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Best of blogs : on vous parle d'un blog, ou on vous envoie vers un blog, ou on disserte sur les blogs. Grosso modo, on est entièrement blogocentrés, limite obsessionnels.
Versac is back : la micro interviewL'ex blogueur le plus influent de France (désolé j'ai pas pu me retenir) revient. Versac devrait participer à Slate.fr, le site français d'expertise de la vie. Micro-entretien.
Link : le blog de Versac. Sortir avec un banquierEn ces temps excités où nous vivons, ce qui était grand hier peut devenir petit aujourd'hui, ce qui était à la mode devenir ringard, et ce qui était gratifiant honteux.
Sortir avec un banquier, par exemple, a longtemps été le gage d'un statut social élevé, avec tout ce que cela compte de fêtes aux champagne, de vacances à Malibu et autres séances de shopping en roue libre. Mais il y a eu la crise, et la récession, et tout s'est envolé. Du côté de nos amis banquiers, pas de problème. Ces têtes brûlées, ces aventuriers du DOW JONES, ces guerilleros du prêt à la consommation avaient ça dans le sang. Ils connaissaient le risque, encaissaient les défaites, et savent aujourd'hui se relever mieux que le phénix des cendres de leur propre décrépitude. ![]() Mais quid de leurs petites copines ? Abandonnées, vivres coupées, redevenues personne quand hier elles étaient quelqu'un... Voilà pourquoi deux de ces jeunes femmes ont décidé de surmonter leur désespoir, et de se réunir pour partager leur détresse. Le site dabagirls.com (DABA = Dating A Banker Anonymous) est donc un blog thérapeutique, un point de rencontre où toutes ces malheureuses se confient et se souviennent ensemble à quel point c'était mieux avant. BR comme elles disent... Before Recession. Lisez leurs histoires, compatissez, et plaignez les premières victimes de la crise, condamnées à troquer leurs dîners aux chandelles par des kebabs sauce blanche, leurs sacs Gucci contre des cabats Leader Price... Et comme Thiefaine en son temps, comprenez bien que "les temps sont durs, c'est pas mariole, vivement que revienne le choléra". Zombies linksQuand il est motivé, le peuple gagne toujours.
Voilà la leçon à tirer de ces quelques jours de luttes zombies. Mais avant de reprendre le cours normal de ce blog, voici tout de même quelques derniers liens qui vous permettront de faire votre propre Zombie Time ad vitam eternam. Parce que oui, il existe des gens qui n'ont pas besoin de tag zombie, tout simplement parce que tous leurs posts parlent de zombies. Court voyage dans la zombie-sphère. Zombie Time #4D'abord un lien gentiment envoyé par Philippe Comtesse, merci à lui. Il s'agit du très glauque Portraits as Living Deads, où le talentueux Frederik Peeters croque les morts célèbres comme s'ils venaient de sortir de leur tombe. Ci-contre, Claude François, même pas essuyé (le con). Il y a des gens qui consacrent leur existence entière à la cause morte-vivante. C'est le cas de l'auteur du blog ZombieOfTheDead qui recense de manière très détaillée tous les films de zombies qui lui passent sous le nez. Il existait déjà pas mal de listes de ce genre, sur les forums ou sur Wikipedia, mais l'intérêt de ce blog, c'est surtout l'abondance des screenshots et les commentaires précis. Gros boulot donc, qui méritait d'être signalé. Idem pour l'incroyable Desperate Zombie, dont la punch-line "Art, Sex and Living Dead" ne pouvait pas être mieux choisie. Sur ce blog en effet, c'est toute l'info non-morte qui est diffusée, de la peinture gothique au cinéma bis crado. A coller dans ses RSS zombies au plus vite donc. Et pour finir (parce qu'on a une vie, nous, hein ?), le toujours efficace webzine Oh My Gore, rendez-vous incontournable de tous les cinéphiles intéressés par le genre, et dont les scoops continuent à faire autorité un peu partout dans la blogosphère française. Que celui qui n'a jamais piqué une news à Oh my gore lève le doigt ! A bientôt pour de nouvelles aventures zombies... Suivez le tag ! Attraction / Répulsion En découvrant la Roller Coaster Database, qui recense tous les grands-huit du monde, y compris ceux qui ne sont plus en fonctionnement, Jon Dunbar ne se doutait pas qu'il allait tomber sur une véritable mine.Habitant la Corée du Sud, il a pu en effet remarquer qu'il existait, près de chez lui, un grand nombre de parcs d'attractions à l'abandon. Et il s'est empressé de les visiter, et de ramener plusieurs séries de clichés incroyables, où bien souvent, la nature, la rouille et la terre reprennent leurs droits sur ces manèges aux couleurs autrefois clinquantes. Images d'une société des loisirs en déliquescence ? D'autres photos ici, ici, ici, ici, ici, ici et un peu partout sur le blog de Jon Dunbar. L'Europe une bombe à la mainLa qualité d'un blog, bien souvent, est en rapport avec la richesse des situations vécues par son auteur.
