|
Le web a-t-il une mémoire ?
Les archives du Times![]()
* Enfin... pas tout à fait complet bien sûr. Disons, depuis le XVIIIème siècle...
You tomb : le cimetière de Youtube Que sont devenues les vidéos disparues de Youtube ? Et pour quelle(s) raison(s) ont-elles été retirées ? Initié par le MIT Free Culture, le serveur YouTomb est un projet de recherche qui permet de conserver la mémoire des vidéos qui été supprimées de Youtube, après y avoir vécu une exploitation "pirate" de quelques minutes à plusieurs semaines. Un moteur de recherche analyse en temps réel les feeds du site de partage, pour en extraire uniquement les vidéos censurées. Une base de données conserve les informations qui décrivaient la vidéo (Titre, Description, Tags utilisés) et quelques captures écran de celle-ci. Surtout, le projet permet de connaître le classement et les motifs de retrait invoqués, qui sont de trois ordres : - 1. Vidéo supprimée par l'utilisateur (has been removed by the user), sans plus d'explication. - 2. Vidéo retirée par l'algorihme de Youtube pour violation des CGU (due to terms of use violation). - 3. Vidéos supprimée suite à une plainte pour violation du droit d'auteur (due to a copyright claim by...). Suit surtout une litanie de noms des grandes marques de l'entertainement et du sport qui ont demandé ces retraits. Parmis les plus zélées : Viacom, NBC Universal, l'Association of Copyright for Computer Software ou la National Football League. Voir le classement ici. Plus politique, l'Eglise de scientologie se hisse à une bonne place dans ce top of the pops des entités morales qui, par delà la protection de la propriété intellectuelle, gèrent parfois aussi leur réputation. A noter : l'algorithme de Youtube invoque deux autres motifs de disparition inconnue : Unknown:only18 et Unknown:private. Moteur de recherche tombal![]() Ca, c'est le Vietnam Veterans Memorial, à Washington, c'est à dire le monument commémoratif sur lequel sont inscrits les noms des 58,256 soldats américains tués ou portés disparus pendant la guerre du Vietnam. Pas forcément facile d'y retrouver le nom d'un proche donc. Chasseurs d'images et de baleines C'est presque le même dispositif que "Six mois", ou dans une moindre mesure de ADaM Project, les oeuvres photographiques de Timothée Rolin dont on vous a déjà largement parlé.Mais là où l'artiste français documentait sa vie, avec son lot de banalités, et surtout aucun jugement particulier sur la nature de ce qui était photographié, s'imposant seulement un rythme automatique de 8 images par seconde, l'artiste américain Jonhatan Harris ajoute un brin de spectaculaire physiologique au dispositif. Le rythme de prise de vue se cale en effet sur ses propres montées d'adrénaline. Et l'expérience en contient suffisament, puisque pendant neuf jours, il a vécu aux côté d'une famille d'ésquimaux de l'Alaska, les accompagnant dans leur traditionnelle chasse à la baleine. Son appareil photo automatisé a donc enregistré une photo toutes les cinq minutes, et lors des moments plus palpitants, le rythme pouvait s'accélerer jusqu'à atteindre les 7 photos à la minute. Le résultat, c'est The Whale Hunt, une interface graphique qui permet d'explorer ces 3214 photos de diverses manières : diaporama, mosaïque ou encore nuage tournoyant. Au delà de sa très bonne réalisation, ce site met malgré tout en lumière une méthode de travail à l'exact opposé des réflexions proposées par Timothée Rolin, pour qui la technologie doit fondamentalement s'imposer à l'homme, le dominer, pour ainsi le débarasser de ses valeurs, esthétiques et morales. The Whale Hunt, en ajoutant des images là où le photographe juge qu'il en faut plus, perturbe le dispositif et le transforme en simple documentaire. Car le vrai choix esthétique de cette aventure aurait peut-être été de laisser faire la technologie, sans a priori, sans spectaculaire, et pourquoi pas proposer un reportage photographique sur la chasse à la baleine... sans jamais montrer une seule baleine. Y a-t-il une vie après Pointblog ? 3 questions à Gilles KleinTrois questions... à Gilles Klein, qui vient de fermer définitivement Pointblog.com (créé en 2003 par Cyril Fiévet et Emily Turrettini), magazine pionnier sur et autour du blogging, pour continuer à bloguer sur LeMondedublog.com. Pourquoi, comment ? 