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Quand le message est le média... Les arts médiatiques (ou Media arts en angl.) font des médias (radio, télé, web..) et des moyens de télé-communication (téléphonie, télé-satellite, réseaux...) leurs terrains de prédilection. Critiques, subversifs, polémiques, ou simplement ludiques, les artistes s'ingénuent à en détourner les codes, à en montrer les logiques économiques et/ou idéologiques. Florilège d'actions éphémères, d'oeuvres collectives ou de ressources critiques, essentiellement en ligne.

Portrait public

Posté par Troudair le 26.06.08 à 09:41 | tags : photo, google, media art
En plus d'avoir une oeuvre riche et passionnante à l'âge très avancé de 23 ans, le plasticien new-yorkais Damon Zucconi a fait une trouvaille assez exceptionnelle qu'on peut admirer sur la page "contact" de son site.
Que ce soit vrai ou non, il prétend en tout cas s'être trouvé en personne sur l'une des photos du service Street View de Google Maps.



Le visage flouté derrière une camionnette, en train de rentrer chez lui, sans même savoir qu'il était photographié, c'est ce portrait dû au hasard qu'il a décidé de conserver et de présenter comme le plus fidèle à ses visiteurs. Un portrait interactif qui plus est, puisque le système bien connu permet de laisser là l'artiste pour visiter cette ville figée, aux voitures immobiles, aux maçons paralysés sur leurs échaffaudages et aux arbres qui auront toujours des feuilles, même en plein hiver.

Initialement conçu pour offrir aux internautes une vision d'un quartier plus précise et à hauteur humaine afin de mieux retrouver son chemin ou d'identifier un itinéraire, le service Street View se transforme, grâce à Damon Zucconi, en un terrible voyage au milieu d'une ville bloquée, et dont il n'est pas difficile d'imaginer que certains de ses habitants, photographiés comme lui, sont peut-être morts aujourd'hui, mais continuent de hanter la ville.

Le Google Maps original, avec ses vues satellites impersonnelles, trop éloignées de nos observations familières, ne pouvait procurer cette sensation.
Mais cette fois, le zoom est total, la reconnaissance possible, et parce que l'artiste a mis son nom sur cette silhouette, on est passé d'un utilitaire froid et abstrait, à la proximité troublante du réel et de l'humain.

Réparations de toiles

Posté par Troudair le 24.06.08 à 09:44 | tags : environnement, media art, arts visuels, photo
Comme vous savez qu'on aime bien la nature ici, un petit tour du côté d'une artiste américaine dont le travail, à mi-chemin entre land-art et média-art, relève d'une poésie bucolique, d'un art de l'éphémère que nous ne pouvons que saluer.
Après avoir réparé des champignons avec des rustines pour pneus de vélo ou organisé des manifestations de chenilles en colère, Nina Katchadourian s'est mise en tête de réparer des toiles d'araignées partiellement détruites.
A l'aide d'un kit de couture et de fil rouge, elle a ainsi passé son été 1998 (oui, c'est pas tout jeune) à rendre service à ses voisines arachnéides.
Ou du moins le croyait-elle... Car systématiquement, après avoir achevé son travail, les araignées, probablement véxées, s'empressaient de remplacer le fil intrus par un fil de leur création, éjectant au sol le travail de l'artiste, et ce, même si la toile en question était abandonnée depuis longtemps.
La série de photographies Mended Spiderwebs témoigne de ces interventions temporaires, dont l'exécution a demandé un temps et une concentration inouïs, pour finalement être détruites en une nuit.

Et puis tant que nous sommes dans les araignées, ressortons un lien vieux comme le web : la fameuse expérience des araignées droguées et les effets graphiques produits sur la conception de leurs toiles.
Si avec ça, vous ne faites pas de beaux rêves...

Arbre à codes barre

Posté par Troudair le 23.06.08 à 09:09 | tags : media art, surveillance, design numérique
Il semblerait que les codes barre n'aient pas fini d'être des inspirations graphiques pour les designers.
Après les recherches de Barcode Revolutions, c'est Daniel A. Becker qui s'y colle en transformant les incontournables rangées de traits noirs en musique et en arbres colorés.
Son application Barcode Plantage ne fonctionne pour le moment qu'avec des codes barres pré-définis, mais on se prend à rêver d'un système qui permette de percer les secrets de n'importe lequel de ces tatouages d'identité.
Un moyen, peut-être pour les artistes d'attirer l'attention sur ces numéros invisibles mais omniprésents, juste avant qu'ils soient imprimés sur autre chose que des objets.

