Aeiou, le blog de Flu. Blog !

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Semaine du 26 octobre au 02 novembre

Posté par Easywriter le 31.10.08 à 17:54 | tags : nombriliste

Quand ils ne déambulent pas dans les rues, les Zombies surfent sur Flu. Cette semaine ils ont aimé : 

Dieudonné : passées les bornes, y a plus de limites
Dead Space, la totale : un jeu, un film, un livre, en attendant l'opérette et le plat cuisiné.
Les Jackson Five reviennent ! Les Pet Shop Boys aussi ! En revanche pour les Smiths, oubliez.
La passion du Christ : Mesrine fascine ok, mais là tout de même...
Led Zep cherche un remplaçant : Et on espère qu'ils ne trouveront pas
Oleg Kulik, censuré : Jugé trop porno et violent. Ca fait envie, hein ?
Des bassets pour Obama : Pour qui votent les pitbulls ?
Les liens automatisés rendent idiots : Même Flu participe à cette vaste entreprise de décervelage
The Hives, accusés de plagiat : On leur souhaite la même carrière qu'à leurs prédecesseurs.
Joaquim Phoenix arrête : La rubrique ciné est inconsolable
Les Simpsons jouent aux Mad men : Et ont toujours autant la classe !
Albanel, James Bond Girl : Un ministre a les agents (007) qu'il mérite...
Les Beasties Boys rappent pour Obama : Qui fait une ritournelle pour la progressiste Paris Hilton ?

 




Le baiser le plus long... ou pas.

Posté par Troudair le 31.10.08 à 09:27 | tags : media art, vidéo
Car dans la performance d'Annie Abrahams, The Big Kiss, réalisée le 10 octobre dernier à OTO (Over The Opening, New York), la réflexion n'est pas tant la durée, mais à nouveau le rapport réel/virtuel, chair/image, que l'artiste avait déjà développé dans son précédent "L'un la poupée de l'autre".
Cette performance vidéo est donc la continuité logique de cette recherche. Après avoir expérimenté l'élaboration d'une intimité à distance, les personnages passent à l'acte et s'embrassent par delà l'espace, leurs bouches réunies grâce à la technologie.


La vidéo est un montage de 5 minutes de ce baiser qui a duré 3 heures, mais les images des deux protagonistes, filmés indépendament, en disent déjà long sur notre rapport à la communication, qui de plus en plus est plein de confiance et ne tolère plus le moindre recul. Car si nous ne nous livrons que rarement (jamais ?) à des baisers langoureux par webcams interposées, nous sommes néanmoins de plus en plus aptes à entretenir des relations purement virtuelles et des amitiés fondées sur l'absence, sans d'ailleurs que ce fait soit fondamentalement nouveau en soi, puisque déjà Voltaire nous en parlait :

"Autrefois, si vous aviez un ami à Constantinople et un autre à Moscou, vous auriez été obligé d'attendre leur retour pour apprendre de leurs nouvelles. Aujourd'hui, sans qu'ils sortent de leur chambre, ni vous de la vôtre, vous conversez familièrement avec eux (...)"

L'illustre philosophe parlait alors de la Poste dans son Dictionnaire Philosophique, mais comment ne pas faire le rapprochement entre ces mots de 1764 et la tournure que prend aujourd'hui notre rapport à la correspondance ? D'autant plus quand il ajoutait :

"Les absents deviennent par elle présents ; elle est la consolation de la vie."

La Poste donc ? Ou la technologie ?






The Streets (views) of San Francisco

Posté par sumoto.iki le 30.10.08 à 00:44 | tags : google, net art, photo
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Il y a quelques jours (précisément le 14 octobre) Google ajoutait à son service gMap Street View les villes de Paris, Lyon, Marseille, Nice, Lille et Toulouse. Au rythme d’une vingtaine d’ajouts de grandes villes par mois, Google poursuit son travail de numérisation des rues (du monde où les services Google sont accessibles). Cette collecte massive, mécanique, voire quasi-industrielle de clichés de (nos) boulevards et chaussées a suscité une réflexion au sein du petit groupe de média-artistes Suwud, de Sao Paulo.  Toutes ces images aveugles, sans sens, mécaniques, enregistrées par le dispositif de capture à 360° d’Immersive Media  pouvaient  pour un recadrage, une recontextualisation esthétique devenir objet d’art (à minima des procédés photographiques à signifiant intégré). Avec Googorama ils ont pris le parti de re-photographier, de re-focaliser les vues enregistrées par le robot Sreet View. Par un angle, une focale post-artistique donnée ils ont immortalisé leur déambulation dans les rues de San Francisco à l’intérieur du dispositif de captation de Google. Le résultat de leur dérive virtuelle est un portfolio de 18 vues des rues de la ville californienne. Pour paraphraser Baudrillard (qui ironisait dans ses Cool Memories sur l’eau en poudre) : suffit-il de rajouter du sens aux images gStreetView pour obtenir une œuvre ? Belle expérience de ready-made (proche de par le fond de celle de JODI avec GEO GOO (info park)) autour des services Google.   

 




Des bassets pour Obama

Posté par Troudair le 29.10.08 à 07:31 | tags : loufoque, politique, vidéo


Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?



La route de San Jose

Posté par Troudair le 28.10.08 à 07:35 | tags : typographie, vidéo

Petite animation typographique réalisée par les élèves de l'Ecole de Communication Visuelle de Paris.
"Do you know the way to San Jose" a été conçu à partir de lettres découpées dans le cours de typographie de Marie-Paule Jaulme et l'animation est l'oeuvre de Joyce Colson de la société DONCVOILA.
Je sais pas vous, mais moi, ça me met nettement plus en joie que les clips de Justice.

(Merci pour l'info, Marie-Paule)

 




AC/DC fait péter le XLS

Posté par Life on Mars le 28.10.08 à 00:25 | tags : ascii, musique, vidéo
AC/DC a beaucoup de fans. Parmi ces fans - qui l'eut cru - des nerds (mais est-ce vraiment le premier clip excel de l'histoire du rock ? il me semblait en avoir déjà vu passer un...). La vraie version .xls est téléchargeable ici.



