Fil d'actu : lectures  Théorie, analyse, littérature, hypertexte : des mots que l’on prend le temps de lire sur son écran.
Le Book Council Guest de Nouvelle Zélande (équivalent de notre CNL national) s'est fendu d'un site de promotion de la lecture absolument fabuleux : à l'instar des micro-logiciels qui permettent de planquer les résultats du PMU dans une feuille Excel, ou des touches "escape" pour dérober les pages de surfs non assumées au regard de ses collègues de bureau, Readatwork.com nous plonge dans un environnement Widows (sic r.i.p.) rébarbatif à souhait. Sur le Bureau, cinq dossiers : Nouvelles, poésie, satire, auteurs néo-zélandais et classiques. Double-clic, fenêtre Widows, re-double-clic sur le fichier I bring an unaccustomed wine d' Emily Dickinson : ... et la poésie est là, intacte. Ou presque. Au-delà du superbe travail de détournement, chapeau bas aux auteurs de cette campagne qui ont su éviter l'horripilant radotage moralisateur ( mange tes légumes !) pour éclairer la lecture sous un angle bien souvent ignoré : son pouvoir de transgression.


 Le Times vient de publier 200 ans d'archives en ligne ! Deux siècles de conservatisme journalistique propulsés dans l'infosphère du XXIème siècle... l'effet est saisissant. La simple possibilité d'accéder à ces contenus en mode "média" réinterroge notre façon d'aborder l'histoire. Guerres napoléoniennes, meurtres de Jack l'éventreur, assassinat de Jaurès... le continuum historique classique (livres d'histoire, littérature, inconscient collectif...) est rattrapé par un continuum médiatique d'autant plus évocateur qu'il offre une lecture quasi homogène et sans rupture de forme : headlines, citations des personnalités qui font l'actu, icono... La façon de traiter la bataille de Waterloo le 22 juin 1815 n'est pas fondamentalement différente de ce que pourrait faire le Times aujourd'hui à propos des batailles de Bassorah (erreurs comprises). Le travail des historiens ne s'en trouvera pas forcément modifié - quoique facilité, si ce type d'archivage continue à se généraliser - puisqu'ils exploitaient déjà abondamment ces sources. C'est surtout la forme de notre sentiment d'appartenance à l'histoire qui est en jeu ici.
Le passage d'une approche patrimoniale de l'histoire à un "continuum médiatique" complet* pourrait connaître une dernière étape : les archives du Times (comme celles du New York Times qui avait déjà lancé son Times machine en numérisant 70 années d'archives) seraient ainsi directement intégrées dans le flux d'information de ces publications, sans en faire des tonnes sur les pictos du type "attention vous êtes dans les archives", et sans accès spécifique (pour consulter toutes les archives du Times, il faut s'abonner - gratuitement pendant une période donnée - et les millions d'articles mis en ligne ne sont donc pas encore indexables par Google). Le pas n'a pas encore été franchi : pour des raisons techniques (les archives sont encore proposées en mode scanné), économiques (la question reste ouverte sur l'opportunité de générer des revenus publicitaires sur ces pages ou de vendre des abonnements), mais aussi, peut-être, par une sorte de déférence à cette Histoire majuscule qui se fait par-delà la vocation somme toute plus modeste d'une publication d'actualité. En réinterrogeant notre rapport à l'histoire, ce type d'archivage va-t-il aussi modifier la façon dont les médias fabriquent l'information et se projettent dans l'histoire ?
Illus. : Marie-Antoinette sur la guillotine, dans le Times du 23 octobre 1793.
* Enfin... pas tout à fait complet bien sûr. Disons, depuis le XVIIIème siècle...


 Le vendredi, c'est connu, c'est le jour de transition où plus personne n'a vraiment envie de bosser, mais fait comme si. Pour tous ceux qui ne sont pas en vacances et que la motivation a déjà abandonné (alors qu'il est pas encore midi), voici donc un moyen agréable de passer la journée tout en faisant semblant d'être super-concentré sur son travail. Le site litteratureaudio.com propose en effet des dizaines de fichiers mp3 grâce auxquels vous pourrez écouter la lecture de grands classiques de la littérature ou de la philosophie. Des courtes nouvelles de Maupassant aux gros pavés de Jules Verne, impossible de ne pas trouver un bon moyen pour passer le temps jusqu'à ce soir. D'un point de vue plus artistique, notons quand même que le talent des lecteurs est assez variable, ce qu'on pardonne volontiers vu le caractère bénévole et gratuit du projet. Et pour finir, si cette initiative vous inspire et que vous vous sentez le courage de lire pour les autres, profitons-en pour rappeler que des dizaines d'associations de non-voyants à travers la France sont toujours à la recherche de bénévoles pour ce genre d'enregistrements. Il y en a forcément une près de chez vous.


