J'irai cracher sur vos installationsPosté par Philippe De Jonckheere le 22.04.04 à 11:57 | tags : politique
J'avais déjà écrit sur sur ce sujet, et comme une fois de plus il s'agissait de politique et de ce sentiment de colère qui est le mien chaque fois que l'on parle de politique, je l'avais envoyé au Lièvre de Mars, il l'avait accueilli dans sa rubrique Polis du Terrier. Et puis mon ami Dominique Hasselman ayant lu cette chronique m'avait encouragé à écrire à la mairie du Xème, nous avions écrit conjointement, lettres mortes comme on s'en doute, nous avions tenu une chronique de cette non-correspondance dans remue.net. Et hier Dominique trouve de nouvelles traces de cette infâmie et un article dans le Nouvel Observateur (dans le supplément télé, le rapport n'est pas immédiat, serait-ce une admonestation des téléspectateurs à sortir de chez eux et de se rendre compte par eux-même du spectacle de la pauvreté?).Depuis une dizaine d'années on voit à Paris les gouttières et les corniches s'hérisser de petites piques discrètes destinées à empêcher les pigeons d'y percher. Récemment ce sont des piques plus visibles, des plots ou encore des parpaings dans les voies de garage que l'on voit sortir du béton pour empêcher des hommes et des femmes de percher. C'est odieux et cela n'a pas de nom. On voudrait prendre par la main tous les designers de ces petits accessoires du mobilier urbain et les emmener passer une semaine, rien qu'une semaine à la cloche à Paris, qu'ils éprouvent d'une part la fermeté du sol et aussi l'obscénité de leur création vue sous un autre angle, celui des victimes de tant de cynisme. On ne voudrait pas lire en revanche le cahier des charges de ces constructions: vous réaliserez un élément de mobilier urbain au design simple et discret dont l'implantation ne devra pas gêner le piéton, ou pire, représenter un danger pour lui, mais dont le but sera d'empêcher les personnes vagabondes d'y trouver refuge. On ne fait qu'imaginer bien sûr. Sur le site de la mairie de Paris, au chapitre de la recrudescence des SDF dans le premier arrondissement, je lis ceci parmi les mesures à prendre pour soulager le problème des SDF, dans le même souffle que de créer des structures paramédicales pour venir en aide aux personnes en difficulté, Lutter contre les appropriations abusives (parkings, espaces commerciaux, voie publique). Restaurer le sentiment de sécurité auprès des riverains. Aménagement de mobilier urbain adapté permettant la réimplantation de bancs, tout en évitant le phénomène de stagnation de personnes en difficulté dites « Sans Domicile Fixe ». (je n'insite pas sur le dites « Sans Domicile Fixe » entre guillemets. On voit régulièrement les hommes politiques, avec force communication, tenter de se rapprocher du peuple, comme ils disent, Giscard en son temps allait dîner chez l'habitant, il n'y a pas longtemps, il était question d'immerger des ministres ou des députés de l'opposition, pendant 48 heures, dans des familles avec force micros et caméras. Tant qu'un homme politique ne prendra pas sur lui d'éprouver la précarité de dormir dehors, nous continuerons d'avoir des sociétés ou des particuliers regroupés en syndic, qui demandent à d'autres sociétés de concevoir du mobilier urbain pour régler le problème de la circulation de ces personnes déracinées. Commentaires
De Gflu, posté le 23.08.06 à 09:02
![]() C'est en effet incroyablement inhumain, au sens plein du terme. Suffit de voir, dans les métros surtout, les corps démantibulés de pauvres hères qui essayent de s'accomoder des formes sadiques de ces bancs inhospitaliers. Déprimant. La palme du mauvais goût au quai du RER à Nation, avec ses cellules individuelles qui donnent l'impression d'aller à con-fesse. Philippe, ne va pas sur ce site, ça risque de te mettre de mauvais humeur... La Laideur, le glissement insensé de la notion de service public vers celle de "marchés publics", le site du copain de Chirac... En surface ce n'est pas beaucoup mieux. Avant que Chryde nous fasse le coup du jeu de piste en de cul de sac, je voulais justement proposer de dresser une carte des derniers bancs parisiens, espèce en voie de disparition. Où se retrouvent-ils, tous ces beaux quadrupèdes en