La Slovénie en finale

Posté par Troudair le 17.06.08 à 09:43 | tags : media art, vidéo
On va pas jouer les pessimistes, mais comme je me gardais sous le coude cette performance pour une éventuelle finale, il vaut peut-être mieux en parler aujourd'hui...
Finale, donc, du collectif slovène Grejpfrut, est une désopilante intervention urbaine à base de football et de vidéo.
Déjà donnée dans plusieurs villes européennes, elle consiste à tracer sur le sol d'une place publique les contours d'un terrain de football, puis de filmer les passants qui déambulent sans se douter qu'ils deviennent ainsi les joueurs involontaires d'un grand match. Un infographiste ajoute en temps réel un ballon virtuel sur les images et le tout est commenté par des comédiens survoltés. Non loin de là, un écran géant retransmet le produit fini aux allures de vrai match, avec incrustation du nom des joueurs, pubs à la mi-temps, et autres joyeusetés.
Et si mon explication n'est pas assez claire, voici donc le résultat, capturé à Stockton en Angleterre (attention, la vidéo dure bien sûr 2 fois 45 minutes) :


Correspondant étranger

Posté par Troudair le 13.06.08 à 08:04 | tags : media art, environnement, hacktivisme
A quelques heures du coup d'envoi d'un Pays-Bas/France sous haute-tension, il convient de trouver aux Néerlandais d'autres qualités que celle de renvoyer l'Equipe de France chez elle dès le premier tour.
Direction Amsterdam, donc, pour le projet Visual Foreign Correspondents, organisé conjointement par le De Balie Centre for Culture and Politics et le Netherlands Institute for Media Art.
Chaque mois, depuis novembre dernier et jusqu'à octobre prochain, un artiste étranger est invité à s'exprimer sur son actualité locale en concevant une oeuvre visuelle, audio, ou les deux. En plus d'être diffusée sur le web, l'oeuvre est aussi présentée sur un réseau d'écrans publiques à Amsterdam.

Depuis le 10 juin dernier, c'est l'américaine Tiffany Holmes qui propose donc son FRESH 2.0, animation de frises mouvantes conçues à partir de logos d'eaux minérales.
Avec cette oeuvre, l'artiste entend attirer l'attention sur l'imagerie liée à l'industrie de l'eau en bouteille, faite de montagnes majestueuses et de petites fleurs des champs, alors qu'il est prouvé que ce secteur économique est un véritable poison pour l'écologie dans les pays où l'eau potable sort des robinets de toutes les cuisines.
Même si l'oeuvre en elle-même ne se lit pas aussi clairement au premier coup d'oeil, il est toujours bon de rappeler que le conditionnement d'eau en bouteille a un coût supérieur à celui du pétrole, ce qui est toujours loin d'être admis par nos contemporains.

Un immeuble comme instrument

Posté par Troudair le 05.06.08 à 10:00 | tags : musique, architecture, media art
Playing the building est une installation de David Byrne qui s'est ouverte le 31 mai dernier dans un immeuble désaffecté de New-York.
Probablement fasciné par les sons que ce genre de lieu pouvait engendrer, relents métalliques amplifiés par l'immense caisse de résonance de la friche, l'artiste a imaginé ce méta-orgue, sorte d'interface de communication entre l'homme et le bâtiment.

Playing the building

Chaque touche est reliée à un mécanisme qui produit un son particulier (métal, soufflerie, ventilation, etc.) et le public est ainsi invité à "jouer de l'immeuble".
On trouve plusieurs vidéos, sur YouTube, de spectateurs en plein composition de musique concrète, mais l'exemple le plus intéressant reste la vidéo de présentation conçue par l'artiste où l'on peut voir en détail le fonctionnement du projet.
Si on en croit le site de Creativetime, qui présente l'oeuvre à New-York, c'est aujourd'hui que devrait être mise en ligne la visite virtuelle de l'installation.

Jesus Christ veut devenir ton ami

Posté par Troudair le 02.06.08 à 10:07 | tags : media art, flickr, réseaux sociaux
Galerie de photos de William Shakespeare Jon Thomson & Alison Craighead ont beaucoup d'amis. Et ce sont tous des stars internationales.
My Contacts liste en effet un nombre important de célébrités, vivantes ou mortes, qui ont toutes un compte sur le site de partage d'images.
Fakes, homonymes et noms empruntés, bien souvent, ces galeries n'ont rien à voir avec le personnage en question (voir ci-contre), mais tous sont pourtant d'authentiques pages Flickr.

