Soyons tranquilles, l’Intérieur prend soin de notre sécurité :
des drones devraient prochainement équiper la police nationale et
Michèle Alliot-Marie promet de tripler le nombre de caméras de vidéosurveillance d’ici fin 2009. L’artiste polonais
Roch Forowicz a récemment entrepris un travail de sensibilisation radicale sur la problématique évidente de l’augmentation exponentielle du tout sécuritaire dans nos sociétés douillettes. Avec
Interception, il signe une performance de pré-guerilla urbaine tempérée et interroge hacktivement la notion de droit fondamentale au respect de la vie privée dans les lieux publics. Après fauchage d’une caméra dans un coin sombre de Varsovie, il la réutilise au cœur d’une station de métro, à deux pas de la gare centrale de Gdansk, pour
capter toutes les allées et venues des usagers. La projection, enrichie d’un traçage logiciel, focalise la perception des badauds sur la culpabilité latente de tout à chacun et le renforcement de la sentence "personne n’est innocent".
A noter que Forowicz n’est pas à son premier coup d’essai en matière d’expérimentions impliquant les techniques vidéos dans le questionnement de la banalisation de l’ultra surveillance.
Looking out the windows,
Environment et
Invigilate exposaient, déjà, l’absolu désintéressement des foules à l’égard de la dislocation progressive des principales libertés privées.