Lagardère acquiert Doctissimo : "Vous avez encore été rachetés ?"
Le rachat de Doctissimo par Lagardère répond évidemment et avant tout à une logique industrielle très simple : plus on est gros, plus on est gros. En phase de concentration accélérée, la viabilité économique des acteurs « moyens » (fussent-ils leaders sur leur secteur, comme l’est Doctissimo sur le segment féminin) peut à terme devenir problématique. En s’adossant à un acteur industriel de premier plan, Doctissimo se donne les moyens de croître, de s’internationaliser, de sécuriser ses actifs et ses équipes. Lagardère de son côté absorbe une très jolie audience, un chiffre d’affaires conséquent, et un vivier de compétences pour dynamiser l’ensemble de son pôle numérique. Voilà pour la logique. « Et Fluctuat dans tout ça ? » vous demandez-vous en vous endormant sur ce billet tel un analyste financier repu et débonnaire sur son exemplaire des Echos tâché de gras. On y arrive. Et on reviendra, après un nouveau crochet industrialo-économique, sur les aspects éditoriaux. Commençons par signaler que l’auteur de ces lignes n’est pas actionnaire de Doctissimo, que la décision ne lui appartenait pas, mais qu’il fut consulté en tant que membre de la direction et approuva cette décision (il faut aussi qu’il arrête de parler à la troisième personne, on va le prendre pour un psychopathe). En cela, et en ce qui nous concerne, le rachat de Doctissimo sonne en quelque sorte comme l’Acte II du rachat de Fluctuat par Doctissimo en 2006. Nous savions très bien en 2006 que nous perdions le contrôle sur de possibles (voire de probables) concentrations futures, mais nous faisions le pari que nous y gagnerions en moyens et en pertinence éditoriale. Les moyens suivirent, et la pertinence éditoriale… aussi – quoique ce point mérite d’être laissé à l’appréciation des lecteurs, c’est en tout cas le sentiment général de l’équipe. Et c’est à nouveau ce pari qui expliquait l’approbation par l’équipe de la perspective de rachat par Lagardère.
Dans le paysage médiatique tel qu’il se dessine, il est fort probable que les trois modèles d’édition existants devront adapter leur fonctionnement à leurs ambitions éditoriales, chacun avec ses contraintes :
- enfin, les éditeurs indépendants petits et moyens qui s’inscrivent dans un circuit commercial (publicité ou abonnement) seront les plus chahutés : certains s’adosseront à des structures plus importantes, d’autres réduiront la voilure pour limiter leurs frais et rester viables, beaucoup sans doute disparaîtront. Péremptoire, sinistre ? Peut-être. Mais quand on connaît l’audience cumulée des « alter médias » (Wikipedia étant l’exemple le plus emblématique) et des grands groupes, l’équation devient vraiment délicate pour les éditeurs de taille modeste, très nombreux à se partager une part d’audience congrue. Un certain nombre de « nano-éditeurs » tireront sans aucun doute leur épingle du jeu, de par leur qualité ou leur spécialisation. Le one-man-media sera l’un des modèles les plus prisés et les plus chics du genre.
Notez que j’utilise un futur d’anticipation tout à fait seyant pour renforcer la dramaturgie du propos… mais j’aurais tout aussi bien pu utiliser le présent. On y est. Au final, et contrairement à ce qu’affirment les gardiens du temple, le pluralisme des médias a de très beaux jours devant lui. Grâce au web, surtout, le nombre de « titres » a littéralement explosé. Même avec l’échec prévisible de certains petits et moyens éditeurs « commerciaux », le nombre global de titres (médias alternatifs compris) restera très largement supérieur à ce qu’il a pu être il y a 20 ans. Par contre, effectivement, la reconfiguration du paysage médiatique invite à revoir les modèles industriels de production des médias.
