Willy Ronis, photographe démocratique Retour d'expo, par Sébastien, qui nous écrit à nouveau :« Au centre du drapeau, dans un océan de poings levés, un bonnet phrygien trône au milieu d'une foule d'hommes et de femmes portant tous, casquettes ou chapeaux. Un jeune garçon nous fait face. Il porte une cravate. Signe d'un autre temps. Celle du Front populaire. La photo fut prise le 14 Juillet 1936. Tout prés de lui, une petite fille et son papa, sur lequel elle est juchée, regardent l'objectif du photographe Willy Ronis. On y ressent toute l'empathie du photographe pour son sujet et l'impression forte, palpable, qu'il fait corps avec lui. Cette photo est parue dans Libé à l'occasion de l'exposition consacrée à Willy Ronis, légende modeste de la photo » jusqu'au 18 février 2006 à la Mairie de Paris. L'occasion pour le journal de proposer au photographe une "promenade dans le temps et l'image" et d' "arpenter en paroles ses lieux parisiens favoris". Mais c'est surtout la possibilité pour nous de découvrir, entre les lignes, ce qui sous-tend le regard d'un homme. En l'occurrence ici, sa générosité : "j'étais de cœur avec les communistes. On espérait beaucoup, les luttes étaient belles" ; ou encore lorsqu'il refuse de publier une photo où, sur le quai de la gare, après la Libération, une infirmière embrasse un soldat car "si cette femme avait un compagnon, il aurait pu y avoir méprise, il aurait pu être blessé". Qui plus est, un regard doté d'une éthique : "Ce qui me plaît, c'est la fabrication, la répétition. C'est pour cela que je suis réticent à la photo vintage. Une photo ne doit pas être rare, ni précieuse. La photo c'est démocratique". A méditer. » Lire nos précédents chroniques sur Willy Ronis Commentaires
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