et blogs ou médias « informels ». L'ami Davduf décrypte et démonte avec brio ce projet de loi dans le dernier édito vidéo de Mediapart.
Permettez, messieurs qui défendez cette loi, que je vous traite un bref instant de galapiats pétochards et décérébrés. En attendant que vous reveniez à plus de raison. (de toutes façons vous n'avez pas le choix : c'est ça ou on traîne le Nouvel Obs devant le Conseil de la concurrence pour monopole sur les SMS truqués, avant de se saborder à coup de jurons déplacés) Vendredi et le web en papierPosté par Easywriter le 23.10.08 à 18:40 | tags : médias
Vendredi dont le deuxième numéro sort demain, est un nouvel hebdo qui se veut être "le best-of du web". Mais pour quoi faire ? On a demandé à Jacques Rosselin, fondateur du Courrier international et créateur de Vendredi. Faire payer de l'info gratuitement accessible partout vous pensez que c'est viable ? Oui. L'info n'est pas si accessible que cela. Elle est enfouie dans un immense tas. En ce qui concerne le prix de l'info, un exemple : beaucoup de données publiques sont accessibles gratuitement. Mais les entreprises paient cher pour qu'on les collecte pour elles. L'info, c'est bien sûr les milliers d'articles publiés chaque jour sur le net. Mais l'info pour le lecteur, c'est aussi la sélection, et la hiérarchisation de ces articles. Alors qu'on considère souvent le web comme le lieu de la rumeur ou du rewriting sans valeur ajoutée, Vendredi le considère comme la source première de l'info. Vous pensez qu'un renversement s'est opéré ? Sur le net, comme à la télé, la presse ou la radio, et comme partout d'ailleurs, il y a beaucoup de mauvais et un peu de bon. L'essentiel est que notre rédaction sélectionne le bon. Et l'information a tout de même maturé sur le net depuis trois ans (création de blogs politiques, de sites d'info "pure players". Moins qu'un magazine généraliste, Vendredi adopte le ton et la maquette d'un hebdo satirique. Quel public visez-vous ? Ceux qui s'informent sur le net et comprennent que VENDREDI leur fait gagner du temps. Et aussi ceux qui n'aiment pas s'informer sur le net et qui peuvent accéder à cette "nouvelle info" grâce à VENDREDI. Notre public est passionné par l'info et cherche dans VENDREDI un ton plus libre, plus indépendant, qui fait la réputation du net. D'où le côté mordant du titre. Depuis la disparition de Transfert il n'y a pas de magazine uniquement consacré aux nouveaux medias, Vendredi a-t-il vocation à prendre cette place ? Notre journal n'est pas consacré aux nouveaux médias. Il est consacré à l'actualité en général. Quel est le tirage, le point d'équilibre ? Le point d'équilibre est entre 30 et 35 000 ex par semaine. Nous espérons l'atteindre début 2009. Nous tirons actuellement à 150 000. Siné Hebdo déboule en kiosque
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Il pèse déjà plus lourd (en terme de pagination) que Charlie Hebdo, il est en kiosque depuis ce matin et propose une belle galerie de signatures, que l'on a plaisir à butiner pour la première fois. Le premier Siné Hebdo, colérique et frondeur, est arrivé. Au nombre des trouvailles, côté caricaturistes, une rubrique de dessins refusés, dont le premier publié présente Bush sur fond de World Trade Center en flamme, avec cette légende : "Un président élu à deux tours". Il était daté... du 12 septembre 2001. En voici ci-joint sa version actualisée, toute d'ironie, mais tout aussi mordante. Elle est empruntée au site officiel du canard que vous pouvez consulter ici. L'Empire attaque pour de bonCa faisait quelques jours que les screenshots de cette vidéo circulaient sans vraiment émouvoir.
