Note : neuvième billet d'Etienne Mineur consacré au design interactif. La totale : ici.
Après avoir imaginé une hypothèse concernant notre futur (le rejet total des nouvelles technologies numériques), en voici une deuxième, ou plutôt une série d’hypothèses plus ou moins crédibles que j’envisage, toujours avec mon regard de designer.

Création d’un nouveau langage
La forme ne répond plus à sa fonction, dans le domaine numérique, nous avons des objets de plus en plus multifonctions et multi-usages. En regardant un objet, on ne peut plus deviner sa fonction (un appareil photo, un téléphone, une télécommande, une arme, un vibromasseur… ou peut-être tout en même temps ; -).
Même nos habits, nos accoutrements ne sont plus signifiants. Auparavant dès le premier coup d’œil sur quelqu’un on pouvait connaître sa profession suivant sa tenue, actuellement nous sommes tous devant un écran et un clavier quel que soit notre métier.
Ce problème de scission définitive entre la forme et la fonction entraîne déjà des effets assez curieux, comparez par exemple la taille du mode d'emploi d'un appareil photo numérique et celui d'une voiture (exemple trouvé dans le livre de John Maeda, De la simplicité). La complexité d’un objet n’est plus liée à sa taille ou sa forme, un appareil photo peut être beaucoup plus complexe à maîtriser qu'une voiture, malgré les apparences. Un vocabulaire très complexe se met donc (très) doucement en place concernant ces outils numériques. Un langage commun, ou plutôt un vocabulaire mondial est en train de se créer, un des exemples le plus connu étant l'interface de la souris et plus récemment l'interface de l’Ipod avec sa mollette (inspiré de l'interface du bouton des radios) permettant de naviguer dans le contenu d'un disque dur. Il va donc se créer une grande fracture entre les « Digital natives » et les gens ne connaissant pas cette nouvelle langue universelle du numérique. Se mettre à l'informatique (comme on disait il y a encore quelques années) était tout à fait possible il y quelques années, actuellement pour quelqu'un n’ayant jamais eu de contact avec le numérique, se retrouver plonger dans notre monde (téléphone portable, WEB, e-commerce, réservation automatique sur des bornes interactives…) est beaucoup plus problématique. Le moyen de communiquer avec ces machines numériques est devenu un vrai langage avec toutes ses complexités et ses règles (et ses exceptions). Nous allons donc avoir une vraie fracture numérique dans le futur chez les personnes âgées mais aussi dans les pays n'ayant pas les moyens de développer une infrastructure adéquate en terme de moyen techniques numériques. En même temps, nous allons avoir de plus en plus de projets de développements "low cost" numériques, comme l’OPL du MediaLab, permettant aux plus jeunes de ces pays de s'approprier ce nouveau langage.

Nous pourrions comparer nos ordinateurs à nos mains. En effet, la main est une machine universelle, dès que nous nous sommes relevés (il y a quand même quelques milliers d’années ; -), nos mains ont évolué et se sont transformées en « outil » non spécialisé (contrairement aux animaux comme la pince du crabe ou les sabots des chevaux…), tout comme l'ordinateur. En conséquence, il faut être dorénavant intelligent avec ce nouvel outil (voir la conférence de Michel Serres). La machine numérique peut tout faire (tout calculer) tout comme nos mains. Il faut juste apprendre à parler avec ce calculateur, car visiblement les choses ne vont pas vers la simplification, mais bien au contraire vers une complexification extrême et demande donc aux utilisateurs un niveau de langage commun avec ces outils numériques de plus en plus sophistiqués.
La lecture et le livre
Après une évolution de presque 40 ans, l'interface graphique de nos ordinateurs utilisent toujours un mimétisme assez affligeant avec le réel. Nous sommes toujours dans l'utilisation de la même métaphore du bureau inventée dans les années soixante-dix. Avons-nous encore besoin de métaphore ? Si nous comparions ça au cinéma, nous serions encore en train de regarder des pièces de théâtre statiques tandis que le montage et la valeur de plan n’auraient pas encore inventé.
La manière de lire est encore très linéaire. Nous n'avons toujours pas encore inventé une manière de lire nouvelle et adaptée à la lecture interactive (malgré nos clics et nos zappings incessants sur le web). Le domaine du jeu vidéo fait beaucoup d'effort dans le défrichage d’un nouveau langage interactif, mais malheureusement toujours en essayant d'imiter le cinéma (pas toujours heureusement).
