Takashi Miike : Yakuza Horror Picture ShowPosté par Maxence Grugier le 24.07.04 à 18:08 | tags : arts visuels
On a tout lu sur Miike : Grossier, génial, beauf, puissant, macho, féministe, instinctif, poseur (ah ah, "poseur" ! Citez-moi un cinéaste asiatique qui n'ait pas imposé, justement, ses "poses" (et ces "pauses") que l'on retrouvent aujourd'hui partout, de Matrix à Assayas...) creux, divin, crade, délicieux, bref, tout et son contraire ! Normal, me direz-vous, pour un cinéaste qui cultive les antagonismes. Entre crise d'épilepsie sur celluloïd (l'intro de DoA I) et insoutenable lenteur (le même), le cœur du spectateur balance (et il en faut peu pour que certains vomissent dans la salle). Pourtant, hormis les journalistes, bien peu connaissent son œuvre (plus de 50 films à son actif) et se contentent d'un Audition et d'un Visitor Q pour juger... La sortie (enfin!) sur les écrans du Lynchien Gozu (sous titré "Yakuza Horror Theater") et la parution simultanée (ou presque) de la trilogie barge DoA, Dead or Alive I, II & III en dvd (chez Wild Side en sept.oct.2004) va enfin remettre les pendules à l'heure, permettre de séparer le bon grain de l'ivraie et de partager définitivement les deux camps : ceux qui aiment et ceux qui détestent.Personnellement, je loue tous les matins devant mon miroir, l'immaturité qui me fait adorer les pitreries Tsukamotesques et les surenchères Miikiennes ! Car, Miike est en droite ligne l'héritier du génial Tsukamoto. Mieux, il assouvit notre soif d'hémoglobine et de délires post-psychédéliques sous mauvais acides industriels, puisque stakhanoviste de la pellicule, il dégaine pas moins de deux films par an, quand son homologue n'en sort qu'un tous les 4 ans (et encore) ! Forcément, dans le tas, il y a du bon et du mauvais, à l'image des Dead or Alive, qui tiennent de tout cela et plus encore. Entre DoA I (flic contre yakuza sous fond de violence sociale et de critique du racisme japonais), DoA II (Birds, des yakuzas aux ailes d'oiseaux et un Tsukamoto acteur, déchaîné) et DoA III (on prend les même et on recommence, mais dans un décor Blade Runner...) il y aura de quoi gloser jusqu'à assèchement total des langues et des palais. Enfin... pour ceux qui ont le temps, les autres apprécieront, et c'est tout. Autant dire que j'ai choisi mon camp ! Commentaires
De , posté le 23.08.06 à 09:02
![]() Visitor Q et The audition sont représentatifs de ce cinéaste, non ? Et ce sont les seuls à avoir été distribués correctement. The audition était un excellent film qui citait Tarkovski et qui montrait l'amour sous son jour le plus douloureux. Alors que Visitor Q était fait de bout de ficelles une sorte d'anthologie manquée de scènes cultes. Donc Miike n'est pas le nouveau Pasolini. De Maxence, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() C'est clair, Miike n'est pas le nouveau Pasolini puisqu'il se réclame aussi du cinéma bis, ce que ne montre pas - justement - Audition et Visitor Q (avec son côté "dogme") mais bel et bien Ichi The Killer, DoA 1, 2 et 3, Full Metal Yakuza ou Gozu... Il est représentatif qu'en France on présente immédiatement un cinéaste sous son jour le plus "intello", alors qu'il est à cheval entre deux univers... De , posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() La comparaison avec Pasolini était plutôt sur le talent que sur leur univers respectif. Ajouter un commentaire |
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