Pour revenir à Fluctuat : malgré une audience assez considérable (4 millions de visiteurs en janvier selon Médiamétrie), le site continue aujourd’hui à perdre de l’argent. Plus pour longtemps, espérons-le. Si nous n’étions pas adossés au Groupe Doctissimo, largement bénéficiaire, nous serions économiquement morts. Réduire la voilure ? Impensable, alors que justement nous trépignons d’impatience à l’idée de renforcer certaines rubriques et de lancer de nouveaux projets. Au sein de Lagardère Active, Doctissimo Editions conserve une large part d'autonomie managériale, éditoriale commerciale et technologique. Dans ce contexte il n'y a aucune raison que les moyens consentis pour le développement de Fluctuat soient réduits ou que nous subissions un quelconque contrôle éditorial. Cette question a déjà été posée dans un commentaire sur l’élégante saillie de Sarkozy au Salon de l’Agriculture. Devrons-nous cirer les pompes à talonnettes de l’uberchti-bonhomme ? Nous fendre d’un mini-site sur les meilleurs spots pour faire atterrir son Super Puma ? Une des réponses possibles est : continueriez-vous à nous lire si tel était le cas ? Une bonne raison pour que ça n'arrive pas. « Vous prenez des exemples caricaturaux, mais le contrôle sera évidemment bien plus insidieux ». L’indépendance éditoriale est une denrée précieuse, complexe, à plusieurs variables (moyens, émission, réception). Le meilleur moyen de la garantir est la réussite de notre projet : que nous continuions à fédérer autour d'un média pop, ouvert, intelligent et drôle, comme celui que nous aimons faire depuis dix ans. En toute liberté. Commentaires
De Le Grand Nicolas, posté le 25.02.08 à 15:07
![]() Malgré tout , je suis tout de même assez hostile au rachat par des groupes de presse traditionnelle de structures typiquement internet . Nombre de journaux sont devenus tellement fades après avoir été ainsi rachetés , il serait particulièrement désagréable que la meme chose se produise sur le net . Le Petit Nicolas (mais en Plus Grand) De Editarnost, posté le 25.02.08 à 15:17 ![]() "En toute liberté." …gardons ce billet bien au chaud. Nous reparlerons de tout cela lorsque vous serrez débarqué très cher Gflu. Votre optimisme d’apparat fait plaisir à lire mais êtes-vous vraiment convaincu, au sens lacanien, de vos sermons capitalisto-hypnotiques ? De gflu, posté le 25.02.08 à 15:36 ![]() Je ne suis convaincu de rien, cher Editarnost. Et c'est ce qui me rend "modeste et pragmatique" (c'est assez prétentieux dit comme ça, j'en conviens). Maintenant oui, on garde tout bien au chaud, et on pourra sans doute en reparler au coin du feu dans un futur plus ou moins lointain. De rbl, posté le 25.02.08 à 16:00 ![]() Les grands groupes cherchent de plus en plus à prendre un part importante à ce nouveau mode de diffusion de l'information (et de la publicité) . J'espère pour vous que ce rachat sera bénéfique et si le contenu devient trop fade il est très simple pour vos lecteurs de changer de site. De Politix, posté le 25.02.08 à 16:57 ![]() Le point de vue est intéressant, mais sur quel critère jugez-vous que "le pluralisme a de beaux jours devant lui" ? C'est une impression subjective ou une affirmation fondée sur des faits ? De 2to, posté le 25.02.08 à 17:04 ![]() En résumé, et si un jour vous vous sentez obligé de taper sur Lagardère, vous avez des garanties éditoriales? De Sandor, posté le 25.02.08 à 18:20 ![]() Oui bah moi quand Doc a racheté Flu j'ai plus pu écrire ce que je voulais et c'est pour ça que je me suis barré. Chacun a sa vision de la liberté. De gflu, posté le 25.02.08 à 19:06 ![]() @Politix : il faudrait mettre des chiffres sur les petits x si c'est ce que tu veux dire, et effectivement je ne l'ai pas fait : nombre de noms de domaines "médias", nombre de personnes travaillant dans les secteurs de la communication et des médias etc. Selon moi c'est donc bien factuel, mais je n'ai pas des stats dans la manche. Un sujet qui pourrait être intéressant à creuser... @2to : dans des discussions de ce type, la question n'est pas "est-ce qu'on a le droit de taper sur Lagardère et sur Sarkozy, ou juste sur TF1 et Berlusconi ?", mais bien plus simplement : "est-ce qu'on est contrôlés à un moment ou à un autre dans la chaine d'édition ?". Et la réponse à cette seconde question est : non. Au demeurant, en 10 ans d'existence on n'a jamais eu l'occasion de "taper sur Lagardère". Je pense que ce mode de lecture du "saint des saints" journalistique est complètement tronqué à vrai dire. La poutre, la paille, tout ça... Pour être complets et aller dans ton sens, prenons un exemple extrême : imaginons que Fluctuat tombe sur une information très compromettante mettant en scène une personnalité en vue de l'actualité (un Président, au hasard). La publions-nous, et à quel risque nous exposons-nous ? 