Chasseurs d'images et de baleines C'est presque le même dispositif que "Six mois", ou dans une moindre mesure de ADaM Project, les oeuvres photographiques de Timothée Rolin dont on vous a déjà largement parlé.Mais là où l'artiste français documentait sa vie, avec son lot de banalités, et surtout aucun jugement particulier sur la nature de ce qui était photographié, s'imposant seulement un rythme automatique de 8 images par seconde, l'artiste américain Jonhatan Harris ajoute un brin de spectaculaire physiologique au dispositif. Le rythme de prise de vue se cale en effet sur ses propres montées d'adrénaline. Et l'expérience en contient suffisament, puisque pendant neuf jours, il a vécu aux côté d'une famille d'ésquimaux de l'Alaska, les accompagnant dans leur traditionnelle chasse à la baleine. Son appareil photo automatisé a donc enregistré une photo toutes les cinq minutes, et lors des moments plus palpitants, le rythme pouvait s'accélerer jusqu'à atteindre les 7 photos à la minute. Le résultat, c'est The Whale Hunt, une interface graphique qui permet d'explorer ces 3214 photos de diverses manières : diaporama, mosaïque ou encore nuage tournoyant. Au delà de sa très bonne réalisation, ce site met malgré tout en lumière une méthode de travail à l'exact opposé des réflexions proposées par Timothée Rolin, pour qui la technologie doit fondamentalement s'imposer à l'homme, le dominer, pour ainsi le débarasser de ses valeurs, esthétiques et morales. The Whale Hunt, en ajoutant des images là où le photographe juge qu'il en faut plus, perturbe le dispositif et le transforme en simple documentaire. Car le vrai choix esthétique de cette aventure aurait peut-être été de laisser faire la technologie, sans a priori, sans spectaculaire, et pourquoi pas proposer un reportage photographique sur la chasse à la baleine... sans jamais montrer une seule baleine. CommentairesAjouter un commentaire |
Discussions en cours sur les forums :
|