acier ? De Gflu, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Ajoutons aussi que la mairie du Xè est "socialiste" (je vais mettre des guillemets, pour rendre la politesse aux auteurs du chapitre sur la "recrudescence des sdf" que tu cites), avec une bonne composante de Verts. Que ces messieurs n'aient pas pris la peine de répondre à votre courrier me semble doublement alarmant... De odile, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Sur France Culure à 17H30 aujourd'hui (écoutable aussi sur le web) sera diffusé : Maria, pilier de l'avenue de Clichy. Un docu présenté comme un "Portrait en creux d'une célébrité iconoclaste de l'avenue de Clichy : Maria, la clocharde, à l'opposée de la SDF discrète et attendrissante." De Cédric, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Vous êtes super démagos les gars, et super schizos aussi. Faut pas voter pour Delanoe si vous pensez ça ! Allez lire l'exposé des motifs sur le site de la municipalité à propos de l'aménagement des Halles, vous serez encore plus outrés (ils appellent ça "requalifier l'espace public "!). Sur le fond, vous me faîtes rire : les pigeons nous cassent les couilles, ils chient partout et sont des vecteurs de maladies. Pire, y'a pas, à part les clébards. Quelques pigeons, c'est poétique, bien sûr, mais quelle naïveté de s'opposer à la lutte contre les nuisances ! A ce compte-là, arrêtons aussi de lutter contre les rats, les cafards ... Ils sont gentils, aussi, les cafards, non ? Soyez sérieux deux minutes ... Pour les SDF, evidemment c'est scandaleux, mais quels élus peuvent laisser les lieux publics accaparés ainsi ???? Mettez-vous deux minutes à leur place, et aussi à la place des habitants lambda, qui vivent normalement dans les quartiers, qui ne méritent pas votre commisération et qui pourtant ont le droit de vivre dans un environnement à peu près clean et normal. Quand je prends le métro, ça me fait chier de sentir la pisse et la vinasse, ça me fait chier de voir des clodos foutre le bordel. Lutter contre la pauvreté et l'exclusion, oui, mais pas en jouant les faux-culs politically correct ... De pepito, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Moi, j'aime bien les clodos, il ne me dérange pas, je ne suis pas hygiéniste. Je crois même préférer la saleté à l'aseptisé. Comme disait Depardieu "Dans la merde, il y a de l'or ! C'est magique ! De même pour faire un bon vin, il faut de la pourriture." De Gflu, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() > quels élus peuvent laisser les lieux publics accaparés ainsi ? C'est sûr qu'il est plus gratifiant éléctoralement d'organiser une étape du Tour de France ou un mondial de foot. On a l'utilisation de l'espace public qu'on mérite. > Mettez-vous deux minutes à leur place Mais... je SUIS à leur place. C'est dingue ça. Je n'habite pas dans un hôtel particulier des beaux quartiers, et je n'ai aucune raison d'excuser le penchant de mes contemporains pour l'ordre et la sécurité. ... qui est-ce qui parlait de démagogie ? A tout prendre, et si on est obligé de se caricaturer à ce point, je crois que je préfère être démago de gauche que démago de droite. Ca ne va pas nous emmener bien loin remarquez. De BLoWBaCK, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Philippe Philippe De Jonckheere, j'aimerai diffuser votre propos, avec votre consentement, en précisant évidemment l'url de aeiou ;) De blurg, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() "Quand je prends le métro, ça me fait chier de sentir la pisse et la vinasse." -> Si ça pue, c'est pour une raison simple : les pissautières ont été supprimées. Un bureaucrate quelconque a du se dire que c'était inutile. Il aura voulu faire des économies... Excellent raisonnement ! Maintenant la RATP dépense des millions en déodorants !! By the way, les SDF pourraient partager une ou deux pissautières avec ces messieurs qui fréquentent la rue St-Denis. Ceux-ci ayant la mauvaise habitude de pisser n'importe ou avant d'aller tirer leur coup ! De Cédric, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Paf, prends ça dans ta gueule !!! ça m'apprendra à m'immiscer dans les discussions proprettes et consensuelles de ceux qui pensent comme il faut. Au