1/ Tout dépend de la valeur de l'information et de sa portée. Pour reprendre une exemple récent nous n'aurions sans doute pas publié la navrante histoire du SMS élyséen. Nous l'avons traitée en reprise (dictature de l'information ?) mais nous n'aurions sans doute pas lancé l'info. Et si nous l'avions fait ?... 2/ Oui, le risque existe, il est juridique, il est "managerial", et nul ne peut complètement l'exclure dans aucun média que ce soit. Le rédacteur en chef de l'Humanité ne ferait pas long feu si il défendait la politique de Xavier Darcos. C'est comme ça. Nous à Flu on n'est ni l'Humanité, ni Le Figaro. Mais affirmer qu'il n'y a aucun risque dans ce métier me semblerait bien naïf. @Sandor : Ne confondons pas positionnement éditorial et "censure éditoriale"... Que tu n'ais pas partagé certains choix et que tu sois parti est tout à fait compréhensible et respectable. Faire d'un cas personnel une généralité (il s'agissait notamment de discussions en ciné, ndlr, mais je crains qu'on embraye sur une discussion perso qui n'a pas vraiment sa place ici) n'est pas très pertinent je pense, et surtout pas très respectueux pour ceux qui sont restés et ont pu éprouver concrètement la liberté qui leur était donnée... Donc oui, sans doute, chacun sa vision de la liberté... De pouet, posté le 25.02.08 à 22:25 ![]() Faudrait pas qu'il vous arrive un truc de ce genre hein : L'intersyndicale d'Hachette Filipacchi Associés (HFA), filiale de Lagardère Active, a dénoncé lundi "avec la plus grande énergie" la façon dont la société Relay (vente de journaux, propriété de Lagardère) a camouflé une affiche du magazine Courrier international. Selon HFA, qui soutient la Société des Journalistes (SDJ) de Courrier international, la partie supérieure de l'affiche (reproduisant la Une du magazine) a été repliée de façon à cacher les mots "Sarkozy, ce grand malade" dans les points de vente de la société Relay. De gulli, posté le 25.02.08 à 22:30 ![]() Vivement une fusion/convergence ado.fr / evene.fr / leJDD culture / et fluctuat.net qui il y ait un peu moins de chaînes dans le bouquet Lagardère Active. Un peu de rationalité que diable !Quatre stagiaires et un pigiste bulgare pourraient alimenter l’étendue de ce portail pop-culturel. De Nicolas R, posté le 26.02.08 à 00:57 ![]() Je trouve que certaines des réactions publiées ici sont particulièrement dures, voir ineptes. Les belles considérations idéologiques n'entretiennent pas seules un portail multimédia au contenu riche, et c'est bien là un fait saillant qu'il faudrait peut-être commencer à accepter. C'est un peu comme quitter son travail et dire à sa femme et ses enfants: "Ne vous en faites pas, on vivra d'amour et d'eau fraîche". Vous savez quelle tronche ça a quelqu'un qui ne s'est nourri que d'amour et d'eau fraîche pendant un mois ? Bah oui, une tronche de ... mort. Souhaiteriez vous la même à Fluctuat ? " ... malgré une audience assez considérable (4 millions de visiteurs en janvier selon Médiamétrie), le site continue aujourd’hui à perdre de l’argent." Avons nous lu le même texte ? Ou peut-être que certains ici ont une notion très flottante de la réalité ? De 4 zePipol, posté le 26.02.08 à 01:01 ![]() Evene.fr appartient au Figaro. Quant au coup de Relay, c'est lamentable et en même temps très comique puisqu'une fois de plus l'acte de censure donne plus d'écho à ce titre anecdotique que si il avait été publié tel quel. J'ai du mal à comprendre que les gens chez Lagardère / Relay n'aient pas anticipé ça. A moins qu'ils aient réellement flippé des répercussions juridiques d'un tel titre ? C'est que le petit père des people a la détente facile en ce moment côté procédures... De gulli, posté le 26.02.08 à 06:33 ![]() @4 zePipol : En effet Evene appartient à la Socpresse, filiale à 100% du Groupe Industriel Marcel Dassault (GIMD), ce même GIMD détiend 20% du capital de Lagardère Active qui vient donc de croquer 53,3% du capital de Doctissimo. @Nicolas R : vous avez raison, nous ne sommes que d'affreux punks à chiens salement utopistes et une bande de funestes cassandres névrosés. Acceptons sereinement de consommer de la culture en ligne étiquetée Lagardère, c’est pas plus mauvais qu’un multiplexe Gaumont (7% de GIMD), qu’un Livre de Poche (100% Lagardère Publishing), qu’un spectacle à l’Olympia (100% Vivendi), qu’un film des frères Cohen (alliance TFM/Miramax, 6% de participation GIMD) ou d'une Môme (TFM 51% Bouygues). La foret des médias -->http://forestent.free.fr/sitemap.html est si dense et son écosystème si pluriel. @ gflu : Pour rester dans la métaphore misérabilisto-morbide deNico R : "Mourir en combattant, c'est la mort détruisant la mort. Mourir en tremblant, c'est payer servilement à la mort le tribut de sa vie" (Richard II) De Duarte, posté le 26.02.08 à 09:50 ![]() c’est pas plus mauvais qu’un multiplexe Gaumont (7% de GIMD), qu’un Livre de Poche (100% Lagardère Publishing), qu’un spectacle à l’Olympia (100% Vivendi), qu’un film des frères Cohen (alliance TFM/Miramax, 6% de participation GIMD) ou d'une Môme (TFM 51% Bouygues). C'est vrai qu'à voir les films des frères Coen, le concert de Morrissey à l'Olympia ou les auteurs référencés par Le Livre de poche on a de quoi s'inquiéter sur l'abrutissement des masses orchestré par le grand capital unifié De 4 zePipol, posté le 26.02.08 à 10:29 ![]() Merci Duarte de rappeler cette simple vérité : les grandes oeuvres s'affranchissent très bien de leur papier d'emballage... (c'en est presque triste d'avoir à le rappeler) @gulli : d'où tiens-tu que GIMD détiend 20% du capital de Lagardère Active ? Source please. Excuse mais j'ai l'impression que tu es en plein délire du complot là. Le site La forêt des médias que tu cites est typique : pas de source, site anonyme, pas de travail de recoupement ou d'analyse. Faut quand même savoir où on met les pieds quand on se permet de donner des leçons. http://fr.wikipedia.org/wiki/Socpresse De Chming, posté le 26.02.08 à 10:49 ![]() Ptain, on tourne le dos deux minutes et voilà des nouvelles INCROYAB's ! Intéressant tout ça, mais avant de sombrer dans les prises de position rigides faudrait pas oublier juste ça : je ne sais pas si on lit le même site, mais je n'ai jamais considéré Flu comme un média d'investigation ou comme un organe politique. Ce qui fait l'essentiel de la ligne éditoriale, c'est pas vraiment ça... Moi je viens ici pour choper des bons liens, lire des textes bien ficelés, éventuellement m'énerver contre des critiques tête à claqsues. Si je veux de l'actu politique, no offence (d'autant que je kiffe aussi le blog politique) mais ce n'est pas là que ça se passe. Alors, on lit le même site ou j'ai une version censurée ? Sinon j'espère juste que vous n'allez pas devenir chiants comme la pluie. Le temps est un peu gris ce matin. De Sandor, posté le 26.02.08 à 18:40 ![]() En effet Gflu, et pour faire court, chacun sa vision de la liberté. Disons que pour ma part, je suis plutôt en train de trouver la mienne dans une structure de petite taille et très faiblement capitalisée mais à forte autonomie et dont les produits présentent une forte valeur ajoutée. En fait - et c'est là les limites de la séparation entre discours perso et discours macro économique - , je pense que nous entrons dans une période où la concentration capitalistique est de moins en moins nécessaire (au sens où les moyens de production ne coûtent pas cher, du moins pas dans les médias), et où elle garantit de moins en moins l'indépendance d'esprit et la liberté d'action. Je crois au contraire qu'il y a aujourd'hui une place croissante pour des entités très fluides, présentant de faibles coûts structurels et dont les membres savent se fédérer tout en restant chacun autonome économiquement. C'est mon pari - qui est aussi, il est vrai, un pari assez "écologique", puisque je poursuis dans cette voie - et bon, peut-être on en reparlera... De gulli, posté le 26.02.08 à 21:24 ![]() @4 zePipol : huu.. complot, bof. La plupart des informations qui se trouvent sur la forêt des médias sont directement disponibles sur les sites des groupes cités ou des journaux économiques qui appartiennent à ces mêmes groupes. Fouillez, vous verrez… (http://fr.wikipedia.org/wiki/Lagardere_Active) Et puis, vous avez raison, comme le dit Chming on ne parle pas de politique en ces lieux. L'entertainment n'a pas d'odeur, comme aime se répéter Rupert Murdoch entre deux dîners avec ses amis des Skull and Bones. De Puck, posté le 26.02.08 à 22:18 ![]() Que de débats pour une non nouvelle. Je prend en cours cette discussion, et je suis surpris du faisceau de suspicions qui entoure Lagardère active - qui ne va certainement pas demain caviarder les Unes de Fluctuat.net - comme de la façon dont la polémique se centre uniquement sur des enjeux idéologiques... qui ont très peu à voir avec l'économie des médias privés aujourd'hui. Tout à fait d'accord, Sandor pour que coexistent différentes écologies dans la gestion de projet, mais le choix de Fluctuat.net a été fait il y a déjà deux ans : celui d’être un média web : il nous