Archives > Juillet 2008Deezer + Flickr, l'improbable mash upDepuis l'invention de la lessive qui fait aussi assouplissant, le 2 en 1 se décline à toutes les sauces dans nos biens de consommation. Le net ne pouvait décemment pas échapper à la tendance. Le site oootoko.com, qui lui n'a pas grand chose à vendre, a ainsi mis sur pied un concept à la fois simple et ludique : fusionner sur une page les bases de données de Deezer et Flickr, les deux sites de partage leader dans leur domaine respectif. J'entends la musique et les photos pour ceux qui reviennent d'un long séjour sur Mars.
![]() Le rappeur Common associé aux ... crackers Common, petite perle retrouvée sur la radio d'oootoko.com Dans un design assez spartiate, cette "cool 2 minutes radio" disponible uniquement sur Firefox ("car Bill Gates me doit des thunes", précise le site) nous propose donc d'écouter 120 secondes d'un titre puisé au hasard dans l'immense discographie de Deezer (plus d'un millions de titres). Si le morceau nous casse les oreilles, ce qui se produit assez souvent, on peut passer au suivant. Sinon, un lien pointant vers la page Deezer est disponible pour l'écouter en entier. Et plus si affinités. La sélection des photos étant visiblement gérée de manière totalement automatisée, les tags Flickr associés aux chansons sont parfois complètement hors-sujet. Et découvrir quels mot clé à bien pu donner naissance à cette étrange résultat devient presque un jeu. Bref, si on ne tient pas là une start up en puissance, la "cool 2 minutes radio" devrait parfaitement occuper les heures creuses qui ne manquent pas pour ceux qui sont encore au bureau à cette période de l'année. Merci à Eliana qui nous a suggéré ce lien. Nos amours zombies Face au succès fracassant des sites de rencontres, il fallait bien que plusieurs variantes voient le jour.Après les versions canines, félines ou... divers, voici enfin ZombieHarmony, la plate-forme de rencontres mortes-vivantes tant attendue. Si vous êtes un zombie et que vous recherchez l'âme (?) soeur, vous n'êtes plus qu'à quelques clics du bonheur éternel. Remplissez votre fiche, exprimez vos centres d'intérêt (organes préférés, vitesse de déplacement, etc.), et mettez-vous dès maintenant en quête du partenaire idéal qui vous accompagnera peut-être jusqu'à ce que la mort vous sépare (ou pas). Comme le suggèrent les concepteurs du site, il est bien sûr fortement déconseillé aux vivants de chercher à rencontrer des zombies, ou bien, par précaution, de se rendre au rendez-vous équipé d'une batte de base-ball ou d'une barre à mine. Dans tous les cas, le site décline toute responsabilité dans votre éventuelle participation à l'Apocalypse. Mariah Carey "Green Screened"Jamais à court d'inspiration quand il s'agit de détournement à base de YouTube, Oliver Laric (on parlait de lui ici) a récemment été fasciné par le dernier clip de Mariah Carey, "Touch my body".
Pensez... Un nerd réparateur d'ordinateur déboule pour un dépannage dans une villa géante et tombe nez à nez avec une bombe en nuisette qui lui susurre à l'oreille de la jeter sur le lit... Grooah... Il n'en fallait pas plus à l'artiste qui s'est donc atelé à la laborieuse tâche du détourage, afin d'isoler la silhouette de la chanteuse sur un fond vert, de manière à encourager les vidéastes amateurs à concevoir leur propre remix du clip. Au delà des résultats produits, assez inégaux dans l'ensemble, la démarche de Laric est plus subtile qu'elle n'y paraît pour deux raisons. La première, c'est que de toute évidence, le travail fourni pour épurer le clip a été considérablement plus important que celui des remix eux-mêmes, et que le résultat originel, la version "Mariah Green Screen", peut tout à fait se suffire à lui-même. Détourer un corps dans une vidéo, c'est en effet passer un temps fou à caresser de la souris les contours de Mariah Carey, et comme le signale Rhizome, c'est bien ce qu'elle demande, après tout, non ? La seconde, c'est que tous ces remix conçus à partir de l'oeuvre de Laric sont immédiatement diffusés via YouTube, et à nouveau, il s'agit d'un malicieux pied de nez aux paroles de la chanson dans laquelle la chanteuse réclame un moment privé, loin des regards et des caméras : If it's a camera up in here Then I best not catch this flick on YouTube 'Cause if you run your mouth and brag about this secret rendezvous I will hunt you down Désolé, Mariah, semble dire le travail d'Oliver Laric, mais si tu ne voulais pas te retrouver sur YouTube, il ne fallait pas nous laisser rentrer... A noter enfin les trois versions de Philippe Comtesse de moreismore, qui nous a signalé l'existence de cette oeuvre. Merci Philippe, et en bonus, la version "Mariah of the Dead", parce qu'on aime bien les zombies ici, vous savez bien. Ukulele-maniaNon, ce petit joueur de Julien Doré n'a pas inventé le ukulele, ni la reprise décalée, contrairement à ce que s'imaginent les jurés de la Nouvelle Star.
