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"Le territoire, c'est la carte" nous a enseigné la géopolitique. A l'heure de l'Internet, et des milliards de giga de données quotidiennement collectés et échangés, la gageure est bien de se les représenter. Cette collection Cartographie est là pour vous donner quelques clefs.
Dessine-moi ton web : the Internet Mapping ProjectPosté par Jordan le 06.06.09 à 10:37 | tags : cartographie
Comment se figure-t-on le web, espace intangible en perpétuelle expansion, sur lequel nous naviguons tous les jours, y fixant ici où là une "présence" immatérielle ? C'est la question que pose Kevin Kelly à quiconque voudra bien lui répondre : une page blanche à télécharger, son Internet à dessiner et à partager… Conscient que ce projet pourrait intéresser sémioticiens ou anthropologistes de tout poil, Kevin invite ces derniers à lui envoyer leurs interprétations de ces représentations du web. New York : tour virtuel aérien et cartographie déforméePosté par Jordan le 12.05.09 à 21:22 | tags : cartographie
Pixelcase est une société australienne spécialisée dans les tours virtuels. Afin de promouvoir leur talent, le couple Colebrook propose cette bien jolie visualisation de la Big Apple. Mieux l'appréhender, pour mieux y déambuler quand, touriste en promenade, on la découvre sans repère. Google Earth permet presque de se déplacer dans la ville en gardant en tête (sur son téléphone portable, avec des zoom/dézoom) sa physionomie générale, mais ce n'est pas parfait. La grippe porcine sur G MapPosté par Easywriter le 28.04.09 à 18:39 | tags : cartographie
L'OMS propose une carte pour suivre en direct l'évolution de la grippe porcine qui s'annonce selon certains comme la promesse d'une vaste pandémie. ![]()
Pour ne pas mourir idiot de la grippe porcine ou d'autre chose on vous conseille le dossier spécial de Doctissimo. Cartographie (nécessaire ?) de la hype à New York et Los AngelesSarah Williams, directrice du laboratoire de design spatial de l'information à l'école d'architecture de l'université de Columbia à New York, et Elizabeth Currid, professeur à l'école de politique, planning et développement de l'Université de Californie du Sud à Los Angeles, ont eu l'idée de cartographier le "buzz culturel" des deux métropoles à l'aide des photos d'évènements publiées pendant un an sur le site Getty Images. Objectif : "permettre de quantifier et comprendre, visuellement et dans l'espace, comment cette scène de la création culturelle fonctionne vraiment".
Les quartiers les plus hype de New York sont donc le Lincoln et le Rockefeller Center, et Broadway de Times Square jusqu'à Soho. A L.A., c'est à Beverly Hills et Hollywood que ça se passe, sur le Sunset Strip particulièrement… Bon, rien de vraiment sensationnel. Alors que dit de plus l'étude The Geography of Buzz: Art, Culture and the Social Milieu in Los Angeles and New York ?
Voici les cinq enseignements que cette étude aura permis de tirer :
Remarquons, outre la flagrante inutilité de ces conclusions, que le biais concernant les médias est devenu un enseignement, d'ailleurs présenté comme le plus révolutionnaire de l'étude. Quant à savoir si cette dernière aide à mieux comprendre ce qu'est le "buzz", les deux universitaires avouent au New York Times, qui consacre tout de même deux pages à la chose, ne pas avoir de meilleure définition que : "c'est socialement et économiquement important pour les biens culturels". Je ne résiste pas au plaisir de les citer : L'essentiel à retenir de cette affaire est donc la photo de Sarah Williams posant au Studio-X show dans le West Village, de toute évidence le moment le plus hype de sa vie et le seul objectif de tout ce cirque, que l'on ne peut sérieusement pas qualifier de cartographie. Où sont les pirates ? Le site suédois The Pirate Bay, "plus grand tracker BitTorrent du monde" avec son million de visiteurs quotidien, vient de mettre en ligne quelques statistiques dynamiques concernant ses utilisateurs. Les chiffres sont fluctuants, la cartographie étant un instantané de l'activité, qui varie selon les heures de la journée, des p2pistes sur The Pirate Bay - et il faut tenir compte de la popularité particulière de certains logiciels d'échange dans tel ou tel pays - mais ils donnent un aperçu intéressant du partage mondial de fichiers. Le "piratage", tel que pratiqué, revendiqué et combattu, ne l'est pas partout dans les mêmes proportions : ainsi l'on constate que l'Afrique ne télécharge presque pas, ou que l'Espagne, champion