Note : dixième et dernier billet d'Etienne Mineur consacré au design interactif. La totale : ici. Voici un petit récapitulatif de ce qui s'est passé durant ces 15 dernières années, pour ceux qui se seraient un peu endormis depuis le début de cette deuxième décennie.
Résumé géopolitique
Durant les années 1970 et 1980 une rumeur disait en France que les Japonais étaient des copieurs (une Ministre française les a même traités de fourmis, ou quelque chose d'approchant). Nous, les Français (la France, le pays des Lumières tout de même !) avions les idées et les autres ne pouvaient que nous copier lamentablement : la fameuse phrase, « En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées » en était un parfait exemple. Suivant cette même logique, on nous a aussi fait croire dans les années 2000 que les Chinois étaient eux aussi des copieurs sans idées et qu’ils ne faisaient que reproduire pour moins chères nos idées géniales (c'est vrai que si l'on regarde l’histoire de la Chine, très peu d'idées intéressantes ont été initiées dans ce pays, comme par exemple l'encre, l'imprimerie, la boussole, la poudre et l'horloge ;-). Cela a juste entraîné rapidement le déclin économique de l’Europe, si sûre d'elle-même. L’Europe se retrouve quinze ans plus tard à être juste un prestataire de services pour la Chine. La monnaie européenne étant indexée sur le Yuan (la monnaie chinoise devenue le grand concurrent du Dollar US). Les Européens, ayant totalement délaissé les investissements dans la recherche et l’éducation (au profit des militaires et surtout de la finance), se sont retrouvés totalement démunis quinze plus tard et totalement dépassés par l’évolution exponentielle des technologiques numériques (même si une société française continue de briller au firmament de la pointe informatique, comme nous le verrons plus tard). (...)
Lire l'intégralité de cette fiction geek originale.
Voila se termine ce parcours un peu chaotique et très subjectif dans l'histoire et pourquoi pas le futur du design interactif.


