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Google Wave, sinon la pulpe elle reste en bas

Posté par Gflu le 19.10.09 à 16:36 | tags : internet 2.0, cinéma, google

Vous n'avez toujours pas bien compris à quoi pourrait vous servir Google Wave ? Normal, si comme moi vous ne faites pas partie des premiers "invités" (le web 2.0 est un Grand Bal). Cette reprise de Pulp Fiction en version Wave ne devrait pas vraiment clarifier la situation, mais peut éventuellement susciter un intérêt chez les professionnels du digima (peu nombreux, il faut le concéder) :

Sur Flu : une petite histoire du digima, et une bio / portrait de notre cinéaste superficiel préféré, Quentin Tarantino.




Quand faire pipi pendant le film ?

Posté par Jordan le 29.05.09 à 01:24 | tags : cinéma

Question cruciale que se posent nombre de téléspectateurs et -tatrices, dont la vessie peine à se satisfaire de la deuxième coupure pub autorisée par la récente loi sur l’audiovisuel. Tiraillés entre une envie pressante et la peur stressante de rater une scène clé, les malheureux accueilleront avec enthousiasme l’initiative du développeur flash Dan Florio : son site RunPee.com permet aux cinéphiles d’indiquer le moment idéal, ou les moments quand le film n’est pas très bon, pour se soulager sans gâcher son plaisir. Suivez le guide, courrez à la minute indiquée, et cliquez pour découvrir ce qu’il s’est passé pendant votre absence…

C’est en regardant le King Kong de Peter Jackson, qui dure un peu, que Dan Florio a eu cette idée lumineuse. Le site est toutefois resté confidentiel pendant quelques mois, jusqu’à ce que sa mère l’invite à téléphoner à la production d’une émission de télé pour leur présenter le projet. L’animateur en a parlé, le bruit s’est propagé. Une application mobile est en cours de développement, pour les films en salle…







Cryptozoologie et réalité augmentée, un sasquatch pour du bœuf séché

Posté par Jordan le 20.05.09 à 16:04 | tags : marketing, cinéma

Jack Link, une marque américaine de beef jerky, chips de bœuf marinées puis séchées, a choisi le sasquatch (ou big foot, cousin du yeti) pour promouvoir sa gamme de produits.

Cible geek cryptozoophile, triste de ne plus rien voir danser sur son bureau depuis cette christmas-pinup.exe reçue par mail d'un collègue en 1999, et qui s'amusera volontiers avec l'animal virtuel.
Le site Living Sasquatch permet en effet de créer la bête à l'échelle de son choix, puis de la faire évoluer et d'interagir avec elle grâce à sa webcam.

Parfait pour patienter en attendant la sortie de Max et les maximonstres de Spike Jonze, tout en lisant le blog du film, dont l'original objectif est de "mettre en lumière les nombreuses influences artistiques qui ont convergé pour faire de ce faramineux projet une réalité".

(Via Yanko)




Où en êtes-vous dans le film ?

Posté par Jordan le 19.05.09 à 12:21 | tags : cinéma

Plutôt que de prédire la date de votre mort, comme le proposent de nombreux sites idiots, Michael Condouris vous invite à prendre conscience du temps qui passe…

Si Star Wars, 2001, The Big Lebowski, Princess Bride, Le Magicien d'Oz, Ferris Bueller, Ghostbusters, Titanic ou Le Parrain avaient commencé quand vous êtes nés, et que ces films s'étiraient le long du fleuve tranquille de votre vie, où en seriez-vous ? 

Pour ma part, à un moment crucial, manifestement.




Le cinéma expérimental à l'épreuve du numérique (5)

Posté par Troudair le 17.02.09 à 09:35 | tags : cinéma
Puisqu'il faut conclure

Comme on l'a évoqué ci-dessous, la diffusion numérique a bouleversé le temps.
En sortant le spectateur de son cocon de projection, mais aussi en lui donnant le pouvoir d'intervenir sur le déroulement du film.
D'un statut de témoin actif, vue et ouïe en alerte - contraint d'être en alerte car privé de tout autre capacité d'exister - le spectateur s'est changé, par le biais du DVD et du web, en acteur passif.
Acteur, car le destin de la projection s'est retrouvé entre ses mains, mais passif, car une somme considérable de signaux parasites (à commencer par sa propre intolérance face à la nouveauté) lui ont fait envisager les films - et l'inédit d'une manière générale - comme des messages qui ne lui étaient pas destinés, noyés dans un océan d'autres messages, lesquels, au contraire, lui parlaient directement, dans un langage clair ne nécessitant aucun effort.

L'acteur passif - disons, l'internaute - a de plus en plus conscience qu'il est le maître de ce qu'il voit et de ce qu'il entend. Il choisit, en permanence, entre une donnée et une autre, sélectionnées dans le flot ininterrompu des données qu'on lui propose. Il clique pour anéantir un message et clique à nouveau pour en recevoir un autre. Il engendre l'information et garde sous l'index, comme le pouce haut ou bas d'un César antique, la menace d'y mettre fin. Si on parle d'une vidéo, la sentence peut se traduire par une ou plusieurs étoiles, apposées sur l'image même du film, jugement radical d'un public anonyme, trace définitive au fer rouge sur la peau du cinéma. Si on parle d'un texte, d'une série de billets en ligne, c'est une croix rouge qu'on presse en silence, ou un mot souligné qui le propulse vers un autre espace-temps, le lien hypertexte comme une fuite et jamais comme un but.


L'acteur passif est le maître du parcours qu'il effectue dans l'espace restreint de sa propre cellule. Et lui faire entrevoir un parcours nécessitant l'effort de rompre les barreaux de sa cage pour ne rien trouver de plus que la gamelle qui l'attend à deux pas de lui sans effort est voué à l'échec.

Dispenser un message à un internaute, c'est composer avec cette relative patience et ce goût immodéré pour le divertissement. C'est flirter avec le seuil de tolérance d'un auditoire invisible en n'ayant jamais la certitude de le connaître vraiment. C'est renoncer à la durée, ainsi qu'à toute narration. C'est éviter de jouer avec le temps du récit pour ne composer que des salves fragmentaires. C'est écrire un blog. C'est écrire un billet. C'est réaliser un clip. Toutes ces formes complémentaires d'autres formes longues en perdition.

