Super Titi est mort. Vive Super Tri. C'est l'annonce qui a été faite aujourd'hui à Grenoble par le super héros en guerre contre les incivilités, qui avait convié les journalistes à venir découvrir le but de ses vidéos virales. Fluctuat n'a pas pu faire le déplacement jusqu'en Isère, mais le blogueur local Weetabix y était, et a en rendu compte en temps réel sur Twitter.
Le buzz généré par le vengeur masqué aidera-t-il à faire changer les comportements des habitants de l'agglomération de Grenoble ? L'avenir nous le dira. En attendant, une campagne d'affichage avec celui qu'il faut désormais appeler Super Tri a été lancée. On vous tiendra au courant des suites de l'histoire. Ou pas.
Voir le communiqué vidéo de Super Titi :


Ca donnerait quoi si on imprimait Wikipedia sur papier ?
A l'heure où on mesure l'empreinte carbone des activités numériques (genre surfer sur Google produit-il trop de CO2 ?), on peut se féliciter du bénéfice écologique apporté par Wikipedia.
Imprimés, ses 3 millions d'articles représenteraient l'équivalent de 652 tomes de l'encylopédie Brittanica. Ci-dessous, 400 articles de référence compilées dans un seul ouvrage de 5000 pages. Soit moins de 0,001% du total des entrées sur l'encylo en ligne...