Alors quand on tombe sur un blog de photographe graffeur, qui en plus se déplace un peu partout en Europe pour se livrer à son art, on tombe forcément sous le charme. ![]() Le blog de Ph.Neil se déroule comme un film, tous les posts regroupés sur une seule et même page, ce qui permet au visiteur de glisser paisiblement de Venise à Londres, de Paris à Ljubljana, d'images de fiestas en clichés volés dans les rues. Et sans aucune parole, sans l'éventuelle barrière de la langue (l'auteur est italien), c'est toute une jeunesse européenne qui peut se reconnaître dans ses photos. Diffamation sur le net : vive les médias autorisés !Peut-être êtes-vous comme moi passés à côté de cette info : le Sénat veut étendre à un an le délai de prescription des faits de diffamation sur le web. D'une grossièreté inouïe envers le petit peuple du net, les sénateurs font en outre le distingo entre sites issus de médias traditionnels « régulièrement déclarés ou autorisés », et blogs ou médias « informels ». L'ami Davduf décrypte et démonte avec brio ce projet de loi dans le dernier édito vidéo de Mediapart.
Permettez, messieurs qui défendez cette loi, que je vous traite un bref instant de galapiats pétochards et décérébrés. En attendant que vous reveniez à plus de raison. (de toutes façons vous n'avez pas le choix : c'est ça ou on traîne le Nouvel Obs devant le Conseil de la concurrence pour monopole sur les SMS truqués, avant de se saborder à coup de jurons déplacés) HoroscopitoneEt dire que tous les jours, depuis septembre, un site propose un horoscope de qualité, et qu'on vient seulement de s'en apercevoir !
Toutes ces opportunités gâchées... Tous ces rendez-vous avec le destin manqués... Mais voilà, la chose est réparée, et vous aussi, dès aujourd'hui, vous pourrez savoir ce que les astres vous réservent et recommencer à spéculer en bourse et en amour aussi sereinement qu'avant la crise. ![]() Ca s'appelle Horoscopitone. C'est créé par la toujours brillante Caroline Hazard. Et j'adore, j'adore ! Des plantes et des légumesOn parlait de l'aspect totalement vain de Twitter, et accessoirement d'une grande majorité de blogs.