européen, talonne les États-Unis. Loin devant, la Chine (où l’accès au site est bloqué et où d’autres trackers sont plus utilisés) et, proportionnellement à leur population, Taiwan et Hong-Kong. La Corée du Sud, pourtant très connectée, télécharge peu via The Pirate Bay. Des services de stockage en ligne centralisés s’y sont depuis longtemps développés. En Allemagne, les internautes semblent préférer eMule. La France compte au moment où ces lignes sont écrites plus de 50000 connexions par minute, soit près de 5% des échanges via le tracker suédois. Plus de données devraient être rendues publiques par The Pirate Bay à l’avenir, les vitesses de connexion notamment. Ces dernières donneront un indice sur la tendance des utilisateurs à préférer d’autres services à mesure que l’accès en est, au moins techniquement, favorisé. Cartographie dynamique des discussions
L'interface est jolie, et l'on peut se rendre compte, par exemple, que c'est la publicité pour le site d'emploi Carrerbuilder qui a eu le plus de succès. L'affichage des noms de joueurs devient une sorte de résumé de match "crowdsourcé". Quant aux smileys, ils nous indiquent que les Américains sont, le soir du Superbowl, plus prompts à exprimer leur contentement que leur tristesse… Klein par satelliteL'oeuvre en ligne "Blue Monochrome" de Jan Robert Leegte est une oeuvre multiple.
Si directement, elle évoque bien sûr la célèbre série de toiles d'Yves Klein, sa conception doit beaucoup plus à Marcel Duchamp qu'à tout autre artiste. ![]() Ce ready-made du XXIe siècle se compose en effet de quelques interventions minimales de l'artiste, dont la principale aura été de donner un titre à son oeuvre, le reste étant constitué d'une série d'actions que tout habitué du web est amené à effectuer régulièrement. ![]() Ainsi, et avant tout "Blue Monochrome" est un nom de domaine et ce nom est la seule intervention "littéraire" de l'artiste. Il définit à la fois le titre de l'oeuvre - toujours présent dans la fenêtre du navigateur du spectateur - et chose peut-être la plus importante, il impose à l'artiste de payer pour que cette oeuvre gratuite existe. Ensuite, l'action de Jan Robert Leegt se limite à l'intégration dans sa page de l'API de Google Maps, soigneusement configurée grâce à des coordonnées (longitudes et latitudes) qu'il avait préalablement sélectionnées et qui nous projettent quelque part au milieu de l'Océan Pacifique. ![]() ![]() Rien de ce qui apparait sur bluemonochrome.com n'appartient donc à l'artiste, qui n'a d'ailleurs pas pris la peine de supprimer les indications de copyright de Google et de la NASA, elles-mêmes parties intégrantes du projet. Et contrairement à beaucoup d'oeuvres d'art numérique ou en ligne, le code lui-même de l'API n'est pas une création originale. Tout comme chez Marcel Duchamp et ses ready-made, le geste artistique majeur de Jan Robert Leegt aura donc consisté à pointer du doigt un contituant de notre environnement quotidien en associant une url à des coordonnées géographiques. De fait, l'effet produit chez le spectateur qui découvre l'oeuvre est d'autant plus saisissant, puisque dans un premier temps, face à ce bleu granulé, on pourra s'extasier devant la prouesse d'avoir appliqué Google Maps à une toile de Klein, pour finalement découvrir que ce bleu qui s'étend sur toute la surface de notre écran n'est rien d'autre qu'une vue recomposée des fonds marins telle que Google Maps les affiche. La perturbation dans la compréhension de ce qu'on voyait (et qu'on connaissait déjà) n'est venue que de sa dénomination et de cette fameuse url plongeant dans l'histoire de l'art pour nous faire voir sous un autre angle une image anodine qu'on avait déjà vue mille fois. Paris sous les bombesPosté par Gflu le 28.12.08 à 18:28 | tags : cartographie
![]() Qu'adviendrait-il si Paris (ou toute autre ville de votre choix) était la cible d'une arme nucléaire ou d'un astéroïde géant ? L'application Ground Zero de Carlos Labs permet de visualiser le choc thermique qui en résulterait. Ci-dessus, Paris sous le feu d'une bombe MK28. Celle-là même que chevauche le commandant de bord du B-52 dans Docteur Folamour, un chapeau de cow-boy vissé sur la tête. La subjectivisation des cartes![]() Le dessous (hyper-déconstructiviste) des cartesPosté par sumoto.iki le 20.10.08 à 21:28 | tags : cartographie
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Esthétique du pognonEtre artiste contemporain, ça n'est pas être seulement artiste. C'est aussi et surtout savoir faire du business.