Le registrar américain Godaddy affiche depuis peu une curieuse indication à ceux qui voudraient acheter un nom de domaine en .tv : "Note : L'île de Tuvalu coule. Les alternatives recommandées sont .COM, .NET et .INFO".
Les îles Tuvalu sont un archipel de neuf atols coralliens situé en Polynésie. La vente de l'exploitation des noms de domaine en .tv est source de richesses pour cet État qui en possède très peu. Le point culminant est à moins de 5m au dessus du niveau de la mer. Le réchauffement de la planète menace les 10 000 habitants de Tuvalu, première nation de réfugiès climatiques. Si les îles ne devraient disparaître qu'en 2050 ou 2060, un millier de ses occupants ont déjà plié bagages.
Quid de l'initiative de Godaddy ? Il s'agit probablement d'une petite blague militante de la part du registrar, qui attire l'attention sur un exemple tragique des effets du réchauffement climatique.
A gauche, la bande-annonce du documentaire King Tide réalisé par Juriaan Booij. |
Pour faire suite (avec un peu de retard) à ce billet, signalons la réponse officielle de Google (cf. Official Google blog), qui a mal encaissé semble-t-il l'accusation de boulimie énergétique qui lui était faite par Alex Wissner-Gross. A l'aune de ces propres mesures, la firme prétend qu'une requête Google génèrerait l'équivalent de 0,2 g de CO2, soit sensiblement moins que les 7 g mesurés dans l'étude précédemment citée. Et Google de rappeler son engagement pour le développement durable à travers sa fondation Google.org, mais aussi via la création d'un groupe d'industriels souhaitant faire progresser le "smart computing". Bataille de chiffres, bataille d'images : une requête moyenne consommerait selon Google 0.0003 kWh (création de l'index comprise), soit 1k Joule, soit l'équivalent de ce que brûle un organisme humain en 10 secondes. L'équivalent en empreinte carbone représenterait ainsi 0,2 g de CO2 : 1000 fois moins qu'une voiture roulant 1 kilomètre et répondant aux critères écolos de l'UE. Donc : un kilomètre en voiture = 1000 requêtes Google. Vous en voulez encore ? La consommation annuelle d'un utilisateur moyen de Google correspondrait à... une machine à laver. Moralité ? A défaut de pouvoir mesurer ou contre-expertiser les chiffres donnés par les différents protagonistes, on s'interrogera sur le bilan carbone de cette polémique (nombre de requêtes Google pour croiser les données, nombre de billets de blogs postés sur le sujet, nombre de bannières de pub affichées par le Times, nombre de cafés - ou de thés - ingurgités par les services marketing de Google, etc.).
MAJ : réponse officielle de Googleà propos de cette étude.
Physicien à l'Université de Harvard, Alex Wissner-Gross a calculé qu'une seule requête sur Google génèrerait l'équivalent de 7g d'émission de carbone. Deux requêtes Google et nous ferions monter le compteur à 14 g, soit quasiment l'empreinte d'une bouilloire électrique portée à ébullition (15 g).
Deux recherches Google équivaudraient donc à un thé bien chaud. Et les googlers compulsifs (dont je suis) de s'inquiéter des effets diurétiques de leur manie... Un article du Times recense d'autres études qui vont dans ce sens, estimant qu'une requête Google émet l'équivalent de 2 à 10 g de carbone. L'article explique entre autres que l'industrie informatique au sens large représenterait 2 % des émissions de gaz à effet de serre, passant en 2007 devant l'industrie aéronautique. La consultation d'une simple page web consommerait environ 0, 02 g de carbone par seconde, et ce chiffre serait multiplié par 10 (0, 2 g/s) pour une page enrichie en vidéo ou en images. Le Times conclue assez bizarrement avec les exemples de Twitter et de Second Life (le maintien d'un avatar à l'année dans SL consommerait autant d'énergie qu'un brésilien moyen - un vrai), en insistant sur l'utilité toute relative de ce type d'applications. Sous entendu : au lieu de twitter des inepties et de rechercher à tout va dans Google, nous ferions mieux de penser à l'avenir de la planète.
L'inquiétude environnementale liée à ces nouveaux usages est légitime, cela ne fait aucun doute, mais l'article du Times pose tout de même quelques questions :
- La personnalité d'Alex Wissner-Gross, d'abord : le vénérable quotidien britannique ne semble pas troublé outre-mesure par le fait que ce physicien soit aussi l'initiateur du projet CO2stats, dont le business est justement d'auditer et de limiter l'empreinte écologique des firmes informatiques et des sites web. Rien de mal à cela, au contraire, mais le mélange des genres n'est jamais très recommandable sur ces sujets et entretient la confusion sur le mode: plutôt green, ou plutôt business ?
- Le mode de calcul est lui aussi à préciser : sur les 7 g de notre requête Google, le premier contributeur en CO2 est l'utilisateur avec son ordinateur personnel ; le second est le réseau informatique qui permet le transfert des données ; le serveur et les data centers sont enfin les plus petits contributeurs. On voit bien dans cette "chaîne de responsabilités" la difficulté de calculer l'empreinte d'une requête donnée... en fonction de votre ordinateur (taille de l'écran, configuration etc.) et de votre distance avec les serveurs pour un service donné, votre mug de thé risque d'être plus ou moins remplie...
- Plus inquiétant : quand l'argument écologique se double d'un argument moral (dans le sens "intellectuel"), on se prend à rêver "d'empreintes intello-écologiques". Quelle est l'empreinte intello-écologique d'un billet sur Tweeter vs. un article du Times vs. un livre de Foucault (Jean-Pierre) vs. un livre de Foucault (Michel) ? Dans certains cas (comme ce dernier exemple) on peut aisément l'imaginer. Mais la perspective - très lointaine, souhaitons-le - d'une censure par indices intello-écologiques a de quoi faire frémir...
- Enfin, et c'est souvent le problème avec ces extrapolations écologico-statistiques, il faudrait pousser un peu plus loin dans la métaphore, tant qu'à faire...Quel est l'impact positif du web (puisque finalement c'est le web qui est sur le gril, n'est-ce pas ?) lorsque l'on considère les autres médias et services auxquels il se substitue en partie (courrier postal, presse et produits imprimés, vpc...) ? Et pour reprendre l'effrayante empreinte intello-écologique mentionnée ci-dessus, quid de son impact sur la circulation des savoirs et des idées ?
Autant de questions auxquelles il faudrait répondre - ou pas (mais sans passer par Google, bien sûr).
Sur le même sujet : Blackle et autres Google noirs sur blanc



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