Shinya Tsukamoto, génie du 7ème Art nippon, obsédé par la technologie, la ville, les corps en mutation, la déformation des chairs et les expérimentation visuelles les plus extrêmes sort enfin son "Snake Of June" (voir interview). L'histoire d'une trentenaire, employée dans un centre téléphonique censé venir en aide au désespérés. Mariée à un homme d'affaire, plus âgé qu'elle et obsédé par la propreté jusqu'à la psychose. Rinko (c'est son nom) n'est pas vraiment satisfaite de cette vie conjugale ennuyeuse et rangée. Un homme au comportement étrange, rencontré dans le cadre de son métier, va alors tirer parti de ses frustrations et entraîner Rinko dans une spirale infernale de sexe et d'autodestruction. Une folie sensuelle qui va finalement participer à révéler la véritable personnalité de la jeune femme. Comment briser le train-train d'une vie sans saveur ? Un thème maint fois portée à l'écran, mais quand on connaît l'œuvre de Shinya Tsukamoto, on sait d'avance que le traitement du sujet va sortir de l'ordinaire.
Pour mémoire, Tsukamoto est l'auteur des cultes Tetsuo I (The Iron Man) et II (Body Hammer), Tokyo Fist et Gemini, dont la philosophie en une phrase pourrait se résumer à : "Dans la vie, il vaut mieux parfois souffrir que ne plus rien éprouver du tout..." Evidemment, avec Snake of June nous sommes bien loin des images déchirantes (au sens propre, comme au figuré) de ses premiers films, on peut cependant le voir comme un hommage au papy pervers de la photo nipponne : Noboyushi Araki, ou comme un remake actualisé et soigné de "L'Empire des Sens" version téléphonique... A voir également, dans le même genre, le Visitor Q. de son comparse Takashi Miike. Snake of June (déjà disponible en Import DVD Zone 2), fait actuellement la tournée des Festivals, on attend avec impatience sa venue en France.
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