"Trop long", sur le web, est égal à "mauvais". Car la longueur d'un message numérique (et donc sa durée) est à inversement proportionnel aux personnes qui le recevront intégralement.
Et c'est pour cette raison que le cinéma expérimental se désagrège au contact du web.
Et pour cette raison aussi qu'il nous faut mettre un terme à cette série, dont les développements impliquent de plus en plus d'en avoir pris connaissance depuis le début.

Car à l'instar d'un film d'avant-garde, la réflexion sur l'avant-garde se décompose elle-aussi au contact du numérique. Et malgré toutes les astuces, tous les rythmes élaborés, les insertions d'images et de vidéos mortes qu'ils ne verront jamais vraiment, les lecteurs en ligne, dans leur grande majorité, finiront par quitter la salle - par quitter la page, pour un horizon plus clair fait de phrases lapidaires et de gamelles plus sucrées.

Quant aux quelques autres, qui seront parvenus au terme de leur lecture intégrale, on leur conservera en récompense toute notre gratitude, ainsi que le maigre frisson de fierté d'être encore là alors que tout les poussait à fuir. C'est en ces spectateurs-là que reposent pour quelques temps encore l'avenir des formes non-conventionnelles et le souffle de courage qui poussera les artistes à chercher encore des chemins de traverse toujours plus loin de nos cages.

A tous ceux là, merci d'avoir été encore là.



Le cinéma expérimental à l'épreuve du numérique (4)

Posté par Troudair le 16.02.09 à 10:35 | tags : cinéma, vidéo

Pénétrer dans la caverne, s'asseoir autour du feu, partager avec quelques élus la magie d'un instant secret...
Si l'on a évoqué la rareté perdue des projections d'antan, confinées dans la petite salle de poussiéreuses cinémathèques, on ne peut faire l'impasse sur ce que cette rareté a pu entraîner : connivence muette entre des spectateurs privilégiés, sensation palpable d'appartenir à un groupe, d'autant plus précieux qu'il en était restreint.

Mais bien souvent, au cours de ces projections, ce groupe se réduisait encore plus. Car dans "cinéma expérimental", il y a "expérimental", et cette bien nommée expérience n'était pas seulement sur l'écran mais aussi dans la salle, et dans l'esprit du spectateur. C'était pour ces témoins volontaires la confrontation avec une expérience physique. Certains étaient des spécialistes, experts éclairés se laissant porter par le flot de la découverte et de la nouveauté. D'autres pourtant étaient novices, ou tout simplement curieux, entrés ici par hasard ou courage éphémère "juste pour voir". Et pour peu que le programme fut un peu long, ces curieux en avaient assez, et quittaient la salle à la faveur d'un changement de bobine. Tout au long de la projection, ce qui était le groupe primitif et privilégié se désagrégeait ainsi sous l'effet de la durée, et surtout du cinéma, chaque spectateur qui sortait confiant à ceux qui restaient la fierté encore plus grande d'être encore là1.

C'est pourquoi il nous faut ici tempérer les propos de Peter Kubelka qui refusait le terme d'expérimental (voir précédent billet). Car c'est bien de ce cinéma dont nous parlons, usant d'un adjectif à bon escient tant cet art particulier peut se rapprocher d'une conception scientifique de l'art. Cinéma expérimental, ou cinéma fondamental, comme il y a une médecine fondamentale, une science dure, basée sur la théorie et l'essai et dont la finalité immédiate n'est que la dernière des préoccupations, tête chercheuse toujours en mouvement et dont le fréquent échec n'est que le passage obligatoire pour atteindre une vérité plus brillante encore.

Cinéma d'avant-garde aussi, qualificatif idéal emprunté au vocabulaire militaire pour décrire ces films qui avancent seuls sur le front. Mais au contraire des avant-garde militaires, des éclaireurs en uniforme, ce cinéma ne sert aucune armée, et l'ennemi conformiste n'est pas seulement devant lui, mais aussi derrière, commando solitaire dont les découvertes, les voies d'accès, les passages à gué, serviront à toutes les armées qui le suivent et le précèdent.


Face à cette recherche perpétuelle, cette redéfinition constante des codes (narratifs, esthétiques), le spectateur est face à une épreuve, contraint d'endurer un objet audiovisuel auquel il ne pourra opposer que peu, souvent pas, de référents qui puissent lui permettre de comparer, et ainsi de dégager un jugement. En-durer, car devant ces objets sans aspérités auxquelles s'accrocher, le temps s'étire et devient parfois lourd, conditionnés que nous sommes par un inventaire infini de règles dont l'absence nous plonge dans un ennui pavlovien.

Expérimenter cette durée, y survivre, et en ressortir gorgé de nouvelles lois esthétiques insoupçonnées, voilà l'un des enjeux du cinéma expérimental.
Mais tel qu'il est diffusé aujourd'hui, un peu en salles, marginalement, mais essentiellement en ligne, ou en DVD, cet art de l'endurance s'en trouve de fait castré, autrefois maître, désormais esclave d'une simple ligne marquée d'un curseur :


En offrant au spectateur le pouvoir de la durée, on l'a ôté au cinéma.
En permettant au spectateur d'arrêter le temps, ou de l'accélérer à sa guise, on lui a interdit de s'y heurter de plein fouet, ce qui était pourtant l'objectif premier de cet art. Car à quoi bon le montage, le timing, le rythme, si aucune de ces valeurs n'a l'assurance de parvenir intacte jusqu'au spectateur ?
Certains sites de cinéastes qui proposent en ligne leurs propres créations s'obstinent à dissimuler cette fameuse barre d'état, et avec elle le pouvoir qu'elle renferme. Mais la plupart se réjouissent de voir leurs films diffusés en DVD, découpés en séquences accessibles par des menus.
Quand ce support est exploité pour ce qu'il est, quand les films qu'on y grave ont conscience du mode de lecture que cela implique, on peut faire l'expérience de superbes projets (lectures aléatoires de séquences, brouillage des codes de l'interactivité, etc.), mais dès lors qu'ils proposent le simple report d'une pellicule - objet fondamentalement linéaire - c'est l'essence du film qui s'évapore, et avec elle une certaine conscience du temps.

D'une ligne droite courant inexorablement du début vers la fin (de la naissance à la mort du film), le numérique a fait du cinéma expérimental un art de l'éternité, immortel certes, mais du même coup inutile, vain et sans âme, car ce qui ne meurt pas ne peut pas être humain.

