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Constitution européenne. Le Oui est un sport de combat.
Le compte est bon "On essaye de nous diviser", affirme Fr. M. en commentaires d'une notule. Pour rebondir une seconde sur le texte de Mona Chollet, je ne pense pas que le résultat du vote donne tort a posteriori à ceux qui ont défendu le oui. Peut-être avaient-ils tort dès le début, c'est une autre histoire, mais je ne vois pas en quoi ce vote devrait, comme par magie, mettre tout le monde d'accord. Donc, "on" n'est pas d'accord, et effectivement, faut qu'on arrête ce blog. On tourne en rond. Le TCE est mort, le plan B est mort, dansons sur les ruines, trinquons à ceux qui restent debout, santé à Tony Blair, à la droite allemande, à l'OMC, à la gauche française (renforcée, of course), à la cagole des quartiers nord, au prof des bassins miniers, au peuple ukrainien, au plombier polonais, à vous, à nous, à "on". Et puis oui, rions. Tout change, rien ne change. Vite (et parfois mal) fait, ce blog du giscardisme triomphant (sic) nous aura au moins donné quelques bonnes occasions de débattre, de commenter, d'argumenter, d'argumentariser, de transformer un petit bout de page html en comptoir de tripot. La réouverture prochaine du forum de Flu sera je pense une bonne occasion de s'en jeter quelques autres. Et puis rendez-vous dans un bistrot du onzième, mercredi 8 juin à 19h00, pour ceux qui le souhaitent : on sera à La Lib', au 196 rue du Faubourg Saint Antoine (M° Faidherbe-Chaligny). On sabrera les demis, à fleurets mouchetés. A bientôt. J+4 : la suite ? Allez... Un dernier petit coup d'analyse, histoire d'essayer de comprendre et de construire la suite. Une nouvelle page d'Ipsos, plus détaillée encore, nous informe que le Non du 29 mai est donc :
- Un vote "populaire" 79% des ouvriers, 67% des employés, 71% des chomeurs, 71% des interimaires, 69% des salariés en CDD ont voté NON. Ceux qui vivent avec moins de 1000 euros par mois ont voté NON à 60%. De même 65% dans la tranche 1000-2000 euros, 58% de la tranche 2000-3000. Au delà de 3000 euros le OUI l'emporte avec 58%. - Un vote jeune Toutes les tranches d'age de 18 à 54 (18-20, 21-24, 25-29, 30-34, 35-39, 40-44, 45-54) ont voté NON à 60%. Ce vote réalise ensuite 51% dans la tranche 55-64, puis chute 43-45% dans la tranche 65 et plus. Moralité : Plus on est proche de la seconde guerre mondiale, plus on a la construction européenne chevillée au corps. Plus on est pauvre, et plus cette construction est abstraite. Les gens ayant vécu quarante étant une espèce en voie de disparition, il est clair que l'Europe politique ne se fera, désormais, que si les peuples ont l'impression concrète de vivre mieux grâce à elle. J'y penserai pour mon prochain blog "ouiste" européen. J+2 : Toujours la gueule de bois Excellente page d'analyse, précise et très détaillée, proposée depuis hier par le site d'Ipsos sur les résultats de dimanche. Où l'on apprend notamment que le Non fut bien un vote de gauche (50 % des Non-istes sont sympathisants de la gauche parlementaire), plus qu'un vote des extrêmes (25 %, dont 19 % ext. dr. et 6 % ext. g.). Et aussi qu'une majorité de Non-istes, 57 %, se déclarent "favorables à la poursuite de la construction européenne".Vu d'ici - AeOUI est bien entendu un blog pro-européen de gauche -, c'est encore plus difficile à avaler. D'autant que rien, depuis dimanche soir, ne laisse présager que les partisans du Non ont commencé à ne serait-ce qu'envisager une méthode pour mettre en place le fameux traité "plus social" qu'ils appellaient de leurs voeux. Fabius, hier, a surtout parlé de lui, et plus encore des présidentielles en 2007. Et en-dehors de quelques leaders de la droite populiste, aucun politicien européen n'a salué la victoire du Non français - les Européens, d'ailleurs, ont été les grands absents de la campagne du Non. Il ne s'agit pas de contester la sincérité des gens qui ont voté Non en souhaitant une Europe "plus sociale", plus généreuse, plus proche des peuples. C'est une belle idée mais, compte tenu de l'Europe d'aujourd'hui, c'est une idée qui n'est pas sérieuse : les politiciens qui l'ont promue n'ont pour l'heure rien à proposer. Du coup, à J+2, comme le remarquait le vieux dans son excellent édito de ce matin (une fois n'est pas coutume), cela ressemble bien à la cata annoncée avant le vote par les partisans du Oui : non seulement pour l'Europe politique ("il faut redouter comme inévitable que l'Europe d'aujourd'hui, l'Europe réelle, décide de renoncer à un projet trop ambitieux, cette idée que les Français avaient réussi à imposer à tous et dont ils ne veulent plus") ; mais aussi pour la gauche ("les partisans du non ont gagné, non seulement la partie III du traité qu'ils contestaient mais qui va s'appliquer, le calamiteux traité de Nice qui empêche à peu près toute décision européenne, mais aussi le triomphe de Tony Blair et de sa conception très libérale de l'Europe, autrement dit plus de libéralisme et moins de régulation".) "C'est triste à pleurer", concluait le vieux. En effet... Soirée électorale
A ma droite, sept Non. A ma gauche, quatre Oui. Merci à Sébastien Lecordier pour ce court reportage audio (mp3).
Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille
Soré Arène nous écrit : "Je ne suis pas allé voter hier, je ne savais plus vers quoi me tourner, un non qui semblait plus contestataire que réfléchi ou un oui qui puait l'inconscience et la pensée collective. J'ai penché vers le non, je ne suis pas sûr d'être content du résultat. J'accuse un peu tout le monde d'avoir joué un petit jeu stupide (inconscient ?). Les politiques m'ont fatigué à force de campagne ouioui+nonon aussi ridicules les unes que les autres, les intellectuels que je respecte semblaient avoir une vision extra constitutionnelle : pensons à l'Europe, la constitution n'est qu'une étape... mes amis savaient tous ce qu'il fallait faire, dans les deux camps, tout le monde était persuadé d'avoir raison et de prétendre au bon choix. Je vous accuse tous d'avoir voulu convaincre au lieu de discuter.
Si la France avait su s'écouter et s'entendre, peut-être que la réponse aurait été la même, mais elle aurait été franche, parce que ce non je ne le vois pas comme une réponse intelligemment soutenue. Je ne pense pas que nous puissions être fiers. J'étais à la remise des prix du flash festival hier soir, et je ne pense pas que nous puissions être fiers"...
Sans commentaires. Merci. Jour J
Les jeux se font : bon dimanche, bon vote. Sur une proposition de Sandor, on pense organiser un apéro la semaine prochaine pour ceux des participants et des lecteurs du blog qui souhaiteraient se rencontrer autour d'une mousse. Idéal pour éviter les gueules de bois électorales, d'un côté comme de l'autre. A très bientôt !
Partie de campagne (video) Emanations du club de l'ex-premier Ministre Raffarin (allez, scoop !), les autoproclamés Amis du Oui proposaient chaque jour jusqu'au 29 mai des vidéos-clips mettant en situation un partisan du Oui et un partisan du Non. Comme dans une Passat et très librement inspiré de Caméra-Café, ils étaient censés être campés dans leur vie quotidienne : au bureau, à la cafette, dans l'ascenceur... L'idée de débusquer les mauvaises raisons pour lesquelles les gens votent Non au TCE est bonne mais le résultat est en dessous des attentes : un sketch sur dix est drôle ou à peu près pertinent. Bonne nouvelle façon Canard enchainé : "La droite la plus conne du monde" a enfin trouvé ses dignes héritiers. La mauvaise : La série, baptisée Non-Sens est une insulte au burlesque et au comique par l'absurde anglais dont elle prétend si librement s'inspirer. Je ne suis pas sûr que l'humour UMP passe les frontières franco-françaises et soient susceptibles de dérider les européens et les citoyens partisans du Oui, si par un malencontreux hasard, au soir du 29 mai... Quoique, les sketchs des mercredi 11 et vendredi 13, pourraient être à méditer ? Vivement l'alternative politique en Europe ! Une communication politique par un comique "bien de chez nous", genre "France d'en bas" et "Positive Attitude" selon Raffarin, à éviter. Autre époque, autre <s>Non</s> Oui
Certes, c'est anecdotique... mais rions un peu avec cette déclaration de Fabius. Extrait particulièrement truculent : "tous les partis de gauche, dans tous les pays d'Europe sans aucune exception, ont pris position pour le traité (...) Comment peut-on se réclamer de la gauche et tourner le dos à toute la gauche européenne ?". C'était en 1992. Vous vous souvenez, Maastricht ? (personnellement, j'avais voté blanc...)
La suite ici, sur le blog Publius, qui a fait un énorme boulot de décryptage / analyse du traité (jusqu'à... satiété). J-2 : Question de logique J-2 : Soleil. Décontraction. Evidence. Comme le remarquait Denis Baupin hier, les Non-istes de gauche les plus "européens" reprochent donc aux partisans du Oui d'abandonner les services publics au marché, avec le risque que leur "rentabilité" finisse par primer sur le bien-être des citoyens. A vrai dire, l'honnêteté oblige à reconnaître qu'ils n'ont pas tout à fait tort : si l'on s'en tient au texte et rien qu'au texte, ce risque existe en effet. Mais le TCE donne aussi des solutions pour le contrecarrer. Notamment celle-ci."Prenant acte (...) de l'article III-122 prévoyant l'adoption d'une loi européenne garantissant l'accomplissement des missions des services d'intérêt économique général, de l'article II-96 faisant de l'accès aux services d'intérêt général un des droits fondamentaux garantis par la Constitution, et de l'article I-47 permettant à un million de citoyens européens de demander à la Commission européenne de soumettre au Parlement un acte juridique pour l'application de la Constitution, J'aime ce texte parce qu'il est porteur de la seule logique constructive, à mes yeux, pour un Européen de gauche décidé à oeuvrer réellement pour garantir à tous l'accès aux services publics. Il a en effet le mérite de poser un choix clair : - dire Oui au TCE, engranger ses avancées vers une Europe politique, et utiliser les nouveaux instruments démocratiques qu'il donne (droit de pétition, nouveaux pouvoirs du Parlement européen) pour se battre en faveur d'une société plus juste.