Il ne faut pas changer pour changer la manière de lire - nous lirons toujours de gauche à droite et de haut en bas (en tout cas pour la plupart des pays occidentaux). Mais l’apport de l’hypertexte, des hyperliens, de l’interactivité, de l’écran, des interfaces tactiles… devrait changer la manière de structurer visuellement l’information. Mais non, nous sommes toujours en train de tourner des pages sur un écran avec une souris. La lecture sur support interactif n’a pas encore trouvé sa forme et son usage spécifique (qui seront sûrement multiples). Les livres « papiers » ne disparaîtront pas (tout comme le théâtre ou le cinéma n’ont pas disparu), mais la forme et les usages de ces livres vont devoir s'adapter au nouveau support numérique. Les journaux papiers d’actualités vont disparaître au profit de journaux sur le web, par contre les romans et les autres formes demandant de la concentration et une lecture longue resteront longtemps sur le support papier. Le papier électronique pourrait changer notre support de lecture si nous trouvons un moyen de le rendre aussi fin qu'une feuille de papier souple, que ce papier puisse se ranger dans une poche aussi facilement qu'une GameBoy ou qu'un roman. Il faut aussi résoudre les problèmes d'autonomie électrique, inventer un système de recharge par dynamo, par mouvement, par captation de la chaleur, par énergie solaire… afin de rendre ces outils totalement utilisables n’importe où et n'importe quand.
Le livre électronique, n'aura du succès que s’il devient aussi pratique qu’un livre de poche. Sa qualité technique ou d’affiche n’est que secondaire. L’histoire des médias nous la souvent prouvée, le public suit toujours le système le plus pratique et non pas le meilleur techniquement.
Le numérique simplifie-il la vie ?
Une anecdote racontée par un ami travaillant pourtant depuis très longtemps dans les nouvelles technologies (j'aimerai que ça soit cool et que ça ne fasse pas chier ; -) : après avoir passé à peine plus d’une heure à préparer sa conférence sur PowerPoint (sur papier il lui aurait fallu au moins cinq heures), mais plus de trois heures à essayer de l'envoyer (sans succès) sur un serveur, par mail…
C'est typique de la relation que nous avons actuellement avec les nouveaux outils informatiques. Cela peut faire dans certain cas gagner énormément de temps, et ouvre de nombreuses possibilités créatives incroyables, mais cela cause aussi des pertes de temps considérables, à cause de bugs, d’une mauvaise ergonomie, de mauvais usages… Pensez au temps que vous avez passé à attendre devant une petite jauge sur votre écran, devant un écran de redémarrage, à installer des logiciels, à perdre tous vos contacts lors d’une mauvaise synchronisation entre votre téléphone et votre ordinateur, à reformater un disque, à démêler des câbles sous votre bureau, à perdre des données, à trier vos spams, à cliquer sur démarrer pour éteindre Windows…
Imaginer les quantités de papier gaspillé à cause d'un mauvais driver d'imprimante et d'une mauvaise ergonomie dans la conception des logiciels d’impressions (Oh, c'est bizarre ça s'est imprimé à l'envers, Houps, mauvaise page ! tiens pourquoi elle imprime cette feuille en noir et blanc ?..).
Bref, même si cela change la vie définitivement, il y a de grandes choses à améliorer dans l’ergonomie et la communication entre les hommes et les machines. C’est même, à mon avis un métier d’avenir, médiateur homme/machine ; -)
Il existe bien sur de nombreuses tentatives de normalisation, de simplifications… mais malheureusement les choses ne bougent que très lentement.
Observez les tentatives de consortium comme le W3C, qui sont très importantes, mais extrêmement lentes à faire bouger (ou normaliser) les choses sur le net. Imaginez, nous sommes en 2008, nous avons le web, Youtube et Google Earth mais… en typographie, qui est tout de même la base la plus importante de la transmission de l’information (même actuellement, c’est le texte le pilier du Web, des moteurs de recherche…), c’est réellement la préhistoire.
Lors de la dernière présentation du nouveau player Adobe Flash version 10 (3D, axe des Z, des filtres graphiques… qui sortira sûrement l’année prochaine) on nous annonce une gestion améliorée du texte qui permettra de faire du multicolonage. Et oui enfin, le multicolonage, après plus de dix ans d’attente on croit rêver tellement c’est beau ; -)
De son côté le W3C devrait intégrer lui aussi le support du multicolonage dans les spécifications CSS3. Le jour ou ces spécifications seront implémentées et respectées, donc vers 2010, nous auront peut-être des possibilités s'approchant vaguement des premiers softs de PAO datant de 1985 (par exemple Aldus Page Maker) ?