Note : septième billet d'Etienne Mineur consacré au design interactif. La totale : ici. Une bibliographie concernant le design interactif Il s’agit donc d’une bibliographie très subjective, et je vais citer uniquement les livres m'ayant vraiment marqué dans mon travail de concepteur graphique et de designer d’interactivité.
Tout d'abord, je vais parler des romans de science-fiction. En France la SF est très dévalorisée (comme la BD) et est considérée comme une sous-littérature, uniquement bonne pour adolescents boutonneux. Ces critiques sont bien sûr formulées par des gens n'ayant jamais lu de SF (en tout cas pas suffisamment pour émettre un avis informé et un peu objectif). La SF possède sa propre histoire et de nombreux courants passionnants et très importants dans l’évolution des idées. Il faut savoir que les ingénieurs et scientifiques travaillant dans l’informatique (principalement les Américains) ont tous beaucoup lu de SF dans leur jeunesse (des années cinquante à nos jours), ils sont pour la plupart très a laisse avec les différents concepts énoncés par des auteurs visionnaires comme (pour les plus connus) Philip K Dick, Isaac Asimov ou même William Gibson. Ces auteurs ont donc eu une grande influence sur différentes inventions que nous utilisons de nos jours, comme par exemple Second Life totalement décrit en 1992 par Neal Stephenson dans son Snow Crash (connu sous un titre ridicule en Français : Le Samouraï virtuel).
Il faut aussi parler de l'importance définitive des romans de William Gibson. En effet aussi bien les artistes, scientifiques, graphistes, musiciens, développeurs des années quatre-vingt-dix… tous citent William Gibson dans leurs interviews. Le CyberPunk de William Gibson a vraiment modelé notre présent et peut-être notre futur proche. Dès 1984, avec son premier roman Neuromancien, il décrivait une société complètement interconnectée avec un monde virtuel, avec ses mafias, ses hommes politiques, ses grandes sociétés, ses hackers, ses freaks, ses bugs informatiques… Les autres grands auteurs CyberPunk sont (si cela vous intéresse) : Bruce Sterling, Pat Cadigan, Michaël Swanwick, Greg Bear… et plus près de nous Neal Stephenson (mon préféré ;-)
En exemple avec le mouvement CyberPunk (dans les années quatre-vingt) Je lisais (entres autres) ce genre de littérature quand j'étais encore aux Arts Décos (1990), ça me procurait (et me procure encore) de nombreuses idées visuelles dans la conception d’interface graphique (en plus du nom d’Incandescence ;-). « Les neurotransmetteurs réveillent les cinq broches dans sa tête et cow-boy voit l’intérieur de son crâne flamboyer d’une lueur incandescente : les matrices de données à cristaux liquides du panzer qui se calquent sur la configuration de son esprit. Son cœur bat plus vite ; il vit de nouveau dans l’interface, l’interactif, son esprit dopé cavalant comme les électrons à travers les circuits, dans le cœur de métal et de cristal de la machine. Son champ visuel s’étend autour du panzer sur 360 degrés, sans parler des autres tableaux de son étrange espace mental qui lui affichent l’état du moteur et des systèmes du panzer. Il opère une vérification des systèmes, puis de l’ordinateur et de l’armement, voit les longues rangées de témoins s’illuminer tous en vert. Ses perceptions physiques ne sont désormais plus en trois dimensions : les écrans se superposent et s’entremêlent au gré de leurs entrées et sorties de l’interface, reflétant la réalité subatomique des circuits électroniques et des données, en l’occurrence le crépuscule qui tombe au-dehors. » Walter John Williams dans Câblé.
Dans un futur (beaucoup) plus éloigné, nous avons aussi l'incroyable Aube de la nuit de Peter F. Hamilton décrivant avec force détails une société post-technologique et montrant (entre autres, car cette trilogie est immense et délirante) le comportement possible des hommes (voir des morts mais je n'en dis pas plus ;-) faisant beaucoup penser à notre attitude et nos usages de (encore) Second life voir FaceBook (pornographie, trucs débiles, vidéos encore plus inutiles, jeux avec les avatars…).
Dan Simmons avec Hypérion (1989), décrivant encore un futur lointain d'une manière à la fois très réaliste et pleine de poésie (il parle de porte de téléportations, d’ubiquité… et de ses implications dans un monde cohérent). Il faut aussi parler de ses deux derniers romans (pour l’instant en France) Ilium et Olympos qui sont absolument extraordinaires, mélangeant avec dextérité poésie, références littéraires historiques (l’Iliade et l’Odyssée), culture littéraire classique (William Shakespeare, John Keats et Marcel Proust), Hard Science, action, humour… le tout dans une histoire passionnante, malheureusement ternie par les dernières pages, totalement stupides (ne lisez pas la suite si vous n'avez pas encore lu ces deux romans !). L’histoire du sous-marin Islamiste et l’heureuse fin d’un monde où églises, temples et synagogues cohabitent joyeusement, mais en oubliant de citer les mosquées sont franchement indignes de Dan Simmons. Pour parler tout même des Français, nous avons une intéressante (et déprimante ;-) vision d'un futur dans La possibilité d'une île, de Michel Houellebecq, sans oublier notre très provocateur Maurice Dantec.