Pour ma part, j'ai choisi mon camp. Autre époque, autre Non : la CED Souvenez-vous, c'était il y a une cinquantaine d'années, la CED. « L'échec de la CED, c'est grâce à moi et aux communistes », claironnait De Gaulle quelques années plus tard. Comme aujourd'hui, une étrange alliance entre souverainistes et communistes avait réussi à faire capoter un projet de construction ambitieux pour une Europe politique. Outre les communistes et leur Non unitaire (dicté par Moscou...), c'est à cause de la division de la Gauche que le traité CED a été rejeté. Les Etats-Unis en ont profité pour imposer définitvement l'OTAN dans le paysage géo-politique de la guerre froide. L'Europe politique ? Torpillée pour plusieurs décennies. Le traité de Rome, en 1957, pouvait donc joyeusement se bâtir... sur des bases très largement économiques.[illustration : une affiche gaulliste de l'époque. Remplacez le vilain nazi par un gros capitaliste à cigare, "Bonn et Paris" par Hollande et Chichi, secouez, ajoutez deux trois pincées de sels populistes, et retournez vous rafraîchir. Il fait chaud. Si vous voulez plus d'infos sur la querelle de l'époque, lisez cet article. Oui je sais, ce n'est pas très beau de faire un lien vers Marianne, mais c'est ce que j'ai trouvé de plus complet en ligne sur la querelle de 54...] Tant de paroles
Je reviens rapidement sur l'un des arguments épouvantails du Non, dont un certain François se faisait l'écho en commentaires d'une notule. 57% de temps de parole pour le OUI, contre 43% pour le NON dans les médias (et sans compter Chichi, source CSA, hier). Ce comptage est effectivement affligeant, et prouve encore une fois la belle indépendance de notre paysage cathodique (j'espère par contre qu'on sera d'accord sur ça : distinguons la presse, dont on peut imaginer que les positions aient été librement consenties, et que les grands journaux n'ont pas été "achetés" - comme me l'a pourtant très sérieusement suggéré un partisan du Non tendance X-Files). Cette situation est grotesque, cela va de soi. Remarquez simplement qu'un partisan du Oui comme moi, qui ne me retrouve évidemment pas dans les discours télé-capillo-tractés des ténors censés me représenter (??), suis doublement peiné par ces "scores". Je rêve d'une campagne où le Non aurait eu 60 % de temps de parole. J'aurais adoré voir Marie-Georges se répéter tous les soirs au JT, broder laborieusement sur les quelques mots clés qui lui servent d'aguments de campagne. Je suis persuadé que si on avait plus entendu le Non "officiel" à la télé, le Oui serait bien plus haut dans les sondages. Hélas, on préfère toujours ce qui est caché à ce qui est visible. D'où, sans doute, l'avalanche de tribunes nonistes "on nous cache tout" dans la presse. Dommage...
Vote exutoire ? Cliquez ! A J-2 du référendum, il est légitime que les électeurs nonistes s'impatientent et qu'ils aient envie de pratiquer. Ah les joies du vote contestataire, les bonheurs de l'isoloir-exutoire ! Nicolas Frespech propose donc un mini-sondage : Pour, Contre ou Sans Opinion. Juste pour rire ? Non, à recommander comme petit défouloir aux contempteurs du vote Non, avant l'instant-vérité de l'isoloir. Votez !Partie de campagne (photo)
A la question (lire l'intro) : comment pensent les blogs militants des "pro" et des "anti" TCE, qu'ils soient des "professionnels" de la politique ou de simple "citoyen" ? La réponse est sans appel. Mal. A deux jours du vote, petit retour en accéléré sur les images qui ont défrayé la campagne.
