On a beaucoup parlé, à propos du nouvel album de
Vincent Delerm Kensington Square, de ce dernier morceau,
Gare de Milan, dans lequel l'acteur Matthieu Amalric énonce une sorte de générique chanté : remerciements, personnel, quelques private jokes... C'est effectivement une très belle idée, mais elle n'est pas nouvelle. Deux génies avaient fait de même il y a quelques décennies.
Pour la musique de son film Skidoo, le grand, l'incroyable Otto Preminger avait fait appel au grand, à l'incroyable chanteur Harry Nilsson. Celui-ci c'était amusé à faire une chanson à partir du générique de fin. Elle s'appelle tout bêtement "The Cast and Crew". J'étais tombé dessus sur une obscur compil de musiques de films seventies, l'avait perdu. Heureusement, le weblog Kempa l'a mise en mp3 sur son site. Ludique à souhait, brinquebalante et sautillante, c'est un chef d'oeuvre de pop. Il y a des gens comme ça, ils vous feraient danser et sourire en lisant votre facture détaillée de France Télécom. Restez jusqu'à la fin pour le déluge de cuivres.
Kempa, qui publie sans doute l'un des meilleurs blogs existant, a ressorti "The Cast and Crew" à l'occasion d'un papier passionnant dans lequel il détaille tous les chemins détournés qui l'ont mené à Otto Preminger. Des Zombies (qui ont chanté sur "Bunny Lake is missing") à Saul Bass (l'affiche, entre autre, d'Anatomie d'un meurtre) en passant, donc, par Harry Nilsson.
Harry Nilsson, un génie ivre, le chanteur préféré de John Lennon (avec qui il a enregistré des disques honteux, à la fin de soirées bien trop arrosées), l'homme qui a créé Without you, qui a rendu Everybody's talkin' célèbre, qui faisait pousser les mélodies avec une facilité désarmante. Découvrez le, découvrez le.
De Kill Me Sarah, posté le 23.08.06 à 09:02 
En fait mon cher Chryde, les deux ne sont pas de Nilsson.
Without you a été composé par deux membres de Badfinger groupe sixties signé sur apple par les Beatles et d'intérêt modéré dirons nous.
Quant Everybody's talkin' qui apparait dans la BO de Macadam Cowboy, il a été composé par un obscur Fred Neil.
Les deux plus grands succès de Nilsson ne sont donc pas de sa plume ce qui ne retire rien à son immense talent.