Il faut aussi parler des nombreuses adaptations au cinéma des œuvres majeures de la SF comme Blade Runner (nous avions pour une des premières fois à l’écran une vision noire de notre futur, je n'oublie pas Dark Star de Carpenter en 1973 et THX1138 de Lucas en 1971 mais ces deux films sont restés beaucoup plus confidentiels), Minority Report (interface gestuelle), I, Robot (les trois lois de la robotique) 2001 l’Odyssée de l’espace, StarShip Trooper (un univers guerrier géré par les médias), le magnifique Crash (le futur de l’automobile ;-)… qui font la part belle aux images et développent un univer nous faisons nous poser des questions sur notre propre futur (Blade Runner étant le plus pertinent et le plus marquant à mon avis, alors que dans un autre genre, Matrix vieillira très mal à mon avis).
Les grands auteurs : Isaac Asimov (robots, robots...) Douglas Adams (humour et science fiction, très rare) James G. Ballard (Crash par exemple) Arthur C. Clarke (2001...) Philip K Dick (le maître) William Gibson (l’initiateur avec Sterling du mouvement CyberPunk) Peter F. Hamilton Walter John Williams Dan Simmons Norman Spinrad Neal Stephenson (Snow Crash, une prédiction de Second Life ou même Cryptonomicom pour la mise en avant d’enjeux nouveaux liés à l’informatique) Bruce Sterling Pat Cadigan Greg Egan Peter F. Hamilton
+ quelques liens intéressants sur Wikipédia si vous aimez la SF : http://fr.wikipedia.org/wiki/L'Aube_de_la_nuit http://fr.wikipedia.org/wiki/Hyp%C3%A9rion_(roman) http://fr.wikipedia.org/wiki/William_Gibson http://fr.wikipedia.org/wiki/Cyberpunk http://fr.wikipedia.org/wiki/Neal_Stephenson http://en.wikipedia.org/wiki/Snow_Crash http://en.wikipedia.org/wiki/Metaverse Toujours dans la science Fiction, je me dois aussi de mentionner la grande influence graphique des Mangas et des animations japonaises, comme Ghost in Shell ou AppleSeed.
Une bibliographie concernant les différents domaines concernant le design interactif.
Je n’ai volontairement pas mis les livres, par exemple, de Gilles Deleuze ou Marshall McLuhan, ces ouvrages ayant des portées beaucoup plus larges que mon propos. Les premiers livres de chaque liste sont pour moi les plus marquants. Design interactif Designing interactions, Bill Moggridge The Human interface, New direction for designing interactive systems, Jeff Raskin Conception de site Web, l’art de la simplicité de Jakob Nielsen (quand même un ;-) Penser le Web Design, Nicole Pignier et Benoît Drouillat (un nouvel ouvrage arrive vers la mois de mai, très passionnant) Designing visual interfaces, Mullet and Sano Matières textuelles sur support numérique, Alexandra Saemmer Designing the future, Robin Backer The art of interactive design, Chris Crawford InsideOut, Microsoft (une histoire des innovations de MicroSoft) L'enfer de l'information ordinaire, Christian Morel les Hyperdocuments, JP Balpe des neurones et des pixels, François Richaudeau hypertextes et hypermedias, JP Balpe, Alain Lelu, Imad Saleh Processing, Reas et Fry Designing for Interaction, Dan Saffer
John Maeda maeda@media, Thames and Hudson , essentiel De la simplicité Creative Code, Thames and Hudson Design By Numbers, MIT Press Tap, Type, Write, Digitalogue Co. 12 o’clocks, Digitalogue Co. Flying Letters, Digitalogue Co. Reactive Square, Digitalogue Co. Les jeux vidéo Trigger Happy, Steven Pool l'univer des jeux vidéo, Alain et Frédéric Lediberder Jeux vidéo et médias du XXI siécle, Stéphane Natkin Video Games, the beginning, Ralph Baer The video game theory reader, Wolf and Perron Rules of Play, games design fundamentals, de Katie Salen Eric Zimerman the Game design Reader, de Katie Salen Eric Zimerman The Medium of the video games, Wolf I'm 8 bit, Gibson la saga des jeux vidéo, Daniel Ichbiah le game design de jeux vidéo, sébastien Genvo Credit 00, I love Videogames Game On, lucien king The Classic Video Games, David Ellis Introduction aux enjeux artistiques et culturels des jeux vidéos, Sébastien Genvo if/the pPlay, janet abrams Re Play ,Liz Faber, State design Supercade, burnham Arcade Fever, sellers les jeux vidéo, politique, contenus et enjeux sociaux, Tony Fortin jeux vidéo, l’art du XXI siècle, Nic Kelman On game design, Chris Crawford on game design, Andrew Rollings et Ernest Adams Divers Histoire des médias, de Diderot à Internet, de Frédéric barbier et Catherine Bertho Lavenir le sens du mouvement, Alain Berthoz La révolution Google, John Battelle Art réseaux média, Annick Bureau et Nathalie Magnan Gödel Escher Bach, les brins d'une guirlande éternelle, D. Hofstadter l’Homme numérique, Nicolas Negroponte transmaterial, blaine brownell l’âge de Peer, Martin EveyWare, la révolution de l’ubimédia, Adam Greenfield une brève histoire de l’avenir, Jacques Attali Art et nouveau médias, Mark Tribe et Reena Jana la longue traîne, C.Anderson A Short history of the printed Word 2100, l’odyssée de l’espèce, Thierry Gaudin Cybermonde la politique du pire, Paul Virilio voyages dans le futur, Nicolas Prantzos 380 incorrectly the computer, 220 then you will see that, Jodi Connexions, l'art internet, Rachel Greene Computers, Christian Wurster
Les anciens livres (avant 1995) Understanding hypermedia, bob cotton et Richard Olivier the CyberSpace, bob cotton et Richard Olivier Les autoroutes de l’informations, rapport au Premier Ministre, Gérard Théry Technologies au quotidien, autrement (éditeur) TILT ou les codages visuels de l'information sur écran, Seguret-Guye, Argoud le Videotext, Ancelin, Marchand Conviviel 1, ODA télématique - Havas Instruments de communications évolués, Hypertextes, hypermédias, JP Balpe et Roger Laufer (1990)
Et pour finir en beauté, Cybernétique et société de Norbert Wiener (1952). Et pas encore lu : Un manifeste Hacker de Mc Kenzie Wark ps : je n’ai pas pu mettre le nom des éditeurs respectifs (manque de temps), mais vous trouverez facilement ces ouvrages en faisant un copier-coller dans Google.