a permis de publier ce que nous voulions et de rémunérer tous nos éditeurs et contributeurs. Big up ! Personnellement, j'estime que nous pouvons être tout aussi fiers - voir plus - de Fluctuat.net aujourd'hui qu'il y a deux ou trois ans. Après, oui, les enjeux sont aussi commerciaux - un magazine comme Flu a besoin d'annonceurs - mais le problème est propre à tous les médias - web ou offline - qui se rangent dans la catégorie des éditeurs de contenus qui rémunèrent leur contributeurs (citons Rue89, Libé, Allociné...) : passée cette lapalissade, on peut certes choisir ou pas de faire de l'entertainment journalistique ou culturel. (Souhaitons lui de préférence d’être intelligent, ludique et en phase avec son environnement). Mais franchement, Gulli, consultez la page d'accueil de ce site ou le sommaire de ce blog : sauf de rares exceptions dont nous rougissons encore (nous apprenions le métier), Fluctuat.net n'est jamais tombé dans ce travers qui consiste à faire des Une racoleuses ou dictées par des forces marketing en charge de nous divertir en nous faisant consommer (et vice versa). Ca se saurait.... tout simplement. Un bon lien d'anticipation fictionnelle pour la route : http://www.fluctuat.net/6174-Etienne-Mineur-visions-du-futur-geek Pour la suite, oui, rendez-vous en 2026. De gulli, posté le 27.02.08 à 03:22 ![]() @Puck : vous défendez l'indéfendable. Comment pouvez-vous justifier cette concentration massive des médias que nous sommes en train de vivre en France par cet alibi de (pseudo) qualité éditoriale ? Fluctuat était vivant, indépendant et touchant bien avant l'arrivé de Medcost/Doctissimo. Ce rachat vous a uniquement permis de gagner en quantité … quantité souvent dispensable (foot, sexe, fiches génériques fades,…).
De gflu, posté le 27.02.08 à 10:58 ![]() @Gulli : C'est une vision très subjective que vous formulez Gulli ("Ce rachat vous a uniquement permis de gagner en quantité") : ce ne sont pas ce que nous disent plusieurs indicateurs qualitatifs, et ça n'est clairement pas le sentiment général. Perso je ne lis pas les Inrocks. J'ai aussi arrêté d'écouter Renaud depuis un bout de temps : ) Rien ne vous oblige, cher Gulli. Je trouve ça dommage et à la fois touchant que vous nous traitiez comme un amant déçu. "Si le contenu devient trop fade il est très simple pour vos lecteurs de changer de site" dixit rbl en quatrième commentaire. @Sandor : merci de recentrer la discussion sur les moyens de production, à vrai dire ça me semble être le coeur de la question... Je partage intimement ton goût du small is beautiful : un type de structure un peu utopique (mais crédible, des tas de gens réussissent à le faire) qui offre la rare opportunité de pouvoir concilier épanouissement personnel et moyen de production fonctionnel (et pari écologique). J'ai donc un, profond respect pour ce type de structure. La question dès lors est double : peuvent-elles coexister avec les groupes, et permettent-elles de produire une meilleure information ? A la première question, la réponse est évidemment oui, et il n'y a absolument aucune raison que cela change (cf. mon billet initial). A la seconde question, on peut par contre s'interroger : je ne suis pas d'accord quand tu affirmes que "les moyens de production ne coûtent pas cher". Au contraire : salaires, matériel, déplacements... l'information coûte toujours très cher à produire (paradoxalement elle ne coûte pas cher à diffuser, mais c'est une autre histoire...). C'est bien pour cela qu'on parle de "journalisme en pantoufles" pour les blogueurs et autres qui ne font pas de travail de terrain, n'ont ni l'argent ni le temps (précieux) pour de l'investigation. Je ne parle pas de ton cas puisque tu as au contraire un bien beau CV de terrain (et un joli site au passage). Mais globalement, tout ça coûte très cher, d'autant que convergence aidant, tous les médias se sentent contraints d'explorer la voie du "cross media" comme on dit chez ma mamie : podcasts de Télérama ou de Libé, radio d'Arte, reportages "télé" (France Info, Parisien, Télérama, etc. etc). Ensuite, les structures légères ont justement la chance et l'opportunité de ne pas avoir à se poser ces questions industrielles : en tant que journalistes ou conférencier freelance, le problème n'est pas de savoir si il vous faut une radio, une webtv, et telle part d'audience mais simplement (ça n'est déjà pas si simple) de développer des sujets, de trouver les moyens de les produire et de les éditer au mieux. Tout ça pour dire que selon moi les options que tu décris, cher Sandor, ne sont pas exclusives l'une de l'autre. Peut-être auras-tu d'ailleurs