A ma droite : Les amis du Oui, émanation potache du club Dialogue & Initative de Jean-Pierre Raffarin. J-3 : La gauche a des comptes à rendre en Europe Denis Baupin, adjoint au Maire de Paris, membre du Conseil national des Verts, nous envoie le texte ci-dessous. AeOUI le publie tel quel, parce que nous pensons qu'il est apte à faire consensus parmi les gens de gauche réformistes, qu'ils défendent pour l'heure le Oui ou le Non au référendum. Sa logique, somme toute, est très simple. On en reparlera d'ailleurs demain."Face au référendum du 29 mai, les leaders de gauche qui font de la construction européenne un enjeu d'avenir crucial pour les valeurs humanistes, écologistes et solidaires, ont de loin la tâche la plus ardue. (...) Appeler à voter OUI en étant dans l'opposition à un gouvernement aussi conservateur et décrédibilisé, tient au mieux de la corde raide, au pire de la schizophrénie. (...) Nul doute, si le 29 mai on pouvait voter deux fois, l'une sur la politique de Chirac et Raffarin, l'autre sur le TCE, ce dernier serait sauvé, tant le ressentiment contre les premiers pèse dans les intentions de vote sur le second. [illus. hier, au Parlement européen de Bruxelles] J-4 : Nous sommes tous des souverainistes vendéens ? Chapeau bas : Philippe de Villiers, l'une des grandes stars de la campagne référendaire (voir son meeting de 5000 personnes au Palais des Sports samedi dernier, du jamais vu depuis l'inauguration du Puy du Fou), a trouvé le meilleur slogan de la campagne. Le plus juste, le plus fédérateur aussi : "On a tous une bonne raison de voter Non".L'extrême-droite et la droite souverainiste (l'Europe détruit la France), Arlette et le PCF ("Non à TOUTE Constitution européenne", ai-je lu récemment sur une affiche PC du XVe arrondissement), les sympathisants UMP (la technocratie bruxelloise...), la gauche réformiste (la partie III, quand même...) et, en cherchant bien, même Bayrou pourrait s'y mettre (genre "si je soutiens le Non, vu les sondages, c'est clair que je suis mieux barré pour 2007"). Etc. Alors d'accord, la partie III est pas géniale. Mais quitte à me répéter, elle existe déjà dans les traités et de toute façon, que le TCE passe ou pas, ces traités restent en vigueur et ne peuvent être révisés qu'à l'unanimité des Etats membres. C'est-à-dire, en gros, ni plus ni moins facilement qu'un TCE ratifié. Par contre, le TCE, c'est la possibilité pour le Parlement européen (et donc pour les élus directs du peuple) de co-décider de presque toutes les lois européennes, au lieu de 35% d'entre elles actuellement. Le TCE, c'est la possibilité pour l'UE de se doter d'une politique étrangère commune qui seule pourra peser face aux US. Le TCE, c'est l'égalité professionnelle femmes/hommes garantie dans toute l'Europe. Le TCE, c'est des compétences sociales reconnues pour la première fois à l'UE. Etc. L'Union européenne est avant tout une union d'Etats... jusqu'à présent. Il n'y est pas question de peuples, encore moins de peuple, et les citoyens n'ont qu'à valider a posteriori, au niveau national, les lois élaborées par l'UE. Le TCE donne pour la première fois la voix au peuple dans l'Union, il donne pour la première fois au citoyen le pouvoir de décider à une échelle où sa voix peut avoir un impact sur les affaires du monde. C'est une opportunité qui ne se représentera peut-être pas : après le rejet par la France de la Communauté européenne de défense en 1954 ("cela ressuscitera la Wermacht", arguaient gaullistes et communistes), il a fallu attendre plus d'un demi-siècle avant de revoir passer un projet de défense européenne. Et encore, les tenants du Non prétendent aujourd'hui à tort que cela liera pour l'éternité l'Europe à l'Otan. Vraiment, j'admire la troublante intuition de Villiers : en un sens, "on a tous une bonne raison de voter Non". Oui chronophage vs. Non point barre
Un court message entre deux eaux pour vous dire que 1/ je ne suis pas mort 2/ je vote toujours oui. Pour vous préciser aussi que j'ai très peu de temps en ce moment, d'une part parce que je suis en pleine organisation des Rencontres electro qui auront lieu samedi (ouistes, nonistes, abstentionnistes et jmenfoutistes welcome !) mais aussi parce que je reviens à peine de l'E3, à Los Angeles, où j'ai pu tâter pour la première fois du Nouveau Monde (odyssée-flash qui m'a plutôt conforté, encore, dans mon Oui... j'essaierai de vous en reparler). Enfin, cette observation, à brûle pourpoint : alors que la quasi majorité des publications "indés" (?) sur le réseau s'est engagée contre le TCE, alors que les sondages semblent confirmer que le Non flirte avec les 54 %, il est bien difficile dans cette campagne de défendre un Oui constructif face à un Non point barre. D'une part parce que le Oui est parasité par les effets de manche de quelques ténors peu scrupuleux, d'autre part - et c'est là le principal - parce qu'une posture de rejet est toujours plus facile à tenir qu'une stratégie de compromis. A mon retour des USA, j'ai eu droit à nouveau à des argumentaires simples et fermés : Non, parce que Non. Certes, je n'ai pas eu le temps de bien lire la presse, ni même tous les commentaires postés sur ce blog, mais je reste sur l'impression qu'aucune alternative concrète n'a pointé le bout de son nez. Si quelqu'un a un lien, un texte à m'envoyer, sur une vraie alternative réaliste, généreuse, crédible et fédératrice, je reste preneur. Mais à trois jours de l'élection, je suis un peu sceptique, et je trouve bizarre qu'avec toute l'énergie dépensée ces dernières semaines par les 54 % de français qui disent Non, il n'y ait finalement toujours que deux options : quelque chose, ou bien rien.