2. Dommage quand même que les billets ne soient plus disponibles. N'y avait-il pas de solutions autres que la migration de tes archives sur une nouvelle url ? C'était une nouvelle url ou rien... J'ai les droits d'auteur sur mes billets, soit les 3/4 de ce qui a été publié. Je ne pourrais reproduire les billets des autres auteurs qu'avec leur accord formel. J'aurais préféré que tous les billets y soient bien sûr. 3. " Pointblog.com n'est plus. Vive le mondedublog.com. " Pourquoi un nouveau blog sur le monde du blog ? Pourquoi ? Par passion, par plaisir. Comme n'importe quel blogueur assidu, comme n'importe quel journaliste qui aime son métier. Une passion qui m'habitait sur les BBS, avant Internet, et qui me réveille tous les jours depuis 1994. Avant c'était le magazine du blogging, maintenant c'est le quotidien du blog, des réseaux sociaux et du Web 2.0, cela officialise l'ouverture que j'avais pratiqué compte tenu de l'évolution rapide que nous constatons. Des nouveautés ? Disons que je me sens plus léger, plus d'épée de Damoclès sur la tête, mais que pour l'instant, j'essaie de corriger les bugs du nouveau site, les défauts de présentation, en écoutant les conseils ou les demandes de lecteurs et d'amis, avec de l'aide technique venue de France, de Belgique, du Luxembourg et d'ailleurs. Aide sans laquelle rien n'aurait été possible. J'espère que l'audience reviendra, et qu'un peu de publicité me permettra de couvrir les frais. Beaucoup de "je" désolé...." Merci, et bonne chance. Pour juger sur pièce, l'aventure continue ici. Les recettes à MéméL'art numérique, c'est bien joli, mais ça nourrit pas son homme !
25 trucs que vous devriez savoir fairePosté par Troudair le 24.10.07 à 10:34 | tags : data mémoire
Non pas que cette page soit utile en soi, mais ce qu'elle explique est une nouvelle étonnante confirmation des priorités de l'homme du 21e siècle. ![]() Par exemple, saviez-vous que nettoyer son fusil est l'une des 25 choses à savoir faire aujourd'hui ? Ainsi que régler son écran HDTV ou encore élargir son réseau wifi... Quand il n'y a pas si longtemps, les guides de survie publiés dans le commerce décrivaient avec force détails les moyens de concevoir des abris de fortune au milieu de la banquise, le voile est aujourd'hui tombé et plus personne n'essaie de nous faire croire que l'aventure pourra encore sonner à notre porte. Nous sommes des hommes modernes, soumis totalement à la technologie, tout juste capables de changer un filtre à air ou de faire un créneau avec une remorque, pour peu que le web nous explique. Mais le stockage des savoirs se voit lui-aussi soumis aux règles de l'offre et de la demande, et sans parler des jours où le web est innacessible, nous laissant l'oeil vide face à un plant de tomate à enfouir, qu'advient-il de toutes les techniques et de tous les "How to" dont nous n'avons massivement pas besoin dans l'immédiat ? Une question qu'il faudra nécessairement nous poser, avant que le rôle de l'Homme, changé en requêteur pour moteurs de recherche, se limite à ne plus rien savoir, ne plus rien penser, ne plus rien stocker dans sa propre mémoire, puisque les cathédrales de Yotta-Octets qu'il aura construit le feront bien mieux à sa place.
Mirror World![]() Cardiff au taquet En plus d'être l'un des rares endroits du monde où la France peut battre les All Blacks, Cardiff est un incontestable foyer créatif dans le domaine de l'art contemporain et plus généralement de la performance."What's Welsh for Performance" a donc été créé afin de retrouver et archiver toutes les traces d'art performatif qui ont eu lieu au Pays de Galles depuis 1968. Dans ce blog informatif et documentaire, on peut ainsi se promener par thèmes ou par années, et découvrir des pépites du genre qui seraient probablement restées dans l'ombre sans le travail de recherche remarquable effectué par les auteurs. Et pour enrichir cette base, le site d'archives encore plus fourni Performance-Wales.org apporte toutes les informations complémentaires aux performances évoquées dans le blog. A noter que bon nombre de ces performances se sont déroulées au Chapter, le très actif centre d'art de Cardiff, qui propose, en plus de cinémas, salles de spectacle et galerie, la très intriguante série de projections "Bad Films Club", pendant laquelle les deux fondateurs, Nicko et Joe (?), improvisent des commentaires à la manière des bonus audio des DVD. Ce soir, c'est "Daylight", avec Stallone. On y va ? [Illus : Performance "UNWORD 4" de Ian Breakwell, 1970.] Wikipedia Watch
Aeiou est de retour, et se devait de colporter cette url. Mis en ligne par Virgil Griffith dans la torpeur du mois d'août (lancement le 13 août), le site Wiki Scanner recense la liste de tous les organismes et institutions célèbres ayant modifié à leur avantage des informations présentes sur l'encyclopédie en ligne Wikipédia. Ces données existaient déjà en libre accès mais le logiciel en facilite l'exploitation et la consultation (recherche par nom). Dans une grande majorité de cas, il s'agit de simples corrections de coquilles, mais le site a surtout vocation à recenser les malversations et les caviardages relevés à partir des adresses IP des contributeurs. Parmi les plus connues, des vues aériennes de la prison de Guantanamo auraient été supprimées à partir d'une adresse IP du réseau du FBI. Ou cette information + facétieuse : sur la biographie de George W. Bush, un ordinateur de la BBC aurait remplacé le deuxième prénom du président américain Walker par "Wanker" ("branleur").
