Après Arrêt sur images, et en attendant Detoxinfos (site satirique bientôt en ligne d'après Rue 89), voici donc Mediapart, le nouveau site d'information lancé par Edwy Plenel.
Mediapart fait d'abord le pari que les internautes sont prêts à payer pour des informations généralistes, secteur saturé de toutes parts et où la concurrence des ".fr" de grands quotidiens est âpre. Même s'il emploie des collaborateurs de qualité (dont l'ami Davduf, ou Jade Lindgaard transfuge des Inrocks) quelle sera la valeur ajoutée de Mediapart ? Surtout avec seulement 25 journalistes, ce qui est à la fois peu comparé à une rédaction "classique" et énorme en terme de rentabilité de la structure. L'article en Une sur l'hémorragie des adhérents au PS, pour intéressant qu'il soit, n'est ni un scoop, ni une analyse plus ambitieuse que ce qu'on aurait pu lire dans Le Monde ou Libération ou Rue 89. Dans une tribune dont je ne retrouve pas le lien Lindgaard imagine bien une piste avec l'investigation sociale mais tout cela restait assez évasif.
Mediapart parie ensuite qu'il peut aller contre des usages web plutôt bien installés. Contre la gratuité donc mais aussi contre de nouvelles habitudes de consommation types rss qui agrègent des fils spécifiques au détriment des "medias packagés".
Mediapart parie donc sur la transposition pure et simple du journal papier en numérique (après tout 9 euros c'est moins cher que le Fig, merde...) mais avec trois éditions dans la journée, le tout agrémenté d'un "lieu d’une conversation démocratique entre des citoyens qui discutent et échangent autour du journal dont ils sont les lecteurs fidèles. Le club d’une réinvention de nos pratiques démocratiques, à l’instar des clubs révolutionnaires qui furent les lieux de l’invention républicaine". Euh... à l'instar des forums en ligne aussi Edwy, non ?....
Autre rupture du même ordre : s'inscrire en dehors de l'économie de l'information qui suppose l'intégration et le référencement de ses contenus dans les moteurs de recherche. La circulation par lien de l'information faisant le reste. Imaginez les gens discuter autour des quotidiens posés sur le comptoir avec au milieu d'eux un Mediapart sous plastique que personne n'ose ouvrir.
En offrant un maximum de ses contenus en free access sur les moteurs malgré une partie payante rentable, le New-York-Times a compris qu'il avait plus d'intérêt (notamment commercial mais pas seulement) à faire circuler son info et donc sa marque.
Regardez Daniel Schneidermann, on en parle nettement moins maintenant qu'il faut casquer pour écouter ce qu'il a à nous dire. (Combien de temps avant le système mixte large partie gratuite/ petite partie payante ?)
Ce qui nous amène au dernier point :
Mediapart parie que le nom d'Edwy Plenel peut suffire à porter une communauté de lecteurs. Une communauté qui serait capable de s'enquiller ce genre d'éditos :
| La télé résiste au net et aux smartphones, pas la presse papier |
| Les internautes américains se moquent des sites d'info (enfin d'après Nielsen) |
| Les parents british font-ils pire que Rupert Murdoch ? |
| L'Ipad cannibalise trop vite la presse écrite |
| Le nouveau twitter peut-il aider les éditeurs de contenus ? |
| Le web, la presse, la télé et le portable sont morts. Who's next ? |
| La réforme des retraites en mode vuvuzela |
| L'avenir de la presse est dans le Lego |
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Afficher par : naissance / nationalité / métiers
Sérieusement qui va payer pour avoir une info ailleurs gratuite ?
Déjà que les quotidiens sont endettés et parviennent à peine à continuer d'exister...
Donc, c'est bien dommage pour les journalistes qui veulent y croire, mais je suis ouvertement pessimiste.
Les esclaves lisent l'infox en continu sur
Les Rockuptibles, le site de Les Intouchables.
une peur moustachue
une peur indépendante idéologiquement
une peur verte
une peur bleue
une peur multicolore des pulls de france télévision
allez... heureusement j'ai déjà oublié le nom de son site
J'ai pas du comprendre: il faudrait payer pour lire un journal qui donne en "une" des scoop du genre: "y'a de moins en moins d'adhérents au PS"? sans blague.
Du coup, le lecteur ne se taperait l'"analyse" que parce qu'il l'aurait cher payée, c'est sur...
Ca me rappelle le type qui trouvait "excitant" l'arrivée du nouveau mensuel branchouille pour hommes qui sentent pas des aisselles.
PS (pour post scriptum, hein?): le crypto de vérif de mon post, c'est "Lorie"...C'est une blague?
Je vous confirme que je n'avais pas l'impression d'être sur le scoop de ma vie en enquêtant sur le nombre d'adhérents du PS. Mais les unes de Mediapart ne sont pas forcément des scoops, et c'est aussi pourquoi j'ai quitté 20 Minutes (où j'étais très bien). Pour avoir le temps de fouiller un sujet et d'en expliquer les enjeux comme les détails. Ou de ne pas faire parler que des politiques et des chercheurs ayant un accès quasi-incontournable aux médias (cf. Cevipof ou Dominique Reynié). Il y en a que ça n'intéresse pas et préfère Google Actu. Je les comprends et trouve que des sites comme 20minutes.fr, Libelabo ou Rue89 sont excellents. Mais, de l'intérieur, je vous assure que l'expérience est très enrichissante, pour les internautes comme pour les journalistes. Le site est gratuit jusqu'à dimanche, l'espace blogs le sera tout le temps. Venez donc faire un tour Ca vous plaira peut-être plus que la vidéo de Plenel ;-)
PS: ceux qui n'ont pas aimé le papier sur le PS, évitez celui sur le PC où il n'y a absolument aucun scoop
Loin de nous l'idée de te reprocher un papier fouillé et bien foutu, la question était envisagée ici sous l'angle du business model choisi par Mediapart - paiera t-on pour une info géné même de qualité ?