l'occasion de travailler, via ta structure légère, pour des grands groupes. Ou pas. Peut-être moi-même renouerai-je un jour avec les joies du small is beautiful. Je ne vois pas que cette co-existence doive être conflictuelle par nature (même si je conçois - et c'est tant mieux - qu'elle le soit dans des cas particuliers, sur les infos proposées et sur les idées défendues). Mon message est un peu long et lacunaire, désolé... Un jour peut-être (j'espère) on y reviendra... De EW, posté le 27.02.08 à 11:34 ![]() Gulli tu ne dis pas que des bêtises mais tu en dis pas mal - Sur la question du capital de Lagardère Active d'abord : je sais bien que l'altermedia est toujours meilleur dispenseur d'infos que les torchons fascistes du grand capital mais sauf erreur de ma part Wikipedia se plante en attribuant 20 % de Lagardère Active.à Dassault. Pour s'en convaincre il faut se salir les doigts sur quelques financières feuilles de choux. - Ce rachat vous a uniquement permis de gagner en quantité … quantité souvent dispensable (foot, sexe, fiches génériques fades,…). J'adore ce genre de propos, le cul, le foot ça ne peut être que de la quantité contrairement (je me lance après vous dans la caricature) au cinéma de Sharunas Bartas ou à la danse expérimentale. C'est parfaitement idiot : parmi les fondateurs de Flu on compte quelques érudits du ballon rond ravis de pouvoir lancer une rubrique foot et de la financer. Quant aux contenus sur le sexe, il me semble que nous n'avons pas à avoir honte du blog SLG ou du magazine associé Sur un strict plan commercial, cette rubrique est plus handicapante qu'autre chose - figurez vous que les marchands de sextoy achètent peu d'espace publicitaire. - Mais pourquoi ne pas parler aussi de la rubrique politique se demande mon ego : elle fut lancée après le rachat de Doctissimo et à la demande de ses dirigeants qui ont estimé intéressant d'ouvrir le champ d'exploration de Flu. Là encore, l'idée frappe par son opportunisme outrancier, puisque comme chacun sait la politique est la rubrique préférée des annonceurs et des commerciaux qui adorent voir ainsi développer des contenus segmentants et polémiques. Comme ont pu le constater les lecteurs cérébrés, cette rubrique a plus pêché par approximation faute de moyens (par rapport aux autres medias) et peut-être de compétences ( si vous n'y voyez pas d'inconvénient je ne creuse pas ce dernier point) que par engagement idéologique. Nous avons été traités de gauchistes ou de réactionnaires mais la plupart des journaux qui ont parlé de nous (le Fig' de Dassault, Le Monde de Lagardère et Libé de Rotschild) nous ont décrit comme des gens de gauche modérée , décryptant à l'occasion avec quelque talent les stratégies de com' des candidats. C'est un peu triste de se voir catalogué "social-democrate mou" et inoffensif mais je crains que ce ne soit pas si loin de la vérité de ce que je suis ' et j'arrête là l'auto-analyse si vous voulez bien) - La nostalgie est aussi un de mes sports préférés. Mais beaucoup de gens fantasment le paradis rédactionnel perdu que fut Fluctuat. Jamais la rédaction n'a pu parler autant du cinéma qu'elle aime, de la musique qu'elle écoute, de livres qui la secouent comme aujourd'hui. Prétendre le contraire est faux et infamant pour ceux qui collaborent. Je ne suis à Fluctuat que depuis deux ans. Mais je ne crois pas que ce magazine fut un jour le canard militant et underground que certains me décrivent (chming a bien résumé la situation à mon avis) . On emploie souvent en interne le mot pop pour essayer de décrire notre philosophie, on a du mal à la définir parfois, preuve qu'on est des génies du marketing ce qu'il convient d'ajouter à notre palmarès de net entrepreneur comme tu dis. On essaie d'être ouvert , intelligent et drôle. de parler de ce qu'on aime. Et on passe plus de temps à écouter Amy Winehouse qu'à aller au Jeu de Paume mais on va aussi au Jeu de Paume alors on en parle bien entendu Tiens au fait : on couvre moins d'expos ou de pièces de théâtre qu'il y a deux ans ou plutôt plus ? Fluctuat ne m'appartient pas et j'outrepasse ici largement ma fonction mais je crois que son aspect minoritaire était plus lié à sa situation économique qu'à ses obsessions underground. Ce magazine voulait devenir un media générationnel à large audience il ne pouvait l'être qu'à maturité, ce qui supposait quelques moyens. Comme ces groupes de rock qui ont eu la chance de rencontrer un producteur ( stephen street adrian sherwood steve albini ou timbaland choisissez votre came) et sont sortis de la cave où ils nourissaient quelques rêves de grandeur. Lachant la sympathique