Croyez-en TF1 et les majors : YouTube, c'est mal ! Pourtant, après l'hypothétique action en justice qui signera la fin encore plus hypothétique des sites de partages de vidéo, où pourrons-nous trouver certaines performances ultra-limite, comme par exemple le Lisa Suck Dog Denial de GG Allin ? Chez TF1 Vidéo ? La suite ici.


Le site Wikimedia publie une floppée de stats sur les pages les plus consultées de Wikipedia. Il est possible de faire des classements par pays, par date, par type de média etc. Pour le Wiki english, ça donne ça :
1. Page d'accueil 2. Wiki 3. Harry Potter and the Deathly Hallows 4. Naruto 5. Guitar Hero III: Legends of Rock 6. Wikipedia 7. United States 8. Deaths in 2007 9. Heroes (TV series) 10. Transformers (film) 11. Halo 3 12. Harry Potter 13. Vanessa Anne Hudgens 14. Luciano Pavarotti 15. Hypertext Transfer Protocol 16. Bleach (manga) 17. List of sex positions 18. Sex 19. 50 Cent 20. World War II Sans grande surprise, cet inventaire tend à se confondre avec les différents classements des termes les plus demandés dans les moteurs de recherche. Un classement à méditer en lisant Encyclopédisme et savoir : du papier au numérique, un très bon dossier ficelé par l'Institut de recherche pédagogique. Où l'on peut lire : "Le concept d'encyclopédie, pensé comme rassemblement et enchaînement des connaissances, s'est déplacé d'une oeuvre singulière au réseau Internet tout entier". En ce sens, Wikipedia ne serait plus une "simple" encyclopédie en réseau, mais plutôt un réseau d'encyclopédies unipersonnelles... Est-ce ce qui fait dire à Henri Meschonnic que "le monde qui est montré est le monde qui se regarde et qui se montre. [...] C'est un nouveau Moyen Âge" ? A lire sur Mille feuilles : Enfin un Wikipedia de droite (sic !!)


Amazon a lancé il y a deux jours son nouveau reader mobile, le Kindle, qui précisons-le ne nécessite aucun ordinateur de raccordement. Parce que les avis des spécialistes semblent plutôt positifs, voici une revue de presse en trois liens : - Pour commencer : le blog La Feuille en présente une très bonne étude synthétique ici. - Pour avis : Fred Cavazza (encore ?) s'est prêté lui aussi au test produit là. - Pour aller plus loin : un point sur l'e-ink vidéo avec Internet Actu.
Voilà, après cela, je me demande franchement comment Troudair oserait ne pas glisser ce joujou dans la hôte de son noël geek.


Vos amis arrivent depuis trois mois les uns après les autres sur Facebook. C'est normal, c'est le " fesse buzz " du moment, et il dépasse à présent largement le cercle des anti-grèves, des étudiants et des technophiles. Du coup, le site attire son lot de critiques et de parodies. Pour prendre de la hauteur, et tenter de comprendre un peu les enjeux techniques et communautaires de Facebook, on ne peut que vous conseiller la lecture de ce billet un peu ardu certes mais tellement méthodique sur le blog de Fred Cavazza : En ce moment Facebook a la côte : on en parle à la radio, à la TV et les journalistes des grands médias n’en finissent plus de s’interroger sur les raisons de ce nouveau phénomène social. Et pourtant la réalité est tout autre. (...) Facebook est-il révolutionnaire à ce point ? Ce service mérite-t-il une telle attention ? Oui, en partie. Mais sans vouloir lui retirer son indéniable succès et certaines qualités, il y a fort à parier que les annonceurs n’y trouveront qu’un intérêt très relatif.
L’explication est toute simple et peut-être résumée ainsi :
* La croissance et l’audience de Facebook sont largement sur-évaluées ; * L’écosystème mis en place autour de la Facebook Platform ne tiendra pas ces promesses ; * Les modèles publicitaires présentés récemment sont bancals ; * La concurrence avec d’autres plateformes sociales va être très rude.
Donc en un mot comme en cent, malgré l’enthousiasme de son jeune CEO, Facebook ne révolutionne rien du tout (Pourquoi je ne crois plus en Facebook, dixit Fred Cavazza).
Dans la série "un bon lien vaut mieux qu'un long discours" : La suite ici.


C'est la question posée par la fondation Edge, club très fermé de têtes bien ouvertes, à une quarantaine de scientifiques, artistes, écrivains etc. Signe du mathématisme ambiant, ces personnalités étaient conviées à donner leur formule du XXIème siècle. Tout n'est pas révolutionnaire dans les propositions, publiées ici et exposées en galerie, mais l'ensemble reste passionnant (supérieur à la somme des unités ?). Richard Dawkins explique pourquoi la théorie de Darwin est sans doute la plus puissante de toutes les théories scientifiques. En une formule. D'autres, comme Jonathan Haidt, recherchent ni plus ni moins que l'algorithme du bonheur ( illus. ci-dessus). Certaines équations restent nimbées de mystère pour le béotien, comme cette intégrale de Rem Koolhaas qui se présente comme l' euro formula... (si quelqu'un est capable de me l'expliquer, je suis preneur). D'autres enfin font figure de nouveaux classiques, comme cette reprise par Alun Anderson de la loi de Reed qui illustre "l'infinie fluidité" du web considéré comme un système à la valeur d'usage exponentielle. Explication ici.