Le Donburi Cafe de Kamakura a poussé le vice encore plus loin en concevant un système métaphorique fascinant. Puisque l'attitude d'un bloggeur ou d'un twitter frénétique ne se distingue guère de celle d'un légume réagissant basiquement aux variations de son environnement, pourquoi ne pas relier une plante à un blog et voir ce qu'elle nous raconte ? Le procédé utilise ainsi des capteurs enregistrant le courant bioélectrique parcourant la plante, pour ensuite l'interpréter en bon japonais et le publier sur le blog de Midori-San (c'est le nom de la plante). ![]() Grâce à Pink Tentacle, qui effectue heureusement la traduction japonaise, on peut donc découvrir qu'un organisme végétal n'a, lui non plus, pas grand chose à dire, si ce n'est se plaindre parce qu'il n'a pas assez d'eau, ou de lumière. Mais qu'on se rassure, car un widget en ligne a été conçu qui permet à n'importe qui, d'un simple clic, de mettre en marche une lampe horticole disposée au-dessus de Midori-san. Si vous comprenez le japonais, vous pourrez donc lire pour la première fois, après avoir cliqué, des remerciements émanants directement d'un représentant du monde végétal. Malheureusement, l'histoire ne dit pas comment on dit "laché vo com" en langage des plantes... Excursions chiliennesAu-delà de la beauté classique des clichés d'Anada, c'est une face peu connue du Chili qui est dévoilée sur son blog.
De ce pays qui a accédé progressivement à la démocratie à partir des années 90 après 20 ans de dictature, on ne connaît en effet que les artistes majeurs, les grandes expositions de Santiago et les rares écrivains qui sont parvenus à publier au-delà des frontières sous Pinochet. Ces photographies sont donc un témoignage contemporain presque inédit de la réalité du pays aujourd'hui, loin des images d'Epinal et des grands espaces patagoniens chers à Florent Pagny. On y voit les SDF de la capitale, le street-art local (ici, ici, ici et ici), la riche faune des campagnes, mais plus important que tout, Anada pose son objectif sur les hommes et les femmes de son pays, du petit artisan qui taille le bois au chef du service de sécurité posant avec son arme, en passant par le vendeur ambulant de remèdes miracle. Au travers de ces portraits photographiques, notre vision du pays évolue, et sans bouger, on peut espérer appréhender un peu mieux la richesse de ces populations. ![]() La fraîcheur du poissonAvant de publier un post sur un sujet qu'on trouve intéressant, on peut avoir le réflexe de vérifier si par hasard, un autre blog ne l'aurait pas fait avant.
Fondamentalement, c'est une pratique un peu con, puisque après tout, si vous avez envie de faire partager quelque chose, pourquoi s'inquiéter de l'exclusivité ? Et pourtant, comme on peut s'en apercevoir très souvent dans ces colonnes, il y a une limite au reblogging, presque comparable à la fraîcheur du poisson dans votre hypermarché préféré. Parce que s'il y a une chose que les lecteurs techno-addicts et autres surfeurs sans planche détestent, c'est bien qu'on leur parle d'un truc qu'ils connaissent déjà. Peu importe que votre commentaire apporte un point de vue singulier sur un même sujet, ce qui est important c'est la fraîcheur du sujet, et si jamais votre produit ne satisfait pas les normes en question, les commentaires négatifs vont pleuvoir pour vous signifier que "bon ça va, on le connaît déjà ce truc, tu m'as fait perdre un temps précieux à cliquer". En d'autres termes : "il est pas frais ton poisson !" ![]() Trop de choses chaque jour, trop de fils RSS à suivre, de données à trier, d'infos à forwarder et d'autres à zapper. Dans la masse sans cesse renouvelée des informations futiles et périssables du web, il faut constamment faire des choix et juger de ce qui mérite qu'on s'y arrête, et ce qui nous fait perdre notre temps, et de plus en plus, ça n'est pas la pertinence d'un sujet qui fait sa valeur, mais bien sa fraîcheur. On peut même aller plus loin en disant que quelle que soit l'information finalement, la pratique du surf à haute dose la change irrémédiablement en "news", c'est à dire en dépêche dont l'intérêt ne réside que dans le fait qu'elle est porteuse de l'annonce d'un fait présent. Et comme tout fait présent, cette annonce a une durée de vie, au-delà de laquelle elle meurt et ne présente plus d'intérêt qu'historique. Et qui ça intéresse, l'histoire ? ![]() Le bloggeur Taylor McKnight