Le Web avant le Web : Frederick TaylorPosté par Christophe Bruno le 27.09.04 à 10:17 | tags : lectures
Avant-dernier post de ma mini-série sur les précurseurs du Web.Dans « L'Age de l'Accès », Jeremy Rifkin décrit la transition du capitalisme de marché vers un capitalisme de réseau, dans lequel c'est moins la production des objets manufacturés, qui génère de la valeur, que celle des concepts. Cette transition s'accompagne d'une marchandisation de ce que nous avons de plus intime (et de plus partagé à la fois) : le langage. 1) D'un côté, les media spectaculaires comme la télévision indiquent une direction principale permettant d'orienter grossièrement le flot global de la pensée des spectateurs-consommateurs. Mais, comme l'avoue Patrick Le Lay dans la deuxième partie de sa citation désormais célèbre sur le « temps de cerveau humain disponible » : « Rien n'est plus difficile, que d'obtenir cette disponibilité. C'est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l'information s'accélère, se multiplie et se banalise ». On voit ici les enjeux pour les fournisseurs de spectacle, qui, confrontés aux limites de la télé-réalité et de l'audimat, rêvent d'outils scientifiques d'analyse de tendance. 2) D'où le deuxième temps : il faut donc un dispositif de contrôle additionnel qui viendrait mesurer l'écart par rapport à la direction principale et anticiper les bifurcations incessantes dans un milieu informationnel de plus en plus fluide et instable. C'est dans ce mécanisme récursif que la dimension panoptique du Web intervient. Ainsi, Google, issu des concepts libertaires des débuts de l'Internet, mais qui en fin de compte a inauguré le capitalisme sémantique, n'est pas un fournisseur de spectacle : c'est plutôt une structure de vampirisation, qui tire sa matière première de la parole des internautes, dont il revend ensuite les désirs les plus intimes. Ce dispositif global de monitoring scientifique de la pensée et de prédiction de nos actes, scelle l'union de la société du spectacle et de la société de contrôle. Prochain et dernier post : le Web après le Web Commentaires
De bobig, posté le 23.08.06 à 09:02
![]() Passionnant ! je vais garder précieusement les liens de cette série dans mes favoris. ça fait longtemps que je n'ai pas été enthousiaste sur le web.Merci encore. De Kat, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Ne faudrait-il donc pas parler également de Pierre Larousse, l'inventeur du dictionnaire à entrées moderne, autrement dit de la lecture hypertexte ? Kat De Yenayer, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Je pense que c'est une supercherie de croire que les "fournisseurs de spectacles" soient obligés de suivre la mode ou de surfer sur les tendances. Ces fournisseurs de spectacle ( Gros médias, publicité, producteurs de gadgets, etc.. ) c'est eux qui définissent les modes et tracent les tendances .. Dans "leur monde" le seul effort qu'ils doivent faire, c'est lutter pour être le premier, dépasser la concurrence. Car fondamentalement M6 et TF1 font la même exactement la même chose. Ce n'est pas parce que M6 a devancé ( chronologiquement ) TF1 dans la télé-réalité que pour autant ces deux fournisseurs de spectacles-faiseurs de tendance et de modes, sont différents. La publicité crée le besoin en en inventant sans cesse de nouveaux ( appellons ces besoins "mode" ou "tendances" ) et TF1 et M6 sont là pour convaincre les téléspectateurs-consommateurs que ces besoins sont vitaux, en plus de créer eux-mêmes leurs propres besoins. Parce que les outils scientifiques "d'analyse de tendance" serviraient à quoi, sinon qu'à voir quels sont parmi les besoins crées ( par la pub , M6 et TF1 , ...), ceux qui sont les plus prisés pour appuyer encore plus sur cette tendance ou en dériver d'autres similaires. De , posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Attention de pas jeter l'enfant avec l'eau du bain le web, et chaque ordi qui le constitue, doit être vue comme un lieu public (comme la boîte aux lettres non fermée qui est devant la maison) alors utilisons-le en sachant que chaque texte, son, image transmis par n'importe qui à n'importe qui peut être surveillé automatiquement, et avec identification des correspondants une autre option, qui s'imposera peut-être rapidement suite à la déplétion du pétrole, c'est de renoncer à la technologie en lui préférant le savoir, l'expérience et la pratique d'une vie en harmonie avec la nature De , posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Un peu cours, jeune homme ! De The Brain, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Enfin un blog qui propose de vendre directement votre temps de cerveau disponible aux annonceurs ! Enfin la lobotomie qui rapporte ! De 3pommes, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Vive l industrie culturelle adorno avait vu juste ... De CIEL!!!, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Taylorisation