Pour preuve, un petit tour du côté d'une artiste fabuleuse, Junkie Brewster, qui dans l'ombre, élabore depuis plusieurs années compositions et reprises à l'aide de cet instrument traditionnel hawaïen. Perso, je vous conseille "Like a prayer", à vous tirer une larme. ![]() Et dans le même registre, on ressort les vieilleries des cartons avec le fameux Ukulele Orchestra of Great Britain, et sa fidèle reprise de Smells Like Teen Spirits. A noter que le DVD "Anarchy in the Ukulele" est disponible à la vente et la vision de ce live mythique vous enchantera bien plus que n'importe quelle rediff de l'émission-phare de M6. Si avec ça, vous continuez à penser que Julien Doré est un génie, on peut plus rien faire pour vous... Le langage des logos![]() Le blog argentin Logólogos s'est donné pour mission de reconstituer la création de logos à partir de formules mathématiques... hasardeuses. Ci-dessus, la généalogie du logo des pages jaunes argentines (paginas amarillas). D'autres filiations mathématico-marketo-graphiques : ici. In the lost and foundApéro. Sunysky nous suggère ce "concert à emporter du groupe Nénuphar is What We Are. Calqué sur le principe des vidéos de la blogothèque ce film se veut résolument amateur. L'utilisation de bière pour les instruments à vent montre tout de même un certain professionnalisme !" Après ce détour potache sur les rives de la Vilaine (?), direction le myspace de Nénuphar is What you are pour un son studio du meilleur effet. Sunysky, je ne sais pas si on a filé un coup de pouce à ton pote Antoine, mais merci en tout cas pour les cahouètes. Pluie de missiles (suite) On évoquait il y a quelques jours la pluie de missiles photoshopés sur l'Iran.De manière un peu plus ludique, voici le réveil lance-roquette. A l'heure de vous réveiller, l'engin enclenche un compte à rebours qu'il vous faudra stopper. Si vous ne le faites pas, un missile sol-sol sera lancé dans la pièce et le lanceur ne s'arrêtera pas de beeper tant que vous ne l'aurez pas remis en place. Ou comment vivre chaque matin la terreur des bombardements. Glauque... La nostalgie en couleursPosté par Troudair le 21.07.08 à 08:31 | tags : arts visuels
Dans les années 80, une quantité considérable de dessins animés japonais (ou franco-japonais) de grande qualité s'est mise a envahir les chaînes de télé, pour le plus grand bonheur des enfants que nous étions à l'époque. D'après l'artiste peintre Catarina Lira Pereira, c'était alors "l'âge d'or" des programmes pour enfants.Aujourd'hui adulte, celle-ci a cherché à retranscrire cette sensation de nostalgie floue dans laquelle elle replonge en repensant à toutes ces séries et toutes ces histoires particulièrement élaborées. Ses oeuvres sont donc des reproductions de photogrammes des dessins animés en question, barrées par les couleurs dégradées du temps qui passe. Un travail graphique sur la mémoire et l'empreinte persistante que ces esthétiques ont laissée en nous. Aucun doute que les trentenaires d'aujourd'hui reconnaîtront la plupart de ces formes marquantes et de ces personnages mythiques qui ont accompagné leur enfance. Quant aux autres, ils peuvent toujours être frappés par la qualité graphique de ces lambeaux de nostalgie colorée. Caméra embarquéeMarre des films de vacances ringards ?
