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Les news consacrées à l'emprise ou l'empire des médias (anciens et nouveaux) sur Aeiou.

La chute du mur en 140 signes : Flu twitte depuis Berlin

Posté par Easywriter le 09.11.09 à 09:51 | tags : médias, twitter

Les lecteurs les plus assidus de Flu suivent François H  depuis samedi dans les rues de Berlin.
Notre tweet-reporter (en photo, dégustant eine Wurst tout en méditant sur la portée historique de sa mission) shoote et commente ce week-end historique sur le twitter de Fluctuat.

Aujourd'hui big day !, il vous fera vivre la (re)chute du Mur comme si vous y étiez. Vous pouvez le suivre sur Twitter et via la page d'accueil de Fluctuat

A voir ou revoir également : 

Reportage photos :  Berlin-Est, la rebelle
Diaporama : expo Berlin, l'effacement des traces
Berlin selon l'écrivain Jean-Yves Cendrey




Bakchich en sursis, entretien avec ses fondateurs

Posté par Easywriter le 06.11.09 à 18:25 | tags : médias

Bakchich est au bord du dépôt de bilan. Fonctionnant depuis sa création il y a 3 ans avec l'argent de quelques mécènes, quelques abonnements payants et de (très) maigres ressources publicitaires, le site satirique a toujours été vacillant.

Courant septembre, ses fondateurs décident de lancer une version papier hebdomadaire et pénétrer le marché déjà bien fourni des journaux satiriques du mercredi.
Après un démarrage réussi, les ventes stagnent en dessous de 15 000 exemplaires.

Fluctuat a interviewé Nicolas Beau et Xavier Monier, les deux co-fondateurs qui font le point sur la situation de leur bi-media et les stratégies qu'ils imaginent pour perdurer. 








Les twitts d'Estrosi rendus ''publiques'' à l'Assemblée

Posté par Easywriter le 06.11.09 à 11:32 | tags : twitter, politique, médias

Tout ce que vous twittez pourra être retenu contre vous. Outres les déclarations dans la presse et les entretiens télé, les hommes politiques doivent désormais faire attention aux messages qu'ils postent sur twitter.
Surtout quand ils le font en séance à l'Assemblée nationale.


Un twitt de Christian Estrosi publié hier alors qu'il était dans l'hémicycle a indigné l'opposition. Le voici :

"Je commence le bêtisier : Bourquin PS: efficacité du service publique (sic) mais cette efficacité pas au détriment du service publique (sic)".

Ledit Bourquin, député PS, après avoir ironisé sur la double faute d'orthographe du ministre de l'Industrie, s'est indigné du ton employé : "Je suis profondément indigné par ces allégations qui avilissent notre Haute assemblée et renforcent les extrêmes".

Une indignation en 140 signes qui avait elle aussi toute sa place sur Twitter. 

 

 

 

 




Pure players : après Rue 89, au tour d'Agoravox d'appeler aux dons

Posté par Easywriter le 03.11.09 à 17:56 | tags : médias

Après rue 89 (et son fameux mur), c'est au tour d'Agoravox de demander l'aide financière de ses lecteurs. "Le modèle publicitaire, en perte de vitesse, ne permet plus d’assurer la survie du média, bien que l’audience du site soit toujours au rendez-vous", indique dans une tribune son fondateur Carlo Revelli.

Le site participatif qui réunit 330 000 visiteurs uniques par mois (selon Nielsen Mediamétrie) connaît le même problème que la plupart des pure players : l'absence de modèle économique viable.

L'idée de faire payer les contenus, très en vogue en ce moment chez les éditeurs de presse, est difficilement conciliable avec le modèle éditorial participatif choisi par Agoravox. Du coup il en appelle à ses lecteurs.

S'il passe l'hiver, Agoravox pourrait pourtant bénéficier de l'extension d'un certain business model français de la presse :  dès 2010, l"Etat prévoit d'octroyer 20 millions d'euros aux editeurs de presse en ligne, qui bénéficieraient petit à petit d'un statut approchant celui des acteurs du "print".

"Nous ne savons pas encore comment ces aides seront distribuées, selon quelles règles et avec quelles contraintes, ni si AgoraVox pourra en bénéficier le cas échéant. Mais d’une manière générale, nous pensons que les médias ne doivent pas dépendre des subventions de l’Etat, sauf s’il s’agit d’une aide de transition ponctuelle versée sans critères discriminatoires.
Les médias ne doivent pas vivre sous perfusion permanente,
indique Carlo Revelli. 

Plutôt que d'attendre l'aumône de l'état, c'est vers un modèle américain en pleine croissance que se tourne Agoravox : le fundraising. Le site a déjà un statut de fondation et aimerait bénéficier des dons que réussit à réunir ses homologues américains de Propublica ont réussi à réunir.
"Ces actions de mécénat auraient pour but de relancer et faire revivre en ligne le journalisme d’investigation et nos enquêtes participatives" explique le fondateur.
Comme les dons que le site espère de ses lecteurs (vous pouvez en faire un en suivant ce lien) ces actions de mécénat sont largement défiscalisées. 




Yahoo a-t-il balancé 200 000 adresses au régime iranien ? (réponse : NON)

Posté par Easywriter le 09.10.09 à 15:01 | tags : yahoo, medias

MAJ : cette information - que nous reprenions au conditionnel - a été démentie par Yahoo et ZDnet a reconnu qu'il s'agissait d'une boulette de l'un de ses blogueurs. Nous nous étions permis de reprendre le sujet - au conditionnel, bis repetita - connaissant le sérieux habituel de ZDnet. L'info était fausse, et c'est tant mieux (Yahoo ?!).

Quelques mois après avoir été accusé de complicité avec les autorités chinoises (à qui la société avait fourni les adresses mails de dissidents), Yahoo est désormais soupçonné de collaboration avec le régime iranien.

