Aeiou, le blog de Flu. Blog !

Design numérique (1/3) : entretien avec Bernard Stiegler

Posté par Puck le 26.11.07 à 17:59 | tags : design, design numérique, internet 2.0, web sémantique, wikipedia
Trois questions (1/3) à... Bernard Stiegler, philosophe : à l'occasion des Entretiens du nouveau monde industriel, les 27-28 novembre à Beaubourg.

Ce nouveau monde industriel est caractérisé par ce que j’appelle une « technologie transformationnelle ». (...) Ses caractéristiques sont doubles : il s’agit d’abord d’une société collaborative. Il s’agit enfin d’une société non pas immatérielle, mais hyper-matérielle.


1. Qu’entendez-vous par "nouveau monde industriel " ?
Bernard Stiegler : On distingue habituellement deux périodes dans la société capitaliste. La première correspond à la première révolution industrielle, dont l’enjeu principal était la transformation de la matière par la technique. Ses caractéristiques étaient : l’économie d’échelle, la production en série, la recherche de gain de productivité, etc… Et sur un mode organisationnel : la structuration en classes sociales. Elle renvoie à l’idée de progrès du 19e siècle.

La seconde correspond à un monde industriel organisé autour de l’automobile et du marketing. C’est une société industrielle consumériste, basée sur un nouveau type de consommateur, celui de l’american way of life. Ses caractéristiques : la surproduction, la recherche de nouveaux marchés… Son enjeu est une transformation à toute vitesse de la consommation.

J’ai le sentiment que nous sommes entrés dans une troisième période, hyper-industrielle, dans laquelle les gens en rejetant les valeurs de la consommation ont adopté de nouveaux comportements. La société et le public ne sont plus dans une articulation producteur vs consommateur, ou actif vs passif, mais sur un modèle de distribution partagé. Un bon exemple est le fonctionnement de Wikipédia, ou des blogs. Mais les modes opératoires sont les mêmes dans le monde du design.
Or, ce nouveau monde industriel est caractérisé par ce que j’appelle une « technologie transformationnelle » (...)

Lire la suite de l'entretien avec Bernard Stielger en Mag Société.





Commentaires

De Zoetrope, posté le 27.11.07 à 12:40 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Idées intéressantes, mais je me demande si l'expression "technologie transformationnelle" n'est pas galvaudée. A partir du moment ou la technologie se définit comme un artefact (techne), n'est-elle pas de fait "transformationnelle" ?

De Puck, posté le 27.11.07 à 20:32 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Un artefact ? A ne pas confondre avec son faux ami Artifact. J'ai même consulté la définition qu'en donne l'ami Wiki, et je suis pas sûr que Bernard Stiegler apprécie les connotations de bug (éléments défecteux, bug, parasites) qui lui sont associés.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Artefact

Mais la techne en cause ici est d'ordre informationnel et elle est hyper matérielle (Attention, teaser :-). Pour ceux que cette question intéresse, la suite ici :
http://www.fluctuat.net/5948-Trois-questions-a-Bernard-Stiegler





       

De Zoetrope, posté le 28.11.07 à 11:27 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Pas compris cette histoire d'ami et de faux ami, désolé. Que ce soit dans l'un ou l'autre sens, il s'agit bien de transformation non ?

De a-bout-de-souffle, posté le 26.05.08 à 14:02 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Je vous invite à écouter un long entretien avec Bernard Stiegler. Il revient sur le coeur de sa pensée, ce qui constitue pour lui l'"impensé" de l'histoire de la philosophie : la question de la technique comme participant de et à la constitution de l'homme. Il nous invite à un voyage au temps des présocratiques et des sophistes où, pour la première fois, la technique fut pensée comme potentiellement nuisible. Depuis la naissance de la métaphysique jusqu'au XVIIIe, la technique a principalement été pensée comme illusion. Depuis la première révolution industrielle jusqu'à nous, une accélération techno-logique prodigieuse s'est opérée. Au XXe, la technique est devenue synonyme de destruction, et l'humanité semble face à une impasse. Puis, il aborde le problème de la consommation devenue essentiellement souffrance. Le capitalisme est passé de la problématique de la "baisse tendancielle du taux de profit" à celle de l'adoption permanente de nouveaux objets de consommation. Ainsi le marché qu'exploite aujourd'hui le capitalisme est celui des consciences, par la captation de la libido vers les objets de consommation. Cet état de fait conduirait non seulement à un épuisement du désir, mais aussi à une destruction de ce que Stiegler nomme le narcissisme primordial. entretien en écoute : http://audioblog.arteradio.com/a-bout-de-souffle

Ajouter un commentaire

Prénom/Pseudo :
URL/blog :
Votre message :
Crypto


Proposez vos infos !
  Discussions en cours sur les forums :
Rechercher
Dans la boite
Ajouter à Netvibes Ajouter à Mon Yahoo! Ajouter à mon Google Ajouter ce blog à mes favoris Technorati! Abonnement Bloglines