fait, personne ne prend la défense des pigeons et des clébards ??? De pepito, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() C'est ton argument ultime que de dire que ceux qui ne sont pas de ton avis sont des biens pensant ? Ca doit être pratique à table pour finir tous les débats... De Cédric, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Je vous invite à lire (ou relire) l'excellent bouquin de Mike Davis, City of Quartz, pour remettre en perspective cet échange à propos des politiques d'assainissement des villes, dans tous les sens du terme (vieux débat social, politique, sanitaire et architectural, depuis Philippe-Auguste jusqu'à Delanoë en passant par Haussmann, pour ne parler que de Paris !). Je partage en partie le point de vue de Mike Davis et je déplore certaines "dérives ultra-libérales à l'anglo-saxonne", pour paraphraser qui vous savez. Cela dit, oui je suis hygiéniste, et je ne comprends guère ceux qui se vantent de ne pas l'être. Au risque de me faire engueuler (censurer ?) pour la longueur de ce commentaire, je cite un extrait de City Quartz : " Cette croisade sécuritaire a pour effet systématique et inéluctable la destruction des espaces publics accessibles à tous. Symptôme criant de leur dévaluation, le terme de " personne à la rue " (street person) est aujourd’hui couvert d’opprobre. Pour réduire les contacts avec les intouchables, les urbanistes ont transformé des rues qui étaient largement vouées aux piétons en un simple réseau d’évacuation des flux automobiles. Quant aux parcs, ils sont devenus des zones de transit pour les sans-abri et les miséreux. Comme l’ont constaté de nombreux critiques, la ville américaine est systématiquement évidé de ses espaces publics au profit d’espaces spéculatifs regroupés au centre – mégacomplexes, galeries marchandes haut de gamme -, où chaque activité a on espace monofonctionnel, où les rues n’ont plus de perspectives et où la circulation est internalisée dans des couloirs de sécurité sous l’œil de polices privées. A cette privatisation du domaine public et architectural répond une mutation parallèle de l’espace électronique : les réseaux d’information à péage, les banques de données réservées à certaines élites ou les services câblés accessibles seulement par abonnement sont autant d’exemples de privatisation de pans entiers d’une agora de plus en plus immatérielle. Ce double processus reflète la déréglementation généralisée de l’économie et le recul de la sphère non marchande ". Dans son livre, paru en 1990, Mike Davis dresse un portrait sans complaisance de Los Angeles, ville qui n’a jamais rien créé par elle-même et qui ne fut jamais capable de faire émerger de la sociabilité et de la culture. A travers l’histoire de cette mégalopole, l’auteur passe en revue la façon dont les villes occidentales évoluent et dont les nouvelles technologies modifient notre environnement et nos sociétés. La description du LAPD (Los Angeles Police Department) est particulièrement effrayante. Saviez-vous que chaque immeuble de Los Angeles était marquée d’un numéro (sur le toit) pour permettre des interventions rapides de la part des hélicos de la police ? Dans ce contexte, l’auteur note une rétraction de l’espace public, voulue, planifiée et organisée par les pouvoirs publics et la police, avec la bénédiction des classes moyennes WASP qui s’enferment dans des résidences privées. Le nombre de gardes privés dépasse depuis longtemps déjà celui des policiers. A côté de ça, Paris et la France sont des havres de paix où règne la diversité culturelle et sociale, vous ne trouvez pas ? De , posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Pour Pépito : bein non, c'est pas un "argument ultime", c'est juste une réaction, je n'aime pas les propos manichéens, ça m'agace. Oui, je vous trouve bien pensant dans votre façon de penser, et ce n'est pas parce qu'il y a débat entre nous. ça ne me gêne pas d'être contredit, au contraire, mais pas avec des arguments simplistes ... Demandez-vous pourquoi les pissotières sont fermées, renseignez-vous sur l'histoire. Ce n'est pas seulement/principalement parce qu'il y a des gros méchants qui ont décidé de pourrir la vie des gentils clochards ... La négation des problèmes générés par les marginaux en tous genres dans les rues est également fascinante chez vous ... Vos oeillères sont sans doute commodes mais elles sont exaspérantes. La bonne conscience et le politically correct me font chier, à gauche comme à droite. J'aime bien les débats un peu plus fouillés, un peu plus subtils, je n'aime pas les discussions qui ronronnent entre gens qui sont d'accord ou qui se forcent à l'être pour ne pas casser l'ambiance. Je suis effaré de voir qu'on passe pour un con et un salaud dès qu'on met les pieds dans le plat, dès qu'on adopte un ton un peu vif, un peu critique. C'est très symptomatique de l'ambiance actuelle dans ce pays de merde, où il ne semble y avoir de la place que pour l'indignation et la compassion pleurnicharde. Je m'y prends très mal, je le reconnais, puisque tout le monde se braque. Parlez et pensez entre vous, les gars, c'est très bien, vous vous tenez chaud. De , posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Juste pour Gflu : franchement, tu m'as habitué à mieux ... On dirait que la démocratie t'emmerde, au fond ... Perso, je hais le vélo et le tour de France, j'aime le foot et ses grandes messes, je déteste les fêtes officielles façon fête de la musique ou grande nuit de je ne sais quoi, mais je n'en fais pas tout un plat ... La gauche comme la droite se chargent de donner ces sucettes à leurs électeurs. Les édiles parisiens se battent comme des chiens pour avoir les JO, Delanoë/Bébéar même combat ! Je ne vois donc pas où tu souhaites m'emmener avec ton débat ... "on a les occupations de l'espace public qu'on mérite" : bein oui, évidemment ! Mais qui est ce "on" ? La façon dont nos villes s'organisent correspond à un équilibre social, économique et politique, à un moment donné de ntore histoire. ça s'appelle la démocratie, c'est parfois violent, souvent agaçant, mais ça ne fonctionne pas mal je trouve (et bien qu'il m'agace, je revoterai Delanoe rien que pour le Tramway et les couloirs de bus, c'est dire !). Alors please, arrêtons les caricatures. Sortons des clivages archaiques. Si Delanoe ne fait rien, au fond, pour lutter contre les merdes de chien, c'est juste pour ne pas braquer les propriétaires de clébards, dont les convictions politiques doivent être à peu près représentatives de la sociologie politique ! Nous devons donc accepter de vivre dans la ville la plus salle d'Europe, en acceptant des problèmes d'hygiène et de pollution hallucinants. Puis-je dire que cela me sidère et m'emmerde, et ajouter que je comprends la prudence électorale de Delanoe, sans la cautionner ? Je dois être un peu trop blazé, en fait ... "L'ordre et la sécurité" ... On dirait du Renaud ! Bein oui, les gens veulent vivre à peu près tranquillement dans leur quartier, ça te choque ? Je suis un vieux con ou un con de droite quand je dis ça ? PS : en tous, y'a débat, là, non ? C'est plutôt bien, croyez pas ? C'est quand-même aut'chose que la ferme des célébriévetés ou le préchi-précha de Ségolène, non ? Allez, je l'avoue, j'aime bien quand ça chauffe un peu ! De pepito, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Voilà une batterie d'argument qui porte bien davantage que tes premières réactions critiques dont je ne voyais pas la pertinence. Paris n'est évidemment pas comparable à la ville Disney "Celebration", et pour ma part, je n'ai jamais considéré que les clochards y étaient mal traités. Peut-être as-tu entendu parler du syndrome NIMB(not in my backyard) et du refus de certains habitants de voir la pauvreté s'installer en face de chez eux, comme si de l'éloigner la faisait disparaître ? De Blurg, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() A meilleurs arguments, débat plus intéressant. Quitte à s'éloigner un peu de l'objet initial de la conversation, j'aimerais savoir ou je peux trouver de l'information / des explications sur la disparition des pissotières. Merci par avance ! De , posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Oui, je vois à quoi tu fais référence. C'est d'ailleurs un syndrome qui se développe partout et dans toutes les couches sociales. Aux Etats-Unis comme en France, le "not in my backyard" s'habille d'ailleurs bien souvent de préoccupations