Méta-hyper-texte

Posté par Troudair le 27.10.08 à 08:13 | tags : google, internet 2.0, inventions
Suite de notre série sémantique, en lien avec le Dadameter de Christophe Bruno qu'on présentait la semaine dernière.

En apparence, LinkedFacts est un de ces méta-moteurs qui permettent sur une requête d'afficher les résultats de Yahoo!, Google, Flickr, etc.
Mais en pratique, l'objet va bien plus loin, car au lieu de se présenter sous forme d'une page simple avec un champ de recherche, l'outil est conçu pour s'intégrer directement à une page web.
Expliqué plus simplement, quand vous installez LinkedFacts sur votre blog, par exemple, celui-ci va repérer dans votre texte les noms propres (villes, personnalités, etc.) et effectuer automatiquement une recherche rapide sur la plupart des moteurs existants. Le résultat de ces recherches est accessible en cliquant tout simplement sur le mot voulu dans votre texte.


Pratique, me direz-vous, sauf qu'à y regarder de plus près, cet outil s'avère dans l'exacte continuité des réflexions de Christophe Bruno sur la perversion du langage, mais aussi le remplacement progressif des liens "humainement dirigés" par des liens concoctés par des robots. L'un des plus grands outils du web tel qu'on le connait est en effet l'hypertexte, et la possibilité pour l'auteur d'une page de relier certains des mots qu'elle contient à un contenu original, dont la proximité thématique n'est parfois pas directement visible pour le lecteur. La gymnastique intellectuelle qui s'en suit, et qui oblige à relier une information à une autre est l'une des grandes richesses de la lecture en ligne, même si celle-ci, avouons-le, est de moins en moins exploitée.

C'est d'ailleurs pour cette raison que LinkedFacts n'est pas un outil qu'il faut pointer du doigt comme responsable d'une dégradation future de la richesse du web, mais au contraire un outil logique qui vient formaliser et automatiser une pratique déjà largement répandue (y compris dans nos colonnes) et qui veut qu'un lien hypertexte n'ait pas d'autre fonction qu'apporter une information complémentaire et encyclopédique à un nom propre.

Plutôt que de taper sur les autres, jetons ainsi un oeil au système de liens de Flu, qui va lui-aussi dans ce sens. Ainsi, si je parle d'Albert Camus, de Jean-Luc Godard ou de Britney Spears, les liens en question ne vous enverrons pas vers des pages curieuses quelque part sur la Toile, dont l'association avec le nom propre concerné vous obligera à une réflexion quelconque. Non, les liens pointeront systématiquement vers la partie encyclopédie de Flu, utilisant un circuit fermé qui va totalement à l'encontre de la philosophie originelle de l'hyper-texte. Et si je fais ça, quand je rédige un article, c'est tout simplement parce que j'ai un petit bouton tout prêt dans la partie administation de ce blog. La feignantise, contrairement à une idée répandue, n'est donc pas seulement du côté du lecteur, mais surtout du côté du rédacteur.


Même chose avec Wikipedia, dont nous parlait à juste titre un lecteur dans les commentaires de l'article sur le Dadameter. En partant d'une recherche standard sur n'importe quoi, le système de liens étant tellement automatisé qu'il peut transporter le lecteur à peu près n'importe où, sans aucune sorte de logique ou d'argumentation.
Cette tendance à l'automatisation, amorcée par l'apparition des "back-office" de Blogger et continuée par la structure même de nombreux CMS, est donc tout simplement en passe de tuer l'hypertexte orginel, et de réduire à néant toutes les réflexions sur le réseau de ces 15 dernières années (rhyzomes deleuziens et compagnie). LinkedFacts n'est donc pas l'outil qui va faire disparaître la philosophie du TARGET="_blank", mais tout simplement l'outil qui enterrine son acte de décès.



Actualité zombie

Posté par Troudair le 25.10.08 à 10:20 | tags : vidéo, littérature, cinéma, zombies

Je m'aperçois avec stupeur que ça fait plus d'un mois maintenant que nous n'avons pas parlé de zombies.
Grosse erreur à laquelle il nous faut remédier, car vous savez que si vous ne pensez pas aux zombies, eux pensent à vous ! (enfin, ils essaient, quoi)

Tout d'abord, faisons-nous le relais d'un court film qui a déjà fait le tour de toutes les boites mail, d'abord parce que c'est un projet zombie, ensuite parce que Melle nous le propose (merci à elle).
The Outbreak, c'est donc ce film dont vous êtes le héros, où les décisions des personnages dépendent de vos choix à vous. Initiative plutôt bien foutue et assez courte pour pouvoir l'expérimenter au bureau, The Outbreak souffre pourtant d'un problème majeur. En effet, après consultation de nos experts ès Invasion Mort-Vivante, la construction du film est totalement handicapée par une erreur grossière en début de scénario. Pour voir la fin de l'histoire, il vous faudra en effet épargner (!!!) l'un de vos camarades contaminé, ce qui va à l'encontre de toutes les règles de survie en milieu zombie. Car si on ne peut pas tirer une balle dans le crâne d'un copain sans scrupule dans ce genre de situation, on se demande bien quand on va pouvoir le faire !

Laissons donc ces histoires pleines de bons sentiments pour vous présenter un autre film zombie amateur, diffusé sur le web. Le premier épisode de Red River (originellement nommé Heaven's Gate) est en ligne depuis une petite semaine, et vous plongera dans l'univers très original d'une apocalypse zombie au milieu duquel une troupe de survivants tentera de... survivre. Ou du moins, on suppose, car la production jouant sur le suspens, peu d'informations ont filtré sur le contenu des épisodes suivants. Pas de problème pour autant, car tous les amateurs de zombies se retrouveront dans ce charmant travail à base de gros calibres et de pièces de boucherie. Vivement la suite !

Et pour finir, rendez-vous au rayon littérature, avec le nouvel opus du surprenant Brian James, connu Outre-Atlantique pour ses livres pour enfants, mais qui cette fois s'attaque à un sujet qui nous intéresse au plus haut point : la zombitude des blondes.
Dans son ouvrage, Zombie Blondes donc, la narratrice introvertie est en admiration devant un petit groupe de jeunes filles qui s'avéreront beaucoup moins glamour que prévu...
Je vous laisse apprécier le trailer, et surtout la superbe baseline : "They're beautiful... They're popular... They're dead !"
De quoi vous passer l'envie de fantasmer sur les pom-pom girls.


 




La semaine sur Fluctuat : du 19 au 25 octobre

Posté par Easywriter le 24.10.08 à 18:01 | tags : nombriliste


Il n'y pas que dans les stades que l'on siffle La Marseillaise comme le prouve sans conteste notre reportage caméra cachée (c'est la mode).

Investigation toujours avec la publication de l'historique de navigation de DSK, que nous envoie un informateur au FMI :

La gueule Cassel : 18e siècle, cow-boy ou gangster cultissime... l'homme au cent looks et au talent unique
Radiohead, le carton : Ils n'ont jamais vendu autant de disques que depuis qu'ils n'en vendent plus...
"Combien on se fait avec le prix littéraire de la ville de Besançon ?" : Un million pour Le clézio mais les autres ?
Sarko a peur du vaudou : La crise ça rend superstitieux à force
Videosurf is watching you : On attend le groupe d'indignation sur Facebook
DSK...on vous avait prévenu : Le web sait être prémonitoire...
Les ennemis publics : De Bonnot à Ben Laden, chaque époque a le sien
Matt Damon resigne : Le plus dur maintenant c'est de trouver encore un titre
Microsoft against the smack talk : Finies ces schtroumpfs d'insultes par ces joueurs qui nous schtroumpfent
Google appauvrit le langage : Au diable collisions fortuites, lapsus dansants et langue vivante.
Une blonde l'enrichit (le langage) : La sexy-sémantique c'est l'avenir
Ron Howard refait Happydays pour Obama : Sarah Palin exige le retour de Falcon Crest
Morrissey écrit sa propre Bible : On n'est jamais mieux servi...
10 livres à ne pas lire : Ca change un peu des listes de trucs à faire
5 moments cultes Gainsbourg à la télé :  "Le Pen ?...Sa fille, chuis sorti avec...intirable"
Eminem rechute : Un single pour faire monter la pression
Prononcez Mérine : "Tu dis quoi, tu dis Miromessenil toi ?"
Palin fait du shopping : ça coûte un bras de se déguiser en MILF
Gun'sand Roses revient : un retour presque aussi long que celui de la démocratie en Chine
N'épouse pas la bassiste : les contre-exemples pullulent

 

 




Macro-cosmos

Posté par Troudair le 24.10.08 à 09:19 | tags : arts visuels, photo, vidéo

Il y a une dizaine d'années, David Lynch fantasmait sur les possibilités du traitement numérique de l'image en imaginant qu'on pourrait bientôt filmer des scènes minuscules en macro et ensuite faire croire que celles-ci étaient des prises de vue à taille humaine.
Car les amateurs de photographie le savent, ce qui fait toute la différence dans notre perception d'une photo ou d'un plan de cinéma, c'est essentiellement la focale de l'appareil, qui déforme ou non l'image et fait varier la profondeur de champ. Quand en 1956, dans Moby Dick, John Huston montrait le Pequod, le baleinier du capitaine Achab, englouti par un tourbillon géant, personne ne voyait la maquette, et tout le monde tremblait devant l'effet. La même scène aujourd'hui n'impressionne plus personne tant notre oeil est désormais habitué aux changements de focales et parvient à identifier immédiatement l'échelle du sujet.

C'est en jouant avec cette connaissance empirique de l'image que Keith Loutit parvient à tromper ses spectateurs dans ses photos et ses vidéos.


Car contrairement à ce que nous dit notre oeil au premier abord, ce ne sont pas des maquettes qui sont présentées ici, mais bien des prises de vue réelles, que le traitement numérique (adjonction de flou et modification de la vitesse) a transformé en scènes miniatures. Sur son site, le photographe explique qu'il espère ainsi que les habitants de Sydney, reconnaissant ces lieux familiers, pourront les regarder d'un oeil neuf, et s'attarder sur des paysages tellement quotidiens que plus personne ne les voit.





Vendredi et le web en papier

Posté par Easywriter le 23.10.08 à 18:40 | tags : médias

Vendredi dont le deuxième numéro sort demain, est un nouvel hebdo qui se veut être "le best-of du web". Mais pour quoi faire ? On a demandé à Jacques Rosselin,  fondateur du Courrier international et créateur de Vendredi.

 

Faire payer de l'info gratuitement accessible partout vous pensez que c'est viable ?

Oui. L'info n'est pas si accessible que cela. Elle est enfouie dans un immense tas. 
En ce qui concerne le prix de l'info, un exemple : beaucoup de données publiques sont accessibles gratuitement. Mais les entreprises paient cher pour qu'on les collecte pour elles. 
L'info, c'est bien sûr les milliers d'articles publiés chaque jour sur le net. Mais l'info pour le lecteur, c'est aussi la sélection, et la hiérarchisation de ces articles.

 Alors qu'on considère souvent le web comme le lieu de la rumeur ou du rewriting  sans valeur ajoutée, Vendredi le considère comme la source première de l'info. Vous pensez qu'un renversement s'est opéré ?
Sur le net, comme à la télé, la presse ou la radio, et comme partout d'ailleurs, il y a beaucoup de mauvais et un peu de bon. L'essentiel est que notre rédaction sélectionne le bon. Et l'information a tout de même maturé sur le net depuis trois ans (création de blogs politiques, de sites d'info "pure players".

Moins qu'un magazine généraliste, Vendredi adopte le ton et la maquette d'un hebdo satirique. Quel public visez-vous ?
Ceux qui s'informent sur le net et comprennent que VENDREDI leur fait gagner du temps. Et aussi ceux qui n'aiment pas s'informer sur le net et qui peuvent accéder à cette "nouvelle info" grâce à VENDREDI. Notre public est passionné par l'info et cherche dans VENDREDI un ton plus libre, plus indépendant, qui fait la réputation du net. D'où le côté mordant du titre.

 Depuis la disparition de Transfert il n'y a pas de magazine uniquement consacré aux nouveaux medias, Vendredi a-t-il vocation à prendre cette place ?
Notre journal n'est pas consacré aux nouveaux médias. Il est consacré à l'actualité en général.

Quel est le tirage, le point d'équilibre ?
Le point d'équilibre est entre 30 et 35 000 ex par semaine. Nous espérons l'atteindre début 2009. Nous tirons actuellement à 150 000.



Les mémoire de Saint-Etienne

Posté par Troudair le 23.10.08 à 07:54 | tags : data mémoire, design numérique
Sugoroku de Marc Veyrat, est présenté dans le cadre de la biennale internationale de design de Saint-Etienne qui se tient actuellement et jusqu'au 30 novembre.
Si nous n'avons pas pu tester la partie physique du projet, qui propose aux visiteurs de collecter, tout en se promenant, des "objets virtuels" dans plusieurs quartiers de la ville, on est déjà séduit par la partie online, bel agencement d'images et de sons qui peignent un portrait du Saint-Etienne industriel d'aujourd'hui.
En se déplaçant dans les cubes empilés, on voyage ainsi de lieux en lieux, tout en croisant les habitants qui nous racontent leur quartier, du buraliste à l'épicier, de l'ancien mineur au supporter des Verts.

Le design est sobre, car le design ici doit s'effacer devant toutes ces histoires, témoignages passionnés d'habitants amoureux de leur cité, la plupart observateurs du présent, certains gardiens d'une précieuse mémoire collective qui risque de s'effacer.



Sexy sémantique

Posté par Troudair le 22.10.08 à 07:58 | tags : loufoque, vidéo
Devant le tollé provoqué hier par la publication d'un article hautement intellectuel, la direction de Fluctuat.net m'a sommé de rattraper le coup immédiatement.
Entrant dans mon bureau comme une furie, tenant dans sa main droite les derniers rapports de stats d'AEIOU, Gflu était méconnaissable. Et dans la logorrhée hum... dans le torrent de mots qui s'abattait sur moi, je n'ai pu comprendre qu'une phrase intelligible : "Puté, Troudair ! Parle de sémantique si tu veux, mais fais-le de manière sexy !".
N'écoutant que mon amour de l'entreprise, j'ai donc juré sur l'honneur de fouiller dans mes bookmarks afin d'apaiser l'ire de nos lecteurs inquiets de se sentir si bêtes, qui plus est en temps de crise.


Voici donc HotForWords, une série d'émissions diffusée sur YouTube et présentée par la très étymologique Marina Orlova.
Presque tous les jours, celle-ci se fait un plaisir d'éclairer les internautes cherchant désespérément la signification ou l'origine d'un mot de la langue de Shakespeare (ci-dessus : l'expression "déjà vu", issue de notre beau français).
Alors oui, ces émissions sont toutes en anglais et elles sont un peu difficiles d'accès pour vous, chers lecteurs, mais franchement, n'allez pas me dire que vous ne savez pas vous servir du TLF !



Devenons-nous des handicapés du langage ?

Posté par Troudair le 21.10.08 à 10:12 | tags : dada, google, media art, performance réseau
C'est en tout cas la thèse soutenue par Christophe Bruno, qui poursuit inlassablement sa charge contre Google, et plus généralement contre la décrépitude de langue provoquée par notre usage du web.
Son dernier projet, le Dadameter, pousse le raisonnement un cran au dessus de ses précédentes réalisations (comme le Google Adwords Happening ou encore le WIFI-SM), et plonge carrément dans la théorie des graphes pour organiser les milliers de mots extraits du célèbre moteur de recherche.

Présenté au Jeu de Paume jusqu'au 5 avril 2009, et déjà disponible en ligne, le Dadameter se présente donc comme une expérience scientifique censée mesurer la distance qui nous sépare de Dada.
Les mots récupérés sur Google sont classés selon deux critères, l'homophonie et la proximité sémantique, en s'inspirant des travaux de Raymond Roussel, précurseur du mouvement dada.


L'idée est donc de triturer les algorithmes de "proximité sémantique" utilisés par Google afin de mettre en évidence le fait que cette notion, l'un des fondements de l'usage de la langue, est aujourd'hui entièrement dévouée à la cause marchande. Là où autrefois, oulipo et dadaïsme stimulaient l'imagination par la proximité incongrue de concepts engendrant des visions singulières du monde, la langue globale tend aujourd'hui à se fondre dans un utilitarisme des plus conservateurs, si ce n'est des plus aliénants et castrateurs. D'après l'artiste, l'usage même de Google interdit l'imagination, ainsi que les éventuelles collisions fortuites de sens, à elles-seules pourtant garantes de l'évolution de la pensée et de sa vivacité. Et plus Google évolue, plus les algorithmes sont précis et efficaces, et moins les erreurs sont probabes, et par conséquent l'invention possible.

Pour mettre en évidence cette "déchéance de l'aura du langage", le R.R.Engine intégré au projet permet ainsi de voyager dans les proximités sémantiques des mots, tout en réglant manuellement le taux de Google (sémantique) et de Dada (homophonie) à l'origine de leur organisation.


Oeuvre majeure dans le parcours de Christophe Bruno, le Dadameter synthétise finalement chacun des aspects de sa longue quête artistico-politique et on ne peut que saluer la qualité de ce travail et la grande rigueur de son exécution.



Le dessous (hyper-déconstructiviste) des cartes

Posté par sumoto.iki le 20.10.08 à 21:28 | tags : cartographie
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Depuis samedi dernier (18 octobre) jodi, Joan Heemskerk et Dirk Paesmans de leurs petits noms civils, s’exposent à l’iMAL de Bruxelles avec GEO GOO (info park). Cette nouvelle pièce mixe, amalgame réalité et service GoogleMap dans un grand mashup cartographique orgiaque. Des tracés tels que des circuits de footing ou plans de jardins publics servent de matière géométrique à une double dérive topographique : numérique (avec l’application globalmove.us) et physique par une superposition de graphes dans le monde tangible.  

 

Google(Map) est-elle vraiment la carte ?




Méconnaissance faciale

Posté par Troudair le 20.10.08 à 08:06 | tags : internet 2.0, inventions, surveillance

VideoSurf ne fonctionne pas, et on en serait presque soulagé.
Nouvel outil de recherche encore en version beta, le site propose en effet, grâce à la technologie de reconnaissance faciale, de repérer un visage à l'intérieur d'une vidéo.
Théoriquement, c'est censé vous aider à retrouver le moment précis qui vous intéresse sans avoir à lire l'intégralité de la vidéo (??).
Pratiquement, c'est un monstrueux outil de surveillance automatisée.
Imaginez en effet le procédé idéalement fonctionnel, et plus rien n'empêche votre (futur) employeur de lancer une recherche et de vous débusquer dans une manifestation CGT, par exemple, ou en train de montrer votre cul à l'enterrement de vie de garçon d'un copain.

Heureusement, et malgré les assurances sincères des concepteurs, l'engin n'est vraiment pas précis et se base encore en grande partie sur le titre de la vidéo, ce qui rend les résultats de recherche plutôt farfelus.
Parce que franchement, il n'y a vraiment qu'un robot pour ne pas réussir à identifier Scarlett Johansson...

 




Des lettres et des lettres

Posté par Troudair le 18.10.08 à 17:36 | tags : rss
Au début, ça ressemble au générique des Chiffres et des Lettres.
Puis le nuage bouge, et révèle une information, dont on comprend qu'elle est issue d'un fil de news.
Très proche du DoodleBuzz qu'on vous a déjà présenté, mais en version moins glitch, Liveaxle est donc un énième visualiseur de news.
Bon... heu... comment dire, les gars... C'ets mignon, ok, mais vous avez pas autre chose en stock ?
Parce que du tag "design numérique", on commence à dangereusement se rapprocher du tag "hype naze", là.




Embryon d'infosphère

Posté par Troudair le 17.10.08 à 10:21 | tags : surveillance, réseaux sociaux, internet 2.0, twitter
Cela fait plusieurs décennies maintenant que les écrivains de science-fiction ont décrit l'utopie infosphérique : un réseau accessible à n'importe quel endroit de la planète proposant toutes les données possibles sur tous les lieux possibles.
Pourtant, et malgré l'explosion des réseaux sociaux, bien peu de start-up ont misé sur cet aspect du partage de l'information, et encore moins sur les connexions directes entre monde physique et monde virtuel.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, c'est peut-être même Twitter, qui jusqu'à présent, était la meilleure passerelle permettant de faire le lien entre événements vécus offline et le témoignage quasi-instantané de cet événement online.

On pourrait disserter longtemps sur cette constatation, et pointer du doigt le fait que bien entendu, la construction des réseaux sociaux s'est faite non pas dans un souci d'altruisme ("je partage une information pour en faire profiter les autres"), mais dans un souci de nombrilisme ("regardez ma vie et dites-moi qu'elle est géniale"). Mais au lieu de se perdre en lieux communs, peut-être vaudrait-il mieux suivre la destinée d'un nouveau site 2.0 qui va à l'encontre de cette tendance.


Pachube vient donc de sortir, et bien plus qu'un réseau social, il s'agit surtout d'un réseau informationnel qui propose, en théorie, de diffuser en temps réel n'importe quel flux d'information généré par un capteur physique. Température, humidité de l'air, taux d'ensoleillement, puissance du vent, mais aussi nombre de dispositifs bluetooth détectés dans une zone donnée, ou nombre de passants qui parcourent un point précis du trottoir, toute donnée est assimilée par le système et publiée en ligne, géolocalisée grâce à Google Maps.

Le procédé est techniquement assez simple, mais le résultat forcément monstrueux, car si dans l'immédiat, très peu d'utilisateurs sont connectés et diffusent un nombre de flux assez réduit aux qualités pour le moins conventionnelles, on peut commencer à imaginer à quoi pourrait ressembler un Pachube sur lequel tous les capteurs du monde seraient reliés.


Cette vision serait tout simplement celle dont parlent les cyber-visionnaires, la pure infosphère utopique, Big Brother consenti par des hommes qui l'alimentent et en dépendent à la fois.
Mais comme nous le disions plus haut, le 21e siècle ne brillera pas par son altruisme, et il y a fort à parier que Pachube ne trouvera pas beaucoup plus d'utilisateurs qu'il n'en compte aujourd'hui.
La mythique infosphère sera donc encore embryonnaire pour quelques décennies supplémentaires, et la publication globale de toute chose en temps réel n'est pas encore pour demain.

Ce qui nous amène à une autre question terrifiante : est-ce que finalement, l'idéologie ultra-libérale, nombriliste et égocentrée ne serait pas le dernier rempart contre la surveillance technologique généralisée ?
Commentaires ouverts...



Pour les guerilleros numériques

Posté par Troudair le 16.10.08 à 08:01 | tags : technologeek

Une souris customizée par des geeks russes, histoire de se prendre pour le Che Guevara (ou la Sarah Palin) du web...



Dominiq Jenvrey répond à vos questions sur les extraterrestres

Posté par Easywriter le 16.10.08 à 00:53 | tags : loufoque

Bien entendu, nous nous habituerons aux rencontres avec des ET, la première fois nous serons sans doute un peu puceaux, il y aura bien du bazar. Cela va paraître tellement inattendu, d'un coup nous ferons de l'action inédite., surtout si nous rencontrons une multiforme pluri-chronologique C'est pourquoi il faut proposer de s'y préparer, et la discipline la plus apte est une discipline fictionnelle, qui connaît l'habitude de se créer ses propres fictions, il en faudrait peu à la littérature pour endosser se rôle ambitieux. Est-il possible de s'inventer une littérature extraterrestre ? La psychologie prédictive qui a tout à voir avec la fiction, est ce premier élément lancé là commune possibilité permettant de s'habituer à une rencontre avec des E.T.


La langue est-elle utile pour effectuer une rencontre extraterrestre ?
L'extraterrestre est-il un projet littéraire ?


 




Esthétique du pognon

Posté par Troudair le 15.10.08 à 07:57 | tags : cartographie, design numérique
Etre artiste contemporain, ça n'est pas être seulement artiste. C'est aussi et surtout savoir faire du business.
Certains qualifieront cet état de fait de contre-nature, d'autres se réjouiront qu'un artiste puisse fasse partie du monde au même titre qu'un patron de PME, mais dans tous les cas, le résultat sera le même.
Alors puisque nous sommes condamnés à suivre les cours de la bourse, autant le faire joliment.


La Map of the Market proposée par le site Smart Money, est une applet Java qui recueille les valeurs boursières américaines et leur attribue une couleur en fonction de l'évolution de leur cours. En vert, l'action est en hausse, en rouge, elle est en baisse.
L'image ci-dessus vous donne donc une idée de la tendance du marché US ce matin, et une fois que vous aurez compris qu'il n'y a vraiment pas de quoi se réjouir, vous pourrez vous plonger dans la contemplation de cet agencement, et penser à Mondrian et à Barnett Newman, ce qui sera au moins ça de gagné...

Arrivés trop tard, nous n'avons pas pu flasher le système totalement dans le rouge, mais le site Information Aesthetics témoigne de ces quelques jours où la carte, d'après eux, était "rouge sang". Poésie, quand tu nous tiens...



15.10 - 10.15

Posté par sumoto.iki le 15.10.08 à 00:19 | tags : photo
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Simple et franc du collier, GMT Project invite tous les photographes (ou équivalent) du monde à shooter leur environnement direct le 15.10 précisément à 10:15 GMT (soit 12:15 heure locale de Paris). 

 




Horoscopitone

Posté par Troudair le 14.10.08 à 07:57 | tags : arts visuels, blogs, copinage
Et dire que tous les jours, depuis septembre, un site propose un horoscope de qualité, et qu'on vient seulement de s'en apercevoir !
Toutes ces opportunités gâchées... Tous ces rendez-vous avec le destin manqués...
Mais voilà, la chose est réparée, et vous aussi, dès aujourd'hui, vous pourrez savoir ce que les astres vous réservent et recommencer à spéculer en bourse et en amour aussi sereinement qu'avant la crise.



Ca s'appelle Horoscopitone. C'est créé par la toujours brillante Caroline Hazard.
Et j'adore, j'adore !



Des plantes et des légumes

Posté par Troudair le 13.10.08 à 09:35 | tags : blogs, environnement, media art, technologeek
On parlait de l'aspect totalement vain de Twitter, et accessoirement d'une grande majorité de blogs.
Le Donburi Cafe de Kamakura a poussé le vice encore plus loin en concevant un système métaphorique fascinant.
Puisque l'attitude d'un bloggeur ou d'un twitter frénétique ne se distingue guère de celle d'un légume réagissant basiquement aux variations de son environnement, pourquoi ne pas relier une plante à un blog et voir ce qu'elle nous raconte ? Le procédé utilise ainsi des capteurs enregistrant le courant bioélectrique parcourant la plante, pour ensuite l'interpréter en bon japonais et le publier sur le blog de Midori-San (c'est le nom de la plante).

Grâce à Pink Tentacle, qui effectue heureusement la traduction japonaise, on peut donc découvrir qu'un organisme végétal n'a, lui non plus, pas grand chose à dire, si ce n'est se plaindre parce qu'il n'a pas assez d'eau, ou de lumière. Mais qu'on se rassure, car un widget en ligne a été conçu qui permet à n'importe qui, d'un simple clic, de mettre en marche une lampe horticole disposée au-dessus de Midori-san.
Si vous comprenez le japonais, vous pourrez donc lire pour la première fois, après avoir cliqué, des remerciements émanants directement d'un représentant du monde végétal.
Malheureusement, l'histoire ne dit pas comment on dit "laché vo com" en langage des plantes...



Twitter automatique

Posté par Troudair le 11.10.08 à 09:13 | tags : twitter, réseaux sociaux, remix, media art
A la lecture de certains comptes Twitter, on se pose parfois la question de la présence ou non d'un humain derrière les phrases incompréhensibles mises en ligne.
Yann Le Guennec est parvenu à pousser ce raisonnement au maximum en proposant TwittGenerator, dernier né du Laboratoire Aléatoire.
Ce logiciel, à installer sur votre serveur, récupère des phrases par l'intermédiaire de search.live.com pour les injecter automatiquement sur votre compte Twitter.
Là où le résultat devient vraiment passionnant, c'est quand on découvre que ces petites phrases piochées au hasard sont finalement bien plus crédibles qu'une grande partie des textes généralement "twittés".

Et bien plus qu'une réflexion sur l'inanité des twitts, le système même de TwittGenerator nous met face à notre propre digestion de l'information. Car à y réfléchir, une grande partie des pensées publiées en ligne ne sont finalement que des copier-coller, légèrement modifiés, de propos déjà postés ailleurs. Si le système de TwittGenerator était passé par la récupération de phrases issues de La recherche du temps perdu, par exemple, son sens aurait été radicalement différent, et beaucoup moins en prise avec notre époque, notre rapport à l'écriture, et donc à la pensée.

Faut-il, comme le suggère ce système, imaginer une info-sphère immuable, tournant en boucle, sans plus aucun apport qui puisse modifier les opinions ?
Ou bien y-a-t-il des raisons de garder espoir en songeant, tels des Darwin numériques, que chacune des subtiles modifications opérées sur une idée initiale finiront, après des années d'évolution silencieuse et de reproduction en apparence identique, par l'améliorer et la rendre plus pertinente ?

TwittGenerator ne répond pas, bien sûr, à cette question, mais la pose de belle manière.
Et en testant la démo, vous pourrez remarquer comme moi que bon nombre des affirmations avancées, malgré leur caractère aléatoire, sont déjà d'une exceptionnelle pertinence :


Qu'est-ce que je disais !



La semaine sur Fluctuat : du 04 au 10 octobre

Posté par Easywriter le 10.10.08 à 16:27

Depuis qu'il a perdu son job chez Lehman Brothers, Martin Newell claque son golden-parachute sur Winamax et surfe sur Flu. Alors, t'as kiffé quoi cette semaine, rocker?

La musique génétiquement modifiée arrive :  Il n'a jamais été aussi inutile d'être doué.

Mater un porno sans sexe :  expurgée de stupre, L'escalade aux pucelles est-elle aussi chiante qu'un Claude Sautet ?

Les hommes préfèrent le high-tech : Tu préfères coucher avec un thon ou utiliser MS-Dos toute ta vie ? (réfléchis bien, hein)

Dieudonné/Le Pen , une performance : Et surtout une campagne de com pour peanuts

Les feux de l'amour vote Obama : Z'ont plus qu'à s'acheter  des I-phone et le retour de hype sera parfait

Top US des chansons les plus vendues :  Et dire que le notre est surement pire...

Mailez avec modération : G-Mail lutte contre le message éthylico-romantique

Forest Withaker sera Louis Amstrong : Et il nous tarde de voir ça

La crise en quizz (littéraire) : Quel est le nom de la famille en proie à la misère dans Les Raisins de la colère ?

Le pire de Cartman : Douze épisodes et des citations cultes : "Family Guy peut me sucer les couilles" ou bien "ne faites pas confiance aux Juifs".

Une cartographie de tes homonymes : Toujours moins débile que Facebook...

Le Clézio Prix Nobel : Et Catherine Millet hors-Goncourt, une bien belle semaine pour les lettres françaises

Ab Fab, version US : Comme avec The Office, les rosbeefs resteront surement les meilleurs

Les gothiques dégustent : Emo et autres alternative dressers suscitent toujours l'hostilité des bourrins. 

Pire qu'un pombier polonais ? :  Un chanteur polonais...

 




Mémorial numérique

Posté par Troudair le 10.10.08 à 07:56 | tags : media art
A force de parler de dispositifs numériques, génératifs, hyper-textuels, faisant appel à des concepts pointus, ou rendant hommage à d'obscures théories développées par de sombres théoriciens, on en oublie qu'un artiste numérique est un homme, qu'il a des sentiments comme tout le monde, et qu'il est bouleversé de la même manière que les autres par les événements tragiques de sa vie, même si ceux-ci n'ont rien d'original.

Voir sa mère disparaître fait partie de ces événements, et tout le monde finalement est égal face à cette perte.
Evelyn Andrews était la mère de Jim Andrews (artiste génératif dont nous vous parlions ici), et elle s'est éteinte le 22 septembre dernier.

Pour lui rendre hommage, son fils a donc conçu Mom, un bouleversant mémorial multimédia, simple et limpide, qui regroupe 100 photos d'Evelyn prises entre 1930 et 2005, ainsi qu'une playlist de chansons qu'elle aimait.

Ici, pas de travail sur des algorithmes complexes, pas de concepts alambiqués censés éclairer sur les ressors psychologiques de l'homo numericus, mais malgré tout, cette simple présentation possède quand même le pouvoir de nous plonger au coeur de la nature humaine, et au fond, c'est bien là l'objet de tout art.



Parkings et motels

Posté par Troudair le 09.10.08 à 08:02 | tags : data mémoire, photo
Entre les années 50 et 70, Martin C. Johnson et sa femme, couple d'américains inconnus, ont entrepris, comme beaucoup de leurs concitoyens à cette époque, des dizaines de voyages en voiture, au départ de Chicago et à destination de tous les coins des Etats-Unis.
Armés de leur appareil-photo, ils ont documenté ces trajets, mais au contraire des touristes lambda prenant éternellement la même photo du Grand Canyon, leur attention s'est plus particulièrement portée sur la route elle-même, le goudron, les aires de repos, les motels, les parkings, tous ces décors qui nous semblent inutiles et insignifiants, mais dont les formes et l'aspect évoluent en même temps que les époques.


Lighting Out For The Territory est une sélection fabuleuse de leurs clichés, où en quelques images, on est plongé dans un film de Scorsese en distinguant au travers du pare-brise la silhouette aux courbes brisées des voitures de l'époque, les vêtements caractéristiques des 70's, ou la forme particulière des constructions autoroutières de ce moment perdu où l'autoroute représentait encore l'aventure.




Eurovision

Posté par Troudair le 08.10.08 à 07:13 | tags : loufoque, musique, vidéo
Une image tellement pourrave qu'elle en est presque abstraite, des chorégraphies à faire se retourner Kamel Ouali dans sa tombe (comment ça, il est pas mort ?), une musique digne des Musclés... que dire de plus ?
Non contents de nous envoyer leurs plombiers, les Polonais nous font aussi partager leur disco.
Et là, moi je dis NON à l'Europe !



Google retient tes mails d'alcoolo désespéré

Posté par Easywriter le 07.10.08 à 16:11 | tags : google, ludique

 

"Clémentine je t'aime et je n'arrive pas à penser à autre chose". Retrouver ce type de déclaration dans les mails envoyés un dimanche à 15h alors qu'on en est à sa troisième bouteille de Contrex est assez déprimant, convenez-en. G-mail a heureusement inventé un outil de modération lyrique pour tous les romantiques désespérés de la dernière heure (de la nuit).
Quelques exercices de calcul mental à effectuer en moins d'une minute devraient vous convaincre que vous n'êtes pas apte à déclarer autre chose que forfait à partir de 3h du mat'.
Optez plutôt pour le sage tryptique "Delete"-Doliprane-Dodo.
Toutefois pour lutter efficacement contre cette pratique honteuse, on suggère aux fabricants de téléphones d'embrayer sur une appli qui forcera à trouver la racine carrée de son code Pin avant d'envoyer des SMS pleurnichards.

 

Via ( merci Bergamote !)




Broderie HTML

Posté par Troudair le 07.10.08 à 08:01 | tags : arts visuels, media art
A l'occasion de sa résidence à Access Space en 2007, Ele Carpenter a conçu le projet HTML Patchwork, partie intégrante de son oeuvre Open Source Embroidery.
Le patchwork HTML a ainsi consisté à concevoir de manière libre et collective, à la manière des logiciels open source, un patchwork brodé où chaque hexagone représente une couleur avec son code HTML.

Pour la réalisation de cette oeuvre, des dizaines de participants se sont affairés, avec parmi eux un grand nombre de clubs de broderie et de couture des environs, mais aussi des artistes italiens, australiens, irlandais et néo-zélandais.
Le résultat, présenté sous la forme d'un wiki, présente chacune des 216 parties brodées ainsi que son auteur, et l'objet fini, simple morceau de tissu, représente aussi la quintessence du travail collaboratif de tous ces artistes, amateurs et professionnels, à travers le monde.