Parce qu'après tout, les incrustations avec Photoshop n'ont rien de très complexe et n'importe quel gamin peut, s'il le souhaite, bidouiller une photo pour faire apparaître King Kong dans son jardin ou Spiderman sur un gratte-ciel de New-York. Là où l'objet est devenu intéressant, c'est justement quand on s'est aperçu que ces fameuses photos étaient issues d'une vidéo amateure. Quand autrefois, il fallait des millions de dollars et des ordinateurs surpuissants pour concevoir ce type d'incrustation, on s'aperçoit qu'aujourd'hui, avec du matériel bon marché, la prouesse n'en est plus une. Comme l'explique brillament Kevin Kelly sur son blog, alors que nous avions déjà dépassé le stade de "la photo comme preuve", on arrive désormais à un état de doute total sur toutes les images, quelles qu'elles soient. Autrement dit, même une vidéo floue qui tremblotte n'est plus gage d'authenticité car elle est presque aussi facile à truquer qu'un plan fixe. Esthétiquement, si on extrapole un peu, cela peut changer beaucoup de choses. On peut par exemple tirer un trait sur la vague de films "à effet documentaire" qui sont sortis ces dernières années, de Cloverfield au Projet Blair Witch en passant par REC. L'ambiance recherchée par les mouvements saccadés de ces productions était en effet une ambiance d'authenticité. Mais si comme le suppose Kevin Kelly, à partir de maintenant, plus aucune image ne pourra, par sa simple esthétique, prouver son authenticité, il ne fait aucun doute que ce ressor ne pourra plus être utilisé dans le cinéma de fiction. Ou alors, il signifiera autre chose. De la même manière, les vidéos des reportages des journaux télévisés seront confrontés à ce doute général et devront trouver un moyen, autre que la bonne foi ou la déontologie, pour certifier la véracité de ce qu'ils montrent. Car si aujourd'hui, Arrêt sur images, par exemple, se penche plus spécifiquement sur le montage et le vocabulaire proposé par la télévision, pour mettre en avant le sens caché de l'information, il faudra désormais réfléchir à de tout autres enjeux. Pour conclure, cette Death Star over San Francisco marque peut-être un tournant dans l'histoire des images, et sans le savoir, nous entraîne peut-être vers une époque de paranoïa généralisée... si ça n'était pas déjà le cas. T'as de belles stats, tu saisGoogle vient de muscler son Google Trends (dont on vous parlait ici) avec une nouvelle fonction Websites qui permet de comparer l'audience des sites web. Ce nouvel outil "combine diverses sources d’informations, données regroupées de Google (Google Toolbar) et de parties tierces". Comme d'hab', dans sa vaste et philanthropique entreprise de transparence, Google n'est pas très clair sur la formule du schlimblick, mais il n'empêche : pour avoir eu l'occasion de recouper avec d'autres sources statistiques (Cyberestat, Nielsen...), les données de Google sont d'une redoutable précision. Rien à voir avec Alexa, dont les statistiques sont d'une imprécision proverbiale puisque le site exploite un "panel" qui surévalue très largement l'homo-numericus américain (autrement appelé : geek US). Avec Google, ça ressemble à ça :
![]() Enfin, et ça n'est pas le moindre des effets pressentis, cette mise à dispostion publique des audiences va sans doute accompagner la reformulation - en cours - du paysage médiatique dans l'imaginaire collectif. Saviez-vous que le site du Monde était plus visité que celui de TF1, qui se trouve à peu près à touche-touche avec celui du Figaro ? On se désole beaucoup de l'état de la presse (qui a ses soucis, certes...), mais pour qui n'a jamais eu entre les mains un outil professionnel, type Nielsen, voilà qui remet les choses en perspective. Voici par contre une autre perspective possible : ![]() La petite ligne jaune en bas, écrasée le nez contre le sol, c'est Le Monde. La recherche a été effectuée à l'international, ce qui dessert évidemment notre auguste Fleuron (il est possible de faire des recherches sur la France uniquement, Daily et Wiki restant bien au-dessus du Monde et de TF1). La perspective néanmoins est assez saisissante. Une illustration parmi d'autres possibles de la force des "pure players", ces grands joueurs qui ne sortent jamais du réseau, avec un exemple emblématique de web contributif et non-commercial (Wikipedia). Imaginez maintenant qu'on ajoute Google.fr à notre moulinette magique : Dailymotion à son tour va-t-il se retrouver à plat ventre ? On ne le saura pas. Google.fr has no data available for ranking. Google, ou l'anti-arroseur arrosé permanent. Le chantre de la transparence ne diffuse aucun chiffre sur aucun de ses sites (Google, Youtube, Picasa etc.). Argument officiel avancé : pas de données intermédiaires publiées pour des raisons de communication financière (cf. article Techcrunch). Les autres sociétés côtées en bourse apprécieront. Argument plus plausible : en se fondant sur sa Toolbar, Google s'auto-comptabiliserait automatiquement 100 % d'audience web (mais n'était-il pas possible de pondérer avec les fameuses "parties tierces" ?). Quoiqu'il en soit, Google n'en est pas à 100 %, c'est vrai. Et puis, Google est pudique... Les archives du Times![]()
* Enfin... pas tout à fait complet bien sûr. Disons, depuis le XVIIIème siècle...