Certains qualifieront cet état de fait de contre-nature, d'autres se réjouiront qu'un artiste puisse fasse partie du monde au même titre qu'un patron de PME, mais dans tous les cas, le résultat sera le même. Alors puisque nous sommes condamnés à suivre les cours de la bourse, autant le faire joliment. ![]() La Map of the Market proposée par le site Smart Money, est une applet Java qui recueille les valeurs boursières américaines et leur attribue une couleur en fonction de l'évolution de leur cours. En vert, l'action est en hausse, en rouge, elle est en baisse. L'image ci-dessus vous donne donc une idée de la tendance du marché US ce matin, et une fois que vous aurez compris qu'il n'y a vraiment pas de quoi se réjouir, vous pourrez vous plonger dans la contemplation de cet agencement, et penser à Mondrian et à Barnett Newman, ce qui sera au moins ça de gagné... Arrivés trop tard, nous n'avons pas pu flasher le système totalement dans le rouge, mais le site Information Aesthetics témoigne de ces quelques jours où la carte, d'après eux, était "rouge sang". Poésie, quand tu nous tiens... Ego-cartographie Certains passent des années à tenter de reconstituer leur arbre généalogique. Et dans cette quête, internet est un allié de poids qui, en quelques années, a révolutionné cette science documentaire.Mais pour certains patronymes, les recherches sont plus difficiles que pour d'autres. Imaginez que vous vous appelez Nicolas Martin en France, ou Marco Villani en Italie, et tout de suite, la tâche ne devient plus nécessairement de rechercher votre famille, mais déjà d'identifier vos innombrables homonymes. Et bien justement, l'artiste Marco Villani s'est lancé dans cette aventure avec son projet Ego-cartography. Encore en cours, son travail consiste à identifier et rencontrer tous ses homonymes à travers le monde. L'oeuvre se compose ainsi d'une carte interactive sur laquelle apparaissent les "Marco Villani" déjà trouvés, ainsi que d'une vidéo dans laquelle ceux-ci se présentent et expliquent brièvement qui ils sont. L'histoire ne dit pas, en revanche, si l'idée d'un tel projet est venu à Marco Villani en découvrant que son nom était déjà pris sur tous les sites de réseaux sociaux... Livestorming
Où habite Magnum ? Et oui... C'est l'une des questions qui revient le plus souvent sur le répondeur de Fluctuat.Heureusement, aujoud'hui, grâce au site lieu-geographique.com et plus particulièrement à sa section "lieux de tournage", nous sommes enfin en mesure de répondre à cette question, ainsi qu'à de nombreuses autres. Où s'est vraiment crashé l'avion de Lost ? Où est la maison de Tony Montana dans Scarface ? Où trouver le mythique couvent de la scène finale de Vertigo ? Pour chacun de ces lieux de tournage, un petit commentaire et la localisation exacte par Google Maps vous sont proposés. Les vacances sont finies, certes, mais ce petit guide touristique du cinéphile permettra peut-être aux plus motivés d'entre vous de préparer leur prochain voyage. Cartographie d'un sac en plastique Dans la lignée du travail de William Lamson dont on parlait ici, voici une nouvelle réflexion sur la surveillance généralisée.Cette fois-ci, ce ne sont pas les caméras installées par les autorités qui sont visées, mais le fameux service Google Street, décidemment sérieuse source d'inspiration pour les artistes. En découvrant une vue obstruée par un sac en plastique au beau milieu de l'Alaska, Pascual Sisto a décidé de figer dans le temps cette anomalie, symbole d'une résistance silencieuse à la photographie globale du monde engagée par Google. Le projet Last Breath in Alaska se présente ainsi comme l'outil de Google, à la différence près que lors de la prochaine mise à jour, qui fera disparaître le sac, celui-ci restera présent sur le site de Sisto. L'autre aspect évoqué par cette oeuvre est l'incroyable collision de sens entre d'un côté le territoire de l'Alaska, emprunt d'un imaginaire immaculé et naturel, et de l'autre l'apparition de ce sac en plastique volant dans les rues, symbole par excellence de la profusion des déchets humains nocifs pour l'environnement. via Rhizome Wikipedia designCatherine nous demande : " Dans la série wikipedia, peut être serez-vous intéressé par les applications faites avec l'API de l'encyclopédie libre, qui permettent des représentations graphiques de la structure interne des contenus ? " En remaniant (à peine) la question et en illustrant le propos, notre réponse est... oui, mille fois, oui. Merci, Cathy ! Cartographie des 200 forums francophonesQuels sont les 200 forums les plus populaires sur le web francophone, en 2008 ? Après sa cartographie subjective de la blogosphère (Cf les versions 1 et 2, précédemment évoquées sur Aeiou), Ouinon répond comme à son habitude par une superbe cartographie, qui figure des données collectées 7 mois durant. Christophe a retenu différents critères de mesure, dont le principal est le nombre quotidien de messages postés (donnée qui préside à la superficie relative de chacun des territoires ci dessous). Une tentative de titan, dont vous prendrez toute la mesure en consultant le PDF en haute résolution.
