L'avant-garde sans le savoir (6)Le gros plan est une pratique artistique qui a mis un temps considérable à apparaître.
Et ceci n'a rien d'étonnant, puisque si aujourd'hui, tout le monde ou presque est familier des images, et des caméras, la représentation, avant le 20e siècle, n'avait rien d'un divertissement. On cherchait à représenter avec en tête l'idée d'éternité, de conservation de la plus belle image, ou de la plus juste, d'un individu, tout en envisageant sa mort dans un futur plus ou moins proche. Se livrer à la pratique du gros plan, c'est à dire à la négation du corps (et donc de l'habit) pour se concentrer sur tous les détails du visage, était donc un geste tout à fait marginal dont on ne retrouve que peu de traces dans la peinture ou la photographie pré-20e siècle. Aujourd'hui encore, le gros plan reste très peu utilisé, autrement qu'à des fins humoristiques, et il est excessivement rare, dans la sphère amateure, de trouver des équivalents aux sublimes portraits silencieux d'un Larry Clark ou d'un Gus Van Sant. 6- I love you Logan C'est d'abord un montage cut saisissant, qui nous transporte des voies ocres de la piste de course où résonne le chant de Freddie Mercury, jusqu'à l'intérieur flou d'une salle de classe. Peut-être que la transpiration s'est déposée sur l'objectif, et que la mise au point peine à trouver un contour net. De fait, même la caméra est essoufflée par la course et ne peut proposer qu'une esquisse du monde, à défaut d'un monde accompli. Et c'est seulement après cette introduction colorée et abstraite qu'on découvre Logan, jeune homme blond tout droit sorti d'un "Elephant" ou d'un "Bully". La jeune fille qui filme le sait, saisie elle-aussi par la puissance du gamin, amoureuse au dernier degré, et contrainte, devant cette image, d'en faire un objet artistique. Alors les couleurs s'évanouissent, renvoyées car inutiles, probablement aussi pour tenter de se rapprocher des images de mode qu'on voit dans les magazines. Et le gamin devient une oeuvre d'art, une superstar warholienne, nonchalante et blasée, consciente de sa beauté et l'une des rares créatures à pouvoir supporter la violence d'un gros plan sans broncher. Quelques regards, quelques gestes de mépris amusé, Logan est un bloc impassible que rien ne peut faire plier, en représentation permanente donc pas le moins du monde perturbé par l'enregistrement de cette représentation. Et lorsque finalement, l'objectif se détourne de lui, le monde reprend ses couleurs, et tout redevient flou, laid et répugnant, comme si ces quelques secondes de Logan n'étaient pas de notre monde, mais d'un autre, à part, celui des images, des icones, et dont la bande-son, unique et obsessionnelle, pourrait se résumer à ce qu'on entend à ce moment-là : une litanie soumise et ininterrompue de "I love you" transis. Commentaires
De 2to, posté le 18.02.08 à 11:33
![]() De plus en plus n'importe quoi. Arrete la branlette troudair... De Troudair, posté le 18.02.08 à 11:46 ![]() >Arrete la branlette troudair... c'est ce que ma mère me dit depuis 20 ans. mais c'est plus fort que moi ! ![]() De Biro, posté le 18.02.08 à 13:52 ![]() Pour un commentaire inteligent, prenez un commentaire 2to !
...toujours aussi utile tes commentaires...
De Phoque, posté le 02.03.08 à 13:39 ![]() Comment se masturber sur une vidéo pourrie... Le syndrome du beauf qui film son chien. Ajouter un commentaire |
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