 On avait déjà évoqué la vogue google-déterminée de titres "sujet-verbe-complément" dans les publications web ( Ce titre chiant à mourir est écrit pour Google). Théoricien du genre et pape de "l'usabilité" (il est l'auteur d'un essai intitulé Microcontent: How to Write Headlines, Page Titles, and Subject Lines), Jakob Nielsen enfonce le clou en recommandant aux web-rédacteurs de soigner particulièrement les deux premiers mots de leurs titres, sujets de pages, etc. S'en suit un vibrant plaidoyer pour la voix passive (si le sujet subit l'action, il se retrouve en début de titre, cqfd) étayé par des études d' eyetracking, ces "zones de chaleur" qui permettent d'observer que oui, en effet, le lecteur connecté ne dépasse que rarement les deux premiers mots d'un titre. Le texte de Nielsen est ici, repéré via BoingBoing. A noter : aucune recommandation pour terminer l'écriture d'un post. Je concluerai donc par ce mot de Fellini : "Il n'y a pas de fin. Il n'y a pas de début. Il n'y a que la passion infinie de la vie". Bien dit.


 C'est un peu Supersize me version bigot. Après avoir lu l'encyclopédie Britannica de A à Z et en avoir tiré un livre ("The Know-It-All"), A. J. Jacobs était en quête de nouvelles sensations. Il a décidé de suivre scrupuleusement les règles énoncées par la Bible, pendant un an. Interrogé par Newsweek sur les règles qui furent les plus difficiles à respecter, il répond : " Ce n'était pas facile d'éviter les petits péchés quotidiens, les mensonges, les commérages, les convoitises. Et puis il y avait certaines règles difficiles à appliquer de nos jours, comme la lapidation des adultérins". Il a quand même réussi à lapider un vieil homme de 70 ans qui lui a avoué avoir commis l'adultère. Mais comme la bible ne précise pas la taille des pierres à jeter, il s'est contenté d'un léger caillou. Bien sûr, il en a tiré un nouveau livre. [via bb]


L'image ci-dessus représente le volume de papier nécessaire pour publier l'intégralité du Wikipedia anglais (et anglais uniquement !) sur des livres de 25 cm de haut, 5 cm d'épaisseur, 2 colonnes par page, 80 lignes par colonne, 50 caractères par ligne. La version août 2007 de ce diagramme montre une progression d'environ 70 % du "rayonnage" par rapport à la version d'octobre 2006. A noter : la rubrique "Pokemon" de Wikipedia représente à elle seule un volume complet...


Google Books, dont on n'a pas fini de mesurer la portée, proposait déjà un pavé Références dans d'autres livres (accessible sur la page À propos de ce livre de chaque ouvrage numérisé). Aujourd'hui, GB « plonge dans la mémétique littéraire » et innove avec une nouvelle entrée - toujours sur la même page - qui recense les « meilleurs passages » ( Popular passages). Soit les passages in extenso les plus cités dans d'autres ouvrages : « Partant des millions de livres numérisés en intégralité, nous avons commencé à réfléchir à la façon dont les auteurs se citent et se nourrissent les uns les autres » ( Inside Google Book Search, le blog officiel du projet). Ce que permettaient déjà des bases universitaires - comme Frantext - est maintenant accessible au grand public, sur un catalogue de livres élargi (quoiqu'il reste encore beaucoup de travail côté francophone... de nombreux classiques restent inaccessibles, sans parler bien sûr des livres récents ; cette nouvelle fonctionnalité rend plus cruelle encore la comparaison avec le corpus en langue anglaise, même sur des auteurs français comme Barthes ou Derrida, que le blog Inside Google Book Search cite en exemple, mais dont les textes ne sont pas dispos en français. Fin de la parenthèse). Quoiqu'il en soit, avec ce type de fonctionnalité, et malgré tous les bémols et les guillemets qu'appellent l'étroitesse relative du corpus et les aléas de la numérisation, une question s'impose : quel est le passage le plus "populaire" de la littérature française ? Ayant googlisé à mort, j'en suis pour l'instant à 262 citations pour une tirade de ce cher Jean-Jacques à propos de la nécessité d'établir une religion civile :  « Sans pouvoir obliger personne à les croire, il [le souverain] peut bannir de l'Etat quiconque ne les croit pas [les articles de la profession de foi purement civile] ; il peut le bannir, non pas comme impie, mais comme insociable,, comme incapable d'aimer sincèrement les lois, la justice, et d'immoler au besoin sa vie à son devoir. Que si quelqu'un, après avoir reconnu publiquement ces mêmes dogmes, se conduit comme ne les croyant pas, qu'il soit puni de mort ; il a commis le plus grand des crimes, il a menti devant les lois » ( Du contrat social ; à propos de cette proposition rousseauiste, lire cette page)
Qui dit mieux ?(à gagner : l'intégrale d'Alexandre Dumas en Pdf)