Cette oeuvre en ligne, à l'opposé du fonctionnement des réseaux sociaux, lesquels encouragent justement à connaître et faire connaître de parfaits anonymes, met en évidence (à nouveau) le principe d'accumulation dans lequel sont lancés les utilisateurs de web 2.0, préférant depuis bien longtemps la quantité à la qualité.

Présentée sous forme de diaporama à l'occasion de Futuresonic 2008, My Contacts peut aussi susciter des collisions esthétiques inattendues, comme par exemple avec cette photo, dont on a un peu de mal à croire qu'elle a vraiment été postée par Alfred Hitchcock... quoique.

Marcher sur l'eau

Posté par Troudair le 30.05.08 à 09:21 | tags : media art, vidéo
Le concept de projection au sol interactive n'est pas particulièrement nouveau.
Depuis près de 10 ans maintenant, on peut en voir dans les travaux chorégraphiques ou les installations vidéos de nombreux chorégraphes et plasticiens.
Ce qui est nouveau, en revanche, c'est que le procédé commence à sortir de sa phase expérimentale pour intégrer des milieux traditionnels.
On en trouve ainsi une belle application au Science Museum de South Kensington, laquelle vous permet, le temps de quelques mètres, de vous prendre pour Jésus marchant sur les eaux.


Laquelle est la plus chaude ?

Posté par Troudair le 24.05.08 à 10:28 | tags : media art, net art
Hottest to ColdestUne compétition acharnée à suivre en temps réel sur www.hottesttocoldest.com.
Réalisée par Aleksandra Domanovic, cette page indique le classement des principales villes du monde de la plus chaude à la plus froide.
Ou comment choisir une donnée parfaitement incontrôlable (la météo) pour en faire un critère d'excellence et décréter qui est premier et qui est dernier.
On n'est pas loin de certaines oeuvres de Claude Closky, en particulier de son texte "1000" qui réorganisait les 1000 premiers nombres dans l'ordre alphabétique. Dans les deux cas, les artistes nous invitent à réfléchir aux classements de toutes sortes, et à leur caractère souvent bien arbitraire.

Brody Condon, geek éclairé

Posté par Troudair le 22.05.08 à 11:18 | tags : media art, arts visuels, vidéo, jeux video
Si beaucoup de plasticiens utilisent aujourd'hui les codes et symboles de la culture geek, force est de constater que peu d'entre eux sont réellement des geeks. Dans la grande majorité des cas, ceux-ci ont découvert le jeu de rôle avec Second Life et l'informatique avec Windows XP, ce qui est déjà pas mal, mais un peu frustrant pour le spectateur un peu averti.
Présenté lors de la dernière édition du festival espagnol The Influencers, Brody Condon fait donc figure de produit authentique, et ses oeuvres, faisant aussi bien appel à Donjon & Dragons qu'à Bruce Nauman, sont un pont intelligent entre deux groupes sociaux qui souvent s'observent et se pillent, mais rarement se mélangent.

Brody Condon - Need For Speed (cargo cult)En 2005, son "Need For Speed (cargo cult)" est la recontruction en mousse d'urethane d'un modèle 3D de Lamborghini Countach extrait du jeu Need For Speed. L'appellation "cargo cult" fait référence à une pratique polynésienne qui consistait, pour des populations indigènes, à reproduire les gestes et l'équipement des armées coloniales qu'ils ne comprenaient pas, en imaginant que les mêmes causes produiraient les mêmes effets. Ainsi, en voyant les militaires demander un largage de vivres ou de médicaments, ces populations concevaient de fausses radios à l'aide desquelles ils réclamaient à leur tour de la nourriture. De la même manière, ils accumulaient quantité d'objets abandonnés par les colons (canettes, boites de cigarettes en métal) auxquels ils vouaient un culte.

Charte d'alignementsDeux ans plus tard, la performance "Lawful Evil" est une partie de Donjons & Dragons, jouée à l'occasion de la Art LA fair, et au cours de laquelle tous les joueurs devaient adopter un comportement de "Loyal Mauvais". Petit résumé pour les non-rôlistes : dans Donjons & Dragons, l'une des caractéristiques du personnage qu'on incarne est son "alignement", c'est à dire sa moralité, laquelle définira une grande partie de ses réactions face à une situation donnée. Incarner un "loyal mauvais", c'est jouer le rôle d'un individu précis, appliqué, réfléchi, et dont toutes les actions tendent vers le Mal en général, et la domination personnelle en particulier. Un groupe de "loyaux mauvais" est donc difficilement gérable, à moins qu'un but commun les fasse collaborer pour un temps donné. Mais d'expérience, ce genre d'association se termine toujours par des trahisons multiples et de lâches assassinats. De là à dire que "Lawful Evil" est une performance politique, il n'y a qu'un pas...