Pendant la récente révolte, Yahoo aurait obtenu le déblocage de son site sur le territoire iranien en fournissant 200 000 adresses d'internautes.
Zdnet a reçu une traduction d'un blog d'étudiants contestataires qui accusent les représentants de Yahoo de s'être livré à des tractations avec Téhéran.

Au départ, les autorités voulaient absolument tous les mails détenus par Yahoo, mais devant l'ampleur de la tâche seules les adresses d'internautes tenant également un blog ont été exigées : Non pas en raison d'un sursaut éthique mais pour réduire la difficulté technique de la demande. Quelques heures plus tard, Yahoo était à nouveau accessible. 

 

Approché également par les autorités, Google n'aurait pas réagi et attendu 48 heures avant de voir ses services à nouveau accessibles sans apparemment de contrepartie. 

D'après ZDnet, les étudiants contestataires à l'origine de l'info auraient infiltré l'administration iranienne. Pour l'heure Yahoo n'a pas réagi et les accusations restent au conditionnel.




Internet, instrument du n'importe quoi selon Finkielkraut

Posté par Easywriter le 23.09.09 à 15:25 | tags : médias

Après Alain Duhamel qui s'inquiétait de la dictature de la transparence (face à la belle démocratie de l'opacité sans doute...) voici Alain Finkielkraut qui estime que Da internet c'est vraiment "l'instrument privilégié du n'importe quoi" (ça faisait longtemps).
Les espaces de débat et de partage nouveaux induits par la technologie n'étant que la marge. 

 


A la manière de le voir s'inquiéter de voir les gens déambuler, se balader, on attend que le philosophe évoque des rodeurs malfaisants.

 




Susan Boyle ne rapportera pas un centime

Posté par Easywriter le 21.04.09 à 10:27 | tags : médias

La vidéo de Susan Boyle va battre un certain nombre de records : la chanteuse écossaise la plus célèbre, "le clip" le plus vu online et la plus grossière erreur commerciale de l'histoire du web : sa vidéo ne contenant aucun lien commercial Google, elle ne rapportera pas un centime à Youtube qui pourtant en manque mais se contentera de l'aura de grâce que Boyle offre au plus gros site de partage de videos-gags.

Wired estime la perte à 500 000 dollars minimum. 

Mais au fond n'est-ce pas une nouvelle victoire de la beauté pure et désintéressée du don de soi face à l'esprit mercantile navrant qui nous entoure ?




Twitter : Ashton Kutcher gagne son duel face à CNN

Posté par Easywriter le 17.04.09 à 10:28 | tags : médias, twitter
 
Date à retenir pour les férus d'histoire de l'information : Ashton Kutcher a atteint le million de followers sur son compte Twitter vers 7 heures le 17 avril 2009 (heure française) devançant CNN.
 
Au début de la semaine l'acteur américain avait provoqué la chaine en duel, assurant qu'il pouvait être le premier membre de twitter à réunir 1 million de followers, avant même un grand network.
 
En réalité, CNN a déjà dépassé ce chiffre si on ajoute ses 45 comptes mais la battle se faisait uniquement entre le mini-blog de Kutcher et le twitter breaking news de la chaine. Et puis les grands événements historiques ne s'embarrassent pas de tels détails, pas vrai ? 
En bonus, la vidéo de cet émouvant moment avec Demi Moore qui passe de temps en temps à l'arrière plan.
 




Quelqu'un a-t-il des news de Google news ?

Posté par Easywriter le 14.04.09 à 11:56 | tags : google, médias

Une info qui peut vous paraître anodine mais sachez que, depuis ce matin, Google a fait disparaître l'onglet actu de son menu gauche.

G-news n'est désormais accessible que quand votre recherche a un grand nombre de résultats dans l'actualité, auquel cas lesdits résultats sont en première réponse.


Peut-être s'agit-il d'un simple oubli mais on a du mal à imaginer Google négligent.

Alors comment l'interpréter ? Est-ce une nouvelle victoire du communautaire sur le contenu, la fonction groupes étant de son côté bien mise en avant  ? A moins que le moteur de recherche en temps réel ait convaincu Dame Google de moins vanter sa vieille bécane ?

Outre Twittersearch, Orange Actu (voir illus)  a également dans les cartons un agrégateur sophistiqué qui permettra de hiérarchiser des contenus textes, audios et vidéos agrégés depuis de grands sites d'information. La perspective de moteurs améliorés aura peut-être convaincu la firme de Mountain View de revoir sa copie ?

Récemment Google a d'ailleurs signé des accords avec différentes agences de presse pour agréger leurs contenus et les aider en retour à les monétiser (par le partage de ressources publicitaires).

Ce qui nous amène à une dernière spéculation : Peut-être que Google news tel qu'il a existé jusqu'à aujourd'hui - la reprise de sites d'informations générales et notamment de journaux qui râlent parfois de l'agrégation sans vergogne de leurs articles - a vocation à disparaître.

Et que le moteur d'actu reviendra en grande pompe mais sans agréger les sites de contenus pour taper directement dans leurs sources, les agences. Peut-être aussi que tout reviendra à la normale dans quelques heures... 
Mise à jour du 15/04 : tout est revenu, oubliez cette histoire...



 

 




Pourquoi cette obsession du temps réel ?

Posté par Easywriter le 03.04.09 à 12:20 | tags : twitter, réseaux sociaux, médias

L'info Business du moment est donc le rachat possible de Twitter par Google pour une somme qui pourrait avoisiner 250 millions de dollars.
La raison essentielle pour laquelle la vieille Google veut s'en emparer est que le moteur de recherche en temps réel de Twitter serait en passe de surpasser ses antiques diesel qui mettent parfois plusieurs minutes à agréger de nouveaux contenus.