(à suivre)

1 J'avais développé en détails cette idée de l'endurance face au cinéma dans un vieil article encore en ligne ici : Notion de performance dans le cinéma de Warhol.




Le cinéma expérimental à l'épreuve du numérique (3)

Posté par Troudair le 14.02.09 à 10:33 | tags : cinéma, vidéo
On a longtemps qualifié "Meshes of the afternoon" de Maya Deren, de film mythique.


Et on a pu employer le même adjectif pour d'autres oeuvres, comme "Invocation of my demon brother" de Kenneth Anger, ou encore "Exploding Plastic Inevitable" de Ronald Nameth.
Ces quelques exemples, et bien d'autres, d'oeuvres dites "mythiques" ont pu bénéficier de ce qualificatif pour deux raisons.
La première, bien entendu, fut leur qualité à bouleverser l'histoire du cinéma en insufflant au septième art une liberté inédite dans le maniement de sa grammaire et de ses capacités esthétiques. Comme tout autre chef d'oeuvre, en peinture, sculpture, ou musique, ces films ont fait date et on servi de référence aux générations de cinéastes qui les ont suivis.
Néanmoins, cette seule qualité n'a jamais été suffisante pour définir une oeuvre, aussi brillante soit-elle, comme mythique. Car la seconde raison, et la plus importante, c'est que ces oeuvres étaient rares.

Au contraire du cinéma commercial, et malgré la possibilité technique de produire un nombre de copies infini à partir d'un seul négatif, ces films n'ont bien souvent fait l'objet que de tirages limités, en grande partie, on le devine, pour des raisons financières. Ainsi, assister à la projection d'un film de Stan Brakhage ou de Len Lye, ne constituait pas seulement une expérience esthétique, mais aussi sociale. Voir ce que peu ont la chance de voir donne au spectateur un statut d'exception, et érigé sur ce piedestal, sa vision s'en trouve à son tour modifiée.

Certains de ces films dits "mythiques", d'ailleurs, ne se contentaient pas d'être tirés à peu d'exemplaires, mais imposaient en plus des dispositifs de projection interdisant leur multiplication. Leur diffusion ainsi, allait à l'encontre d'un caractère majeur de l'art cinématographique - la prolifération - pour se rapprocher d'une certaine forme d'art vivant, de théâtre en quelque sorte, pour qu'une projection se change finalement en "représentation", dans le sens dramatique du terme.


A titre d'exemple, on pourrait remonter à 1927 et citer le "Napoléon" d'Abel Gance, projection monumentale en triple écran avec orchestre symphonique, qu'il n'aura guère été possible de présenter qu'une poignée de fois pour un public forcément restreint. Au delà du caractère esthétique du film, ce "Napoléon" est aussi et surtout devenu mythique car il n'était pas possible de le multiplier, et ceux qui ont pu en voir un montage mono-écran dernièrement ont tous pu ressentir ce manque, cette sensation de ne pas voir le film d'Abel Gance.
Dans l'histoire du cinéma expérimental, cette même qualité d'oeuvre unique a aussi pu apparaître avec certaines oeuvres impliquant par exemple une intervention directe sur le positif (grattage, coloriage, etc.). A positif unique, représentation unique, limitation des spectateurs, et inévitablement, apparition d'une rareté qui a changé certains films en mythes, sans que leurs qualités intrinsèques soient nécessairement engagées.

Dans son ouvrage de 1974, "Le cinéma visionnaire", P. Adams Sitney se sent ainsi obligé de décrire plan par plan chacun des films qu'il analyse, non pas pour les disséquer, mais dans un premier temps pour les raconter à des lecteurs dont une grande majorité n'a jamais eu et n'aura peut-être jamais l'occasion de les voir. Le conte, le mythe du cinéma expérimental aura été, pendant plusieurs décennies, une composante majeure de sa force d'évocation...

... jusqu'à ce que tout s'écroule aujourd'hui.
Et c'est volontairement qu'en introduction de ce billet, j'ai placé sur les trois films cités des liens directs vers leur diffusion sur YouTube. Avec le support numérique physique dans un premier temps, et internet dans ensuite, ce qui était rare est devenu fréquent. Sans trop de difficulté, on peut donc trouver aujourd'hui, en DVD ou même en ligne, la grande majorité des oeuvres filmiques qui ont construit le cinéma expérimental du XXe siècle. Le caractère mythique de ces oeuvres, peu à peu, s'est ainsi évaporé. Il n'y a plus d'exploit à faire partie de ceux qui ont vu "Meshes of the afternoon". Il n'y a plus de frisson à s'installer dans une salle de cinéma en caressant la satisfaction, regardant autour de soi, d'être parmi la poignée de spectateurs à faire l'expérience d'une projection rare. En rendant accessible à tous, tout de suite, le catalogue du cinéma expérimental, le numérique a supprimé le mythe, fondu le conte, et changé des oeuvres qui s'opposaient majoritairement à une logique commerciale, en produits culturels. L'anthologie Stan Brakhage se trouve aujourd'hui sur Amazon aux côtés de "Bienvenue chez les Ch'tits".

Doit-on pour autant se lamenter que des oeuvres superbes soient désormais accessibles à tous, et non seulement à une poignée d'initiés ? Non, évidemment. Mais à la vision de chacune d'elle, il demeure malgré tout important de se plonger dans leur histoire, et tenter, aussi difficile que cela soit devenu aujourd'hui, de ressentir ce frisson, de se plonger encore dans la chambre obscure métaphorique, accompagné de partenaires d'extase, et d'observer, dans cette état de grâce chamanique, des ombres mythiques courir sur les parois de la caverne.

(à suivre)



Le cinéma expérimental à l'épreuve du numérique (2)

Posté par Troudair le 11.02.09 à 10:51 | tags : cinéma, vidéo
Si le cinéma n'était rien d'autre qu'une somme d'images, il serait resté dans les foires où il a commencé sa carrière.
Mais entre les images, faites mouvement par la magie de l'effet phi, est apparu un monde, tout un continent imaginaire composé par nos cerveaux avides de cohérence.
Pourtant, à la lisière de l'imagination, une impression a toujours résisté à la technique, réminiscence de temps anciens où le feu faisait danser les ombres sur les parois des cavernes. Encore aujourd'hui, il n'est pas rare pour un spectateur de prendre conscience de sa situation de spectateur et l'espace de quelques secondes, de sortir du film pour réaliser où il est, et changer le monde qu'on lui présente en succession abstraite de lumière et d'ombre.