Dernier exemple avec la vidéo "Death Animations" pour laquelle Brody Condon a recréé le "Tony Sinking into the Floor, Face Up and Face Down" de Bruce Nauman, vêtu d'un costume médiéval-fantastique et effectuant des mouvements copiés sur les animations de morts de personnage dans plusieurs jeux vidéos.

Mêlant culture populaire, puisque lui-même en est directement issu, et réflexion/méthode empruntées à l'art contemporain le plus pointu, le travail de Brody Condon mérite donc largement le détour, et apporte sur le monde du jeu un regard que peu d'artistes ont su développer jusqu'à présent.

Téléphone arabe allemand

Posté par Troudair le 16.05.08 à 07:56 | tags : media art
Miss InformationLe festival HACK.Fem.EAST S'est ouvert le 10 mai dernier et se tiendra jusqu'au 22 juin à Berlin.
On y trouve une excellente sélection de travaux tous conçus par des artistes "femmes" d'Europe de l'Est.
A l'instar de la fameuse journée de la femme, on pourrait se poser la question de la pertinence d'une programmation exclusivement réservée à un sexe, mais bon...

Au milieu des installations et des vidéos, on trouve par ailleurs une initiative très futée des organisateurs.
Miss Information est en effet un faux système d'informations par téléphone. Des stickers, affiches et autres annonces (voir ci-contre) ont été disséminés un peu partout dans la ville. Les premiers à téléphoner sont tombés sur un répondeur leur donnant les infos pratiques du festival (dates, lieux, programmation). Jusque là, classique.
Ce qui devient intéressant, c'est qu'une fois constitué un premier groupe de numéros de téléphone, les appels suivants sont redirigés vers les premiers appelants qui doivent restituer ces informations pratiques de mémoire, et ainsi de suite.
Fatalement, comme dans toute expérience de "téléphone arabe", l'information évolue, s'enrichit ou se déforme.

Le site du festival a mis en ligne quelques unes de ces conversations entre festivaliers bien étonnés de s'apercevoir qu'ils ont au bout du fil, non pas un téléopérateur rôdé, mais un simple quidam. Malheureusement pour nous, la plupart de ces conversations sont en allemand, mais à la teneur des dialogues, on comprend malgré tout parfaitement la manière dont les informations de base sont perverties, ou oubliées, pour finalement en arriver au simple contact humain.

Un réseau social rudimentaire, en somme.

1000 colonnes à la Une

Posté par Troudair le 14.05.08 à 07:58 | tags : media art, net art
I Wanted to See All of the NewsEnseignant au département artistique de l'Université de Londres, Martin John Callanan est aussi un artiste dont le champ d'action se situe aussi bien sur les terres de l'art numérique que du land-art ("I Wanted to See the Whole of The USA", par exemple, est un projet de voyage au travers des 50 états américains en 90 jours).

Avec I Wanted to See All of the News, il apporte une réflexion intéressante sur l'information, en concevant une page qui récupère (toutes ?) les unes de journaux du monde entier.
A l'heure des fils RSS aggrégés par paquets de 10 dans nos logiciels préférés, le concept de "une", mais aussi plus généralement de papier, est en effet sérieusement malmené. Le résultat, empilé sans hiérarchie sur une seule page web, est assez étourdissant, d'autant plus quand on s'imagine que demain, toutes ces unes auront été renouvelées.

A tort ou à raison, les journalistes "traditionnels" s'en inquiètent depuis longtemps, mais cette oeuvre a le mérite de très exactement démontrer comment, à l'heure du web, les choix spécifiques d'organisation de l'information ne passent plus par la mise en page d'une Une, laquelle n'est plus qu'un minuscule fichier image perdu dans la masse des fils dont chaque média est aujourd'hui doté.

Rojo Tv

Posté par Troudair le 09.05.08 à 08:33 | tags : vidéo, media art
Satanic messages in digital videoLe déjà très bon magazine espagnol ROJO, consacré à l'art contemporain, se lance dans l'art vidéo.
Hier, à Milan, a en effet été inaugurée ROJOtv qui propose une sélection conséquente de vidéos d'art d'artistes du monde entier.
Difficile de vous conseiller l'une d'elle en particulier car la qualité est souvent au rendez-vous, et comme toute chaine de télé, le meilleur reste quand même de simplement regarder et être surpris par un programme qu'on aura pas choisi.
Pour ceux qui font le pont et qui ne comptent pas sortir malgré le beau temps, voici un bon moyen d'éviter la vision suicidaire des chaînes de télé traditionnelles.