nostalgie adolescente pour les plaisirs pas si dégueus de la maturité. Daniel de Almeida, responsable éditorial De gflu, posté le 27.02.08 à 11:52 ![]() Fluctuat not dead, yiiihi ! De Inspecteur Canard, posté le 27.02.08 à 12:35 ![]() Ce qu'écrit Gulli fait pourtant sens et il a sans doute raison de croire qu'il n'y a pas de succès sans compromis avec la bêtise, que toute réussite se paye. De Flunonyme, posté le 27.02.08 à 18:36 ![]() @Sandor "les membres savent se fédérer tout en restant chacun autonome économiquement", c'est joli tout ça mais je me souviens d'une époque où certain acteur de cette aventure vivait autonomiquement chez leur parent et manger autonomiquement des taboulés leader price. Mais c'était cool quand même... Et moi chui pas sur que le flu d'y a 3 ans aurait pu survivre se changer et faire parti d'un groupe plus fort... De gulli, posté le 28.02.08 à 02:46 ![]() Quelle cohésion d'équipe ! Monsieur GFlu, vous avez bien dressé vos responsables de gondoles et animateurs de rayons. Enfin, ils ont tout du moins une très bonne conscience professionnelle. @EW : Vous avez raison ne mélangeons par les torchons et les serviettes (de bain) : un baril de Lagardère est bien plus sympatoch que deux barils de Dassault. Souvenez-vous qu'en 1985 lors de l'arrivée de Philippe Camus à la direction de Europe 1 communication (renommé depuis plus sobrement Lagardère Active) une filiale de Dassault était bel et bien dans le capital de la holding. Je vous accorde que depuis la création de Lagardère Active et son immatriculation à Monaco, les participations sont devenues plus floues. Mais ne mélangeons pas les obscures montage d'EADS et dérivés avec le bon grain SCA (laissons tout cela à Denis Robert). C'est parfaitement idiot : parmi les fondateurs de Flu on compte quelques érudits du ballon rond ravis de pouvoir lancer une rubrique foot et de la financer. Sur un strict plan commercial, cette rubrique est plus handicapante qu'autre chose - figurez vous que les marchands de sextoy achètent peu d'espace publicitaire. Mais pourquoi ne pas parler aussi de la rubrique politique se demande mon ego on couvre moins d'expos ou de pièces de théâtre qu'il y a deux ans ou plutôt plus ? Lachant la sympathique nostalgie adolescente pour les plaisirs pas si dégueus de la maturité. Bon, trêve de mots (alter pas beaux) perdus en ces lieux, je crois que Jello Biafra et GFlu l'ont bien dit : ne hais pas les Fluctuat (plus riche en Lagardère), rentre chez ta mère. De gflu, posté le 28.02.08 à 10:29 ![]() C'est extrêmement insultant Gulli. Vous comprendrez que je ne prenne par la peine de vous répondre. Juste ceci : sur le factuel, citez vos sources. En chevalier blanc des médias vous pourriez quand même faire preuve d'un peu plus de déontologie. Dans votre ramassis de postillons malveillants, plusieurs infos sont fausses et ne seront pas sourcables. Saurez-vous les retrouver ? De un ami d'EW, posté le 28.02.08 à 15:07 ![]() @gulli : C'est vrai EW rentre très souvent de ses soirées (entre nous déjà très bobo) en vélib, il a même souvent le cheveux gras ! Mais je crois que sous cette apparence bobo gaucho c'est un homme qui n'assume pas de voter à droite... De Mifigue Miraisin, posté le 28.02.08 à 15:53 ![]() Et voilà ! on part deux ou trois jours et quand on revient c'est le foutoir. Trop compliqué de lire tout ça, j'ajouterais juste que dans Fluctuat, ya à boire et à manger. PAF! Ya très peu de trucs réellement intéressants parce que contrairement à ce que laisse entendre Gflu, ya pas d'investigation à Fluctuat. Seulement quelques interviews, ainsi que les posts et articles de certains blogueurs et pigistes talentueux. Le reste c'est soit opportuniste (le cul, le cul, le cul et à propos SLG c'est mort depuis longtemps), soit destiné à nourrir Google. EW vous êtes de mauvaise foi quand vous parlez de l'intérêt commercial de la rubrique sexe. Certes les marchands de sextoy achètent peu d'espace publicitaire, toutefois la fréquentation des pages sexe est comprise dans la fréquentation globale de Fluctuat (4millons de VU?). C'est très pratique de communiquer sur ces données statistiques sans en préciser réellement la nature. J'imagine que les annonceurs ne sont pas dupes, c'est peut-être pour ça que malgré tant de succès, Fluctuat n'est toujours pas rentable. UN PEU DE POMMADE Pour terminer, faut arrêter de monter sur ses grands chevaux en accusant Fluctuat de se vendre au grand capital, je crois que c'est fait depuis longtemps et aujourd'hui FLU n'a plus vocation à défricher les talents. C'est juste un grand collecteur de news comme il en existe tant sur le