Je ne parle même pas des césures, de l'interlettrage, des ligatures ou des approches de paires correctement affichées. Ces finesses typographiques, ne sont pas de la décoration ou une quelconque obsession de typographes pervers, mais permettent une lecture plus fluide, aisée et rapide (ce qui n'est vraiment pas un superflu sur écran).
Malgré des progrès absolument incroyables dans le web durant ces dernières années, nous ne sommes toujours pas encore capables d’afficher des lettres à l’écran correctement, c'est totalement surréaliste, et démontre bien la manière dont ces différentes technologies avancent. On met avant tout le Bling Bling en avant et les choses vraiment importantes et utiles aux gens en dernier (même si c'est moins sexy de parler d’interlettrage que de flammes en 3D ; -).
Je suis donc assez pessimiste concernant la qualité typographique sur le Web (sauf si le PDF interactif devient la norme sur le Web), mais comme d’habitude ces grosses lacunes seront compensées par une interactivité accrue et des prouesses techniques bluffantes.
Le numérique pour tous : avantages et désavantages
De nombreux outils à destination du grand public (ou amateur éclairé), sont apparus depuis trois ou quatre ans, permettant l’émergence des blogs (à ma grande joie !), des sites 2.0… mais ces CMS, FrameWork… forcent la manière de concevoir des sites web et donc de penser. Pour preuve, regardez tout ces blogs et ces sites (2.0 ; -) ils se ressemblent tous. Tout le monde à son logo en haut à gauche, ses nuages de tags, son empilement vertical des contenus, son moteur de recherche en haut à droite, sa barre de navigation en haut, sa petite vidéo en flash, sa même police de caractère, son même nombre de colonnes, son petit bouton commentaires… C'est un formatage du contenu et de la pensée sous des raisons économiques.
Ces outils, aussi brillant et efficaces soient-ils, nous obligent à rentrer dans leurs logiques techniques et nous forcent à concevoir des sites web toujours sous le même angle.
Nous assistons à un formatage en règle du contenu et de la pensée pour des raisons économiques et techniques.
Même si ces outils sont parfois pertinents, le paysage interactif est de plus en plus formaté. Le problème pour ces sites c’est que le site d’une grande marque de luxe ressemble comme deux gouttes d’eau à un site de brocante informatique. À force d'utiliser les mêmes outils, et surtout de ne réfléchir qu’en terme technique nous arrivons à ce triste paysage, ne permettant à personne de se différencier.
Il faudrait retourner la logique actuelle, c’est-à-dire se préoccuper tout d'abord du contenu et des besoins des gens, puis de refaire un cahier des charges techniques. Je suis sûr, que de nombreuses personnes vont détourner ces outils et arriver à créer de nouvelles choses pertinentes, malgré ces contraintes techniques inhérentes à l’informatique.
La petite mélodie du futur que nous chantent les industriels et les journalistes.
Dans une mélodie, vous êtes dans une double temporalité, vous écoutez la musique et en même temps vous devinez par avance la suite de la mélodie (sans surprise) et c'est cela qui vous procure du plaisir. Dans le monde des nouvelles technologies, c'est un peu la même chose. Les grandes sociétés actuelles (avec l’aide de nombreux journalistes) nous chantent (presque) tous une gentille mélodie du futur sans surprise. Nous sommes dans une autocélébration constante dans les nouvelles technologies. Sans être totalement parano, je suis sûr que les grandes sociétés freinent volontairement certaines avancées, afin de vous vendre l'année prochaine le nouveau modèle avec de nouvelles fonctionnalités. Cela se passe aussi bien dans le hardware que dans le software (l’Iphone d’Apple n’ayant pas le copier-coller, par exemple). Bien sûr il existe quelques surprises et ruptures, mais qui ne viennent justement pas de ces grandes sociétés (Google au départ par exemple). Même Apple, qui fait figure dans ce domaine de précurseur, continue de nous vendre un OS de plus en plus lourd, uniquement basé sur la forme et la frime (un finder en 3D, des jolies fenêtres de plus en plus compliqués, des boutons partout… bref Apple essaye de nous vendre avant tout sa dernière machine et son écran 30 pouces. Alors qu’avec l’Apple II et le Lisa (puis le Macintosh en 1984), Apple était vraiment novateur en arrivant à agréger de nombreuses avancées techniques et ergonomiques (la souris, la métaphore du bureau…) dans une machine originale avec un environnement cohérent et parfaitement fonctionnel. Bon je suis méchant avec Apple, car malgré son marketing de plus en plus dévastateur, cette société continue et continuera sûrement de nous étonner.
Notre vie privée
Nous allons être de plus en plus connectés sur le net (voir sans arrêt), avec nos téléphones, PDA, ordinateurs, montres, appareil photos… mais comme dirait Nicolas Negroponte, le problème avec le village planétaire ce sont les idiots du village.