du discour? Je n'y crois pas vraiment... Ce serait considéré l'être humain comme un être facilement influençable et dénué d'une certaine liberté accaparé par ces fameux média spectaculaires et autres vampirisateurs de paroles... Zut! et si c'était vrai??!! Moi, qui considéré Google comme un inoffensif moteur de recherche... De julienb, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Ce n'est pas tant la marchandisation du langage que celle de l'expérience qui est décrite par Rifkin, et qui s'associe donc à la société du spectacle et à la création de valeur par ses acteurs eux-mêmes... De bobig, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Passionnant ! je vais garder précieusement les liens de cette série dans mes favoris. ça fait longtemps que je n'ai pas été enthousiaste sur le web.Merci encore. De Kat, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Ne faudrait-il donc pas parler également de Pierre Larousse, l'inventeur du dictionnaire à entrées moderne, autrement dit de la lecture hypertexte ? Kat De Yenayer, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Je pense que c'est une supercherie de croire que les "fournisseurs de spectacles" soient obligés de suivre la mode ou de surfer sur les tendances. Ces fournisseurs de spectacle ( Gros médias, publicité, producteurs de gadgets, etc.. ) c'est eux qui définissent les modes et tracent les tendances .. Dans "leur monde" le seul effort qu'ils doivent faire, c'est lutter pour être le premier, dépasser la concurrence. Car fondamentalement M6 et TF1 font la même exactement la même chose. Ce n'est pas parce que M6 a devancé ( chronologiquement ) TF1 dans la télé-réalité que pour autant ces deux fournisseurs de spectacles-faiseurs de tendance et de modes, sont différents. La publicité crée le besoin en en inventant sans cesse de nouveaux ( appellons ces besoins "mode" ou "tendances" ) et TF1 et M6 sont là pour convaincre les téléspectateurs-consommateurs que ces besoins sont vitaux, en plus de créer eux-mêmes leurs propres besoins. Parce que les outils scientifiques "d'analyse de tendance" serviraient à quoi, sinon qu'à voir quels sont parmi les besoins crées ( par la pub , M6 et TF1 , ...), ceux qui sont les plus prisés pour appuyer encore plus sur cette tendance ou en dériver d'autres similaires. De , posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Attention de pas jeter l'enfant avec l'eau du bain le web, et chaque ordi qui le constitue, doit être vue comme un lieu public (comme la boîte aux lettres non fermée qui est devant la maison) alors utilisons-le en sachant que chaque texte, son, image transmis par n'importe qui à n'importe qui peut être surveillé automatiquement, et avec identification des correspondants une autre option, qui s'imposera peut-être rapidement suite à la déplétion du pétrole, c'est de renoncer à la technologie en lui préférant le savoir, l'expérience et la pratique d'une vie en harmonie avec la nature De , posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Un peu cours, jeune homme ! De The Brain, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Enfin un blog qui propose de vendre directement votre temps de cerveau disponible aux annonceurs ! Enfin la lobotomie qui rapporte ! De 3pommes, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Vive l industrie culturelle adorno avait vu juste ... De CIEL!!!, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Taylorisation du discour? Je n'y crois pas vraiment... Ce serait considéré l'être humain comme un être facilement influençable et dénué d'une certaine liberté accaparé par ces fameux média spectaculaires et autres vampirisateurs de paroles... Zut! et si c'était vrai??!! Moi, qui considéré Google comme un inoffensif moteur de recherche... De julienb, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Ce n'est pas tant la marchandisation du langage que celle de l'expérience qui est décrite par Rifkin, et qui s'associe donc à la société du spectacle et à la création de valeur par ses acteurs eux-mêmes... De ABDO, posté le 19.12.07 à 15:57 ![]() Moi même utilisateur de Wikipéda j'ai lu le livre "la révolution wikipédia", pas très objectif d'ailleurs, et j'y ai appris que Larousse était sur un projet d'encyclopédie participative. Après quelques infos drainées ci et là il semble que le projet de Larousse super confidentiel, ait démarré depuis un an, et soit d'un concept quasi identique à celui de Google. Il devrait sortir début 2008. Autant Google non, je m'intéresserai à celui de Larousse. De Troudair, posté le 21.12.07 à 09:40 ![]() Bien joué Abdo ! Sans ce deuxième message exactement identique au précédent et posté sur un sujet qui n'a rien à voir, on aurait jamais deviné que vous étiez un robot de marketing viral qui bosse pour Larousse ! Ajouter un commentaire |
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