[Illus : Satanic messages in digital video, Yoshi Sodeoka]

Ecran géant zéro énergie

Posté par Troudair le 05.05.08 à 07:52 | tags : inventions, environnement, media art
Depuis longtemps, nos calculatrices n'ont plus besoin de piles et leurs petits écrans s'illuminent grâce à l'énergie solaire accumulée pendant la journée.
Le principe de GreenPIX est le même, à la petite différence que l'écran en question mesure la bagatelle de 2200 m².

GreenPIX

Installé à Pékin par les cabinets d'architectes Simone Giostra & Partners et Arup, non loin des installations olympiques, l'engin devrait fonctionner dans le courant du mois du mai et accueillir des performances visuelles d'artistes du monde entier.
On a déjà souvent évoqué ici la conception d'écrans de grande taille, mais celui-ci est le premier qui propose, en plus du gigantisme, une réflexion sur la consommation d'énergie d'une telle installation.
A quand une Nuit Blanche "zéro énergie" à Paris ?

Finger Beat Box

Posté par Troudair le 02.05.08 à 08:20 | tags : inventions, musique, media art

BoxBeatTous les stressés permanents que nous sommes tapotent avec leurs doigts sur toutes sortes de surfaces, en particulier quand aucun clavier n'est à proximité.
Cette habitude peut d'ailleurs devenir très pénible pour nos voisins de bureau, et combien d'entre nous ont déjà été rappelés à l'ordre ?
- S'il te plaît, arrête ce truc avec tes doigts, c'est très énervant !

Afin de rendre un peu plus supportable ce désir permanent de rythme, et surtout de démontrer qu'il ne s'agit pas d'une névrose mais d'une superbe maîtrise de la micro-percussion, Karl D.D. Willis a inventé la BoxBeat. Celle-ci identifie les vibrations de n'importe quelle surface et il est possible d'associer des sample à chacune des fréquences créées. Au lieu d'obtenir de ridicules tapotis quand vous jouez avec vos doigts sur la table, vous pouvez donc vous retrouver dans la peau de Charlie Watts ou mieux, de Jimmy Chamberlain (oué oué, j'aime bien). La démo en vidéo ici.

[via Neural]


Technolo-graff

Posté par Troudair le 24.04.08 à 09:21 | tags : street art, media art
GraffonicSuite de notre tout petit tour d'horizon génératif avec l'installation Graffonic conçue par le groupe 3kta l'année dernière.
Propulsé par le logiciel MAX/MSP, ce système permet de dessiner à partir d'un pointeur laser. Aux formes réalisées sont associées sons et algorithmes de modification qui font évoluer le rendu graphique en une vidéo d'animation en temps réel.

Dit comme ça, ça semble très compliqué, mais le rendu est parfaitement explicite. Sur la vidéo disponible sur le site de présentation du projet, on voit en effet très bien le résultat, c'est à dire un graffeur qui premièrement ne se salit pas les doigts, deuxièmement crée de la musique en plus des images, et finalement ne dégrade pas le mur sur lequel il intervient, ce que les autorités apprécieront.

Une oeuvre éphémère dans sa version première, mais pourquoi ne pas imaginer après ça des projections un peu partout dans les villes où les graffs lumineux et sonores resteraient en place toute l'année ?

Notre Dame destructurée

Posté par Troudair le 23.04.08 à 09:19 | tags : media art, photo, arts visuels
Jim Andrews - dbcinemaOn a commencé la semaine avec de l'art génératif, alors tant qu'à être cohérent, continuons.
Aujourd'hui, direction le travail de Jim Andrews, qui entre autres projets, a conçu le dbcinema, un système qui lui permet de récupérer automatiquement sur le web des images en fonction d'un mot-clé donné.
Bon, rien d'exceptionnel jusque là, me direz-vous, et d'ailleurs, la version 0.50, disponible en ligne (seulement pour IE, attention), s'avère on ne peut plus rudimentaire.

Là où le travail de Andrews devient intéressant, c'est quand il se sert de ce programme de base pour concevoir des films qui appliquent aux images récupérées des filtres graphiques et géométriques, décomposant puis recomposant chacune d'elles pour en faire des fresques à la limite de l'abstraction. Ci-contre, on voit ce que ça donne avec les mots-clés "Notre Dame Cathedral", et d'autres screenshots sont disponibles ici sur les mots-clés "Kandinsky", "Sunset" ou encore "Faces".