Comme on le suggérait plus bas, l'expérience cinématographique n'est donc pas seulement l'expérience d'un film, et personne mieux que Peter Kubelka n'a su mettre en évidence cette qualité inscrite dans l'architecture de nos salles obscures. Voir Arnulf Rainer n'a rien de commun avec le fait de voir un mouvement reconstitué. Cette composante est au contraire totalement évacuée pour laisser apparaître et étendre dans la durée ce moment où le spectateur sort du film.

On entre jamais dans Arnulf Rainer (pas plus que dans l'ensemble des films dits "métriques" de Kubelka), car aucune porte n'y mène.
Ce qui est révélé par l'intermédiaire d'une telle projection, c'est au contraire l'extérieur du film, son support pour commencer - Kubelka proposant l'exposition de ses pellicules comme oeuvres plastiques à part entière (voir ci-contre) - mais aussi et surtout la salle de projection elle-même, apparaissant et disparaissant au gré des flashs provoqués par les photogrammes blancs.

Proposer un tel film sur un site de partage de vidéos a donc deux inconvénients fatals.
Le premier, c'est la perturbation du rythme désiré par le cinéaste, originellement calculé avec une précision mathématique. Lors de la lecture en ligne, en effet, l'apparition des photogrammes noirs ou blancs n'est plus seulement assujettie au choix de l'artiste, mais dépend aussi de nombreux autres facteurs tels que la vitesse du processeur de l'ordinateur qui le lit, la qualité de sa carte graphique, la vitesse du serveur qui les diffuse, sans parler des choix arbitraires effectués par la logique inadaptée du codec de compression.

Le second, c'est l'embed, c'est à dire le fait qu'une vidéo en ligne, à moins, chose rare du fait de la faible résolution, de prendre la peine de la passer en full screen, est systématiquement inscrite dans le cadre de notre écran, qui n'est pas le cadre du film. Autrement dit, la lumière diffusée par tout ce qui n'est pas le film (reste de la page, navigateur, barre du système d'exploitation) perdure pendant sa projection et détruit obligatoirement l'effet premier recherché. Voir Arnulf Rainer avec une lumière constante, c'est nier l'architecture qu'il avait pour vocation de révéler. En d'autres termes, c'est tuer la salle obscure, cette camera obscura métaphorique dont toute salle de projection est la mise en abyme inconsciente. Voir Arnulf Rainer en ligne, c'est ne pas voir Arnulf Rainer.

Ceci étant dit, en prenant l'un des exemples les plus significatifs du cinéma expérimental, est-ce que tout film de cinéma1 se détruit au contact de la diffusion numérique ? Et est-ce qu'il n'y aurait pas malgré tout de raisons de se réjouir de la mise en ligne massive de ces films rares désormais disponibles pour le plus grand nombre ?
C'est ce qu'on essaiera de voir dans la suite de cette série de billets.

1 Pour rester fidèle à Kubelka, on ne parle pas ici de cinéma "expérimental" qu'il s'est toujours défendu de pratiquer.
"Je ne fais pas du cinéma expérimental, ce sont les autres qui font du cinéma commercial. Moi je fais du cinéma."



Le cinéma expérimental à l'épreuve du numérique (1)

Posté par Troudair le 09.02.09 à 09:25 | tags : vidéo, cinéma
Pour débuter une rude semaine, rien de tel qu'un bon film expérimental qui nous ramène à quelques fondamentaux en perte de vitesse.
Pourtant, ce que vous pouvez voir ci-dessous n'est pas exactement le Thanatopsis d'Ed Emshwiller, monument du cinéma d'avant-garde daté de 1962.
Ce que vous voyez ci-dessous, c'est un leurre, une évocation vidée de l'essence de l'original, un hybride qui présente à la fois les caractéristiques du film, mais contaminé par les codes contemporains, ceux qui, en particulier, sont imposés par le système qui les diffuse.


Composé en large partie à l'aide d'une variation de la vitesse d'obturation qui nappe les formes claires d'un halo surnaturel autour d'un sujet net, Thanatopsis se heurte au système de compression des vidéos numériques. Trop de points, pas assez de contours, trop de vitesse et trop de précision dans le flou... si bien que, désorienté, le codec n'a d'autre choix que d'afficher d'énormes carrés aux teintes unies tout autour de la silhouette, celle-ci changée en masse informatique primitive, pixels gros comme des maisons, Lego noir, gris et blanc remplaçant la subtilité et la douceur du dégradé initialement recherché.
Et ce qui était en 1962 un fantôme vaporeux devient en 2006 (date de compression de cette vidéo) un polygone mécanique, bâtiment monochrome en deux dimensions sans profondeur ni âme.

Mais pas pour longtemps...
Car vous le savez, tous les sites de partage de vidéos ont fait évoluer ces derniers mois leurs systèmes pour proposer des diffusions en "haute définition". Et bientôt peut-être, un internaute passionné décidera de mettre en ligne ce même Thanatopsis, faiblement compressé, et révélant à nouveau ce personnage épileptique. Quand viendra ce jour, où la copie numérique respectera toute la finesse et tout le grain du film original, verrons-nous pour autant en ligne, sur notre écran, le Thanatopsis d'Ed Emshwiller ?
Rien n'est moins sûr, comme on cherchera à l'expliquer demain.

(à suivre)

(source : l'excellent blog A Million Keys, qui poursuit son travail d'exhumation du cinéma expérimental)



Objectified : la créativité quotidienne du design industriel

Posté par Jordan le 31.01.09 à 14:47 | tags : design, cinéma

Le documentariste américain Gary Hustwit avait signé en 2007 un passionnant long-métrage intitulé Helvetica, qui mesurait avec tact l'impact de la typographie, et de la célèbre police en particulier, sur la "culture visuelle" moderne. Avec Objectified, son nouveau film, le réalisateur/producteur indépendant part à la rencontre des hommes cachés derrière les objets manufacturés qui font notre quotidien, des expressions et des circonscriptions de leur créativité. Qu'est-ce que ces choses disent de nous, et qu'est ce que la manière dont elles sont conçues peut nous apprendre de nos sociétés ? C'est dans quelques mois seulement que nous pourrons découvrir les pistes de réponses d'Objectified, mais Gary est malin et il est déjà possible pour les intéressés d'en discuter sur un joli blog. Gary est même très malin, et nous invite à devenir "Objectifiers" : participez au financièrement du film, recevez des cadeaux et admirez votre nom au générique… Une communication bien pensée.




Ça tourne à Nollywood

Posté par Gflu le 28.01.09 à 21:55 | tags : photo, cinéma, zombies

"Nollywood est la troisième plus grande industrie cinématographique dans le monde, sortant sur le marché entre 500 et 1000 films chaque année. Chaque film retranscrit la culture africaine et s’inspire des contes jusqu’alors colportés par la tradition orale". Le tout recyclé avec moult gimmicks de la culture occidentale (zombies, vampires, action heroes etc.).
Aperçu avec cette série photographique de Pieter Hugo en forme de portrait halluciné du cinéma nigérian. L'habitude est telle de recevoir de cette partie du monde des images de corps disloqués que naît un malaise certain. "Et pourtant, ça tourne" serait-on tenté de s'écrier, réjoui, terrorisé, en pleine aporie.
(via le blog PHOTO.fr)



La pire nouvelle de l'année

Posté par Troudair le 22.01.09 à 09:12 | tags : cinéma

Et pourtant, on est encore en janvier, vous me direz ! Mais là, c'est tout simplement pas possible, et déjà sur les forums des geeks du monde entier bruisse le son de la révolte.
Que dis-je ? De la révolution.
Parce qu'on peut nous faire avaler n'importe quoi, à nous autres mangeurs de pop-corn débattant sans fin sur le fait qu'un zombie doit marcher ou courir. On peut foutre en l'air Dragon Ball, vider Terminator de son thème musical culte, ou encore laisser à Brian Yuzna le soin de réaliser TOUTES les adaptations ciné de Lovecraft, et nous ne bronchons pas. Mais ce qui se profile pour 2009-2010 n'est pas une faute de goût de plus, non. C'est un attentat. Un sacrilège qui justifie la prise des armes et l'érection de bûchers, l'action directe et la croisade contre un Axe du Mal qui désormais a un nom : Roland Emmerich.

Car oui, messieurs dames, c'est ce que vient d'annoncer Colombia Pictures : Fondation, le cycle ultime d'Isaac Asimov sera bel et bien adapté à l'écran par le réalisateur de Godzilla, Independance Day, j'en passe et des meilleurs...

Et si dans le dictionnaire, Messieurs Robert, Larousse et consors recherchent un exemple à inscrire pour le terme "hérésie", il est tout trouvé.
Ainsi, comme je le disais, partout sur la toile, les forums s'agitent, les grèves de la faim commencent et les suicides collectifs s'organisent afin de protester contre la plus scandaleuse idée jamais sortie d'un studio hollywoodien. Et on a beau vérifier le calendrier, nous ne sommes pas le 1er avril, et ce cauchemar que nous vivons est bien réel.

Du coup, comment ne pas interpréter ce choc, cette ombre qui s'avance sur la communauté SF ? Comment ne pas ouvrir les yeux et comprendre que voilà, nous y sommes. Que les métaphoriques 100,000 années de chaos et d'horreur promises à l'Empire vont bientôt débuter ?

Alors pour finir, je n'aurais qu'un seul cri, une seule supplique qui pourrait nous faire garder espoir : Hari Seldon, où es-tu ?!?




Attention, spoilers

Posté par Troudair le 11.12.08 à 09:23 | tags : cinéma, design
Comme beaucoup d'autres, le site threadless.com permet de concevoir ses propres t-shirts en envoyant une image.
Et dans les centaines de visuels disponibles, on trouve quelques objets bien trouvés, comme par exemple ce t-shirt qui vous fera haïr par tous vos amis qui n'ont pas vu les films dont il est question.


En quelques formules, voici donc les révélations finales de 18 films (ou série, si on compte Dallas).
De quoi se faire jeter des pierres dans la rue pour Noël.



Zombies links

Posté par Troudair le 06.12.08 à 09:43 | tags : bd, blogs, mauvais goût, cinéma, zombies
Quand il est motivé, le peuple gagne toujours.
Voilà la leçon à tirer de ces quelques jours de luttes zombies.
Mais avant de reprendre le cours normal de ce blog, voici tout de même quelques derniers liens qui vous permettront de faire votre propre Zombie Time ad vitam eternam.
Parce que oui, il existe des gens qui n'ont pas besoin de tag zombie, tout simplement parce que tous leurs posts parlent de zombies. Court voyage dans la zombie-sphère.

Zombie Time #4

D'abord un lien gentiment envoyé par Philippe Comtesse, merci à lui.
Il s'agit du très glauque Portraits as Living Deads, où le talentueux Frederik Peeters croque les morts célèbres comme s'ils venaient de sortir de leur tombe.
Ci-contre, Claude François, même pas essuyé (le con).

Il y a des gens qui consacrent leur existence entière à la cause morte-vivante. C'est le cas de l'auteur du blog ZombieOfTheDead qui recense de manière très détaillée tous les films de zombies qui lui passent sous le nez. Il existait déjà pas mal de listes de ce genre, sur les forums ou sur Wikipedia, mais l'intérêt de ce blog, c'est surtout l'abondance des screenshots et les commentaires précis. Gros boulot donc, qui méritait d'être signalé.

Idem pour l'incroyable Desperate Zombie, dont la punch-line "Art, Sex and Living Dead" ne pouvait pas être mieux choisie.
Sur ce blog en effet, c'est toute l'info non-morte qui est diffusée, de la peinture gothique au cinéma bis crado. A coller dans ses RSS zombies au plus vite donc.

Et pour finir (parce qu'on a une vie, nous, hein ?), le toujours efficace webzine Oh My Gore, rendez-vous incontournable de tous les cinéphiles intéressés par le genre, et dont les scoops continuent à faire autorité un peu partout dans la blogosphère française. Que celui qui n'a jamais piqué une news à Oh my gore lève le doigt !

A bientôt pour de nouvelles aventures zombies... Suivez le tag !



Zombies et étudiantes (japonaises)

Posté par Troudair le 04.12.08 à 11:19 | tags : vidéo, cinéma, zombies

Toujours pas de tag "zombie" sur AEIOU ?
Qu'à cela ne tienne ! La protestation continue !