La perte totale de l'anonymat sur le net : nous allons enfin prendre vraiment conscience que la vie privée n'existe plus sur le net. Le tracking, l’analyse et la revente de vos faits et gestes sur le net étant devenue une activité très lucrative, je pense que des sociétés comme Google n’auront aucune limite éthique ou morale dans ce domaine. Cela peut entraîner un refus par le public de certaines technologies faisant peur. Gmail est un parfait exemple, Google ayant annoncé que vos mails seraient lus automatiquement, permettant de vous proposer des publicités encore plus ciblées.
Nous allons donc aussi assister à un développement de nombreux systèmes de contre-mesure permettant de brouiller les pistes sur le net. Actuellement en Chine, les jeunes étudiants utilisent des brouilleurs d’adresse IP leur permettant d’accéder à Wikipédia ou autres sites sensibles et censurés par le gouvernement chinois. Peut-être allons nous assister à la naissance d’un internet alternatif sans tracking et sans espionnage (on peut toujours rêver ; -)
Sortir de l'écran
Nous allons avoir une évolution des interfaces d’entrée et de sorties. L’Iphone, la Wii de Nintendo, la manette SIXAXIS de Sony… ayant de grands succès médiatiques, les industriels vont se pencher sérieusement sur ces nouveaux systèmes. De nombreux objets numériques avec des interfaces d’entrées mélangeant écran tactile, capteur de position, de vélocité, de température, de pression… vont voir le jour.
Par contre, concernant les interfaces de sorties (écrans, enceintes…) cela ne va pas s’améliorer, voir s’empirer si cela suit l’évolution que nous avons vécue depuis une vingtaine d’années.
Observez l’évolution des supports musicaux, nous sommes passés de la qualité analogique du vinyle, puis nous sommes passés vers les CD (avec cette escroquerie mondiale qui fut de nous expliquer que les CD étaient incassables et inrayables) et pour finir en MP3. Nous sommes donc passés de supports de plus en plus petits, voir immatériels, mais avec une qualité de son de pire en pire.
Pour l'image ce fut pareil, la taille des écrans s’est considérablement réduite, nous sommes passées en 40 ans de l’écran de cinéma, à la télévision puis aux vidéos Youtube sur l’écran d’un téléphone portable. Nous avons donc assisté à une perte de taille d’affichage et de qualité compensées par une facilité d’utilisation et une offre absolument phénoménale.
Si cela continue nous visionnerons des vidéos (débiles ; -) sur notre montre.
Le retour de « l’interface stylo » et aux interfaces classiques, ciseaux, stylos, papier, scotch… mais cette fois avec des capteurs et de « l’intelligence » permettant d'interagir avec notre environnement par les gestes anciens (avec pour principal inspirateur les recherches du Tangible Media Group du Media Lab).
Nous allons aussi avoir enfin des interfaces inspirées du thérémine, utilisant des interfaces gestuelles (et non pas tactiles). En effet, taper sur un clavier virtuel (un écran plat et dur) n'est pas très ergonomique. Cela peut blesser les doigts et créer des traumatismes à la longue. Alors qu’utiliser des gestes dans le vide pour se faire comprendre est tout à fait naturel, même si un apprentissage doit se faire au départ.
Le développement des agents autonomes
(Il s'agit d'un fantasme existant dès les années quatre-vingt en informatique grand public). Cela permettrait par exemple d'envoyer des mails ou des SMS à votre place (avec les risques que cela peut engendrer). Dérive possible : Des agents « intelligents » continuant d'envoyer des messages même après la mort de la personne.
Vous vous poserez donc toujours la question : derrière ce mail (ou ce SMS, message téléphonique…), est-ce un être humain ou un agent programmé ?
La disparition du Web
La disparition du web, tel que nous le connaissons, avec pour exemple le Japon. En effet en Asie, et au Japon plus particulièrement, le web sur écran d'ordinateur n'est pas très utilisé : les Japonais utilisent beaucoup plus leurs téléphones portables pour réserver un billet de train, avoir un horaire, obtenir un renseignement… En effet la démocratisation du Web et des systèmes comme le WAP sur téléphone portable sont arrivés en même temps au Japon pour le grand public. Le public allant toujours vers l'outil le plus pratique et le plus petit (surtout au Japon), il s'est retourné normalement vers le téléphone (plus facile d’accès) en laissant le Web classique à d'autres usages moins fréquents.
le Web sera donc bientôt plutôt axé vers le haut de gamme, la vidéo, les jeux complexes, les démos… alors que les services utilitaires, comme la réservation d’un billet de train ne se feront plus que sur son téléphone portable.