a essayé de représenter cette tendance dans un graphique, et même si tout ça n'a rien de très scientifique, on arrive malgré tout à cette même conclusion : on peut tout dire en ligne, à condition qu'on soit dans les premiers à le dire. Au-delà, notre avis n'a plus la moindre importance, car ce qui est important pour un surfeur ou un blogger, ça n'est pas de s'enrichir au contact d'une idée particulière commentant un fait, mais au contraire de prendre possession de ce fait pour y adjoindre son propre commentaire. En résumé, c'est l'idéologie "café du commerce" qui décide de la pertinence d'une information bloggée. Comme au comptoir, un ballon de rouge à la main, les bloggeurs saisissent au vol les idées qui passent autour du zinc et se fendent de leur avis, sans nécessairement prendre en compte les autres commentaires qui fusent tout autour. Déboulez donc dans un bistrot et lancez un sujet d'actualité qui date d'il y a un mois, et vous verrez comment on va vous recevoir. Déjà débattu = histoire ancienne. Alors est-ce qu'on doit regretter cet état de fait, ou se justifier d'avoir l'outrecuidance de parler des vieilles choses ? Ici même, à contre-coeur, on le fait souvent, et autre exemple, nos confrères d'Ecrans.fr possèdent eux-aussi une rubrique intitulée "Pas tout neuf, et alors ?", dont le titre même désamorce les inévitables commentaires susceptibles de railler le traitement d'une info qui aux yeux de beaucoup, n'en est plus une. Doit-on, perpétuellement, face à n'importe quelle découverte personnelle, s'assurer qu'on n'a pas dépassé le seuil fatidique des 7 ou 8 reblogging suggérés par Taylor McKnight ? Non, de toute évidence. Se justifier, s'excuser de n'être pas là à l'exact moment de la sortie d'une information, c'est finalement encourager ce mouvement "café du commerce", c'est reconnaître que ce qu'on écrit, ce qu'on pense, n'a aucune importance et que seule compte la fraîcheur du poisson. Un blog n'est pas une agence de presse. Et même si la technologie, en particulier les fils RSS, ont mécaniquement orienté le blogging vers cette tendance, il convient parfois de remettre les pendules à l'heure, et d'assumer que si nous écrivons en ligne, c'est pour exprimer une opinion, développer une vision du monde, et que les sujets abordés ne sont que la matière à l'élaboration de cette vision. A penser nos sociétés comme des "sociétés de l'information", on reconnaît que nous ne sommes que des passeurs, des coursiers de l'information dont le moins rapide n'a plus qu'à pointer à l'ANPE. Continuer à parler des vieilles choses, sans s'en excuser, serait peut-être un pas important vers un idéal de web en fuite, vers l'idée que nous aimerions vivre non plus dans une société de l'information, une "société du poisson frais", mais plutôt dans une société de l'opinion et de la réflexion collective. Mauvais photoshopers Sur les affiches, dans les magazines, dans les dossiers de presse, on le sait, aujourd'hui, tout est plus ou moins retouché numériquement.Photoshop, et dans une moindre mesure les logiciels de retouche concurents, est devenu le meilleur ami des publicitaires, des stars, et aussi des hommes et femmes politiques. Seulement une bonne retouche, si elle est plus aisée à réaliser qu'autrefois, nécessite tout de même un minimum de travail pour être crédible. Agacés par les énormes erreurs décelées ça et là dans la presse, les bloggeurs de PhotoshopDisasters ont donc décidé de rendre publiques leurs observations. Leur site, très largement collaboratif, recence ainsi les plus grosses invraissemblances, les disproportions surnaturelles et autres coups de pinceaux mal placés qu'un infographiste un peu feignant ou un peu pressé aura laissé passer. Un exemple en illustration, avec la mystérieuse troisième main de notre Trezeguet national, en Une du journal italien Tutto Sport. Et après on s'étonne qu'il soit pas sélectionné en équipe de France ! Vestiges du mondeC'est pas parce que c'est un copain qu'il ne faut pas parler de son travail, hein ? ![]() Mais loin d'être seulement un blog photo, Fricheries est surtout une réflexion permanente sur ce qu'évoquent ces images, chaque légende ajoutant à l'aspect délabré de ces ruines industrielles une évocation de notre société, de ce qu'elle a été, et de ce qu'elle est devenue. Ou comment un rêve de modernité peut en quelques années se changer en paysage apocalyptique.