Pluie de missiles![]() Après l'histoire de la photo des tests de missiles iraniens photoshopée, il était assez prévisible qu'une pluie de fauxtos s'abattrait sur le web. C'est chose faite sur le blog Danger room de Wired, avec quelques jolies réussites. Pouce ? Safe sex à Bangkok![]() A Bangkok, on n'y va pas par quatre chemins pour expliquer les conduites sexuelles à risque. Et les petits bonhommes ci-dessus miment sans complexe les pratiques (homo et hétéro) qui nécessitent l'usage du préservatif. Fist-fucking OK, mais fellation, attention ! Ne pas avaler ! L'image ci-dessus est un détail d'une affiche diffusée par le PDA (équivalent du planning familial en Thaïlande) dans les restaurants de la capitale. Cartographie des 200 forums francophonesQuels sont les 200 forums les plus populaires sur le web francophone, en 2008 ? Après sa cartographie subjective de la blogosphère (Cf les versions 1 et 2, précédemment évoquées sur Aeiou), Ouinon répond comme à son habitude par une superbe cartographie, qui figure des données collectées 7 mois durant. Christophe a retenu différents critères de mesure, dont le principal est le nombre quotidien de messages postés (donnée qui préside à la superficie relative de chacun des territoires ci dessous). Une tentative de titan, dont vous prendrez toute la mesure en consultant le PDF en haute résolution.
![]() La fraîcheur du poissonAvant de publier un post sur un sujet qu'on trouve intéressant, on peut avoir le réflexe de vérifier si par hasard, un autre blog ne l'aurait pas fait avant.
Fondamentalement, c'est une pratique un peu con, puisque après tout, si vous avez envie de faire partager quelque chose, pourquoi s'inquiéter de l'exclusivité ? Et pourtant, comme on peut s'en apercevoir très souvent dans ces colonnes, il y a une limite au reblogging, presque comparable à la fraîcheur du poisson dans votre hypermarché préféré. Parce que s'il y a une chose que les lecteurs techno-addicts et autres surfeurs sans planche détestent, c'est bien qu'on leur parle d'un truc qu'ils connaissent déjà. Peu importe que votre commentaire apporte un point de vue singulier sur un même sujet, ce qui est important c'est la fraîcheur du sujet, et si jamais votre produit ne satisfait pas les normes en question, les commentaires négatifs vont pleuvoir pour vous signifier que "bon ça va, on le connaît déjà ce truc, tu m'as fait perdre un temps précieux à cliquer". En d'autres termes : "il est pas frais ton poisson !" ![]() Trop de choses chaque jour, trop de fils RSS à suivre, de données à trier, d'infos à forwarder et d'autres à zapper. Dans la masse sans cesse renouvelée des informations futiles et périssables du web, il faut constamment faire des choix et juger de ce qui mérite qu'on s'y arrête, et ce qui nous fait perdre notre temps, et de plus en plus, ça n'est pas la pertinence d'un sujet qui fait sa valeur, mais bien sa fraîcheur. On peut même aller plus loin en disant que quelle que soit l'information finalement, la pratique du surf à haute dose la change irrémédiablement en "news", c'est à dire en dépêche dont l'intérêt ne réside que dans le fait qu'elle est porteuse de l'annonce d'un fait présent. Et comme tout fait présent, cette annonce a une durée de vie, au-delà de laquelle elle meurt et ne présente plus d'intérêt qu'historique. Et qui ça intéresse, l'histoire ? ![]() Le bloggeur Taylor McKnight a essayé de représenter cette tendance dans un graphique, et même si tout ça n'a rien de très scientifique, on arrive malgré tout à cette même conclusion : on peut tout dire en ligne, à condition qu'on soit dans les premiers à le dire. Au-delà, notre avis n'a plus la moindre importance, car ce qui est important pour un surfeur ou un blogger, ça n'est pas de s'enrichir au contact d'une idée particulière commentant un fait, mais au contraire de prendre possession de ce fait pour y adjoindre son propre commentaire. En résumé, c'est l'idéologie "café du commerce" qui décide de la pertinence d'une information bloggée. Comme au comptoir, un ballon de rouge à la main, les bloggeurs saisissent au vol les idées qui passent autour du zinc et se fendent de leur avis, sans nécessairement prendre en compte les autres