![]() Hot spots Un petit pas pour la technologie, un grand pas pour le nightclubbing. Citysense permet de visualiser sur son téléphone mobile GPS les quartiers les plus "chauds" d'une ville, ceux ou ça bouge, ceux ou il y a du people, en bref : the place to be. Traitant en temps réel une masse d'infos sur les activités géolocalisées / géolocalisables, Citysense définit des "hot spots" et permet d'avoir plus d'infos sur le programme des festivités via Google ou Yelp. Evidemment, ça ne marche que sur San Francisco pour le moment, et sur Blackberry uniquement (bientôt l'iPhone). La start up prévoit de couvrir d'autres villes, mais aussi de permettre la personnalisation de son profil, sur le mode : "je débarque à Chicago à minuit, où est-ce qu'il se passe des choses, et ou est-ce que j'ai le plus de chances de trouver platform boot à mon pied en fonction de mes habitudes mondaines enregistrées à Bécon-les-Bruyères ?". Pour l'instant tout cela se fait en mode anonyme, mais on peut bien sûr tout imaginer. Bizarrement, les concepteurs n'évoquent pas l'intérêt certain que pourrait représenter ce logiciel pour les agoraphobes... voire pour les technophobes (équipés de Blackberries, certes). Où trouver un coin peinard ou personne ne viendra m'emmerder avec des demandes de synchros en bluetooth ? De l'usage réversible des technologies...Karratu et autres drôles d'animauxPosté par Gflu le 12.06.08 à 22:47 | tags : arts visuels, cartographie, del.icio.us, flash, flickr, google, ludique
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Dans la ménagerie du studio espagnol Bestiario, spécialisé dans le traitement graphique de l'information, de drôles d'animaux applicatifs se pavanent en avalant des tonnes de data. Outils cartographiques, représentations sages ou azimutées de vos comptes del.ici.ous, Flickr, etc. (ne loupez pas les grands 8 du Neurozaping), atlas du spectre radioélectrique (on en a parlé ici)... et dans un coin, entre deux flasheries savantes, une drôle de bébête, un jeu simple comme une équation : Boggle + Tetris Google = Karratu. Gentil, Karratu. Portrait intercontinental![]()
MAJ : Erik Nordenankar publie sur son site un "disclaimer"... il s'agit finalement d'un projet fictionnel et non réalisé (quoique réalisable selon lui). Un projet d'étude. Gageons que le jeune homme aura son diplôme...
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Exploration lunaire et footballPosté par Troudair le 21.05.08 à 08:10 | tags : cartographie
La mission Appolo 11 a marqué les esprits du monde entier en se posant, le 21 juillet 1969, sur le sol lunaire. ![]() Cette carte insolite, mise en ligne sur le site de la NASA (et découverte par le très bon blog Strange Maps), replace le parcours effectué par les deux astronautes sur un terrain de football, et relativise sérieusement le concept "d'exploration lunaire" présent dans notre imaginaire collectif. Malheureusement, il n'existe pas de carte similaire pour le parcours des astronautes de Appolo 15 replacé sur un terrain de rugby, puisque équipés de la fameuse "jeep lunaire", ceux-ci ont pu parcourir plus de 28 km sur notre satellite.