Mauvais photoshopers Sur les affiches, dans les magazines, dans les dossiers de presse, on le sait, aujourd'hui, tout est plus ou moins retouché numériquement.Photoshop, et dans une moindre mesure les logiciels de retouche concurents, est devenu le meilleur ami des publicitaires, des stars, et aussi des hommes et femmes politiques. Seulement une bonne retouche, si elle est plus aisée à réaliser qu'autrefois, nécessite tout de même un minimum de travail pour être crédible. Agacés par les énormes erreurs décelées ça et là dans la presse, les bloggeurs de PhotoshopDisasters ont donc décidé de rendre publiques leurs observations. Leur site, très largement collaboratif, recence ainsi les plus grosses invraissemblances, les disproportions surnaturelles et autres coups de pinceaux mal placés qu'un infographiste un peu feignant ou un peu pressé aura laissé passer. Un exemple en illustration, avec la mystérieuse troisième main de notre Trezeguet national, en Une du journal italien Tutto Sport. Et après on s'étonne qu'il soit pas sélectionné en équipe de France ! Editeur de mensonges La déception du web 2.0 commence à poindre.On vous avait promis un monde online plus démocratique, où la voix de chacun aurait autant de poids que celle d'un grand groupe de presse, où les réseaux sociaux permettraient de faire émerger des idées singulières, à contre-courant de la pensée consensuelle ambiante. Et on vous a menti. Les réseaux sociaux, l'information, la communication : tout est faux. C'est la base de la réflexion de Fake is a Fake, nouveau projet du collectif italien "Les Liens Invisibles", qu'on connaissait déjà pour son détournement de Flickr subversif, le bien nommé Subvertr. Fake is a Fake se présente sous la forme d'un Wordpress amélioré dont tous les thèmes prédéfinis sont des plagiats graphiques de sites tels que le Financial Times, la Repubblica, ou en français, Le Figaro et l'Elysée. Inspirés par l'initiative de 0100101110101101.org, qui avait lancé un faux site du Vatican en 98, Les Liens Invisibles se sont dit qu'il fallait rendre cette technologie de la subversion accessible à tous. Ainsi, moyennant une inscription gratuite et quelques connaissances de Wordpress, tout le monde peut maintenant lancer son propre faux site institutionnel, hebergé sur les serveurs du projet, et dont l'adresse, inévitablement, ressemblera, par exemple, à jesus.isafake.org Mais ça, on le savait déjà... Mediapart et les paris en lignePosté par Easywriter le 18.03.08 à 18:59 | tags : médias
Après Arrêt sur images, et en attendant Detoxinfos (site satirique bientôt en ligne d'après Rue 89), voici donc Mediapart, le nouveau site d'information lancé par Edwy Plenel. Mediapart fait d'abord le pari que les internautes sont prêts à payer pour des informations généralistes, secteur saturé de toutes parts et où la concurrence des ".fr" de grands quotidiens est âpre. Même s'il emploie des collaborateurs de qualité (dont l'ami Davduf, ou Jade Lindgaard transfuge des Inrocks) quelle sera la valeur ajoutée de Mediapart ? Surtout avec seulement 25 journalistes, ce qui est à la fois peu comparé à une rédaction "classique" et énorme en terme de rentabilité de la structure. L'article en Une sur l'hémorragie des adhérents au PS, pour intéressant qu'il soit, n'est ni un scoop, ni une analyse plus ambitieuse que ce qu'on aurait pu lire dans Le Monde ou Libération ou Rue 89. Dans une tribune dont je ne retrouve pas le lien Lindgaard imagine bien une piste avec l'investigation sociale mais tout cela restait assez évasif. Mediapart parie ensuite qu'il peut aller contre des usages web plutôt bien installés. Contre la gratuité donc mais aussi contre de nouvelles habitudes de consommation types rss qui agrègent des fils spécifiques au détriment des "medias packagés". Mediapart parie donc sur la transposition pure et simple du journal papier en numérique (après tout 9 euros c'est moins cher que le Fig, merde...) mais avec trois éditions dans la journée, le tout agrémenté d'un "lieu d’une conversation démocratique entre des citoyens qui discutent et échangent autour du journal dont ils sont les lecteurs fidèles. Le club d’une réinvention de nos pratiques démocratiques, à l’instar des clubs révolutionnaires qui furent les lieux de l’invention républicaine". Euh... à l'instar des forums en ligne aussi Edwy, non ?.... Si vous avez réussi sans rire, bailler, pleurer, vous êtes sur la bonne voie... Down for everyone or just me ?Ca ne vous aura pas échappé, la Chine connaît ces derniers jours quelque agitation. ![]() En Chine donc, la repression violente des manifestations au Tibet a été très largement sous-traitée par les médias, et beaucoup de Chinois ignorent même qu'elle a eu lieu... ou bien n'osent carrément pas en parler en ligne. C'est dans cet entre-deux surréaliste que John, américain d'origine vivant à Shangaï, écrit les derniers posts de son blog Sinosplice, se demandant pourquoi diable YouTube et Flickr sont innaccessibles, et à quel point ce désagrément l'agace. On ne saura jamais s'il n'a pas connaissance des événements au Tibet, ou bien s'il s'interdit tout simplement d'en parler, mais un mal pour un bien, il nous donne quand même une adresse bien utile en cas de dictature numérique, celle du site Down for everyone or just me ? Celle-ci permet de tester des adresses et vous indique si oui ou non, c'est votre pays qui bride votre accès, votre machine qui délire, ou bien si le site en question est tout simplement en rade. A garder dans ses favoris... au cas où.