Dématérialisation totale des supports vidéos et musicaux
Échec des lecteurs Blu-Ray chez le grand public. Vous l'avez peut-être remarqué, mais vouloir nous vendre un lecteur Blue-Ray pour pouvoir profiter de la haute définition est totalement inutile. Actuellement, un film de plus de deux heures en HD 1080 (la norme la plus élevée du HD) encodée en H264 (format de compression) pèse au grand maximum 16 GO (donc la capacité d’un DVD double couche et double face). Cela peut donc rentrer dans un DVD. Et oui, le Blu-Ray pour la HD est juste une escroquerie, alors qu’avec un PC et le soft libre comme VLC vous êtres tout à fait capables de lire du HD sans aucun souci (par contre il vous faut un bel écran ; -).
À mon avis le Blue-Ray arrive trop tard, car il est beaucoup plus facile d’obtenir des films en HD via la VOD (Free, Canal… offrent déjà des films sous ce format) ou alors même (mais il ne faut pas le dire ; -) sur les réseaux pirates. Toujours dans la même logique, si c'est plus facile de visionner un film via la VOD - vidéo à la demande - que de se déplacer pour obtenir un support physique (le fameux disque Blu-Ray, qui est sûrement fragile et rayable comme un DVD), je ne suis pas sûr du succès de ce standard.
De toute façon, le Blu-Ray sera le dernier support physique de l’histoire, nous passerons rapidement vers la location totale des films et de la musique (et sûrement des logiciels...). Nous paierons un abonnement annuel nous permettant d'écouter absolument tout ce qui est disponible sur le marché, mais sans jamais en avoir la propriété. Tout sera disponible à tout moment, mais sans possibilité de garder chez soit quoi que ce soit. Ce principe se retrouve dans les jeux vidéos, avec des jeux comme World of Warcraft (vous devez payer une petite somme tous les mois pour continuer de jouer en ligne), cela permet aux éditeurs d’avoir des revenus constants et surtout évite le piratage de masse.

Les moteurs de recherche
La quantité d’information sur les réseaux numériques étant toujours de plus en plus riche, les moteurs de recherches vont toujours être le passage obligé de toute plongée dans le Web.
Les moteurs de recherche vont devoir attaquer sérieusement l'indexation des fichiers sons, images et vidéos (ce qui est déjà en partie le cas avec la recherche universelle ndlr). En effet, avec |'accroissement des bandes passantes et les progrès des algorithmes de compression, il va devenir de plus en plus fréquent et facile de mettre en ligne des fichiers audiovisuels. Ne pas chercher à indexer ces médias serait très dommageable à la pertinence des résultats des recherches. Attention, quand je parle d'analyse d’images, je ne parle pas de l’analyse actuelle que peut faire Google, en analysant le nom du fichier image et les textes concomitants à cette image dans la même page web, mais au contraire faire une analyse du fichier image, avec reconnaissance de forme et de couleur (de même pour le son, avec reconnaissance des rythmes, de la mélodie, des instruments…).
Développement des langages de programmation
Développement des langages de programmation comme Processing (ou même Flash), très « simple » d’accès et surtout ouvert vers des interactions physiques. Ces langages devraient être enseignés à l’école dès que possible, sous une forme ludique (créer des images, des animations, des jeux vidéos…).
Il va sûrement s’opérer une scission définitive entre les langages de programmation « sérieux » comme le C++ et les autres langages permettant à presque tout le monde de programmer un petit robot, un jeu vidéo, une animation…
Voici donc quelques idées concernant notre futur proche. Mon prochain et dernier article concernera un futur plus lointain et donc plus fantaisiste.
De nlx, posté le 22.02.08 à 20:11 
C'est hyper intéressant mais très pénible à lire sur le web, comme quoi el fond est la forme se rejoignent encore parfois ;)
De Alex, posté le 22.02.08 à 23:24 
Apple, c'est la logique de l'industrie de services poussée à son maximum. C'est sûr c'est joli, mais c'est un peu comme les tours opérateurs : ils ont beau nous servir sur un plateau les plus belles cartes postale, moi ça ne m'interesse pas (plus).
De taxus, posté le 22.02.08 à 23:42 
Ah, la, la, j'ai pas tout lu mais il cause bien le gars de c't'article et il a bigrement raison.
De Tu abuses des..., posté le 23.02.08 à 02:50
...";-)"
De darzile, posté le 07.03.08 à 16:19 
Intéressant, passionnant, et sans faute d'orthographe. C'est tellement rare ! merci !