Deleted images : l'Arche des photos ratées![]() * 10 24 octets Montrez ce sentiment que je saurais voir![]() Lifecasting : Kite.tvPosté par sumoto.iki le 25.04.07 à 01:05 | tags : télévision, internet 2.0, réseaux sociaux, webtv, data mémoire, technologeek
![]() Visions <s>sans</s> complexe<s>s</s>![]() Dehors, tout est calme![]() Europe Archive.org C'est officiel depuis le 28 septembre, et passé relativement inaperçu en France (Cf Technorati). Dans le sillage (et sous le parrainage) d'Archive.org, le serveur américain d'archivage du web, des universitaires viennent de lancer Europe Archive, archive européenne de l'internet. Il s'agit d'une "bibliothèque numérique de contenus culturels numériques", plutôt q'une banque de conservation des pages web stricto sensu. Particularité 1 : le site est mieux structuré, fonctionne avec des tags et permet de rechercher trois types de média (audio, vidéo, site Web). Particularité 2 : c'est (pour l'instant) infiniment moins riche qu'Archive.org ou que Google Vidéo / Print. Côté audio & vidéo, le catalogue de médias proposés est centré sur la musique classique et l'architecture (mais si vous aimez Bach, Wagner, Chopin... ils sont accessibles gratuitement et au format MP3). Quelques centaines de documents, audio principalement. L'archivage du web européen a cependant bel et bien débuté avec une photographie 2006 des sites du domaine italien .it (Ex : le site de l'ambassade de France) et surtout une conservation de 249 sites de partis politiques des 25 de l'UE, 6 mois avant et après le vote du traité constitutionnel de 2005 (Ex : la France - malheureusement... bugué). A sa décharge : ce projet de numérisation des sites de la campagne européenne a été fait avec des "moyens limités" ("this collection has been made with limited resources"). On ne peux que le regretter... Via polylogue Google pour les nostalgiques Google News Archive Search, nouveau service, nouvelle prouesse. Ce service vous permet d'effectuer une recherche dans les archives web du Washington Post, New York Times, Wall Street Journal, etc. 200 ans d'histoire, ou de tag "sexe", à vous de choisir. Dommage que l'accès aux articles soit si souvent en Pay per View... Faut bien vivre.Ma vie est un roman 2.0Posté par Puck le 20.07.06 à 17:23 | tags : flickr, data mémoire, internet 2.0, réseaux sociaux, technologeek
![]() "Now what I'd like to see is a site like Dandelife combine with a personal map making site, so you could tell your stories over geographical or time-based axes. I love the idea of recording your life this way (I sure wish my great grand parents had), but I must admit I didn't enter my life story into Dandelife - it just wouldn't be interesting enough." En plus, le site est actuellement planté. Aurait-il succombé sous le poids des milliers de vies sans histoire ? We Feel Fine, datamining émotionelPosté par Lester le 05.06.06 à 13:47 | tags : blogs, net art, surveillance, data mémoire, réseaux sociaux, web sémantique, arts visuels
Jonathan Harris, artiste coder déjà responsable du célèbre 10x10, Word Count et de Phylotaxis, est de retour (accompagné de Sepandar Kamvar) avec un projet Processing fort en charge émotionnelle. "We Feel Fine" explore des milliers de blog à travers le monde à la recherche de phrase commençant par les termes "I feel" et "I am feeling". Tous ces blogs, pour des besoins pratiques de présentation (vive les templates), sont structurés selon une nomenclature commune : nom, âge, sexe, taille (pas obligatoirement du sexe), etc... L'avantage d'une telle structure est que l'on peut manipuler tout ce petit monde (les "data") à l'aide d'algorithme plus ou moins complexe et barbare. C'est ce qu'on fait nos amis Jonathan & Sepandar avec ce We Feel Fine. Inventorier nos émotions, les tracer, les géolocaliser, les structurer, non pas pour mieux les (nous) comprendre, mais pour découvrir, comme un fil (thread ?) rouge, que d'où viennent nos émotions, nos sentiments, nous sommes finalement de simple (formidable) machine sensitive. Clap clap clap devant une telle qualité esthétique, fonctionnelle, et surtout, une telle charge émotionnelle. Demain, je me (re)mets au Processing. Je me sens bien, pas vous ?Contours du futurPosté par sumoto.iki le 30.05.06 à 21:44 | tags : cartographie, data mémoire, flash, environnement, futur, technologeek
![]() Illustrations d'antan Belle collection de scan "libre de droits" en provenance de plus de 80 vieux livres. Initiée par Liam Quin (chef du département XML du w3c), cette bibliothèque d'images bénéficie d'un système de classification très "documentaire". En apparence "froid" et "rigide", ce classement s'avère à l'usage d'une efficacité redoutable, même si il est vrai que l'on manipule ici un nombre limité d'item. Souhaitons simplement qu'il en soit de même pour la future bibliothèque numérique européenne (TEL, The European Library)...Le web de mon enfance
Séance nostalgie. 15 mars 1985. A l'époque, j'étais en classe de neige et j'étais loin de m'imaginer
que ces .com deviendraient mon fonds de commerce.
MoMB : le blog de l'avant
Amis développeurs, amies softivores, j'ai le plaisir de vous présenter The Museum of Modern Betas. Un blog. Un musée. Une collection d'avant-grade.
Via k10k A trente ansLa Grande Baleine blanche du net-art Lieu dit c'est quoi ? Lieu dit c'est qui ? Si on était ailleurs que sur Lieu dit (sur le réseau, donc), on parlerait de friche artistique. Ce serait monstrueusement tendance, on pourrait y voir quelques huiles de la DAP affalées dans des canapés de récup. Seulement voilà, on est en ligne, pas facile de poser sa bière sur le rebord du jpeg. On est au siècle dernier, en l'an de grâce 1998, en pleine e-bullition, et on assiste à la création intempestive d'une URL qui pourrait apparaître comme le premier serveur collectif de net-artistes en France (MAJ : quoiqu'évidemment, on trouve toujours une poule plus âgée que l'oeuf, cf. Commentaires). Collectif ? Peut-être... Dans le désordre, Annie Abrahams, Jacques Perconte, Antoine Moreau, Yann Le Guennec, Pierre Cuvelier, Sylvie (?), KRN Dermineur, Eric Maillet, Jean-Philippe Halgand, Nicolas Frespech, CTGR ; ils balancent des fichiers, créent des projets (il faudra un jour se pencher sur cette floraison de "projets" - artistiques, économiques, personnels... - dans une société qui ne semble plus en avoir), testent le gif comme ci, le formulaire comme ça, le tout dans un joyeux bordel. Une "friche" (sans les fameuses huiles de la DAP...).Après quelques années de fastueuses parties d'upload, le lieu est laissé à l'abandon. Nom de domaine en rade. Des petits morceaux de lieu(x) dit(s) à droite à gauche, mais plus de lieu dit singulier point org. Jusqu'à ce qu'Annie Abrahams lance l'idée, il y a quelques semaines, de réhéberger les archives. Prise de bec par mails interposés : faire de la conservation d'archives, pourquoi ? La mémoire, peut-être. Discussions par mailing list, et Jacques Perconte qui prend finalement lieu dit par les cornes, redépose sauvagement le domaine, et réhéberge ce qui pouvait l'être, en donnant les codes d'accès à ceux des artistes qui voudraient modifier, voire retirer certains fichiers. "Je ne suis pas pour remettre en ligne une épave de baleine. Pour moi, Moby Dick doit rester un mythe" dixit CTGR dont le répertoire ne comporte plus que cette sobre ligne. Peut-être justement de quoi aviver le mythe. Palimpsestes numériques, zones d'autonomies intempestives, ateliers en ligne... l'expérience du labyrinthe Lieu dit, de ses clics dans le vide : une belle façon de s'interroger sur la mémoire du réseau... |
Discussions en cours sur les forums :
|