J-5 : Nous sommes tous des gauchistes européens Daniel Cohn-Bendit, France 2, 7h40 ce matin, interview par Françoise Laborde (propos choisis) :"Aujourd'hui, le non pourrait l'emporter. Cela vous rend-il triste ? Vous êtes en train de dire que si le non l'emportait, la France ne serait pas en position d'avoir quelque chose de mieux que ce traité constitutionnel ? Vous voulez dire que, dans la Constitution, il y a la possibilité pour chaque gouvernement, demain, de refuser une politique qui ne lui conviendrait pas ? Vous dites que l'on paie des années d'indifférence à l'Europe ; est-ce que l'on ne paie pas, aussi, le fait que l'[Europe] s'est élargie sans que les peuples en aient vraiment conscience ? Alors, la propagande du Oui... "Monsieur le Maire,Je viens de recevoir l'enveloppe contenant les documents officiels de la campagne du référendum sur le projet de traité constitutionnel. Cette enveloppe contient le texte de la constitution. Très bien. Un bulletin « oui », un bulletin « non ». Parfait. Mais elle contient aussi un texte, soit disant explicatif, qui, à la lecture, se révèle être un texte de propagande pour le oui. Ce procédé est particulièrement scandaleux et il me semble, relève davantage des pratiques d'Etats totalitaires ou de républiques bananières que d'une véritable démocratie. (...) Pour ma part, élu de la République, il est hors de question que je participe à l'organisation d'une consultation aussi peu démocratique. Je refuse donc de tenir le bureau de vote n°7 le 29 Mai 2005." Docteur Erik Bonnaud, Conseiller municipal de Pelissane (Bouches-du-Rhône), le 8 mai 2005 Vous le savez, je suis un ferme partisan du Oui. Je trouve que la propagande d'Attac pour le Non est immonde. J'ai lu l'exposé des motfs dont M. Erik Bonnaud parle et je ne pense pas qu'il contient des mensonges aussi flagrants que ceux d'Attac. Mais suis d'accord avec lui : ce texte a manifestement été rédigé pour que ses lecteurs votent Oui. Toutefois, je n'en tire pas les mêmes conclusions : je tiendrai pour ma part un bureau de vote dimanche. Car j'ai lu encore pire : des partisans du Non envisagent, sur une liste de discussion dont je suis membre, de peindre en blanc des "NON" géants sur la chaussée à l'entrée des bureaux de vote. Et, malgré les passions suscitées par cette campagne, je pense qu'il appartient à chacun d'essayer de garantir, au moins, un scrutin serein. J-6 : Le Non de Damien Damien est un ami à moi et, sauf retournement de situation improbable, il votera Non le 29 mai. On a eu une petite discussion par mail récemment, c'était après que je lui eus envoyé ce texte de Jürgen Habermas dont on a déjà parlé ici en commentaires. En gros, si Habermas était français, dit-il, il voterait Oui. Damien m'a répondu, et cela a donné lieu à l'échange suivant (lui en min, moi en cap')."[Sandor], j'ai vu le blog et je trouve les
jeunes UDF du 80 très bien ! Après tout, pourquoi faudrait-il gagner "proprement" ? Quels petits cochons
quand même... Sur le texte de Habermas (trouvé dans le Nouvel Obs,
magazine pour lequel j'ai très peu de considération
mais passons...), plusieurs choses :
Je peux comprendre ton oui, [Sandor], et je le
respecte. Mais voilà, j'ai beau réfléchir, je crois
que ce texte n'est pas acceptable (pas BAMEL - "Bon à mettre en ligne", en termes fluctuatiens - si tu
veux). Amitiés Voilà. Pardon, c'était un peu long. Mais après les commentaires un peu âpres de ce week-end, c'était un petit bonheur de me rappeler cette conversation, de la clarté des arguments de Damien, de sa correction, de son "éthique de la discussion" (ah, Habermas, quand tu nous tiens...). Juste, on n'était pas d'accord mais on avait tous deux le goût du débat, l'envie d'en savoir plus sur ce qui amenait l'autre à tirer des conclusions différentes sur un sujet si important. Et puis on est resté amis, on a continué à bosser ensemble. C'était classe, quoi... J-9 : Le jeu des 20 mensonges selon ATTAC Petit retour sur une association dont on a déjà parlé ici pour la qualité du débat qui y règne, mais qui, malgré des initiatives éditoriales louables, sombre parfois dans la politique du pire. Par exemple ici. Vingt affiches pour le Non. Vingt thèmes catastrophistes. Vingt locuteurs érigés en victimes (ce statut pré-politique où seul l'autre est responsable). Et surtout vingt mensonges.J'exagère ? Allez, prenons-les