Hacking façon BanksyDixit Christophe : "Un blogueur français se fait de la pub en employant des techniques façon Banksy. La vidéo est vraiment bien :"
Du blogueur Brad-Pitt Deuchfalh on avait parlé (un peu) ici et là. On avait aussi causé du Paris Hilton Punked, le détournement grandiose signé Banksy. On est donc heureux de remercier Christophe pour cet agréable moment de nostalgie mémétique. (vous aussi vous pouvez proposer vos news ici ; on ne publie pas toujours très vite, mais on publie parfois...) Down for everyone or just me ?Ca ne vous aura pas échappé, la Chine connaît ces derniers jours quelque agitation. ![]() En Chine donc, la repression violente des manifestations au Tibet a été très largement sous-traitée par les médias, et beaucoup de Chinois ignorent même qu'elle a eu lieu... ou bien n'osent carrément pas en parler en ligne. C'est dans cet entre-deux surréaliste que John, américain d'origine vivant à Shangaï, écrit les derniers posts de son blog Sinosplice, se demandant pourquoi diable YouTube et Flickr sont innaccessibles, et à quel point ce désagrément l'agace. On ne saura jamais s'il n'a pas connaissance des événements au Tibet, ou bien s'il s'interdit tout simplement d'en parler, mais un mal pour un bien, il nous donne quand même une adresse bien utile en cas de dictature numérique, celle du site Down for everyone or just me ? Celle-ci permet de tester des adresses et vous indique si oui ou non, c'est votre pays qui bride votre accès, votre machine qui délire, ou bien si le site en question est tout simplement en rade. A garder dans ses favoris... au cas où.
Vie de merde
MAJ de merde : devenu un véritable fait de société (?) étudié par la fine fleur de la sociologie et de la marketologie française (??), le site ViedeMerde.fr s'est lancé tous azimuts dans des déclinaisons moins merdiques - niveau business model - que ce bon vieux world wide web : Facebook : excuse my french !Fred Cavazza revient sur la baisse de popularité de Facebook en Grande-Bretagne (ou au Québec), et synthétise une nouvelle fois avec méthode ce qui se dit de par le réseau ici. Telex : depuis deux jours, Facebook existe aussi en français. L'interface a été traduite par un réseau de collaborateurs bénévoles, comme elle l'avait été en espagnol en début d'année. Dilemne infernal : conserverez-vous la version brit pop ou passerez-vous à celle dans la langue de Molière ? Sentinelles de l'Arctique, le blog
A l'origine, un projet ambitieux et un peu fou. L'expédition Sentinelles de l'Arctique se propose "de réaliser un important travail photographique sur les populations de l'Arctique" confrontées au réchauffement climatique et à un changement rapide de leur mode de vie. 300 pellicules, un transit via Moscou où il a retrouvé son acolyte Pasha Selezniov et quelques compagnons de route. C'est parti : l'équipage a commencé sa traversée. Nicolas Mingasson racontera son périple quotidien sur ce beau blog de libération. Merci, Alex (Upian) pour le coup de projo. L'avant-garde sans le savoir (3)On pourrait chercher bien loin les mécanismes qui nous font nous exprimer dans le seul but de nous exprimer.