Encyclopédie de la violence de masse
Telex : Science Po Paris et le CERI ont lancé aujourd'hui une encyclopédie en ligne analysant tous les conflits du monde qui ont été caractérisés par des violences de masse. Un travail d'historien de référence, qui permet d'accéder à des chiffres avérés, une méthodologie et des synthèses pays par pays, pour comprendre notamment ce qu'ont été les différents génocides du 20e siècle. En anglais. Cris et noms d'oiseaux Dans un monde de vitesse ultra-technologique, qu'il fait bon, parfois, de faire une pause et d'écouter simplement le chant des oiseaux.Grâce au très beau projet Xeno Canto, il est désormais possible de se livrer à cette apaisante activité bien calé dans son fauteuil. Réunissant les enregistrements d'ornithologues amateurs et professionnels, le site est une fabuleuse base de données de chants d'oiseaux, dont certains sont même géolocalisés grâce à l'API de Google Maps. Pour les spécialistes, les audiogrammes de chaque espèce sont aussi affichés. Au départ ciblé sur le continent sud-américain, le site ne cesse de s'étendre et a même ouvert, le 9 mars dernier, son antenne africaine. Aujourd'hui, on peut donc écouter sur Xeno Canto les chants de plus de 3000 espèces de volatiles, soit plus de 126 heures d'écoute. Ca nous change des API de Google Maps techno-centrées censées nous aider à trouver le marchand de pizzas le plus proche, non ? Ondes-o-graphie![]() La flambée du bio-businessLorsqu'un consensus apparaît dans l'opinion publique, il est bien rare de ne pas trouver un régiment de businessmen pour s'en emparer et surfer sur cette tendance lucrative.
Dans un premier temps, ce vent d'approbation globale permet de lever des fonds, et ensuite, bien sûr, de vendre un produit beaucoup plus facilement en bénéficiant d'une image éthique et responsable, ce qui n'est pas donné à toutes les entreprises. Il y a 10 ans donc, alors que les chiffres d'analyse prospective étaient les mêmes qu'aujourd'hui, c'est à dire qu'ils prévoyaient la fin du règne du pétrole pour les années 2050, une société avait pourtant bien du mal à trouver de l'argent pour financer une activité de recherche en carburant de substitution. Les Etats-Unis se foutaient ouvertement de Kyoto, les grands groupes pétroliers refusaient d'accepter cette réalité mathématique, les fabriquants de voitures continuaient de traiter la crise environnementale à coup de pots catalytiques et le consommateur se sentait super-responsable quand il achetait du déodorant Narta avec le petit logo "préserve la couche d'ozone". Mais aujourd'hui, tout à changé.En France, on a Nicolas Hulot et son pacte, aux Etats-Unis, Scwharzenegger et son hydrogène, et tout le monde s'accorde à dire qu'il faut sauver la planète, tout en s'assurant si possible de pouvoir continuer à aller chercher le pain en bagnole. En économie, c'est ce qu'on appelle un "secteur porteur", et si vous avez besoin de millions, c'est vers lui qu'il faut impérativement se tourner (comme ce fut le cas d'internet il y a 10 ans). Afin de mettre en évidence cette réalité, le site Earth2Tech a donc décidé de répertorier les 101 start-up majeures créées dans ce très éthique domaine des "énergies propres", et de les représenter sur une carte. En cliquant sur les petits logos, on peut ainsi découvrir combien de millions la société est parvenue à lever, ainsi que les dernières infos relatives au secteur. D'apparence très encourageante pour les générations à venir, cette carte a pourtant la terrible qualité de nous mettre face aux mécanismes capitalistes, eux-mêmes dénués de toute éthique, mais dont la capacité d'analyse prospectiviste permet de se glisser dans des niches financières spécifiques tout en profitant du "capital-éthique" qu'elles contiennent. Espérons que cette carte sera actualisée dans les années à venir, afin de saisir pleinement une autre grande capacité du capitalisme mondialisé : celle de transformer une multitude d'initiatives, opportunistes ou citoyennes, en conglomérats financiers détenus par les trois ou quatre multinationales. Aucune raison, en effet, pour que les énergies dites "propres" ne subissent pas à leur tour cet enviable sort. Et quand on sait que jusqu'à présent, les grands groupes pétroliers étaient particulièrement bien placés pour financer l'essentiel des campagnes électorales des partis politiques occidentaux, cette carte pourrait bien, à terme, devenir la représentation (géo-)graphique des nouveaux méta-décideurs du 21e siècle. |
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