Pour l'instant, cette dernière version de dbcinema n'est pas publique, mais on a hâte de pouvoir tester ce bel engin.

Dessine-moi un virus

Posté par Troudair le 22.04.08 à 08:03 | tags : media art, spam
Mydoom virus - Alex DragulescuIl y a quelques mois, Alex Dragulescu n'était connu que de quelques scientifiques passionnés proches du MIT de Boston.
Mais en quelques expositions, en Grande Bretagne, puis aux Etats-Unis, la réputation de cet artiste chercheur a explosé et on ne compte plus les posts ou reportages qui lui sont consacrés.

Son fait d'arme : avoir développé un programme de représentation graphique qui analyse et transforme en objet 3D à peu près n'importe quel groupe de données.
En collaboration avec les chercheurs de MessageLabs, il a ainsi créé les images de virus informatiques, de messages de spam, ou encore de spywares vicieux (ci-contre, la représentation du méchant virus Mydoom).

Mais si son travail a trouvé une grande résonnance dans le domaine particulier de la sécurité informatique, un petit tour sur son site nous démontre que son champ de recherche ne s'arrête pas là et qu'il est aussi parfaitement capable de produire la superbe représentation graphique d'un trio en Do majeur de Mozart, en se basant sur le tempo, la durée des notes et bien sûr leur tonalité.

Transformer toutes les données du monde en images, un projet qui pourrait paraître simple ou futil, mais qui nous en apprend beaucoup sur la manière dont nous mêmes nous débattons au milieu des milliards de données chiffrées, toujours plus abstraites, qui nous entourent.

Poissons d'avril

Posté par Troudair le 11.04.08 à 08:37 | tags : log out, copinage, media art, musique
EOD 02Allez hop, suite et fin du copinage éhonté avec le Théâtre de l'Agora d'Evry.
On vous parlait, en février dernier, du premier Circuit Eclectique ouvrant la programmation d'arts numériques dans ce lieu.
Ce deuxième opus, sur le thème "Vibrations dans les airs", réunit ce samedi 12, à partir de 18 heures, installations et performances autour de l'onde sonore.

Avec toujours la présence de Joachim Montessuis, en résidence à Evry, mais aussi un concert de Sebastien Roux, la performance "Nexus 6" de Sir Alice, conçue à partir de l'incroyable prototype d'interface MIDI de la société Da Fact, et la performance vidéo-danse-musique du trompettiste Serge Adam.

Côté installations, le très relaxant "Pause", de Lynn Pook et Julien Clauss, où 70 haut-parleurs intégrés à des hamacs permettent de sentir le son en plus de l'entendre, et pour justifier le titre de ce post, "EOD 02", des belges Frederik De Wilde et Lab[au] (dont on parlait ici) qui capte les messages électriques d'une espèce de poissons aveugles afin de les changer en sons audibles par l'homme.

Programme et infos pratiques ici.

Holy Fire : le net.art est-il soluble dans le capitalisme ?

Posté par Troudair le 03.04.08 à 14:42 | tags : net art, media art

Alors qu'en France, on continue à se demander comment financer l'art numérique, la manifestation Holy Fire, à Bruxelles, met les pieds dans le plat et propose une sélection mondiale d'oeuvres triées sur le volet, dont le point commun, en plus d'être conçues à partir de nouveaux médias, est d'être collectionnables, c'est à dire vendables.

Vu CosicArt à vendre

Domenico Quaranta et Yves Bernard, les deux directeurs artistiques du festival, avec cette proposition assumée et ouvertement polémique, entendent questionner le statut de l'art numérique, selon eux parvenu à l'âge adulte, c'est à dire prêt à intégrer un marché.
"Les arts des nouveaux médias sont-ils à distinguer de l’art contemporain ? Sont-ils l’art de notre temps ? Sont-ils l’art du futur ou un art sans futur ? Que signifie collectionner de telles œuvres ? Est-ce un rêve, un problème, une solution, un non-sens ?"
En quelques mots, voici résumée la problématique qui a occupé l'art en ligne depuis ses débuts, et à laquelle on croyait avoir répondu depuis belle lurette.
Et pourtant, en jetant un oeil à la programmation du festival, surprise, on retrouve, à côté d'artistes n'ayant jamais caché leur souhait de vivre de leur art sans complexe, des individus qui jusqu'alors s'étaient clairement positionnés contre le système capitaliste dans son ensemble, et donc contre la marchandisation de leurs créations, en faisant même parfois le moteur même de leur travail.