Je ne doute pas que l'aventure est excitante pour un journaliste : "hey, viens chez nous faire des papiers fouillés, anglés plutôt que de te coltiner le tout-venant de l'info"
bon courage en tout cas
Comme beaucoup de ceux qui sont ici, je lis peu, très peu,de journaux. Il y a des occasions : coiffeur, dentiste, médecin, hôtel, avion, train... Là, j'entretiens mes raisons de ne plus les acheter.
En fait, je ne crois plus à l'objectivité des journalistes, à la neutralité politique de leurs écrits. Plus du tout.
Dès lors, qu'ils écrivent sur le Net après avoir écrit sur du papier ne change rien. Si, en plus ils sont payants, non merci.
Ce que je paierais peut-être, c'est une information que je ne trouverais pas sur des sites gratuits et bien faits, bien écrits, qui existent déjà et qui acceptent que leurs articles soient commentés illico.
En général, on y trouve facilement des sujets traités, non pas par des dilettantes, mais par des spécialistes. Un article sur les OGM, le réchauffement climatique, le Tibet, a toutes les chances d'être chiadé sur ces sites-là qui donnent la parole à ceux qui savent, pas à des généralistes qui découvrent le sujet... parfois dans les colonnes d'un confrère. Ils sont clonés.
Libération écrit un gras mensonge sur le Venezuela et le répète pendant 10 jours (pas vrai J.H. Armengaud ?), le reste de la presse le reprend. Le faussaire est démasqué? Le reste de la presse le soutient ou se tait.
Toute la communauté des Internautes connaît cette histoire et Libé fait comme si elle n'avait pas existé. Bon, je dis Libé, j'en ai autant pour le Monde.
Bref, ils ont réussi à discréditer les medias installés.
Plenel aura du mal à faire oublier Le Monde.
Je prends les paris pour un échec de mediapart qui durera ceux que dureront les fonds investis. Désolé de vous avoir agacé.
Les tragi-comédies de journaleux parisiens, sous couvert de déontologie et de bon sentiment, nous barbent ; surtout lorsque les incendiaires proviennent d'un web-zine qui n'est que trop évidemment au service du bon goût bourgeois de ce début de millénaire, du marché de l'art et de la coupette de champoc !!!
Mes amis, vous qui modérez si bien par ailleurs les propos de vos lecteurs dans vos rubriques, modérez donc vos propos vis à vis de vos confrères, et laissez hors de ces traitres aigreurs le vieux monde s'étouffer en silence.
Adieu siatz.
Est-ce que la culture est autre chose que du "bon goût bourgeois" ?
Je déconne pas. Ca n'est peut-être pas l'endroit pour en parler, mais en tout cas, c'est une vraie question.
Si c'est un journal d'opinons non merci pour les opinions de Plenel! DSi c'est un journal d'infos elles sont fraiches comme des harengs en caque! (1)Alors ce n'est pas encore demain que ce cher trotskiste va épater les foules même s'ilréussit à faire croire qu'il est u n journaliste. mais à Paris il y tellelmebn de fada!
'1) Les harengs des tropiques chers à Pagnol évidemment!
http://www.mediapart.fr/journal/france/270508/medecins-infirmieres-et-si-l-soignait-autrement
Nicolas Sarkozy critique la gratuité des journaux sur le Net
Pour sa première intervention médiatique hors les murs de l’Elysée ce matin, on ne peut pas reprocher au président de la République de ne pas avoir soigné la mise en scène : en pleine nuit, visite au marché de Rungis avec Carla à son bras (évitant prudemment le pavillon des poissons) et, dans la foulée, une heure d’interview sur RTL pour parler à «la France qui se lève tôt et qui travaille, ou qui va à son travail en voiture». Ni d’avoir lésiné sur le nombre des sujets abordés, la hausse des prix, notamment de l’essence, les retraites, la réforme de l’Etat, il a même été longuement question de la situation de la ligne A du RER (annonce d’un déblocage immédiat de 250 millions d’euros par l’Etat). L’hyperprésident était de retour.
Mais Nicolas Sarkozy a surpris son monde en consacrant une part importante de son intervention aux problèmes de la presse. Annonçant l’organisation d’états généraux pour cet automne, il a pris le contre-pied des critiques qu’il avait lui-même proférées ces dernières semaines à de multiples reprises à l'adresse des médias accusés de caricaturer son action pour se porter à leur chevet. Docteur Sarkozy avait préparé son coup. Il avait prévu d'aborder le sujet qui est arrivé en quasi fin d'émission par une question posée par Alain Duhamel. Estimant qu’«il ne pouvait y avoir de démocratie sans presse » et que la situation de la presse écrite était « un grand problème », le président de la République a souhaité réunir les patrons, les directeurs des journaux, mais aussi des radios et de la télévision, afin de voir comment améliorer la situation. Pour l’écrit, il a notamment pointé les difficultés de la distribution (surtout dans les villes) et la sous-capitalisation du secteur, et il s’est lancé dans une critique aiguë de la gratuité des journaux sur le Net: