Disposant depuis peu d'une section "prototypes", les développeurs de Facebook rendent public quelques uns des joujoux qu'ils imaginent en coulisses. Parmi ces nouvelles applications, le United States Gross National Happiness (ou Bonheur national brut des Etats-Unis) analyse les dizaines de millions de statuts mis à jour quotidiennement pour en tirer de substancielles conclusions sur le "bonheur" global de la nation. Où l'on apprend sans grande surprise que le lundi est un jour "down" et que les facebookers utilisent plus généreusement des termes "positifs" à l'approche des week-ends et des vacances. En oubliant semble-t-il que le "bonheur" est parfois une figure imposée...

Point d'ironie en effet dans la méthode adoptée par l'équipe Facebook. L'analyse repose sur une liste - maheureusement non rendue publique - de termes "positifs" ou "négatifs". Happy ? Gentil. Too bad ? Méchant. Ce qui expliquerait peut-être la baisse observée fin juin, liée selon Techcrunch au décès de Michael Jackson. Le calendrier du bonheur ressemblerait donc étrangement à celui des festivités religieuses ou nationales, avec une pointe annuelle pour Thanksgiving (Facebook ne dit pas si le terme "thanks" est classé dans la catégorie des mots sympatoches...). Ecrire "Joyeux Noël" sur son statut, ce serait évidemment nager dans le bonheur. La Saint-Valentin ? Un triomphe de l'amour, une promesse annuelle de béatitude pour tous.
Mais que faire dès lors de cette portion d'humanité qui a pris pendant des années les célèbres "Bon dimanche !" de Jacques Martin comme un soufflet illustrant tragiquement les mornes après-midi dominicaux ? Sans forcément aller jusqu'à considérer la politesse comme "la forme la plus acceptable de l'hypocrisie", pour citer joyeusement Ambrose Bierce, on se demande si l'équipe de Facebook n'a pas positivement sous-estimé la Tartufferie nationale brute. On s'interroge surtout sur la façon dont elle a intégré la dimension polysémique du langage, et où elle classerait par exemple une expression comme : "belle fumisterie".
Incidemment, on ne sait toujours pas si les utilisateurs de Facebook sont plus heureux que la moyenne de l'humanité.
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Voilà. Ensuite, l'utilisateur est libre ou pas d'y aller, d'aimer ou de préférer la télévision, la radio, la presse...
Est-ce que Facebookenstein n'est finalement pas devenu trop "monstrueux" (dans le sens énorme), trop inintelligible pour ses créateurs ?...
Totor, on attend avec impatience ta vision du web populaire, ergonomique et bien fichu.
Pour en revenir au sujet, dommage que les status Facebook soient pas indexés par google, on pourrait faire ressortir ce genre de stats nous même