JODIRecadrage

D'abord, ne nous enflammons pas. La marchandisation de l'art numérique n'a rien de bien nouveau et remonte à aussi loin que l'art numérique lui-même. Ainsi, lorsque des artistes référencés comme plasticiens et déjà côtés sur le marché se sont mis à utiliser les nouveaux médias, c'est bien logiquement que leurs oeuvres ont été côtées à leur tour et acquises par des collectionneurs ou des musées. Rien de bien nouveau sous le soleil, donc, tout du moins en ce qui concerne les oeuvres qu'on qualifiera de "physiques", c'est à dire les installations, les projections ou les systèmes électroniques modifiés. On peut parfaitement vendre un CD ou DVD numéroté, le concept d'une installation, voire même le témoignage d'un happening.
Mais la question que semblait poser en plus le festival Holy Fire, c'était celle des oeuvres "immatérielles", comme par exemple un site web, dont la qualité artistique se définit en fonction de l'interaction ou de la participation d'internautes. Comment vendre une oeuvre dont le propos même est d'être librement accessible, publique, distribuable et donc gratuite ?
La base idéologique du net.art reposait sur cette idée et s'opposait donc fondamentalement aux règles de l'économie de l'art, préférant la libre circulation d'oeuvres dont le discours politique pouvait se résumer à leur mode de diffusion.
Malheureusement, à aucun moment, et malgré avoir épluché le programme de Holy Fire, on ne trouve d'oeuvres répondant à cette problématique.
Et si des artistes comme Christophe Bruno, JODI, Vuc Cosic ou 0100101110101101.org ont pu, par le passé, être partie prenante de ce souffle libertaire lié à l'idéologie du net.art, ne sont ici présentées que leurs oeuvres "physiques", et par conséquent commercialisables... ce qu'on savait déjà.

Alors pourquoi ?

Oui, pourquoi faire mine de poser une question déjà résolue depuis longtemps ? Pour annoncer au monde que l'art numérique peut être acquis par des collectionneurs ?
La galerie Numeriscausa, tenue par Stéphane Maguet, n'a pas attendu ce genre de rassemblement pour en faire la preuve.
Quant à la vraie question, c'est à dire "le net.art est-il soluble dans le capitalisme ?", aucune des oeuvres ici présentées n'y apporte un semblant de réponse.
La seule chose qu'on peut au contraire y lire, mais qu'on savait déjà, c'est que les net.artistes, eux, sont parfaitement intégrables au système qu'ils combattaient encore il y a dix ans.
Sur ce point, il est clair que Domenico Quaranta et Yves Bernard ont parfaitement réussi leur coup.


Baby-foot virtuel

Posté par Troudair le 31.03.08 à 09:08 | tags : inventions, media art
On le croyait mort, mais le baby-foot revient au XXIe siècle par l'intermédiaire des étudiants du Medialab du MIT de Boston.
Stiff People's League, présenté au Ars Electronica 2007, est composé d'un stade virtuel sur lequel peuvent agir des joueurs connectés via leur ordinateur, en plus des deux joueurs traditionnels de baby.

Stiff People's League

La vidéo de démo est disponible ici, mais à aucun moment il n'est précisé si on peut faire une gamelle ou aller à la pêche.
Parce que bon, si y'a pas moyen, je vois pas l'intérêt !

Triny Prada et la justice

Posté par Troudair le 16.03.08 à 18:34 | tags : médias, vidéo, media art, politique, surveillance
Artiste franco-colombienne, invitée du festival Vidéoformes à Clermont-Ferrand, Triny Prada a fait les frais, le 12 mars dernier du zèle de policiers clermontois.
La scène, malheureusement trop banale depuis plusieurs mois, est relatée en détails par Loiez Deniel, président du festival, et la version de Gabriel Soucheyre, présent sur les lieux, apparaît elle aussi dans les commentaires de l'article. Plus important que tout, le témoignage vidéo de Triny Prada vient d'être mis en ligne [MAJ 18/03 : en streaming, c'est encore mieux.].


A la lecture et à l'écoute de ces récits détaillés, on se souviendra bien sûr des grands shows médiatico-démocrates où le candidat Sarkozy, alors Ministre de l'Intérieur, répondait sèchement à un jeune homme accusant les forces de police de violences. A l'époque, les propos du ministre étaient sans ambiguïté, et condamnaient avec fermeté ces comportements, promettant même de s'occuper de ces affaires personnellement... si les faits étaient vérifiés. [Le compte-rendu de l'émission par un militant UMP sur ce site en faisait d'ailleurs largement mention.]