Le temps réel c'est l'avenir (méditez l'absurde beauté de cette phrase deux secondes, pas plus, avant de poursuivre).
Son obsession confine pourtant un peu au grotesque.
C'est le crash de l'avion sur l'Hudson River qui a donné ses lettres de noblesse à la notion : des inconnus "twittaient" en direct ce qu'ils voyaient ("ils marchent sur l'eau!" " etc... )
Le fait qu'il y ait eu des témoins directs (et témoignant en direct) du crash qui ont twitté est une information qui a presque autant fasciné journalistes et accrocs des medias que l'attitude héroïque du Commandant de bord.
Pourtant, la seule différence avec un témoignage classique résidait dans le fait que la personne ne racontait pas son histoire au micro de CNN mais une heure plus tôt sur Twitter.


 

Le temps réel n'a donc objectivement pas grand intérêt. Ci-dessous une Twittersearch sur le sommet de l'Otan :

 



On y apprend dix fois (trente deux, ou plus au moment même ou vous lisez cette information) qu'Air Force One va atterrir ( décidément les histoires d'atterrissage d'avion semblent devenir l'obsession des accrocs du temps réel) et la plupart des infos sont des liens qui pointent vers des sources medias (au sens large).
Avec son système de recherche de news, Google est nettement plus performant (cliquez pour voir une capture Google news à 12h28 aujourd'hui).

Twittersearch est sans doute plus rapide, mais qui s'en soucie si c'est pour apprendre que Nicolas Sarkozy vient d'atterrir à Strasbourg... (il y a trois minutes, au fait).
L'expression elle-même est un peu trompeuse d'ailleurs - ce qui n'est pas en temps réel, qu'on vous "reporte", est-il donc bidon ? La notion trimballe l'idée qu'il n'y a pas de filtre médiatique, que tout est là tout de suite, "pour de vrai".
Le temps réel est la dernière procuration pour l'expérience directe. On utilise l'expression pour renforcer l'idée de la réalité, or c'est bien plus le principe du substitut à cette réalité qui prévaut : je suis avec eux en train de regarder des gens marcher sur l'Hudson River.

Si j'étais Finkielkraut je glisserais sans doute ici un paragraphe sur l'anti-intellectualisme du temps réel médiatique mais ce n'est pas le problème. Le temps réel est névrotique, c'est d'ailleurs aussi une lubie de tarés de medias et surtout de technologie qui s'intéressent plus au procédé qu'à son utilité (réelle) alors que c'est presque comparable à regarder une vidéo-surveillance en continu.
Ou 24 h chrono. Au moins la série fait elle sans doute l'utilisation la plus honnête du temps réel : celle qui vous dit que vous êtes dans une bonne grosse fiction.

Bonus : soyez plus rapide encore avec Flutter :


 

 




BBC on ice : service public et douloureux

Posté par Jordan le 15.02.09 à 22:30 | tags : médias, télévision, vidéo

En France, le journal de 20h ouvre souvent ces temps-ci par des images du pays paralysé par la neige. En Angleterre, les aléas climatiques sont également sujets d'informations télévisées. La BBC dénonce ainsi les défaillances du service public, en l'occurrence l'absence de salage des marches gelées des escaliers de la Waterloo station à Londres. Pour dénoncer, il faut témoigner, alors plutôt que de signaler aux malheureux piétons le danger qui les guettent, la chaîne a placé une caméra sur le trottoir et attendu que les gens chutent… CQFD.




Versac is back : la micro interview

Posté par Easywriter le 10.02.09 à 14:40 | tags : médias, blogs

L'ex blogueur le plus influent de France (désolé j'ai pas pu me retenir)  revient. Versac devrait participer à Slate.fr, le site français d'expertise de la vie. Micro-entretien.

Tu reviens quand alors ?
Je ne sais pas encore. En fait, je sais quoi, comment, mais le principal problème, c'est de prendre le temps de mettre mon nouveau blog sur le serveur, de l'installer, de le peaufiner avant lancement, etc... J'ai un tout petit peu de boulot, actuellement, et je ne suis pas dans le rythme. A priori, je compte sur fin février, début mars, mais rien n'est sûr. Ca reste un loisir amateur, et ça passe donc logiquement derrière le reste.


T'es trop blog addict pour vraiment décrocher ?
En fait, non. J'ai décroché par lassitude, et pour me mettre à d'autres formats d'écriture et d'expression. Un livre, d'un côté, une chronique radio, une télé. Le livre est fini, il sortira fin mars ou début avril. Le besoin du blog se fait sentir ; j'ai envie de me remettre dans ce flux. Pas un jour ne se passe sans que je ne me dise "ça ferait un bon billet de blog, ça". J'ai besoin des contacts qu'un blog permet, des surprises que ça génère, de cette nécessité d'écrire publiquement, chaque jour, pour formaliser, se nourrir.

Tu préfères être Barbier ou Zemmour ?

Ni l'un, ni l'autre ! Ce sont deux contre-modèles parfaits ! Je n'ai pas leur prétention, pas leur omniscience, pas leur avis définitif. Je m'inscris juste à mon niveau, dans le flux des conversations de blog à blog, comme un lecteur attentif, qui a besoin d'un carnet de notes public. Vous ne me verrez jamais chez Ruquier dire des choses définitives, ou en train de faire un podcast pontifiant dans la rue, avec mon écharpe rouge, gonflé de mon importance. Une tribune, c'est une goutte d'eau. On apprend ça vite, quand on n'est pas protégé par son titre ou son institution. 