Zombie Time #2
Quoi de plus naturel que de réunir en un seul film les deux filons qui ont fait la gloire des locations de VHS depuis les années 80 ?
Non-exhaustive bien sûr, voici une petite sélection de films qui ont la bonne idée de faire s'affronter jeunes étudiantes et morts-vivants.
Mais attention, les enfants, on rigole plus maintenant, alors allez jouer avec vos cartes Pokémon parce que les vidéos ci-dessous risquent d'être un peu hard-core pour les esprits sensibles...

- Uniform Sabaigaru
Sous-titré par IMDB "Schoolgirls with chainsaws" (étudiantes avec tronçonneuses), ce film fait fantasmer les bloggeurs depuis des mois et on vient juste de découvrir la première bande-annonce.
L'histoire est un savant mélange de Battle Royale et de film de zombies, où une classe de jeunes filles se retrouve bloquée dans un parc pour se battre pour de faux... jusqu'à ce que les donzelles réalisent que les méchants zombies qui les attaquent ne sont pas des comédiens, mais de vrais morts-vivants !

- Girls Rebel Force of Competitive Swimmers (Attack girl's swim team versus the Undead)
Rien que le titre, c'est tout un poème... Et l'extrait disponible sur YouTube (si vous avez plus de 18 ans) vous confirmera qu'on tient là du lourd, du bien gore, bref, du bon film à se taper un soir avec une pizza et quelques copains saouls (avec modération).
Bon, l'affiche ressemble étrangement à celle de Uniform Sabaigaru, mais une étudiante armée d'une tronçonneuse de plus ou de moins, hein, on va pas chipoter ?

- Stacy : Attack of the Schoolgirl Zombies
Puisqu'on est dans les tronçonneuses, voici pour finir une fausse pub insérée dans le très bon Stacy, où une présentatrice déguisée en lapin vante les mérite d'une tronçonneuse à se greffer sur la main. Bien entendu, il s'agit d'un clin d'oeil au héros de la série Evil Dead de Sam Raimi.
Sinon, pour ce qui est de l'histoire de ce film, je vous laisse juger le résumé de Wikipedia qui me fait beaucoup rire :

"Dans un futur proche, une étrange malédiction semble toucher la plupart des jeunes filles de plus de 15 ans. D'abord atteintes d'une extrême gaieté constante (le Near Death Hapiness ou NDH), elles deviennent ensuite des zombies avides de chair humaine. La seule façon de les tuer est alors de les découper en 165 morceaux. Un matin, une jeune fille se sachant atteinte du syndrome NDH rencontre un marionnettiste asocial."





Actualité zombie

Posté par Troudair le 25.10.08 à 10:20 | tags : vidéo, littérature, cinéma, zombies

Je m'aperçois avec stupeur que ça fait plus d'un mois maintenant que nous n'avons pas parlé de zombies.
Grosse erreur à laquelle il nous faut remédier, car vous savez que si vous ne pensez pas aux zombies, eux pensent à vous ! (enfin, ils essaient, quoi)

Tout d'abord, faisons-nous le relais d'un court film qui a déjà fait le tour de toutes les boites mail, d'abord parce que c'est un projet zombie, ensuite parce que Melle nous le propose (merci à elle).
The Outbreak, c'est donc ce film dont vous êtes le héros, où les décisions des personnages dépendent de vos choix à vous. Initiative plutôt bien foutue et assez courte pour pouvoir l'expérimenter au bureau, The Outbreak souffre pourtant d'un problème majeur. En effet, après consultation de nos experts ès Invasion Mort-Vivante, la construction du film est totalement handicapée par une erreur grossière en début de scénario. Pour voir la fin de l'histoire, il vous faudra en effet épargner (!!!) l'un de vos camarades contaminé, ce qui va à l'encontre de toutes les règles de survie en milieu zombie. Car si on ne peut pas tirer une balle dans le crâne d'un copain sans scrupule dans ce genre de situation, on se demande bien quand on va pouvoir le faire !

Laissons donc ces histoires pleines de bons sentiments pour vous présenter un autre film zombie amateur, diffusé sur le web. Le premier épisode de Red River (originellement nommé Heaven's Gate) est en ligne depuis une petite semaine, et vous plongera dans l'univers très original d'une apocalypse zombie au milieu duquel une troupe de survivants tentera de... survivre. Ou du moins, on suppose, car la production jouant sur le suspens, peu d'informations ont filtré sur le contenu des épisodes suivants. Pas de problème pour autant, car tous les amateurs de zombies se retrouveront dans ce charmant travail à base de gros calibres et de pièces de boucherie. Vivement la suite !

Et pour finir, rendez-vous au rayon littérature, avec le nouvel opus du surprenant Brian James, connu Outre-Atlantique pour ses livres pour enfants, mais qui cette fois s'attaque à un sujet qui nous intéresse au plus haut point : la zombitude des blondes.
Dans son ouvrage, Zombie Blondes donc, la narratrice introvertie est en admiration devant un petit groupe de jeunes filles qui s'avéreront beaucoup moins glamour que prévu...
Je vous laisse apprécier le trailer, et surtout la superbe baseline : "They're beautiful... They're popular... They're dead !"
De quoi vous passer l'envie de fantasmer sur les pom-pom girls.


 




Shining-omatic

Posté par Gflu le 03.09.08 à 23:16 | tags : cinéma, loufoque, robot, vidéo

Shining avec des robots : une vidéo bête mais pas méchante dégotée via Coudal et apparemment réalisée en réponse à cette autre vidéo (moins glop) : après la vague des re-enacted by bunnies (résumés de films en 30 secondes et force lapins crétins), faut-il s'attendre à une série de classiques revisités façon C-3PO ?
Les fans du film de Kubrick pourront réfléchir à cette vaste perspective en savourant le making of de l'original signé Vivian Kubrick (fille de, qui avait 17 ans à l'époque), dispo sur Google vidéo : Making the Shining, lumineux.



Où habite Magnum ?

Posté par Troudair le 29.08.08 à 09:30 | tags : cartographie, cinéma
Et oui... C'est l'une des questions qui revient le plus souvent sur le répondeur de Fluctuat.
Heureusement, aujoud'hui, grâce au site lieu-geographique.com et plus particulièrement à sa section "lieux de tournage", nous sommes enfin en mesure de répondre à cette question, ainsi qu'à de nombreuses autres.
s'est vraiment crashé l'avion de Lost ? est la maison de Tony Montana dans Scarface ? trouver le mythique couvent de la scène finale de Vertigo ?