commentaires qui fusent tout autour. Déboulez donc dans un bistrot et lancez un sujet d'actualité qui date d'il y a un mois, et vous verrez comment on va vous recevoir. Déjà débattu = histoire ancienne. Alors est-ce qu'on doit regretter cet état de fait, ou se justifier d'avoir l'outrecuidance de parler des vieilles choses ? Ici même, à contre-coeur, on le fait souvent, et autre exemple, nos confrères d'Ecrans.fr possèdent eux-aussi une rubrique intitulée "Pas tout neuf, et alors ?", dont le titre même désamorce les inévitables commentaires susceptibles de railler le traitement d'une info qui aux yeux de beaucoup, n'en est plus une. Doit-on, perpétuellement, face à n'importe quelle découverte personnelle, s'assurer qu'on n'a pas dépassé le seuil fatidique des 7 ou 8 reblogging suggérés par Taylor McKnight ? Non, de toute évidence. Se justifier, s'excuser de n'être pas là à l'exact moment de la sortie d'une information, c'est finalement encourager ce mouvement "café du commerce", c'est reconnaître que ce qu'on écrit, ce qu'on pense, n'a aucune importance et que seule compte la fraîcheur du poisson. Un blog n'est pas une agence de presse. Et même si la technologie, en particulier les fils RSS, ont mécaniquement orienté le blogging vers cette tendance, il convient parfois de remettre les pendules à l'heure, et d'assumer que si nous écrivons en ligne, c'est pour exprimer une opinion, développer une vision du monde, et que les sujets abordés ne sont que la matière à l'élaboration de cette vision. A penser nos sociétés comme des "sociétés de l'information", on reconnaît que nous ne sommes que des passeurs, des coursiers de l'information dont le moins rapide n'a plus qu'à pointer à l'ANPE. Continuer à parler des vieilles choses, sans s'en excuser, serait peut-être un pas important vers un idéal de web en fuite, vers l'idée que nous aimerions vivre non plus dans une société de l'information, une "société du poisson frais", mais plutôt dans une société de l'opinion et de la réflexion collective. Vidéo sans caméraOn va pas être mauvaise langue, mais il semblerait que depuis quelques mois, les clips consacrés aux chansons de Radiohead sont nettement plus intéressants que les chansons elles-mêmes.
Après le dispositif lo-fi de James Houston, voici cette fois le clip officiel de House of cards, entièrement tourné sans caméra. Techniquement, ça signifie que les formes restituées à l'image ont été capturées grâce à des capteurs 3D et des lasers, puis remodélisées par ordinateur (plus d'infos sur la page making of). Le résultat est un clip onirique et lancinant qui nous ferait presque oublier que Radiohead semble avoir investi un paquet d'actions chez Google. Guitar Hero assisté par ordinateurLe plaisir du jeu réside pour beaucoup dans le risque de perdre. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, comme dirait l'autre.
Et pourtant, depuis que le jeu vidéo est jeu vidéo, les cracks, cheat codes et autres exploitations frauduleuses de bugs se refilent comme de la mauvaise came, sous le manteau, et de manière un peu honteuse. C'est qu'on est pas fier quand on se résoud à utiliser l'une de ces astuces pas vraiment fair-play pour passer un niveau que nos seules capacités nous empêchent de vaincre. ![]() C'est en poussant ce raisonnement à l'extrème que les concepteurs de DeepNote ont conçu leur objet. Avec un nom inspiré du Deep Blue d'IBM qui fut la première machine à battre un humain aux échecs, il s'agit tout simplement d'un système permettant de faire péter tous les scores à Guitar Hero. Un système de reconnaissance lumineuse repère les notes qui s'affichent sur l'écran pendant qu'une puce envoie dans la guitare l'information correspondante. Au final, vous sortez avec un taux de réussite supérieur à 99%, ce qui, il faut bien l'avouer, vous fait une belle jambe. Exemple avec Aerosmith : Il va de soi que tous ceux qui comprennent l'intérêt de ce système et ne trouvent pas étrange de passer des mois à mettre au point ce type d'engin sont des nerds fondus au dernier degré que nous nous faisons un plaisir d'accueillir dans ces colonnes. L'électronique de demainEsthétique de la puce, poésie du circuit imprimé, terreur du réseau...