T'écriras quoi sur Slate ?
C'est surprise. A priori, ça tournera sans doute autour de ce merveilleux concept qui est entré dans la bouche de plein de journalistes, qui parlent de "journalisme de liens". Ils me font marrer : on n'a pas attendu le concept pour faire du lien contextualisé un art, sur les blogs. J'aimerais creuser un peu la chose, dans une revue personnelle...

Link : le blog de Versac.




Le journal de demain

Posté par Troudair le 01.12.08 à 09:19 | tags : générateur, media art, médias, rss
Ceux qui se sont déjà un peu frottés à la programmation de générateurs de textes et autres détournements de newsfeeds comprendront le tour de force d'Antoine Schmitt avec son récent Time Slip.



L'idée de base est extrêmement simple et consite à changer le temps dans lequel sont formulées les infos du jour.
Du présent, la dépêche se retrouve ainsi exprimée au futur et par exemple, au lieu de "mourir aujourd'hui", Béatrix Beck "va mourir aujourd'hui". Les infos sont bien sûr réelles et extraites des fils d'infos.

L'effet obtenu est vraiment surprenant, et provoque à la fois cette impression étrange de vision du futur, comme l'exprime Jo-Anne Green sur Networked Performance, mais aussi, en français seulement, cette curieuse sensation de temps suspendu.
Pourquoi seulement en français ? Tout simplement car la technique employée pour modifier le temps est sensiblement la même, en anglais et en français. Ainsi, le temps futur anglais est composé à l'aide du participe "will" et conjugue l'info au futur simple, lui conférant un caractère définitif et solennel, cette puissance de l'oracle dont parle Jo-Anne Green.
En revanche, en français, l'adjonction du participe "aller" ne transforme pas la phrase de la même manière. Et au lieu d'obtenir, par exemple, "Le PSG gagnera 3-0", Time Slip écrit "Le PSG va gagner 3-0".
Cette légère différence change tout pour le spectateur français, puisque dans la première version (comparable à la version anglaise), on est face à une certitude indépassable, gravée dans le marbre. Dans la seconde en revanche, on aura plutôt la sensation que les événements prédits ne vont pas nécessairement se produire rapidement, et peut-être même pas du tout, mais qu'ils menacent de se produire.



Toutes les infos qui défilent sont donc des futurs probables et non certains, transformant notre vision du monde actuel en immense somme de possibles dont la réalisation aura lieu sous peu mais peine à arriver.
Cette subtilité grammaticale, pas nécessairement prévue par l'artiste, ajoute un degré supplémentaire à cette oeuvre en ligne déjà passionnante.



Diffamation sur le net : vive les médias autorisés !

Posté par Gflu le 14.11.08 à 23:35 | tags : blogs, médias, politique
Peut-être êtes-vous comme moi passés à côté de cette info : le Sénat veut étendre à un an le délai de prescription des faits de diffamation sur le web. D'une grossièreté inouïe envers le petit peuple du net, les sénateurs font en outre le distingo entre sites issus de médias traditionnels « régulièrement déclarés ou autorisés », et blogs ou médias « informels ». L'ami Davduf décrypte et démonte avec brio ce projet de loi dans le dernier édito vidéo de Mediapart.
Permettez, messieurs qui défendez cette loi, que je vous traite un bref instant de galapiats pétochards et décérébrés. En attendant que vous reveniez à plus de raison.
(de toutes façons vous n'avez pas le choix : c'est ça ou on traîne le Nouvel Obs devant le Conseil de la concurrence pour monopole sur les SMS truqués, avant de se saborder à coup de jurons déplacés)



Vendredi et le web en papier

Posté par Easywriter le 23.10.08 à 18:40 | tags : médias

Vendredi dont le deuxième numéro sort demain, est un nouvel hebdo qui se veut être "le best-of du web". Mais pour quoi faire ? On a demandé à Jacques Rosselin,  fondateur du Courrier international et créateur de Vendredi.

 

Faire payer de l'info gratuitement accessible partout vous pensez que c'est viable ?

Oui. L'info n'est pas si accessible que cela. Elle est enfouie dans un immense tas. 
En ce qui concerne le prix de l'info, un exemple : beaucoup de données publiques sont accessibles gratuitement. Mais les entreprises paient cher pour qu'on les collecte pour elles. 
L'info, c'est bien sûr les milliers d'articles publiés chaque jour sur le net. Mais l'info pour le lecteur, c'est aussi la sélection, et la hiérarchisation de ces articles.

 Alors qu'on considère souvent le web comme le lieu de la rumeur ou du rewriting  sans valeur ajoutée, Vendredi le considère comme la source première de l'info. Vous pensez qu'un renversement s'est opéré ?
Sur le net, comme à la télé, la presse ou la radio, et comme partout d'ailleurs, il y a beaucoup de mauvais et un peu de bon. L'essentiel est que notre rédaction sélectionne le bon. Et l'information a tout de même maturé sur le net depuis trois ans (création de blogs politiques, de sites d'info "pure players".

Moins qu'un magazine généraliste, Vendredi adopte le ton et la maquette d'un hebdo satirique. Quel public visez-vous ?
Ceux qui s'informent sur le net et comprennent que VENDREDI leur fait gagner du temps. Et aussi ceux qui n'aiment pas s'informer sur le net et qui peuvent accéder à cette "nouvelle info" grâce à VENDREDI. Notre public est passionné par l'info et cherche dans VENDREDI un ton plus libre, plus indépendant, qui fait la réputation du net. D'où le côté mordant du titre.

 Depuis la disparition de Transfert il n'y a pas de magazine uniquement consacré aux nouveaux medias, Vendredi a-t-il vocation à prendre cette place ?
Notre journal n'est pas consacré aux nouveaux médias. Il est consacré à l'actualité en général.

Quel est le tirage, le point d'équilibre ?
Le point d'équilibre est entre 30 et 35 000 ex par semaine. Nous espérons l'atteindre début 2009. Nous tirons actuellement à 150 000.