net et ils le font plutôt bien. De gflu, posté le 28.02.08 à 16:33 ![]() Je n'ai jamais dit que Flu était un média d'investigation... Le Paf n'est pas très gentil, la Pommade non plus... Mais bon, pour un simple "collectionneur de news" il semblerait que nous suscitions encore quelques passions. C'est sans doute le principal... De Charlie Kaufman, posté le 28.02.08 à 17:08 ![]() You are what you love, not what loves you... De Zoetrope, posté le 28.02.08 à 18:16 ![]() Discussions passionnées et passionnantes. Les postures d'amoureux éconduits d'une partie des intervenants résonne comme une formidable illustration de la catharsis appliquée au média. Les explications glissent perceptiblement sur le terrain de la justification, comme si l'acte seul n'était pas en soi une justification satisfaisante. On est en plein dans l'affect, et la tartufferie s'invite généreusement à la discussion (oh, un sein ! oh, un actionnaire !). Les questions posées sur les structures de fonctionnement économique cristallisent merveilleusement le clivage entre pragmatiques (effecteurs) et idéalistes (contempteurs). Et dans le même temps ces derniers ne semblent même pas prendre acte de ce qui se réalise pourtant sous les yeux de tous : la création d'un espace d'absolue liberté que seul limite l'intelligence de ses propres intervenants. On assiste donc à un spectacle assez captivant : des intervenants viennent librement se plaindre du manque de liberté que représenterait un événement dont les éditeurs tentent de leur expliquer le bien fondé (eux qui seraient pourtant - objectivement - les premières victimes d'une telle perte de liberté). Quant à mon point de vue personnel, je pense que Fluctuat offre une infinité de visages qui illustrent de façon saisissante les multiples facettes du web : médiocrité, excellence, anonymat, narcissisme, etc... Fluctuat n'est pas un site pré-défini, comme d'autres de "services" (Dailymotion, Allociné...) ou de contenus (Wikipedia, Rue89, Mediapart...). Le site se "markete" au fur et à mesure, et accueille quelques incroyables discussions, comme celle-ci, bien "cachées" (combien de lecteurs courageux sur ce billet ?), tout en recelant à deux liens d'ici des discussions kikou lol sur la dernière apparition de Johnny Depp au cinéma. Les éditeurs ne semblent pas perdre pour autant cette volonté farouche de créer une identité, de faire unité, de faire sens. Je trouve ça assez rare, très courageux, et tout à fait captivant. J'observerai donc la suite avec un grand intérêt. De bingo, posté le 28.02.08 à 18:37 ![]() Je vote zoetrope. De EW, posté le 28.02.08 à 20:39 ![]() C'est assez facile d'être d'accord avec quelqu'un qui consent à vous trouver un peu de courage mais quand celui-ci n'est ni dupe des aspects médiocres ( c'est un work in progress ) ni naïf ou cynique quant à l'évolution des supports on ne peut qu'abonder et se dire que si on a les lecteurs qu'on mérite ( et les medias as well) on peut trouver quelque honneur à compter certains d'entre vous parmi les notres Continuez à nous prendre la tête, Amicalement crypto : shoot ( again ?) De Mifigue Miraisin, posté le 29.02.08 à 16:48 ![]() @Gflu : ne vous méprenez pas, j'apprécie Fluctuat mais je n'ai pas envie d'être ni gentil, ni méchant avec vous, donc je dis les choses comme elles viennent puisque vous nous y invitez. Une dose de Flu, environ 20 minutes tout les matins Flu est pour moi un excellent moyen de suivre l'actu culturelle comme je me tient au courant de l'actualité avec mon 20minutes le matin. L'un des petits plus de Flu : AEIOU avec l'excellent Trourair, parce que c'est l'un des meilleurs blogs en ce qui concerne "les cultures numériques" (je sais pas trop comment le formuler autrement). Flu a des scrupules ? Maintenant, vous tendez des batons pour vous faire battre. Pourquoi faire un billet dans lequel vous vous excusez quasiment d'avoir été rachetés ? Avec ce billet, on a le sentiment que vous avez des remords à transiger sur la qualité. Du coup les lecteurs qui vous suivent un peu, embrayent en citant les trucs qu'ils trouvent médiocre chez vous, les critiques de cinéma de 30 lignes avec un synopis de 20 lignes, c'est pas terrible. A la bonne vôtre Je ne suis pas journaliste mais je suis tout à fait conscient qu'il est difficile de mener une entreprise comme la vôtre. Continuez d'interpeler vos lecteurs sur les blogs, c'est aussi pour ça qu'on est là. De Chming, posté le 29.02.08 à 17:32 ![]() Bon on le boit cet apéro ? De jeev, posté le 03.03.08 à 11:17 ![]() @ chming... Okay pour moi ! Ajouter un commentaire |
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