une par une, celles que j'ai repérées du premier coup d'oeil sans même avoir à fouiller à nouveau dans le traité (attention, affiches en .pdf). - Alain, routier : "Chaque semaine je roule 4000 km à travers l'Europe. Je rencontre des chauffeurs polonais sans protection sociale, qui ne gagnent même pas la moitié de mon salaire ! Si la Constitution passe, on ne s'en tirera pas : les entreprises de transport pourront s'installer où elles veulent." C'est faux. Le TCE n'a rien à voir là-dedans, ce qui est en jeu, c'est la directive Bolkestein, qui vient d'être ajournée par le Conseil européen. En plus c'est égoïste, populiste et démago, ça en remet un coup sur ce bon Piotr qui n'a rien demandé, et dont la situation sociale est également décrite de façon mensongère, comme nous en informe Bronislaw Geremek, figure historique de Solidarnosc, dans un entretien paru récemment dans Libé. - Anna, jeune Slovaque : "Chez moi, il y a 20% de chômage, alors je suis venue travailler ici dans un salon de massage. Mais je me suis retrouvée sur le trottoir, dans les mains de la mafia. L'Europe est une plaque tournante de la prostitution, pourtant la Constitution ne cherche pas à lutter contre.". C'est faux. Et en plus, c'est vraiment immonde d'exploiter ce thème de façon mensongère. Le TCE condamne par au moins deux fois la traite des êtres humains et le travail forcé (art. II-65 et III.267), et bien sûr ces articles ont une valeur juridiquement contraignante devant la Cour européenne de Luxembourg. Il s'agit là d'une précision par rapport au droit français, j'en ai d'ailleurs parlé récemment dans un commentaire en citant un article de La Croix. - Hélène, planning familial : "Tous les jours, je reçois des femmes qui ont décidé d'avorter. Quand je pense qu'on a lutté pendant des années pour obtenir la contraception et l'avortement ! Le projet de Constitution, lui, n'a pas prévu ces droits pour les Européennes. ". Ah bah là par contre, c'est vrai. Mais ces droits restent garantis en France par la Constitution française et, sauf à aller contre la volonté des peuples irlandais et polonais, on ne peut pas faire de ce droit une valeur contraignante dans la Constitution européenne - laquelle proclame, dès l'article I-2 ("Les valeurs de l'Union"), "l'égalité entre les hommes et les femmes". Alors... Encore la faute à Piotr ? - Jean-Charles, ancien diplomate : "Dans toutes mes fonctions, j'ai défendu une vision du monde autre que celle de l'américanisation à outrance. Je ne me retrouve pas dans une Constitution qui met l'Europe sous la coupe de l'OTAN et donc de M. Bush." C'est faux. Tout ce que dit le traité, c'est qu'il y aura une politique étrangère, de défense et de sécurité commune, et que cette politique "n'affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains Etats membres, [qu']elle respecte les obligations du traité de l'OTAN pour certains Etats membres". Ce n'est pas le TCE qui met l'Europe sous la coupe de l'OTAN. Ce sont les Etats membres, dont la France, qui ne se donnent pas les moyens d'une politique européenne de défense autonome vis-à-vis des Etats-Unis en refusant de quitter l'OTAN (ce que je ne souhaite pas forcément d'ailleurs, mais les textes sont là : ce sont les Etats qui choisissent ou non d'appartenir à l'OTAN). Bon... Il y en aurait bien d'autres, je n'ai choisi que les plus évidentes. Mais c'était juste un petit coup de gueule avant le week-end pour dire que l'on ne peut pas à la fois se prétendre une association engagée dans l'éducation populaire (les dirigeants d'Attac disent cela, non ?) et produire ce genre d'arguments démago que tout démocrate se doit de combattre... qu'il choisisse de voter Oui, ou hélas Non, le 29 mai. J-10 : Mon ami Piotr Bon... Là, pour le coup, c'est vraiment le truc le plus poilant que j'ai lu en faveur du Oui. D'abord, je comptais vous poster un article de Libé, classique, un mec que j'aime bien comme tant d'autres (mais bon, on en reparlera demain...). Et puis, me balladant, j'ai trouvé ça : le personnage le plus fabuleux suscité par le débat sur le TCE. Vous vous souvenez, les conneries de Bolkestein, la tuyauterie usagée de sa résidence dans les Cévennes, tout ça ? Eh bien voilà, je l'ai retrouvé : Piotr le plombier polonais existe, et il surfe activement sur les forums de Libé. Pour le Oui. Et avec talent. Morceaux choisis.