Siné Hebdo déboule en kiosque

Posté par Puck le 10.09.08 à 12:15 | tags : blog de midi, illustration, médias

 

 

Il pèse déjà plus lourd (en terme de pagination) que Charlie Hebdo, il est en kiosque depuis ce matin et propose une belle galerie de signatures, que l'on a plaisir à butiner pour la première fois. Le premier Siné Hebdo, colérique et frondeur, est arrivé. Au nombre des trouvailles, côté caricaturistes, une rubrique de dessins refusés, dont le premier publié présente Bush sur fond de World Trade Center en flamme, avec cette légende : "Un président élu à deux tours". Il était daté... du 12 septembre 2001. En voici ci-joint sa version actualisée, toute d'ironie, mais tout aussi mordante. Elle est empruntée au site officiel du canard que vous pouvez consulter ici.
Les temps changent... Autre nouveauté qui surprendra les fidèles de Charlie (dont on connaît l'aversion ancienne pour les "autoroutes de l'information"), Siné a même lancé... un blogue. Libre, gratuit.




L'Empire attaque pour de bon

Posté par Troudair le 26.08.08 à 08:10 | tags : hoax ?, médias, vidéo
Ca faisait quelques jours que les screenshots de cette vidéo circulaient sans vraiment émouvoir.
Parce qu'après tout, les incrustations avec Photoshop n'ont rien de très complexe et n'importe quel gamin peut, s'il le souhaite, bidouiller une photo pour faire apparaître King Kong dans son jardin ou Spiderman sur un gratte-ciel de New-York.
Là où l'objet est devenu intéressant, c'est justement quand on s'est aperçu que ces fameuses photos étaient issues d'une vidéo amateure.

Quand autrefois, il fallait des millions de dollars et des ordinateurs surpuissants pour concevoir ce type d'incrustation, on s'aperçoit qu'aujourd'hui, avec du matériel bon marché, la prouesse n'en est plus une.
Comme l'explique brillament Kevin Kelly sur son blog, alors que nous avions déjà dépassé le stade de "la photo comme preuve", on arrive désormais à un état de doute total sur toutes les images, quelles qu'elles soient. Autrement dit, même une vidéo floue qui tremblotte n'est plus gage d'authenticité car elle est presque aussi facile à truquer qu'un plan fixe.

Esthétiquement, si on extrapole un peu, cela peut changer beaucoup de choses.
On peut par exemple tirer un trait sur la vague de films "à effet documentaire" qui sont sortis ces dernières années, de Cloverfield au Projet Blair Witch en passant par REC. L'ambiance recherchée par les mouvements saccadés de ces productions était en effet une ambiance d'authenticité. Mais si comme le suppose Kevin Kelly, à partir de maintenant, plus aucune image ne pourra, par sa simple esthétique, prouver son authenticité, il ne fait aucun doute que ce ressor ne pourra plus être utilisé dans le cinéma de fiction. Ou alors, il signifiera autre chose. De la même manière, les vidéos des reportages des journaux télévisés seront confrontés à ce doute général et devront trouver un moyen, autre que la bonne foi ou la déontologie, pour certifier la véracité de ce qu'ils montrent. Car si aujourd'hui, Arrêt sur images, par exemple, se penche plus spécifiquement sur le montage et le vocabulaire proposé par la télévision, pour mettre en avant le sens caché de l'information, il faudra désormais réfléchir à de tout autres enjeux.

Pour conclure, cette Death Star over San Francisco marque peut-être un tournant dans l'histoire des images, et sans le savoir, nous entraîne peut-être vers une époque de paranoïa généralisée... si ça n'était pas déjà le cas.



T'as de belles stats, tu sais

Posté par Gflu le 25.06.08 à 10:06 | tags : google, internet 2.0, médias
Google vient de muscler son Google Trends (dont on vous parlait ici) avec une nouvelle fonction Websites qui permet de comparer l'audience des sites web. Ce nouvel outil "combine diverses sources d’informations, données regroupées de Google (Google Toolbar) et de parties tierces". Comme d'hab', dans sa vaste et philanthropique entreprise de transparence, Google n'est pas très clair sur la formule du schlimblick, mais il n'empêche : pour avoir eu l'occasion de recouper avec d'autres sources statistiques (Cyberestat, Nielsen...), les données de Google sont d'une redoutable précision. Rien à voir avec Alexa, dont les statistiques sont d'une imprécision proverbiale puisque le site exploite un "panel" qui surévalue très largement l'homo-numericus américain (autrement appelé : geek US). Avec Google, ça ressemble à ça :

On a les révolutions qu'on mérite mais c'en est une (petite) : depuis la nuit du web et les modems 56 k ping ping ping, les e-mythomanes étaient presque aussi nombreux que les webmasters et éditeurs de sites. Don't hate the media, be the media. And lie on your metrics, like any media. Que ce soit par intérêt stratégique ou par simple narcissisme, la tentation était grande d'arrondir généreusement ses "visites". Et il y avait toujours une bonne raison de ne pas se plier à la grille de lecture qui ne renvoyait pas l'image que l'on voulait (se) donner ("Nielsen ne représente pas assez bien les jeunes", "Alexa est trop geek", etc. etc.). Pour la première fois, donc, et même si l'outil réserve quelques bizarreries, une certaine forme d'objectivité statistique semble émerger. Deux possibles conséquences : d'abord, de façon anecdotique, une baisse sensible des propositions de partenariats "win-win" qui reposent sur du vent (c'est un type de "spams" auquel vous n'êtes sans doute pas exposé si vous n'éditez pas de site web, mais sachez qu'ils sont nombreux...). Ensuite, un probable effet baudruche sur un certain nombre de sites dont la communication tient en grande partie sur une approche fantaisiste de la chose statistique. Quand vous expliquez à vos investisseurs que vous avez la kill-app de l'année mais que vos stats plafonnent en dessous du site ville-de-besancon.fr, ça peut coincer. La statistique est un loup pour l'homme.