 Danielle Attias est bien connue de la blogosphère. Elle anime un blog de référence qui traite de l'économie des médias à l'ère du réseau. Signe particulier : elle a soutenu en juillet une thèse de doctorat (Economie, Organisations et société) de l'Université de Paris X qui traite des modèles économiques des organes de presse sur Internet *. Autre signe (des temps digitaux) : aussitôt soutenue (et reçue avec les félications du jury), la thèse avait été proposée en téléchargement ( PDF) par l'économiste, et ainsi livrée aux commentaires de ses " pairs " blogueurs, avant qu'elle ne fasse l'objet d'une publication.
Première constatation : passée le plan un peu académique, pas de doute, le web, elle connaît. Mais sinon, quel esprit d'analyse. Courez-y, et vous verrez que lire de l'économie sur un sujet cyber, c'est le pied ! Un conseil : vous vous demanderez certainement ce qu'est la théorie des coûts de transaction de Williamson durant votre lecture... * Le titre exact est : L'impact d'Internet sur l'économie de la presse : quel chemin vers la profitabilité ?, avril 2007


Scoop (et spoiler) : le Tiers Livre, le blogjournal de l'écrivain François Bon, s'est offert la semaine dernière un joli petit coup d'agit prop littéraire, en révélant le premier la fin de HP7. Quatre jours avant la sortie officielle, l'auteur a en effet traduit en français les sept derniers feuillets de la fin du tome 7 de Harry Potter et les a librement publiés sur cette page web. L'enjeu assumé est double : faire retomber la pression juridico-commerciale (rappel : la sortie retentissante de Harry Potter le 21 juillet aurait coûté un total de 20 millions de $) et faire monter les stats de son blog. Merci, Philippe pour l' info ! MAJ : c'était une jolie mystification. Cf la première phrase de l'extrait : " Cette idée de la mort s'installa définitivement en moi comme fait un amour". Celle-ci, et les suivantes, étaient tout simplement empruntées au Temps retrouvé, le dernier tome de La Recherche du temps perdu, de Marcel "Harrry" Proust.


La question est d'abord d'ordre purement ' scholastique ' : au regard du succès programmé de ce fameux Harry Potter 7, quelle était la probabilité de voir avant sa sortie officielle apparaître sur Internet une version pirate de l'ouvrage ? Elle était importante. Une simple requête sur les termes " Harry Potter Deathly Hallows ebook " dans un moteur de recherche donne 1 400 000 résultats (lien), dont certains très anciens. Malgré la vigilance de Bloomsbury et de Scholastic (l'éditeur américain), ce pataquès a bien eu lieu. Une version scannée de l'ouvrage dérobé a circulé sur le web via Bit Torrent (info via Torrent Freak et Techcrunch US) et il semblerait ce matin que des internautes anglophones s'organisent pour produire une version texte de 'Harry Potter and the Deathly Hallows'. Problème : la seule information qu'une copie pirate scannée circule sur le web effraie l'éditeur Scholastic, dont l'avocat a contacté Techcrunch pour lui demander de dépublier leur billet, ou en tout cas de supprimer les contenus et les accès en violation du copyright Harry Potter ( "to remove or disable access to the material or items claimed ") Le motif est imparable juridiquement, quoique spécieux : le blog techno a repris une image de la double page d'ouverture du livre. Techcrumch avait surtout, comme d'autres médias américains avant lui (USA Today, le Wall Street Journal et CNN), cité - sans mention de lien - le nom du site qui diffusait cette copie scannée : le bien nommé Pirate Bay. D'autres blogs américains, au premier rang desquels Boing Boing ne se sont pas privés de donner ce lien.
La question est simple : cette fuite représente-t-elle un risque réel pour l'éditeur ? Je ne doute pas que les risques industriels de contrefaçon soient avérés avant la sortie - à partir de cette copie numérique, n'importe quel éditeur pouvait imprimer une version pirate et la commercialiser de part le monde). Mais les éditeurs de Harry Potter et leurs avocats savent prévenir ou faire réprimer ces genres de pratiques. Reste le lecteur passionné... à l'âge de la copie numérique. Par crainte de plagiat, les éditeurs s'étaient refusés à produire une version ebook du précédent volume, et s'étaient retrouvés du coup incapables de prévenir la passionaria des fans (cf Boing boing) . Il en est de même de ce dernier volume. Par contre, à partir du moment où l'ouvrage ne fait plus l'objet de rareté, moins de 12h avant sa sortie officielle... combien de ces lecteurs et de ces internautes seront prêts à télécharger et lire un roman de plusieurs centaines de pages en version txt ? Le débat est posé.