écologiques (style : "non à la pollution visuelle, surtout à côté de chez moi"). A titre individuel, je comprends d'ailleurs cet égoïsme. Si une rocade autoroutière devait se construire près de chez moi, je crois que j'essaierais d'empêcher ça. C'est bien pour ça que la puissance publique doit imposer des choix à la population, pour faire accepter des équipements collectifs malgré les désagréments ressentis par les uns ou les autres. Moi, par exemple, j'habite non loin du chantier du futur tramway parisien. Je trouve ça génial et je supporte paisiblement les emmerdements actuels. Et je suis très agacé par les Parisiens qui se plaignent de ce projet. Je ne comprends pas qu'on puisse être "contre" ce genre de projets, ou qu'on n'accepte pas les petits sacrifices que suppose un tel chantier. Dans la famille des acronymes anglo-saxons qui illustrent l'individualisme contemporain, j'en propose 2 autres : * Les NFTK ("Nothing for the kids"): ces retraités américains qui vivent grassement (merci les fonds de pension) et ont décidé de ne pas se soucier de leurs enfants. * Les DINK ("Double Income No Kids"): les jeunes couples de salariés aisés qui ont choisi de privilégier leur qualité de vie et leur consommation, sans se pourrir la vie avec des mômes. Je me garde de tout jugement de valeur, je ne voudrais pas redevenir un paria alors que je commence à être mieux vu ! De pepito, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() En fait, je viens de me rappeler que le terme exact est NIMBY, et qu'il faut ajouter un "Y" final pour des questions de sonorités. Tu sais AEIOU accepte aussi les parias, la preuve je participe bien alors que tous mes amis me surnomment le phylloxéra humain. (Je plaisante) De pradoc, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Cédric, tu as parfaitement le droit de ne pas être d'accord avec tout ce qui est écrit sur Flu. Moi, par exemple je suis balladurien convaincu et centriste passionné, ce qui fait que j'évite les débats politiques ici, car ils ne comprennent pas mon engagement UDF. De Philippe De Jonckhee, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Bonjour à tous avec quelques jours de retard et je m'en excuse. Je suis agréablement surpris de voir que ce billet d'humeur en somme ait causé pareil débat. Avant que je n'oublie: la personne qui m'a aimablement demandé la permissions de reproduire cet article y est autorisée. Merci de me donner l'adresse. Ce post est rangé sous la catégorie "manisfestement politique", je ne voudrais pas que l'on se méprenne là dessus. Cela ne m'intéresse pas du tout de m'étonner que la mairie du Xème est socialiste ou que telle autre dans laquelle j'aurais pu rencontrer ces installations infâmes fût de l'UMP. Lorsque je parle des piques contre les pigeons, je ne m'insurge pas contre elles, ce qui fait ma colère au contraire est que l'on puisse agit vis à vis d'hommes et de femmes selon les mêmes raisonnements. L'argument qui veut qu'il faille "comprendre les riverains" est un argument terrible, il est à la mesure du cloisonnement de l'esprit qui est attendu de nous. C'est effectivement le "not in my backyard" qui est stygmatisé ici. Ce que je trouve insupportable c'est cette gêne. est-il vraiment impensable par beaucoup d'adresser la parole à ces personnes démunies? Lorsque je croise le regard d'une personne abandonnée, sur le trottoir, ce n'est pas la pitié qui me donne de lui adresser quelques paroles, non, c'est que je sais que la distance qui me sépare de ces hommes et femmes est mince, au même titre qu'au classement des joueurs d'échecs ce qui me sépare, exécrable joueur, autrefois classé, d'un grand maître internationnal, même pas nécessairement le meilleur d'entre eux, est vastement supérieur à ce qui me sépare par ailleurs d'un singe habillé. PDJ De Gflu, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() A mon tour de répondre avec un peu de retard... Evidemment, je ne peux que me réjouir qu'il y ait débat, mais j'ai du mal à suivre le glissement qui nous mène de l'accusation de "schizophrénie" formulée par Cédric aux crottes de chiens, au City of Quartz et aux NIMB. Je comprends bien l'unité thématique, mais c'est difficile de construire une discussion "un