Dans la peau d'une chenille

Posté par Troudair le 06.10.08 à 09:29 | tags : media art
Les scientifiques se sont longtemps demandé quel processus était à l'oeuvre dans les formidables couleurs produites par les ailes du Morpho Bleu, ce papillon géant d'Amazonie. Et ça n'est qu'avec l'aide des nanotechnologie que le mystère de ce bleu profond a pu être percé.
Basée sur ces découvertes, l'artiste et chercheuse Victoria Vesna a mis au point l'installation The Blue Morph, à la fois comme une évocation des bouleversements radicaux opérés à l'intérieur d'un cocon pendant un métamorphose, mais aussi comme une manière d'attirer l'attention sur notre point de vue humain, forcément trop macroscopique.

L'installation, qui sera visible au prochain festival Matchmaking de Trondheim, impose donc d'être immobile et silencieux pour se mettre en marche et révéler structures et sons amplifiés issus de la transformation d'une chenille Morpho en papillon.

Naturellement, la Norvège, ça fait un peu loin pour beaucoup d'entre nous, mais les concepteurs (artistes et scientifiques) du projet, ont eu la bonne idée de concevoir un documentaire passionnant sur la création de l'oeuvre (en anglais).



Devenir publicitaire, ça vous tente ?

Posté par Easywriter le 04.10.08 à 11:34 | tags : vidéo
 
Dernier happening du CLE dont on vous avait déjà parlé (ici et ). Vous n'aurez en revanche pas le droit à "Devenir acteur porno" pas plus qu'à "Devenir pickpocket" comme on l'espérait, le dernier numéro de la série dévoilant le pot-aux-roses
 




Ego-cartographie

Posté par Troudair le 03.10.08 à 07:34 | tags : cartographie, media art, vidéo
Certains passent des années à tenter de reconstituer leur arbre généalogique. Et dans cette quête, internet est un allié de poids qui, en quelques années, a révolutionné cette science documentaire.
Mais pour certains patronymes, les recherches sont plus difficiles que pour d'autres. Imaginez que vous vous appelez Nicolas Martin en France, ou Marco Villani en Italie, et tout de suite, la tâche ne devient plus nécessairement de rechercher votre famille, mais déjà d'identifier vos innombrables homonymes.

Et bien justement, l'artiste Marco Villani s'est lancé dans cette aventure avec son projet Ego-cartography.
Encore en cours, son travail consiste à identifier et rencontrer tous ses homonymes à travers le monde.
L'oeuvre se compose ainsi d'une carte interactive sur laquelle apparaissent les "Marco Villani" déjà trouvés, ainsi que d'une vidéo dans laquelle ceux-ci se présentent et expliquent brièvement qui ils sont.

L'histoire ne dit pas, en revanche, si l'idée d'un tel projet est venu à Marco Villani en découvrant que son nom était déjà pris sur tous les sites de réseaux sociaux...



Les cieux de New-York

Posté par Troudair le 02.10.08 à 09:24 | tags : performance réseau, photo
Monet avait ses nymphéas et la cathédrale de Rouen pour élaborer ses études de couleurs et de lumières.
Michael Surtees se contente du ciel new-yorkais, qu'il photographie presque tous les jours, depuis sa fenêtre sur Manhattan.
Et tout comme les impressionnistes, l'artiste confirme qu'aucun ciel n'a la même couleur, même si on l'observe rigoureusement du même endroit.
Gris, blancs, nuageux, bleus, roses, ces 251 cieux de New-York, réunis en une même mosaïque, ne sont par ailleurs pas sans rappeler les études de notre Jacques Perconte national.


Et afin d'enrichir encore son projet, l'artiste a créé le groupe "Same sky, different places" sur Flickr, sur lequel plus de 70 participants envoient régulièrement des photos de leurs propres cieux.



DoodleBuzz

Posté par sumoto.iki le 02.10.08 à 00:31 | tags : arts visuels, flash
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DoodleBuzz permet tout en gribouillant sur une page blanche de visualiser les news fraiches de notre monde. L’interface (en actionscript troisième du nom) génère au tracé de lignes et/ou courbes des amoncellements de titres de presse sur une recherche par mot clé donné. Les infos affichées peuvent être triturées, malaxées et certaines combinaisons de clicks autorisent une déambulation contextuelle par tags associés. Bel ouvrage de Brendan Dawes qui propose une navigation informationnelle (pre)tactile à partir de l’API de la plate-forme Daylife.  

 




Debout face au déluge

Posté par Troudair le 01.10.08 à 08:16 | tags : lectures, politique, vidéo
Devant un parterre clairesemé, G.H. Hovagimyan exécute sa performance "Smart Money" à l'occasion des rencontres Democracy in America.
En pleine crise boursière, tandis que dehors, les murs de Wall Street tremblent, l'image de cet artiste, scandant son texte avec rage devant quelques personnes acquises à sa cause, apparaît comme dérisoire.


Car aux Etats-Unis, actuellement, bien plus qu'en Europe, c'est une sensation sourde qui habite les citoyens. L'idée que peut-être, un monde est en train de s'écrouler. Et pas n'importe quel monde : l'empire le plus puissant de tous les temps. C'est un tumulte, supérieur en puissance aux vents des ouragans qui balaient régulièrement les côtes du pays.
Et face à ce déluge, se tenir face à un micro et continuer à crier apparaît, avec toutes les imperfections de l'exécution, comme un geste qui contient toute la force et toute la beauté qu'on demande à l'art.

Personne ou presque n'aura entendu les mots de Hovagimyan, mais ce minuscule point sombre, comme un surfeur glissant avant de disparaître sous un mur d'eau de plusieurs dizaines de mètres, nous aura fait  prendre conscience qu'il est possible de toujours s'élever, peu importe le gigantisme des événements.
Puisque comme l'écrivait Shakespeare il y a plus de quatre siècles, c'est à celui qui voit qu'il revient de juger de la force des personnages, pour "compenser nos imperfections par ses pensées, et en mille parties diviser un seul homme pour créer des armées imaginaires."





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