Wikimindmap représente les connexions sémantiques de Wikipedia sous forme de diagrammes. Sans révolutionner le schlimblick, c'est quand même un poil plus sexy que les blocs de liens en bas de page.
 Non, il ne s'agit pas du cheval long de Wikipedia dont nous vous avions parlé, quoique la thématique soit assez proche... Un groupe d'étudiants de Sciences-Po s'est amusé a distiller quelques vicieuses erreurs dans l'encyclopédie en ligne pour observer si - et comment - elles seraient traitées. Après plusieurs mois d'entrisme, les étudiants ont rédigé une enquête de 67 pages intitulée La révolution Wikipédia, les encyclopédies vont-elles mourir ? D'où il ressort, sans grande surprise, que Wikipedia est passablement faillible, notamment « dans des domaines sensibles comme l'histoire ou la politique, [où l'on] on assiste souvent à des guerres idéologiques ». Les erreurs traquées de Wikipedia, c'est sur Écrans.




 Si comme nous vous guettiez d'un œil scrutateur les articles d'Annick Rivoire dans Libé (avant qu'elle ne quitte le navire à l'été 2006), vous vous précipiterez sur Poptronics, nouveau site d'information sur les cultures électroniques : "Poptronics est un agenda sélectif, qui couvre l'actualité des nouveaux médias (jeux vidéo, P2P, cinémas de demain, objets intelligents, Net participatif, lutheries électroniques, webdesign ou nanotechnos...). Il est réalisé par une équipe de journalistes spécialisés et de chercheurs, sous la haute (mais bienveillante) surveillance des artistes qui participent au projet, David Guez, pionnier du Net-art en France, et Pierre Giner, qui exposait récemment à la biennale d'architecture de Venise". David Guez et Nicolas Frespech inaugurent le « pop lab » (sous la houlette d'Elisabeth Lebovici) en explorant un format hybride, mi-papier, mi-électronique. Côté mag / agenda, le ton est donné : retour sur la dernière imposture des Yesmen, introduction au « sommet des biens virtuels », nouvelle cinéphilie avec le décryptage du « Four Eyed Monsters » diffusé sur Youtube, et bien d'autres choses... Bookmark !


Télex : Pour ses 10 ans, le webzine art & design Shift.jp.org se refait une beauté. Import / Export from Japan, with love.
Pour promouvoir son recueil de nouvelles, No one belongs here more than you, Miranda July - la réalisatrice de Moi, Toi et tous les autres (bluette arty ovationnée à Sundance en 2005) - s'est fendue d'un drôle de site promo, fidèle à son univers de bric et de broc. Les détracteurs trouveront sans doute la démarche trop maline pour être crédible. Il ne faudrait pas qu'ils en oublient de sourire...


Vous connnaissez tous Roland Barthes, je suppose ? Dans le cadre d'une carte blanche off et online, le théâtre de la MC93 a créé avec le metteur en scène Nicolas Bigards (d'après la thèse Anthologie de la question chez Roland Barthes de Persida Asllani) un blog de critique littéraire, qui synthétise des centaines de questions posées par l'auteur de Mythologies. Original.... et un rien expérimental.
"Il relate à la fois le travail en train de se faire autour des lectures, suivant, années après années, les questions de Barthes. Le blog permet aussi, et surtout, à des contributeurs (participants aux ateliers d'écriture, étudiants, lycéens, spectateurs, curieux, artistes...) d'enrichir la réflexion." A noter : dans une performance work in progress, l'artiste Agnès de Cayeux s'est associée au chercheur pour aller sonder ensemble la base de connaissances wikipédia et ainsi interroger et faire progresser le corpus barthésien en ligne.


"Je me réjouis du choix de Ségolène Royal hier. Sa VIe République va enfin permettre d'en terminer avec ce honteux régime né du coup du 13 mai 1958. De mon temps, j'avais coutume de dire que cette constitution était dangereuse avant moi et qu'elle le resterait après. Les français ont eu le bon goût de me choisir un successeur qui en a usé uniquement pour se préserver de ses soucis judiciaires, mais entre les mains d'un Sarkozy (ce Pucheu à talonnettes qui a ruiné hier la parole de la France en permettant l'arrestation de Battisti), le pire serait à redouter". La suite sur le blog François Mitterrand 2007. Politique fiction dans la veine de (feu) le blog de Jacques Chirac, offline aujourd'hui (le blog, pas Chirac...). Tonton, le vrai, est ici.
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