Dire quelque chose, souvent, c'est exister, et ce depuis bien avant l'invention des blogs. Les auteurs classiques, passionnés par les méandres de l'oisiveté bourgeoise et bavarde, ont suffisament démontré ce phénomène, soit pour en critiquer la vacuité, soit pour s'en faire les défenseurs, eux-même incertains quant à l'intérêt de leur propre parole. Et au-delà du bavardage communautaire traditionnel, ce que Blogger et YouTube ont apporté, c'est l'idée d'un vide mondial à remplir. Et la soif d'exister ne s'est plus contentée de notre entourage proche. Pour appartenir au monde, il a fallu parler au monde, ou du moins jeter le plus loin possible sur le réseau notre désespérante absence de parole. 3- Put on the red light Elle s'appelle Roxanne, mais on peut l'appeler Roxy. Il y a un an - elle avait alors 17 ans - elle se décidait à poster cette vidéo, concentré abyssal de néant, dont les mots inutiles se fondaient dans le repli de notre cerveau réservé aux archétypes. Elle avait un petit ami (Tim). Elle aimait sa maman, et son frère. Elle avait deux chiens et deux chats. Elle avait une meilleure amie, autrefois, mais elle ne préférait pas en parler. "Voilà, je sais pas. C'est moi." C'est ce qu'elle répétait inlassablement, comme si le fait d'être là, une image devant une caméra, suffisait amplement à la définir sans avoir rien de plus à ajouter. Alors à défaut de parler, elle se montrait. Assise d'abord, elle finissait par nous présenter ses fesses, et ne trouvait rien de mieux à dire, mais elle nous promettait que si quelque chose lui venait, elle ferait une autre vidéo. Roxy était à la limite. Et elle n'attendait rien. Ou quelques commentaires pour la rassurer sur le fait qu'elle était mignonne. Et ils sont venus ces commentaires, la plupart pour demander qu'elle montre un peu plus ses fesses, et un autre pour demander des précisions sur sa situation familiale. "Tu dis que tu vis avec ta mère et ton frère, demandait Skogsgroen il y a un an, mais où est ton père ?" Alors Roxanne a répondu, avec d'autres vidéos. Mais pour éviter d'avoir à parler de son père, elle a préféré montrer à nouveau ses fesses, et le reste. ![]() Aujourd'hui, Roxanne a 18 ans, et elle se trémousse devant sa caméra. Elle nous avertit que ses vidéos la font peut-être un peu passer pour une salope, mais que si ça nous plait pas, on n'a qu'à aller voir ailleurs. Et au fond, c'est ce qu'elle même aimerait bien faire. Parce que Roxanne ne sait pas danser, tout au plus bouger ses fesses à peine en rythme, tout comme ses lèvres désynchronisées avec les paroles des chansons qu'elle passe, et dont il ne sort aucun son. Elle fait mine de danser, comme elle fait mine de vivre, mais l'ennui profond est tenace, et se lit sur son corps et sur son visage quand elle est fatiguée de bouger son arrière-train. Pourtant pour exister, il faut continuer. Et répondre à la demande des visiteurs anonymes qui lui demandent de "continuer à poster". Parce que j'ai oublié de vous dire : maintenant, Roxanne répond aux requêtes spécifiques. Elle ne se déshabillera pas, mais elle fera ce que vous voudrez. Sauf parler de son père, bien sûr... Réflexions cathodiques On connaissait déjà le très bon Ruthless Rewiews ("où nihilistes et pornographes débatent de culture populaire"). Voici désormais FlowTV, son équivalent un peu plus propre sur lui, car à la place des nihilistes, ce sont des chercheurs, étudiants et penseurs éclairés qui en remplissent les colonnes.Se présentant comme un blog théorique d'analyse de la culture médiatique, la grande majorité des articles est quand même consacrée à la télévision, et en particulier aux séries TV. Si on y croise des réflexions argumentées sur les grands classiques contemporains comme les Soprano ou Lost, les champs de recherche des contributeurs