Avant-dernier post de ma mini-série sur les précurseurs du Web.Dans « L'Age de l'Accès », Jeremy Rifkin décrit la transition du capitalisme de marché vers un capitalisme de réseau, dans lequel c'est moins la production des objets manufacturés, qui génère de la valeur, que celle des concepts. Cette transition s'accompagne d'une marchandisation de ce que nous avons de plus intime (et de plus partagé à la fois) : le langage.
Un des problèmes actuels du capitalisme est le contrôle et l'optimisation de ce nouveau marché : la Taylorisation, du nom de Frederick Taylor (1856-1915), auteur de « The Principles of Scientific Management », se poursuit désormais sous la forme d'une Taylorisation du discours, dont les ressorts apparaîssent aujourd'hui au grand jour :
1) D'un côté, les media spectaculaires comme la télévision indiquent une direction principale permettant d'orienter grossièrement le flot global de la pensée des spectateurs-consommateurs. Mais, comme l'avoue Patrick Le Lay dans la deuxième partie de sa citation désormais célèbre sur le « temps de cerveau humain disponible » : « Rien n'est plus difficile, que d'obtenir cette disponibilité. C'est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l'information s'accélère, se multiplie et se banalise ». On voit ici les enjeux pour les fournisseurs de spectacle, qui, confrontés aux limites de la télé-réalité et de l'audimat, rêvent d'outils scientifiques d'analyse de tendance.
2) D'où le deuxième temps : il faut donc un dispositif de contrôle additionnel qui viendrait mesurer l'écart par rapport à la direction principale et anticiper les bifurcations incessantes dans un milieu informationnel de plus en plus fluide et instable. C'est dans ce mécanisme récursif que la dimension panoptique du Web intervient. Ainsi, Google, issu des concepts libertaires des débuts de l'Internet, mais qui en fin de compte a inauguré le capitalisme sémantique, n'est pas un fournisseur de spectacle : c'est plutôt une structure de vampirisation, qui tire sa matière première de la parole des internautes, dont il revend ensuite les désirs les plus intimes.
Ce dispositif global de monitoring scientifique de la pensée et de prédiction de nos actes, scelle l'union de la société du spectacle et de la société de contrôle.
Prochain et dernier post : le Web après le Web
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et j'y ai appris que Larousse était sur un projet d'encyclopédie participative. Après quelques infos drainées ci et là
il semble que le projet de Larousse super confidentiel, ait démarré depuis un an, et soit d'un concept quasi identique à celui de Google.
Il devrait sortir début 2008. Autant Google non, je m'intéresserai à celui de Larousse.
Sans ce deuxième message exactement identique au précédent et posté sur un sujet qui n'a rien à voir, on aurait jamais deviné que vous étiez un robot de marketing viral qui bosse pour Larousse !