Pour chacun de ces lieux de tournage, un petit commentaire et la localisation exacte par Google Maps vous sont proposés.
Les vacances sont finies, certes, mais ce petit guide touristique du cinéphile permettra peut-être aux plus motivés d'entre vous de préparer leur prochain voyage.



Etudes et Thunes : le documentaire étudiant des années 2000

Posté par Puck le 09.07.08 à 16:03 | tags : cinéma, copinage, design, flash, vidéo

Cet été, nous serons tous des étudiants désargentés... 40 ans après le joli mois de mai, la question de la qualité de la vie étudiante a fait l'objet d'un travail documentaire remarquable, et ce n'est ni à un essai façon Raoul Vaneigem, ni à une étude de l'INSEE qu'on le doit, mais à un site web co-réalisé par un collectif de journalistes... étudiants. Réalisé par une quinzaine d'élèves du CFJ (le Centre de formation des journalistes - option multimédia) et l'agence Upian, le site Etudes & Thunes décrit tout simplement la réalité sociale des étudiants en 2008, à nous, les geeks. Structuré en 4 thématiques (Logement, Argent, Boulot, Santé), qui sont autant de parcours narratifs, le site offre une très riche sélection de reportages vidéo et audio, conçus sous la forme de portraits et de témoignages.

Les reporters sont partis en binôme enquêter avec micros et appareils photos numérique dans des chambres de bonnes à Paris, des apparts à papa et maman et des résidences universitaires d'Ile-de-France. Ils en sont revenus avec des sujets vraiment fouillés : montage, photos, environnement sonore *, tout atteste d'une écriture multimédia d'une grande maturité. Un exemple : le portrait intimiste de (la chambre de) Joséphine, étudiante en Lettres de 21 ans, dont le souci journalistique se double d'une qualité narrative et visuelle bluffante (photo ci dessus). Le fait que ce site a été conçu par des webdesigners et des flasheurs de poids n'est pas anodin (Upian avait précédemment réalisé le web docu Thanatorama, grand prix du Web Flash Festival 2007 et La Cité des mortes en 2005. Cf post précédent sur Aeiou). Bref, comme son prédécesseur, Etudes & Thunes mériterait amplement d'être finaliste - pour ne pas dire lauréat - de l'édition 2009. Vous pariez ?

* le projet a été coordonné par Philippe Couve, le journaliste à RFI qui anime l'atelier des médias (www).




Révolta, Kilomètre Zéro : le film (Sélection vidéo 6/10)

Posté par Charlie Mars le 01.04.08 à 10:05 | tags : cinéma, vidéo

Note : sixième billet de Charlie Mars qui nous dévoile ses pépites dénichées sur Dailymotion. La totale : ici.

Un film de 70 m et en intégralité... sur le web. A priori, c'est le premier long métrage jamais diffusé sur Dailymotion. C'est très prenant et c'est réalisé par l'eclectique Jean-Michel Ben soussan, qui est notamment réalisateur au Groland ou au Zapping de Canal. Révolta, Kilomètre Zéro a juste été projeté au dernier festival du film grolandais et dans quelques autres festivals.

Pour se faire une idée, avant de s'installer confortablement devant son ordi, voici la bande-annonce :



Avant de commencer la séance... Le film Révolta, en version intégrale :
Teaser :
" Frank part en voiture vers la Révolta, un petit pays utopique fondé pour servir d’état refuge aux révolutionnaires du monde entier, un pays que son père a contribué à fonder. Depuis sa création, la Révolta est en perpétuelle guerre civile. (...) Au début du film, frank se réveille seul, au milieu du désert, dans une voiture accidentée. A l’intérieur, il trouve une petite caméra et une valise remplie de cassettes. A la recherche de son passé, il enclenche la première, étiquetée "Kilomètre Zéro". Il découvre alors les images de son voyage vers la Révolta. "



Ode aux cinéastes amateurs

Posté par Troudair le 21.03.08 à 09:23 | tags : vidéo, loufoque, cinéma, zombies
Pour ceux qui trouvent que Ed Wood, c'est vraiment trop mainstream et que Michel Gondry n'est rien qu'un vendu d'Hollywood, allez faire un tour sur le phénoménal Cine Massacre de James Rolfe.
Apôtre de la série-moins-que-Z, champion toute catégorie du bricolage, l'individu conçoit, depuis qu'il est tout petit, des vidéos complètement barrées à base de bouts de ficelle et de litres de ketchup mettant en scène des copains et des gosses du quartier dans des rôles aussi profonds que le Senseï Gay, le Ninja Loup-Garou, et bien sûr des légions de zombies qui attendent patiemment la décapitation au plan suivant.

Maintenant à la tête de deux bonnes centaines de vidéos, Rolfe a décidé, pour son 200e film (!), de consacrer un documentaire à son oeuvre, expliquant sa passion, ses techniques de tournage et de montage, exemples à l'appui. On reste scotché devant une telle débauche d'énergie, déployée sans aucun autre but que celui de se divertir et de faire rigoler ses nombreux fans. "L'ambition est le dernier refuge de l'échec", disait Oscar Wilde, et James Rolfe en est le plus bel exemple, soldat solitaire dans la guerre qui oppose la platitude à X millions de dollars d'un blockbuster estival aux milliers d'âneries sans prétention d'une poignée d'amateurs.

Non-sous-titrées, les 23 minutes de ce documentaire seront peut-être un peu laborieuses à suivre pour les non-anglophones, mais pour les autres, apprêtez-vous à pénétrer dans le monde merveilleux du montage à deux magnéto, du mixage de la musique en direct sur le tournage, dictaphone à la main, ou encore des ralentis réalisés en filmant sa télé image par image. Du grand art.



A noter que ce billet ne fait pas partie de la série des avant-gardes sans le savoir, mais franchement, le coeur y est...



Cinéma sur navigateur

Posté par Troudair le 10.03.08 à 21:20 | tags : cinéma, net art

Au cinéma, la vitesse d'un film dépend de la vitesse de la machine qui le projette.
Avec "Frame" de Michael Szpakowski, le projecteur, c'est vous, et pour voir le film, il vous faudra charger ses 80 images dans le cache de votre navigateur, puis lancer la projection en cliquant sur le bouton Back, si possible à 24 clics par seconde.

Frame

Posté sur les forums de Rhizome dimanche dernier, Frame est l'une des multiples épitaphes maintenant posées sur la tombe de l'invention des frères Lumière.
Et dans quelques années, on se demandera bien sûr : mais pourquoi il a pas fait un GIF animé plutôt ?
Et un peu plus tard... on ne se demandera plus rien du tout.



D-Tracks (Sélection vidéo 5/10)

Posté par Charlie Mars le 29.02.08 à 16:43 | tags : cinéma, digima, nombriliste, vidéo
Note : cinquième billet de Charlie Mars qui nous dévoile ses pépites dénichées sur Dailymotion. La totale : ici.

Laurent Vicente, alias Lilian Ledoubre, réalise des vidéos fait(e)s main. Du old school à la sauce d'aujourdhui. Voici ici une espèce de " rotoscopie moumoutée ". Je vous préviens c'est... très particulier.



Note de Puck : La prochaine séance Dailymotion, à laquelle Fluctuat.net est associée, c'est dès demain samedi : à 12h30 au Cinéma des cinéastes à Paris. Comme une bonne nouvelle en cache toujours deux autres, je suis content de vous annoncer que c'est notre ami Charlie Mars qui l'a concoctée. Vous (re)découvrirez donc sur grand écran plusieurs des vidéos postées ici même sur Aeiou.

Second hasard du calendrier, je profite de l'occasion pour déclarer solennellement lancée la web tv Fluctuat.net sur Dailymotion. C'est de l'officielle, et on espère de la bonne came audiovisuelle.
Au programme, une sélection hebdo d'entretiens Cinéma, Musique ou Art et Design (dans l'ordre les playlists 1, 2 et 3) réalisés par la rédaction de Flu. Ex : les interviews récentes de Klapisch, Araki ou Serge Bozon, toutes disponibles en haute définition. Retrouvez aussi la playlist Charlie et la Linkographie.



L'avant-garde sans le savoir (6)

Posté par Troudair le 18.02.08 à 09:52 | tags : avant-garde involontaire, cinéma, vidéo
Le gros plan est une pratique artistique qui a mis un temps considérable à apparaître.
Et ceci n'a rien d'étonnant, puisque si aujourd'hui, tout le monde ou presque est familier des images, et des caméras, la représentation, avant le 20e siècle, n'avait rien d'un divertissement.
On cherchait à représenter avec en tête l'idée d'éternité, de conservation de la plus belle image, ou de la plus juste, d'un individu, tout en envisageant sa mort dans un futur plus ou moins proche.
Se livrer à la pratique du gros plan, c'est à dire à la négation du corps (et donc de l'habit) pour se concentrer sur tous les détails du visage, était donc un geste tout à fait marginal dont on ne retrouve que peu de traces dans la peinture ou la photographie pré-20e siècle.
Aujourd'hui encore, le gros plan reste très peu utilisé, autrement qu'à des fins humoristiques, et il est excessivement rare, dans la sphère amateure, de trouver des équivalents aux sublimes portraits silencieux d'un Larry Clark ou d'un Gus Van Sant.

6- I love you Logan


C'est d'abord un montage cut saisissant, qui nous transporte des voies ocres de la piste de course où résonne le chant de Freddie Mercury, jusqu'à l'intérieur flou d'une salle de classe.
Peut-être que la transpiration s'est déposée sur l'objectif, et que la mise au point peine à trouver un contour net. De fait, même la caméra est essoufflée par la course et ne peut proposer qu'une esquisse du monde, à défaut d'un monde accompli.
Et c'est seulement après cette introduction colorée et abstraite qu'on découvre Logan, jeune homme blond tout droit sorti d'un "Elephant" ou d'un "Bully".
La jeune fille qui filme le sait, saisie elle-aussi par la puissance du gamin, amoureuse au dernier degré, et contrainte, devant cette image, d'en faire un objet artistique.
Alors les couleurs s'évanouissent, renvoyées car inutiles, probablement aussi pour tenter de se rapprocher des images de mode qu'on voit dans les magazines.
Et le gamin devient une oeuvre d'art, une superstar warholienne, nonchalante et blasée, consciente de sa beauté et l'une des rares créatures à pouvoir supporter la violence d'un gros plan sans broncher.
Quelques regards, quelques gestes de mépris amusé, Logan est un bloc impassible que rien ne peut faire plier, en représentation permanente donc pas le moins du monde perturbé par l'enregistrement de cette représentation.
Et lorsque finalement, l'objectif se détourne de lui, le monde reprend ses couleurs, et tout redevient flou, laid et répugnant, comme si ces quelques secondes de Logan n'étaient pas de notre monde, mais d'un autre, à part, celui des images, des icones, et dont la bande-son, unique et obsessionnelle, pourrait se résumer à ce qu'on entend à ce moment-là : une litanie soumise et ininterrompue de "I love you" transis.



Montage à l'étude

Posté par Troudair le 06.02.08 à 08:11 | tags : cinéma, vidéo
DifformismLes logiciels de montage mettent aujourd'hui à disposition du grand public des effets autrefois réservés aux laboratoires professionnels.
De même, les techniques d'infographie évoluant, et les machines devenant de plus en plus puissantes, à peu près n'importe qui peut maintenant, chez lui, concevoir des effets spéciaux aussi élaborés que ceux qu'on voyait dans les films à gros budget des années 80.
L'art vidéo, toujours friand de ces trouvailles plastiques, s'est ainsi très largement appuyé sur ces nouvelles techniques, laissant un peu de côté ce qui faisait l'essence de la recherche expérimentale cinématographique : le montage.

C'est la constatation du jeune vidéaste Wilem Loen, qui avec sa vidéo Difformism, entend revenir aux fondamentaux, à savoir du son, de l'image, et des interactions entre ces deux objets.
Cette première production nous replonge donc dans les formes et les questionnements vieux de près d'un siècle, de ceux que le VGIK russe pouvait produire dans les années 20, par exemple, et que le cinéma expérimental argentique n'a cessé d'interroger.

A l'heure où la conception audiovisuelle est devenue presque instinctive pour les jeunes générations, tombées dedans quand elles étaient petites, l'idée qu'il reste des artistes pour se pencher sur les rapports entre le fond et la forme de leurs projets apparaît, du coup, très encourageante pour l'avenir.





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