- drôle : "Bonjour, je m'appelle Piotr et je suis plombier en Pologne. Je rêve que d'une chose : grâce à la directive Bolkestein, je pourrai bientôt quitter ma famille, ma copine, mes amis, ma ville, les matches de football avec les copains et les sorties au café pour venir à Paris déboucher les chiottes des Français, douze heures par jour et au tarif polonais. Le pied ! Avec ça je vais vite devenir très riche et prendre le travail des Français." (mais il faut lire ce premier post jusqu'au bout, c'est une merveille...) - combatif : "Politique monétariste ? Voir la récente réforme du pacte de stabilité. Qu'on disait aussi gravé dans le marbre. Et qui a été revu sous la pression politique. Et qui sera probablement réformé encore sous l'effet du rapport de force po-li-tique. Car encore une fois, l'intérêt principal de ce TCE est de mieux permettre l'expression PO-LI-TI-QUE, par le biais de mécanismes démocratiques améliorés. Et puis, en politique, rien n'est jamais figé. Aucune constitution n'a jamais empêché l'évolution politique." - réaliste : "Encore une fois, les nonistes : (...) cessez de fantasmer sur une renégociation du machin et revenez sur terre ! Car de renégociation, il n'y en aura pas, point barre. Chaque pays reprendra ses billes et ses concessions (car chacun en a fait, des concessions, au cours de ces trois ans et 6 mois de travail, figurez-vous !) et on en restera là, tranquillou, avec le Traité de Nice !" - et pas chiraquien pour un sou : "Chers partisans du «oui», sachons voir la réalité en face : notre noble cause est défendue par des archi-nuls au sommet de l'Etat. Le Chi confirme tous les jours qu'il est hors du coup. Avait-on besoin de ce débat hier soir pour s'en rendre compte ? On réglera ça au moment voulu. C'est à dire en votant. Pour les prochaines présidentielles. En 2007. Là, maintenant, on parle d'Europe." - synthétique, enfin : "si le non gagne (...) quand la France va demander un Traité plus social, on lui dira : « mais c'était précisément ce qu'on voulait faire avec la Constitution ! Alors lâchez nous, maintenant ! »" Allez, je l'avoue : j'aurais moi-même aimé trouver ce ton. Merci Piotr ! Partie de campagne : intro Depuis que les partis ont vu l'impact du réseau (et de la blogosphère) sur la campagne américaine et les retombées médiatiques, ils se prennent tous à rêver de communications virales et usent des stratégies d'images en imitant ceux qui les y ont précédés : les samizdats, le mini rézo et les altermondialistes. Ajoutons à cela la découverte des "blogs" de "vrais gens" dans les Etats-majors UMP, UDF, PS, PS Jeunes, Verts et PC (wahou, quelle débauche de couleurs) et l'on découvre bientôt des vertus nouvelles - et professionnelles - à ces réseaux longtemps décriés. Ils sont apprentis communicants, militants-étudiants-poil aux dents, marketeurs, bref tous fins politiques, et recyclent les bonnes vieilles ficelles argumentatives ou visuelles de leurs ainés (par exemple des images détournées, des montages sexistes, des amalgames visuels).Cette mini-série ne prétendra pas avoir valeur d'exemple, mais on peut légitimement s'étonner de la rhétorique majoritairement employée dans ce qu'on désigne comme une "infosphère de campagne" à dix jours du réferendum. Et ce n'est qu'un début... Les Etats-Majors (Ouitistes et Nonistes confondus) préparent déjà leur campagne de communication pour la présidentielle 2007 dont il s'agit ici d'une répétition miniature. Bienvenus dans la fiction politique atomisée et néanmoins généralisée. PS : plutôt que les messages et sites de campagne à suivre, préférer des blogs écrits comme Les Embruns de Laurent Gloaguen. Le discours pro-oui est assumé, mais au moins donne-t-il à lire son interpétation détaillée du Traité. J-11 : La preuve par l'image![]() Le tract le plus efficace de la campagne, jusqu'à présent, est pour le Oui. Je l'ai reçu hier, en sortant du bureau, sur la rue du Faubourg Saint-Antoine (Paris), de la main d'une militante un peu timide qui osait à peine afficher son engagement ouiste (ah ! les sondages, à nouveau...). Si vous n'avez pas vu cette image, c'est normal : elle n'est pas beaucoup distribuée car elle est l'oeuvre d'un tout petit mouvement politique, le Parti Radical, groupuscule anciennement composante de l'UDF, qui appartient aujourd'hui à l'UMP mais qui a tenu à faire campagne de façon autonome, parce que les relents islamophobes des tracts antiturcs du parti de Sarko, angelot blond en Une, lui étaient insupportables (j'en ai d'ailleurs chopé un dimanche sur le marché, beurk !). En gros, une droite pas trop infréquentable, tendance Borloo. Bon, je ne vous conseille pas forcément leur site pour autant... sauf si vous aimez Beethoven. J-12 : ATTAC, l'association pour le Non qui s'interroge sur le Oui Au départ, j'en ai pas cru mes yeux. Et puis, bon, c'était vrai, alors il a bien fallu s'y résoudre. Je lisais, comme vous :"Le Traité Constitutionnel Européen contient de nombreuses avancées qu'ATTAC a appelé de ses voeux, et avait inscrit dans sa contribution à la convention sur le futur de l'Europe (novembre 2002) : égalité entre femmes et hommes, lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, lutte contre toutes les formes de