Enfin, et ça n'est pas le moindre des effets pressentis, cette mise à dispostion publique des audiences va sans doute accompagner la reformulation - en cours - du paysage médiatique dans l'imaginaire collectif. Saviez-vous que le site du Monde était plus visité que celui de TF1, qui se trouve à peu près à touche-touche avec celui du Figaro ? On se désole beaucoup de l'état de la presse (qui a ses soucis, certes...), mais pour qui n'a jamais eu entre les mains un outil professionnel, type Nielsen, voilà qui remet les choses en perspective. Voici par contre une autre perspective possible :

La petite ligne jaune en bas, écrasée le nez contre le sol, c'est Le Monde. La recherche a été effectuée à l'international, ce qui dessert évidemment notre auguste Fleuron (il est possible de faire des recherches sur la France uniquement, Daily et Wiki restant bien au-dessus du Monde et de TF1). La perspective néanmoins est assez saisissante. Une illustration parmi d'autres possibles de la force des "pure players", ces grands joueurs qui ne sortent jamais du réseau, avec un exemple emblématique de web contributif et non-commercial (Wikipedia). Imaginez maintenant qu'on ajoute Google.fr à notre moulinette magique : Dailymotion à son tour va-t-il se retrouver à plat ventre ? On ne le saura pas. Google.fr has no data available for ranking. Google, ou l'anti-arroseur arrosé permanent. Le chantre de la transparence ne diffuse aucun chiffre sur aucun de ses sites (Google, Youtube, Picasa etc.). Argument officiel avancé : pas de données intermédiaires publiées pour des raisons de communication financière (cf. article Techcrunch). Les autres sociétés côtées en bourse apprécieront. Argument plus plausible : en se fondant sur sa Toolbar, Google s'auto-comptabiliserait automatiquement 100 % d'audience web (mais n'était-il pas possible de pondérer avec les fameuses "parties tierces" ?). Quoiqu'il en soit, Google n'en est pas à 100 %, c'est vrai. Et puis, Google est pudique...




Les archives du Times

Posté par Gflu le 15.06.08 à 14:18 | tags : data mémoire, lectures, médias


Le Times vient de publier 200 ans d'archives en ligne ! Deux siècles de conservatisme journalistique propulsés dans l'infosphère du XXIème siècle... l'effet est saisissant. La simple possibilité d'accéder à ces contenus en mode "média" réinterroge notre façon d'aborder l'histoire. Guerres napoléoniennes, meurtres de Jack l'éventreur, assassinat de Jaurès... le continuum historique classique (livres d'histoire, littérature, inconscient collectif...) est rattrapé par un continuum médiatique d'autant plus évocateur qu'il offre une lecture quasi homogène et sans rupture de forme : headlines, citations des personnalités qui font l'actu, icono... La façon de traiter la bataille de Waterloo le 22 juin 1815 n'est pas fondamentalement différente de ce que pourrait faire le Times aujourd'hui à propos des batailles de Bassorah (erreurs comprises). Le travail des historiens ne s'en trouvera pas forcément modifié - quoique facilité, si ce type d'archivage continue à se généraliser - puisqu'ils exploitaient déjà abondamment ces sources. C'est surtout la forme de notre sentiment d'appartenance à l'histoire qui est en jeu ici.
Le passage d'une approche patrimoniale de l'histoire à un "continuum médiatique" complet* pourrait connaître une dernière étape : les archives du Times (comme celles du New York Times qui avait déjà lancé son Times machine en numérisant 70 années d'archives) seraient ainsi directement intégrées dans le flux d'information de ces publications, sans en faire des tonnes sur les pictos du type "attention vous êtes dans les archives", et sans accès spécifique (pour consulter toutes les archives du Times, il faut s'abonner - gratuitement pendant une période donnée - et les millions d'articles mis en ligne ne sont donc pas encore indexables par Google).
Le pas n'a pas encore été franchi : pour des raisons techniques (les archives sont encore proposées en mode scanné), économiques (la question reste ouverte sur l'opportunité de générer des revenus publicitaires sur ces pages ou de vendre des abonnements), mais aussi, peut-être, par une sorte de déférence à cette Histoire majuscule qui se fait par-delà la vocation somme toute plus modeste d'une publication d'actualité. En réinterrogeant notre rapport à l'histoire, ce type d'archivage va-t-il aussi modifier la façon dont les médias  fabriquent l'information et se projettent dans l'histoire ?

Illus
. : Marie-Antoinette sur la guillotine, dans le Times du 23 octobre 1793.

* Enfin... pas tout à fait complet bien sûr. Disons, depuis le XVIIIème siècle...

 

 




Mauvais photoshopers

Posté par Troudair le 26.05.08 à 07:56 | tags : blogs, médias, photo
La troisième main de TrezeguetSur les affiches, dans les magazines, dans les dossiers de presse, on le sait, aujourd'hui, tout est plus ou moins retouché numériquement.
Photoshop, et dans une moindre mesure les logiciels de retouche concurents, est devenu le meilleur ami des publicitaires, des stars, et aussi des hommes et femmes politiques.
Seulement une bonne retouche, si elle est plus aisée à réaliser qu'autrefois, nécessite tout de même un minimum de travail pour être crédible.

Agacés par les énormes erreurs décelées ça et là dans la presse, les bloggeurs de PhotoshopDisasters ont donc décidé de rendre publiques leurs observations.
Leur site, très largement collaboratif, recence ainsi les plus grosses invraissemblances, les disproportions surnaturelles et autres coups de pinceaux mal placés qu'un infographiste un peu feignant ou un peu pressé aura laissé passer.

