|
"Trois questions dispensables à..." : une collection d'interviews désopilantes consacrées aux guerilleros de l'art numérique, online et offline.
Trois questions dispensables à... Michael SzpakowskiCollaborateur de DVblog, vidéaste, musicien, plasticien... La liste des faits d'armes de Michael Szpakowski est longue et ne s'arrête pas à au web.
Pas plus tard que la semaine dernière, il était en Grèce, à projeter sur la façade d'un hôtel la figure fantômatique d'une jeune fille au son de la bossa nova... Sans trop de surprise, c'est donc en vidéo qu'il a décidé de répondre à nos trois dispensables questions. [Cliquez sur les images pour télécharger ou lancer les réponses vidéo.] 1- La vie est-elle diffusée en haute résolution ? Trois questions dispensables à... Rafaël RozendaalDe double nationalité, néérlandaise et brésilienne, Rafaël Rozendaal égraine au fil des années une production minimale à base de petits sites-concept en Flash. 3- Quelle est la température de fusion des idées ?Ca prendra du temps, mais comme nous sommes de plus en plus connectés, toutes nos idées se rejoindront dans la bibliothèque universelle, et finalement, quand toutes les idées auront été indexées et inter-référencées, et quand toutes les sources auront été absorbées, nous entrerons dans l'ère du grand sommeil.
Trois questions dispensables à... Jeff BaijIl est loin d'être une star, mais dans son coin, en solitaire, Jeff Baij sort régulièrement de petites pages HTML qui explorent toujours plus un langage depuis longtemps jugé craignos par les Flasheux du monde entier. ![]() 3- Si ma webcam est cassée, est-ce que je peux utiliser un miroir à la place ? ou plus précisément, si ton miroir est cassé, est-ce que tu peux utiliser une webcam à la place ? non, on ne peut pas. je veux dire, c’est quoi une webcam à part un tout petit miroir avec une sorte de globe oculaire magique qui propulse notre visage dans l’espace ? et qu’est-ce qu’un miroir, à part une webcam feignante ? ou peut-être qu’une webcam est trop ambitieuse. peut-être qu’une webcam a pris la grosse tête. peut-être qu’une webcam devrait se souvenir d’où elle vient et rendre aux gens qui lui ont tant donné toutes ces années. pendant que j’y pense. je suis mortellement effrayé par toutes les choses qui peuvent voir. les globes oculaires, les webcams, les miroirs.
Trois questions dispensables à... Jason NelsonAprès le très diffusé "Game, game, game and again game", l'artiste américain Jason Nelson revient avec "Alarmingly these are not Lovesick Zombies", un nouveau projet de jeu en flash, mi-artistique, mi-ludique, où l'intérêt réside bien plus dans l'esthétique du chaos qu'il explore que dans le monotone passage de niveaux.
Nous profitons donc de l'occasion pour lancer ici une nouvelle série d'interviews, "Trois questions dispensables à...", afin de creuser un peu plus profond dans le cerveau malade de tous ces guerilleros de l'art numérique, online et offline. 1- Penses-tu que la poésie sauvera le monde ? La poésie est une machine, petits pignons cadencés sur douze vitesses. Il y a des collines derrière les collines, tels des faucons à dix vitesses, des vélos à dix vitesses, moins pour les plumes et plus pour l'aluminium, bien plus pour les dix autres, une de moins pour la stabilité. Ces mots sont des extensions métalliques et puériles, canaux canalisant autant d'informations que le divertissement le permet. Et le monde (alliage). Peut-il être sauvé par la poésie, tu demandes par mail ?Cela implique d'abord que quelque chose est à sauver. Comme si les hymnes étaient des chansons à noyer. Aujourd'hui, sous la pluie, j'ai longé la falaise sableuse, le sable n'avance plus depuis les parpaings, voitures lourds et carré sans fenêtre. Sérieusement, j'ai marché dans l'océan, ici dans la merveille touristique de l'Australie, la Côte Dorée. Et comme les vagues éclataient, ce brouillard liquide cliché que les mouvements massifs étend, j'ai pensé à ta question. Si j'étais futé, affûté (il y a deux bouchers au supermarché Q), je pourrais écrire quelques mots mi-sarcastiques, mi-poétiques, pour propager ma chute dénuée de charme. Ou je pourrais étaler ma science fragile avec des mots qui détaillent mes connections, ma recherche poussée des choses qui me bouleversent profondément. Donc je devrais répondre, après tout ce non-sens, que le monde est un gadget et la poésie est un gadget, et les carrés n'existent pas sur des écrans à pixels. 2- Le chaos est-il ludique ? Peut-être qu'au lieu d'être faits de souvenirs, nous sommes faits de pensées à venir, particules fantômes avec masse et vitesse qui changent chaque action future en événements passés. Donc par exemple, moi dans une maison du Queenslander, à une centaine de mètres de la mer. La maison a été aménagée en bar occasionnel, et chaque mardi, demi-artistes et poètes temporaires se réunissent pour une soirée de performances et de quiz. Et ton équipe, qui porte le nom de ces calculatrices à LED fait de nombres et qui se terminent par "e", composée de gens que tu connais, que tu ne veux pas connaître et ne connaîtra jamais, vient juste de gagner en répondant par de fines déductions. Puis peu de temps après la victoire, le prix étant un ticket-boisson imprimé avec un chaton et la minable police de caractère style cartoon, tu remarques un groupe de filles inconnues qui s'en va, qui ne ricanent pas mais parlent fort de quelque demi ou moins-que-demi conquête. Quand elles sont parties, sur les sièges qu'elles occupaient, encore creusés et parfumés, il y a un porte-feuille, plein de monnaie australienne et d'éventuels secrets. D'abord, tu envisages de le confier au personnel du bar ou de le laisser à ces gosses à moitié hippies pour qu'ils le fouillent et récupèrent de la monnaie pour leur shit. Mais en fait, pour une raison inconnue, tu quittes ton groupe, discutant joyeusement de sa victoire au quiz, attrapes le porte-feuille, et pars à la recherche de son propriétaire. Tu cours même dehors, bien que ce ne soit pas ton genre de courir, guettant un démarrage de voiture et des robes noires. A quelques rues de là, tu les vois et cours en criant le mot "porte-feuille", et t'arrêtes essoufflé, stop. Elles sont effrayées mais elles se retournent, et quand tu rends le porte-feuille à la fille, elle semble à la fois reconnaissante et apeurée. Pas vraiment sûre de comment tu as pu la retrouver, et surtout pourquoi. Où je voulais en venir ? Je ne suis jamais vraiment sûr. |
Discussions en cours sur les forums :
|