discriminations, un développement durable respectueux de l'environnement et des espèces végétales et animales, reconnaissance et défense de la représentation des minorités, possibilité de recours en cas de litige pour garantir la justice pour tous." Le texte complet, citant Toni Negri en exergue, s'intitule "Appel des altermondialistes pour le Oui". Il s'agit en fait d'une invitation de membres dissidents d'Attac à voter Oui au référendum (signer l'appel). Un peu plus tard, j'apprenais qu'un courant minoritaire de Lutte ouvrière, "10% des adhérents environ" selon mon correspondant, s'apprêtait également à appeler au vote Oui, malgré la discipline interne extrêmement stricte de ce parti. Décidément, je ne sais pas si le Oui ou le Non l'emportera le 29 mai, mais s'il est une valeur en hausse du fait du référendum, et jusque dans ces colonnes, c'est la dissidence. Et aussi le doute (merci loplop). Parce que l'Europe vaut bien de s'interroger sérieusement, durant au moins un mois. Au risque de voir ébranler ses propres convictions... J-13 : AeOUI, le blog pour le Oui qui s'interroge sur le Non Bon bah voilà, çe devait arriver : je doute. Dans le camp du non, désormais, il n'y a plus uniquement les rouges-bruns, accompagnés de quelques bo-bos qui se la pêtent révolutionnaires et de quelques sociaux-dém' qui surfent sur le mécontentement social français à des fins électorales personnelles. Il y a aussi des hommes politiques européens responsables. A vrai dire, c'est ce texte, paru vendredi dans Le Monde, qui m'a mis la puce à l'oreille. Dans ce texte, il y a en effet trois éléments, qui me semblent tous essentiels pour formuler une proposition politique crédible, et dont la conjonction manquait à tous les argumentaires pro-non que j'avais lus jusqu'à présent. Trois éléments, à savoir :- 1. Un raisonnement économique percutant. "La Roumanie va adhérer à l'Union. Pour fêter ça, le site des ambassades de Roumanie nous apprend que "le gouvernement vient de prendre des mesures d'allégement fiscal à effet immédiat. L'ordonnance d'urgence prévoit la baisse de l'impôt sur les sociétés de 25 % à 16 %". Comme les voisins baissent leur impôt sur les bénéfices, l'Allemagne fait pareil : l'impôt va passer de 38,3 % à 32 %. En quinze ans, le taux moyen d'impôt sur les bénéfices a déjà baissé d'un tiers en Europe. Pour la France, en 2005, c'est un manque à gagner de 17 milliards (l'équivalent du déficit de la Sécurité sociale plus deux fois le budget du CNRS...). Et le mouvement va s'accélérant." La suite, en conséquence, est pas mal non plus, je vous laisse lire... - 2. Un sens de la conjoncture politique, une intuition des aspirations des peuples. "Partout les esprits évoluent : il y a 18 mois, la directive Bolkestein était acceptée par l'unanimité des commissaires. Elle est contestée aujourd'hui dans un nombre croissant d'Etats. De même, il y a un an, quand certains d'entre nous réfléchissions à des règles du jeu communes en matière de salaire minimum, tous les observateurs ricanaient : "Les Allemands n'en veulent pas !" C'était vrai il y a un an. Mais Gerhard Schröder vient d'annoncer qu'il déposera un projet de loi pour créer un smic avant la fin mai ! Les dégâts du libéralisme sont tels que partout les esprits évoluent. Plutôt que de constitutionnaliser des règles du jeu qui nous mènent dans le mur, il faut d'urgence ouvrir une nouvelle négociation avec ceux qui le veulent." - 3. Un projet politique alternatif et pas trop extrêmiste, et surtout des personnalités crédibles, issues de tous les pays de l'Union, pour le porter. "Il y a un an, notre proposition de traité de l'Europe sociale (5 critères de convergence et 7 articles pour réorienter les politiques) [la version française, me semble-t-il, est ici, note de AeOUI] était soutenue par Jacques Delors, Bronislaw Geremek, Michel Rocard, Stéphane Hessel, Elio di Rupo, Antonio Guterres, Pierro Fassino, Enrique Baron Crespo, Robert Goebbels, Jean-Jacques Viseur et plus de 200 parlementaires de 9 pays de l'Union. Pourquoi ne serait-elle plus d'actualité ?" La signature de ce texte, comportant trois noms d'anciens hauts dirigeants allemand, belge et italien, confirme d'ailleurs cette impression. Bref, l'un des principaux arguments du Oui, dont je me faisais également le porteur - à savoir "Oui, d'accord, ce texte est pas génial mais c'est le seul dont on dispose en l'état, et la concertation qui en est à l'origine est telle qu'il semble difficile d'obtenir un texte plus consensuel en Europe" - est en train de vaciller : on pourrait peut-être, en renégociant longuement avec l'ensemble de nos partenaires européens, obtenir un texte plus "à gauche". Peut-être... Mais alors il y aurait les mêmes protestations à droite (car bon, "200 parlementaires" de gauche, ça ne vaut pas une centaine de conventionnels de toutes les tendances politiques en Europe...) Toujours la même question en somme... Se battre pour un texte qui existera peut-être et être avant tout de gauche ? Ou ratifier un texte qui existe et être avant tout européen ? Je crois tout de même avoir fait mon choix, mais je vous laisse lire, donc. [illus. Oskar Lafontaine, dirigeant socialiste allemand] |
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