Un exemple en illustration, avec la mystérieuse troisième main de notre Trezeguet national, en Une du journal italien Tutto Sport. Et après on s'étonne qu'il soit pas sélectionné en équipe de France !



Editeur de mensonges

Posté par Troudair le 20.03.08 à 09:22 | tags : dissidences, hacktivisme, internet 2.0, médias
Le Figaro is a FakeLa déception du web 2.0 commence à poindre.
On vous avait promis un monde online plus démocratique, où la voix de chacun aurait autant de poids que celle d'un grand groupe de presse, où les réseaux sociaux permettraient de faire émerger des idées singulières, à contre-courant de la pensée consensuelle ambiante. Et on vous a menti. Les réseaux sociaux, l'information, la communication : tout est faux.

C'est la base de la réflexion de Fake is a Fake, nouveau projet du collectif italien "Les Liens Invisibles", qu'on connaissait déjà pour son détournement de Flickr subversif, le bien nommé Subvertr.
Fake is a Fake se présente sous la forme d'un Wordpress amélioré dont tous les thèmes prédéfinis sont des plagiats graphiques de sites tels que le Financial Times, la Repubblica, ou en français, Le Figaro et l'Elysée.

Inspirés par l'initiative de 0100101110101101.org, qui avait lancé un faux site du Vatican en 98, Les Liens Invisibles se sont dit qu'il fallait rendre cette technologie de la subversion accessible à tous. Ainsi, moyennant une inscription gratuite et quelques connaissances de Wordpress, tout le monde peut maintenant lancer son propre faux site institutionnel, hebergé sur les serveurs du projet, et dont l'adresse, inévitablement, ressemblera, par exemple, à jesus.isafake.org

Mais ça, on le savait déjà...



Mediapart et les paris en ligne

Posté par Easywriter le 18.03.08 à 18:59 | tags : médias

Après Arrêt sur images, et en attendant Detoxinfos (site satirique bientôt en ligne d'après Rue 89), voici donc Mediapart, le nouveau site d'information lancé par Edwy Plenel.

Mediapart fait d'abord le pari que les internautes sont prêts à payer pour des informations généralistes, secteur saturé de toutes parts et où la concurrence des ".fr" de grands quotidiens est âpre. Même s'il emploie des collaborateurs de qualité (dont l'ami Davduf, ou Jade Lindgaard transfuge des Inrocks) quelle sera la valeur ajoutée de Mediapart ? Surtout avec seulement 25 journalistes, ce qui est à la fois peu comparé à une rédaction "classique" et énorme en terme de rentabilité de la structure. L'article en Une sur l'hémorragie des adhérents au PS, pour intéressant qu'il soit, n'est ni un scoop, ni une analyse plus ambitieuse que ce qu'on aurait pu lire dans Le Monde ou Libération ou Rue 89. Dans une tribune dont je ne retrouve pas le lien Lindgaard imagine bien une piste avec l'investigation sociale mais tout cela restait assez évasif.

Mediapart parie ensuite qu'il peut aller contre des usages web plutôt bien installés. Contre la gratuité donc mais aussi contre de nouvelles habitudes de consommation types rss qui agrègent des fils spécifiques au détriment des "medias packagés".

Mediapart parie donc sur la transposition pure et simple du journal papier en numérique (après tout 9 euros c'est moins cher que le Fig, merde...) mais avec trois éditions dans la journée, le tout agrémenté d'un "lieu d’une conversation démocratique entre des citoyens qui discutent et échangent autour du journal dont ils sont les lecteurs fidèles. Le club d’une réinvention de nos pratiques démocratiques, à l’instar des clubs révolutionnaires qui furent les lieux de l’invention républicaine". Euh... à l'instar des forums en ligne aussi Edwy, non ?....

Autre rupture du même ordre : s'inscrire en dehors de l'économie de l'information qui suppose l'intégration et le référencement de ses contenus dans les moteurs de recherche. La circulation par lien de l'information faisant le reste. Imaginez les gens discuter autour des quotidiens posés sur le comptoir avec au milieu d'eux un Mediapart sous plastique que personne n'ose ouvrir.
En offrant un maximum de ses contenus en free access sur les moteurs malgré une partie payante rentable, le New-York-Times a compris qu'il avait plus d'intérêt (notamment commercial mais pas seulement) à faire circuler son info et donc sa marque.
Regardez Daniel Schneidermann, on en parle nettement moins maintenant qu'il faut casquer pour écouter ce qu'il a à nous dire. (Combien de temps avant le système mixte large partie gratuite/ petite partie payante ?)

Ce qui nous amène au dernier point :
Mediapart parie que le nom d'Edwy Plenel peut suffire à porter une communauté de lecteurs. Une communauté qui serait capable de s'enquiller ce genre d'éditos :


Si vous avez réussi sans rire, bailler, pleurer, vous êtes sur la bonne voie...




Down for everyone or just me ?

Posté par Troudair le 18.03.08 à 08:02 | tags : blogs, chine, médias, politique

Ca ne vous aura pas échappé, la Chine connaît ces derniers jours quelque agitation.
Et comme c'est souvent le cas dans ce genre de situation, ce sont d'abord les journalistes qu'on écarte soigneusement des zones sensibles, puis, dans un second temps, les possibilités d'information des Chinois qui sont verrouillées, à commencer par internet.
Toutes les images de propagande que nous avons pu voir ici ont été agrémentées des commentaires des journalistes pas dupes, ce qui bien entendu n'était pas le cas dans l'Empire du Milieu. Et pour ne pas risquer qu'un citoyen chinois tombe malencontreusement sur une image ou une vidéo non-approuvée par le régime, ce sont Flickr et YouTube qui les premiers ont été interdits d'accès.