A-t-on entendu, depuis, à quelles enquêtes ces plaintes publiques ont mené ? Bien sûr que non.
Attaquer frontalement une présumée victime, pour enfin ne pas donner suite à ces promesses de justice avait (et a eu) un seul objectif simple, médiatiquement parlant : changer le témoignage en "on dit" et le témoin en menteur.

Aujourd'hui pourtant, avec l'affaire Triny Prada, qui survient à peine une semaine après un autre incident du même genre, les victimes ne sont plus de simples "racailles de banlieue" molestées et humiliées, mais des artistes d'un côté, et des étudiants de l'autre. Mauvaise pioche pour les policiers zélés mis en cause, puisqu'une plainte sera en effet déposée auprès du procureur de la République à Clermont.

On pourrait se rejouir de ces démarches, tout en souhaitant que la justice autorise encore des recours contre des forces de l'ordre indélicates, mais comme on vient de le dire, il s'agit là d'artistes, intégrés à la vie de leur cité et de leur pays, socialement fréquentables et dignes de confiance a priori.
Mais qu'en est-il des autres ? De tous ceux qui sont victimes des mêmes abus mais ne possèdent pas la stature sociale suffisante pour leur permettre d'être de bonne foi a priori ?
Outre la constatation que ces débordements scandaleux continuent de se multiplier en France, c'est bien la principale question qui serait à débattre aujourd'hui.

Mass-media artistique

Posté par Troudair le 06.03.08 à 07:58 | tags : performance réseau, media art
HipicSi comme le pensait McLuhan, le média c'est le message, que penser de l'installation Hipic ?
Créé par un collectif d'artistes chinois (dont Yang Zhenzhong, Xu Zhen et Huang Kui), le projet lancé en septembre dernier propose la diffusion simultanée d'images sur toutes formes de support, à commencer par le web, en passant par des écrans géants, des téléviseurs ou des téléphones portables.
Chaque minute, le serveur du projet envoie une image, puisée dans un stock que tout le monde peut approvisionner via le site officiel.
Même si pour l'instant, les écrans ne sont disposés qu'en Chine, à Shangaï et Pékin en particulier, les créateurs du projet sont à la recherche de partenaires internationaux pour étendre le réseau de diffusion de Hipic.
On ne trouve que très peu de commentaires sur la pensée à l'origine de ce projet, et il est donc assez difficile de définir s'il s'agit d'une initiative de diffusion sincère ou bien d'une critique imagée des mass-medias.
Parce qu'au fond, la même chose, au même moment, sur tous les écrans, dans le monde entier, n'est-ce pas à peu de chose près ce qu'on appelle aujourd'hui la télévision ?

Les acteurs des arts numériques s'organisent

Posté par Puck le 18.02.08 à 15:00 | tags : politique, media art

Telex : Diffuseurs, programmateurs de festivals et artistes en France se sont organisées en une fédération nationale, après l'annonce de la suspension des crédits alloués par le ministère de la Culture (DRAC) à l'art numérique. Ils proposent une série d'actions de concertation, comme une pétition. Aujourd'hui même avait lieu à Montreuil une journée de rassemblement et l'élection du Conseil d'administration. Enjeux :

Au niveau national, les structures et acteurs concernés se sont regroupés sous le label "culture multimédia" et ont constitué le 25 janvier dernier la Fédération nationale des acteurs "culture multimédia" pour demander le réexamen de ces décisions et engager un dialogue culturel sur ces politiques (...).



Cf. Billets précédents sur Aeiou : L'art numérique mort-né et son bis. Plus d'info sur le site de la fédération Culture multimédia.

Comment faire craquer une peau ?

Posté par Troudair le 16.02.08 à 15:20 | tags : media art, musique, inventions

SkinstrumentDaan Brinkmann a présenté son Skinstrument au ArtOlive 2006 d'Amsterdam.
Deux demi-sphères, un circuit, et la peau de deux spectateurs qui sert de conducteur.
Les fréquences produites sont directement induites par l'intensité du toucher des deux (ou plusieurs) participants, créant des sons difficilement controlables.
Pour les visiteurs de l'exposition, c'est donc simplement un jouet amusant, et une bonne occasion de se tripoter, mais néanmoins, on peut facilement imaginer comment un utilisateur aguerri pourrait se servir de cet engin, ni plus ni moins qu'un moyen de transformer le corps entier en interface de contrôle.
En anticipant un peu, on peut se dire que le théâtre érotique a encore de belles choses à nous montrer.

[Via Neural]




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