permettent aussi de belles découvertes et analyses sur les médias internationaux, des telenovelas brésiliens à l'explosion de la culture télévisuelle en Asie. Désormais bien lancé, bourré de centaines d'articles, ce site est non seulement une mine de réflexions en tout genre, mais encourage surtout à regarder la télévision différemment. A lire en particulier, la très bonne analyse sur la diffusion de la série Ugly Betty, ou comment la même série est aménagée, modifiée, reformatée, en fonction des pays où elle est diffusée, et surtout, l'énorme dossier sur Battlestar Galactica, dans lequel vous trouverez cette belle phrase : "Battlestar Galactica, c'est un peu comme si le 11 septembre avait eu lieu, et que seuls les personnes à l'intérieur des tours jumelles avaient survécu". A noter que ce post ne s'adresse malheureusement qu'aux anglophones, mais allez, soyons fous... Peut-être qu'il encouragera quelques chercheurs, penseurs, nihilistes ou pornographes, à créer enfin un équivalent en français. KopiKol (pas) Kaput
C'était koi, KopiKol ? La réponse - en chiffres - de Loranger, un de ses trois administrateurs à Ecrans : C’est 35909 liens postés, 17066 liens validés, 128 772 commentaires par 11 327 pseudos différents et 22 381 IP différentes. Lors des 31 derniers jours, KopiKol a eut en moyenne 102 760 visites ce qui représent 348 311 pages vues pour 28 286 visiteurs uniques, soit 3900 visiteurs uniques par jour en moyenne. Á titre de comparaison, "à la belle époque", KopiKol plafonnait 766 700 pages vues et 11 000 visiteurs uniques par jour." Histoire du ticket de métro parisien
Mythologie contemporaine. Vous vous souvenez sans doute de la pub « T’as le ticket chic, t’as le ticket choc, tic tac toc. » ? Le ticket de métro des transports parisiens, qui est sur le point de disparaître pour être remplacé par des badges électroniques façon Navigo, est pourtant centenaire. Un blog a eu la bonne idée de retracer l'histoire de ce petit bout de carton, en s'accordant autant à son graphisme qu'à l'histoire du tramway et du métropolitain parisien.
C'est Grégoire Thonnat qui nous a mis la puce à l'oreille. " Quoi de plus banal qu'un ticket de métro ? et bien non lui aussi a une histoire, il a connu de nombreuses évolutions et aujourd'hui alors qu'il va progressivement disparaître, il m'a semblé intéressant de retracer son histoire en image. " Un bien beau voyage. Merci, Gregoire ! Six35 : nouveau webJT hebdo" Ouch, ça sent la peinture " a été la première réaction d'un de mes collègues hier soir, après visionnage de ce premier numéro. Une nouvelle équipe réunie autour de Nicolas Voisin (par ailleurs créateur du PoliTIC' Show MAJ) a lancé hier un nouveau JT du web, baptisé le six35 et présenté par Magali Lacroze, étudiante en journalisme à l’ISFJ de Paris. Le concept : Ce sera " un JT participatif, alternatif, gratuit, citoyen, politique (rayez les mentions inutiles) ". Il sera diffusé tous les jeudis à 18h35 sur le site officiel et sur une série de médias partenaires (blogs et portails). La facture en est " classique ", à l'exception notable du lancement de chacun des sujets par un dessin de presse. Plutôt sympa. On attend avec curiosité les prochaines éditions. Panoramas méditatifsEncore peu de films sur le nouveau blog vidéo de l'artiste irlandais Kevin Flanagan, mais déjà une atmosphère.
Paisibles, méditatives, hypnotiques, des vidéos qui laissent deviner une menace glaçante, même dans les flammes. Profession : funéraire
Le Noël de Monsieur Geek (10)Voilà, nous y sommes. Les blogs info ou comment se tenir au courant des dernières âneries geek : Sans compter, bien sûr, tous les liens que vous découvrirez en surfant sur ces quelques sites, et qu'il serait bien trop long d'énumérer. |
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