Triny Prada et la justiceArtiste franco-colombienne, invitée du festival Vidéoformes à Clermont-Ferrand, Triny Prada a fait les frais, le 12 mars dernier du zèle de policiers clermontois.
La scène, malheureusement trop banale depuis plusieurs mois, est relatée en détails par Loiez Deniel, président du festival, et la version de Gabriel Soucheyre, présent sur les lieux, apparaît elle aussi dans les commentaires de l'article. Plus important que tout, le témoignage vidéo de Triny Prada vient d'être mis en ligne . A la lecture et à l'écoute de ces récits détaillés, on se souviendra bien sûr des grands shows médiatico-démocrates où le candidat Sarkozy, alors Ministre de l'Intérieur, répondait sèchement à un jeune homme accusant les forces de police de violences. A l'époque, les propos du ministre étaient sans ambiguïté, et condamnaient avec fermeté ces comportements, promettant même de s'occuper de ces affaires personnellement... si les faits étaient vérifiés. A-t-on entendu, depuis, à quelles enquêtes ces plaintes publiques ont mené ? Bien sûr que non. Attaquer frontalement une présumée victime, pour enfin ne pas donner suite à ces promesses de justice avait (et a eu) un seul objectif simple, médiatiquement parlant : changer le témoignage en "on dit" et le témoin en menteur. Aujourd'hui pourtant, avec l'affaire Triny Prada, qui survient à peine une semaine après un autre incident du même genre, les victimes ne sont plus de simples "racailles de banlieue" molestées et humiliées, mais des artistes d'un côté, et des étudiants de l'autre. Mauvaise pioche pour les policiers zélés mis en cause, puisqu'une plainte sera en effet déposée auprès du procureur de la République à Clermont. On pourrait se rejouir de ces démarches, tout en souhaitant que la justice autorise encore des recours contre des forces de l'ordre indélicates, mais comme on vient de le dire, il s'agit là d'artistes, intégrés à la vie de leur cité et de leur pays, socialement fréquentables et dignes de confiance a priori. Mais qu'en est-il des autres ? De tous ceux qui sont victimes des mêmes abus mais ne possèdent pas la stature sociale suffisante pour leur permettre d'être de bonne foi a priori ? Outre la constatation que ces débordements scandaleux continuent de se multiplier en France, c'est bien la principale question qui serait à débattre aujourd'hui. Eclipses anodinesOn a déjà copieusement parlé des moments où les images anodines prennent un sens que l'auteur n'a pas nécessairement maîtrisé.
A contrario, il peut se produire l'effet inverse, c'est à dire l'enregistrement d'un événement d'une grande puissance évocatrice, que le passage à l'état d'image vide complètement de sa substance. Ce phénomène est particulièrement sensible dans le cas des événements cosmiques, à commencer par les éclipses. ![]() Dans la nuit de mercredi à jeudi, une bonne partie de l'hémisphère nord a pu observer une éclipse totale de lune, événement qui ne se reproduira pas avant 2015, et comme on pouvait l'imaginer, des milliers de photographes ont enregistré et publié les images de ce ballet cosmique. Pourtant, rien n'est plus anodin que les photos d'une éclipse. Tout le monde sait à quoi ça ressemble, et en réfléchissant, tout au long d'un cycle lunaire, tout le monde assiste à une lente éclipse de 28 jours continuellement. Capturer ce moment devient donc un acte qui n'a de sens que pour l'individu qui y a assisté, n'importe qui d'autre pouvant remettre en cause la véracité des clichés ainsi que leur utilité. ![]() Ces images d'éclipses, alors qu'elles devraient motiver en nous toutes sortes d'émotions, en deviennent donc étrangement inutiles, et vaines, sans que la moindre mise en scène puisse y changer quoi que ce soit. Puisque des rares événements qui resistent aujourd'hui à l'image, l'éclipse s'impose comme ce fait unique qui n'a de sens que lorsqu'on en est le témoin direct, au bon endroit, au bon moment, avec la chance d'avoir des conditions météo favorables, et le simple fait d'en voir des photographies, ou des films, ne nous apprend qu'une chose : qu'on l'a manqué. Devant cette constatation, on pourrait se poser la question, à chaque image qu'on voit, dans quelle mesure celle-ci apporte du sens - ou en ôte - à l'événement qu'elle est censée immortaliser, et de toute évidence, bien des événements médiatiques n'en seraient plus... pour le bien de tous. |
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