Down for everyone

En Chine donc, la repression violente des manifestations au Tibet a été très largement sous-traitée par les médias, et beaucoup de Chinois ignorent même qu'elle a eu lieu... ou bien n'osent carrément pas en parler en ligne. C'est dans cet entre-deux surréaliste que John, américain d'origine vivant à Shangaï, écrit les derniers posts de son blog Sinosplice, se demandant pourquoi diable YouTube et Flickr sont innaccessibles, et à quel point ce désagrément l'agace.

On ne saura jamais s'il n'a pas connaissance des événements au Tibet, ou bien s'il s'interdit tout simplement d'en parler, mais un mal pour un bien, il nous donne quand même une adresse bien utile en cas de dictature numérique, celle du site Down for everyone or just me ?

Celle-ci permet de tester des adresses et vous indique si oui ou non, c'est votre pays qui bride votre accès, votre machine qui délire, ou bien si le site en question est tout simplement en rade.
A garder dans ses favoris... au cas où.

 




Triny Prada et la justice

Posté par Troudair le 16.03.08 à 18:34 | tags : media art, médias, politique, surveillance, vidéo
Artiste franco-colombienne, invitée du festival Vidéoformes à Clermont-Ferrand, Triny Prada a fait les frais, le 12 mars dernier du zèle de policiers clermontois.
La scène, malheureusement trop banale depuis plusieurs mois, est relatée en détails par Loiez Deniel, président du festival, et la version de Gabriel Soucheyre, présent sur les lieux, apparaît elle aussi dans les commentaires de l'article. Plus important que tout, le témoignage vidéo de Triny Prada vient d'être mis en ligne .


A la lecture et à l'écoute de ces récits détaillés, on se souviendra bien sûr des grands shows médiatico-démocrates où le candidat Sarkozy, alors Ministre de l'Intérieur, répondait sèchement à un jeune homme accusant les forces de police de violences. A l'époque, les propos du ministre étaient sans ambiguïté, et condamnaient avec fermeté ces comportements, promettant même de s'occuper de ces affaires personnellement... si les faits étaient vérifiés.

A-t-on entendu, depuis, à quelles enquêtes ces plaintes publiques ont mené ? Bien sûr que non.
Attaquer frontalement une présumée victime, pour enfin ne pas donner suite à ces promesses de justice avait (et a eu) un seul objectif simple, médiatiquement parlant : changer le témoignage en "on dit" et le témoin en menteur.

Aujourd'hui pourtant, avec l'affaire Triny Prada, qui survient à peine une semaine après un autre incident du même genre, les victimes ne sont plus de simples "racailles de banlieue" molestées et humiliées, mais des artistes d'un côté, et des étudiants de l'autre. Mauvaise pioche pour les policiers zélés mis en cause, puisqu'une plainte sera en effet déposée auprès du procureur de la République à Clermont.

On pourrait se rejouir de ces démarches, tout en souhaitant que la justice autorise encore des recours contre des forces de l'ordre indélicates, mais comme on vient de le dire, il s'agit là d'artistes, intégrés à la vie de leur cité et de leur pays, socialement fréquentables et dignes de confiance a priori.
Mais qu'en est-il des autres ? De tous ceux qui sont victimes des mêmes abus mais ne possèdent pas la stature sociale suffisante pour leur permettre d'être de bonne foi a priori ?
Outre la constatation que ces débordements scandaleux continuent de se multiplier en France, c'est bien la principale question qui serait à débattre aujourd'hui.



Eclipses anodines

Posté par Troudair le 23.02.08 à 10:43 | tags : flickr, médias, photo
On a déjà copieusement parlé des moments où les images anodines prennent un sens que l'auteur n'a pas nécessairement maîtrisé.
A contrario, il peut se produire l'effet inverse, c'est à dire l'enregistrement d'un événement d'une grande puissance évocatrice, que le passage à l'état d'image vide complètement de sa substance.
Ce phénomène est particulièrement sensible dans le cas des événements cosmiques, à commencer par les éclipses.

Eclipse

Dans la nuit de mercredi à jeudi, une bonne partie de l'hémisphère nord a pu observer une éclipse totale de lune, événement qui ne se reproduira pas avant 2015, et comme on pouvait l'imaginer, des milliers de photographes ont enregistré et publié les images de ce ballet cosmique.
Pourtant, rien n'est plus anodin que les photos d'une éclipse. Tout le monde sait à quoi ça ressemble, et en réfléchissant, tout au long d'un cycle lunaire, tout le monde assiste à une lente éclipse de 28 jours continuellement. Capturer ce moment devient donc un acte qui n'a de sens que pour l'individu qui y a assisté, n'importe qui d'autre pouvant remettre en cause la véracité des clichés ainsi que leur utilité.

Eclipse 2

Ces images d'éclipses, alors qu'elles devraient motiver en nous toutes sortes d'émotions, en deviennent donc étrangement inutiles, et vaines, sans que la moindre mise en scène puisse y changer quoi que ce soit.
Puisque des rares événements qui resistent aujourd'hui à l'image, l'éclipse s'impose comme ce fait unique qui n'a de sens que lorsqu'on en est le témoin direct, au bon endroit, au bon moment, avec la chance d'avoir des conditions météo favorables, et le simple fait d'en voir des photographies, ou des films, ne nous apprend qu'une chose : qu'on l'a manqué.

Devant cette constatation, on pourrait se poser la question, à chaque image qu'on voit, dans quelle mesure celle-ci apporte du sens - ou en ôte - à l'événement qu'elle est censée immortaliser, et de toute évidence, bien des événements médiatiques n'en seraient plus... pour le bien de tous.





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