peu fouillée et subtile" en démarrant sur de la provo pure et dure, ça fausse un peu les pistes. Je ne pense pas non plus que le problème soit la couleur politique de telle ou telle mairie, ma petite précision valait simplement pour déminer cette question. C'était maladroit, j'en conviens, mais ce n'est pas moi qui parle de "vieux cons" de droite, ou de gauche. Schizo pour schizo, comment expliquer qu'on passe allègrement de "Paris, ville la plus salle d'Europe" (un mythe complet !) et de "pays de merde" à l'évocation de "havres de paix où règne la diversité culturelle et sociale" ?... Qu'on saute d'un paragraphe sur les clébards et les cafards à un autre sur les clodos... J'y vois une forme de provocation très contemporaine, très dantecquienne, une posture hyper blasée qui joue sans cesse sur la confusion des genres, en faisant mine de documenter et d'analyser (souvent avec brio) chacun des morceaux d'un puzzle complètement difforme. Il doit sans doute y avoir une simple question de degré de lecture dans tout ça, et de degré de lucidité que l'on prête à son interlocuteur. Du coup c'est difficile de savoir sur quel pied danser. Je crois même que j'en ai oublié la question... Pas bien grave, j'aime bien aussi quand ça chauffe ! ps pour blurg : rien trouvé sur la disparition des pissotières. Ce qui est assez étonnant par contre, c'est le nombre de sites web consacrés aux vespasiennes et aux wc publics de tous les pays (un "portail" : www.baignade-interdite.com). Etrange migration de nos lieux de commodités vers les contrées virtuelles... A lire aussi, une fable sociale de Warwick Collins, que nous avions chroniquée sur Flu : "La pissotière, ainsi campée dans son décor souterrain (le métro londonien aussi accueillant qu'une prison turque et profond qu'un puits de mine), fait figure de microcosme idéal de la société anglaise et permet, par le récit qu'en donnent les héros décalés et plus ou moins au fait des mœurs locales qui nettoient, récurent, assurent l'encaissement et entretiennent le lucratif business du recueil d'urines, d'épingler les contradictions d'une société aux prises avec deux de ses démons récurrents : l'intégration de l'étranger et la lutte contre les pratiques homosexuelles". De BLoWBaCK, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Même si je ne me sens pas forcément capable d'intervenir et d'argumenter sur le débat, je trouve intéressante la notion de normalité, abordée par Cédric dans sa première intervention ("des habitants lambda, qui vivent normalement dans les quartiers, qui ne méritent pas votre commisération et qui pourtant ont le droit de vivre dans un environnement à peu près clean et normal") La normalité qui engendre le fait qu'une personne socialement exclue doit l'être entièrement, au moins au regard de ceux qui le sont ("normaux"). De Cédric, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Je n'ai aucune envie de défendre les riverains du 32 de la rue Boulanger. Ce genre de dispositif imaginé pour faire fuir les SDF est en effet sans nom. J'ai juste voulu intervenir dans la discussion lancée par PDJ pour dire que, sur la base de cet exemple, il me semblait délicat de tirer des conclusions générales sur les bons, les méchants, les pauvres victimes du système et les salauds de syndics/politiques. Ce faisant, je n'ai pas eu l'impression de sortir du débat (ouvert en grand par PDJ avec force liens !) mais je vous demande pardon à tous et à genou si je me suis montré provocateur, centriste, diffluent, blasé, dantecquien, mystificateur (c'est vrai, Paris est une ville super propre !) ... Cela dit, si j'étais SDF, j'aimerais avoir la chance de tomber sur des gens comme vous, sympas, compréhensifs, humains, généreux. Vous m'inviteriez chez vous, vous me proposeriez un café chaud, une clope, un lit. On parlerait de choses passionnantes et je n'aurais plus à galérer dans les entrées de parking ou les centres d'accueil. Je dis ça sans ironie ... Au fait, Philippe, dis-moi : les habitants de la rue Boulanger ont-ils suivi les débats que tu as initiés ? Qu'en pensent-ils au fond ? Pourquoi ont-ils fait ça ? Comment le justifient-ils ? Ajouter un commentaire |
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