Ca s'appelle "Electronics in the World of Tomorrow", c'est de l'artiste finlandais Erkki Kurenniemi, ça date de 1968, et c'est notre vidéo au taquet du week-end, dénichée par A Million Keys sur Ubuweb. Platine vinyl LegoDans les appartements des jeunes et dans les magasins de hi-fi, on trouve de moins en moins de platines CD. Alors de platines vinyl, n'en parlons pas.
Pourtant, logées dans des étagères ou dans des cartons, des piles de 33 et 45 tours sont toujours là, à attendre qu'un instrument les rescucite. Si l'envie vous prend de jeter à nouveau une oreille à "Comme un ouragan" de Stéphanie de Monaco, qu'il est bien difficile de trouver sur les réseaux P2P il faut bien l'avouer, et que par ailleurs, votre pouvoir d'achat rachitique vous interdit d'investir dans une platine pour cette lubie temporaire, une seule solution s'offre à vous : la platine vinyl en Lego. Postée il y a deux jours sur Flickr, cette vidéo apparaissait comme une belle révélation, et pourtant, après une petite recherche, il s'avère que cette invention est à l'étude dans de nombreux foyers geeks depuis plusieurs années, avec des résultats bien plus concluants. Choisie pour la qualité vestimentaire des inventeurs qui présentent leur objet au début, voici donc ma préférée : Montre-moi ta cabine...Pour les membres du groupe moldave focAR (Alina Tudor & Razvan Neagoe), la cabine téléphonique est un symbole, presque un symptôme, de notre société.
Disponible pour tous, généralement dépourvue de porte, elle fait partie de l'espace public tout en permettant à tout un chacun de joindre n'importe qui n'importe où. La manière dont on traite cet objet profondément social est donc pour eux un indicateur fort de la manière dont nous traitons l'idée du "public", et par conséquent notre rapport à l'autre. ![]() L'exposition "Urban Traces - Telephone", visible jusqu'au 31 juillet sur l'espace en ligne galeria mObila est donc un inventaire de photographies de cabines téléphoniques roumaines et moldaves. Martyrisés, amputés, dégradés, ces objets symboliques apparaissent comme les victimes d'une attitude globale de nos contemporains ainsi que les révélateurs des rapports sociaux. Pour aller plus loin dans cette idée, et ne pas se contenter d'une vision géo-centrée de la théorie, les artistes ont aussi lancé un appel à participation mondial afin de recueillir des images (et des textes) traitant de cabines téléphoniques de tous pays. On peut déjà voir en ligne des exemples japonais, anglais, arméniens ou tunisiens, comme autant de confirmations qu'une communauté, finalement, n'a que les téléphones publics qu'elle mérite. Etudes et Thunes : le documentaire étudiant des années 2000
Cet été, nous serons tous des étudiants désargentés... 40 ans après le joli mois de mai, la question de la qualité de la vie étudiante a fait l'objet d'un travail documentaire remarquable, et ce n'est ni à un essai façon Raoul Vaneigem, ni à une étude de l'INSEE qu'on le doit, mais à un site web co-réalisé par un collectif de journalistes... étudiants. Réalisé par une quinzaine d'élèves du CFJ (le Centre de formation des journalistes - option multimédia) et l'agence Upian, le site Etudes & Thunes décrit tout simplement la réalité sociale des étudiants en 2008, à nous, les geeks. Structuré en 4 thématiques (Logement, Argent, Boulot, Santé), qui sont autant de parcours narratifs, le site offre une très riche sélection de reportages vidéo et audio, conçus sous la forme de portraits et de témoignages. Le moral des ménages bloggeursLes bloggeurs ont des sentiments, et ils les expriment continuellement, et surtout publiquement. En imaginant qu'on puisse synthétiser toutes ces données, on peut donc obtenir une sorte de météo de l'humeur des bloggeurs, et bien sûr, comme les bloggeurs ne sont finalement que des hommes et des femmes, une modélisation de l'humeur globale du monde (occidental).
![]() Pulse, l'oeuvre de Markus Kison, part de ce principe et a ainsi été conçue pour rendre concrets les mouvements d'humeur de la communauté des bloggeurs (ceux hebergés par Blogger.com du moins). Techniquement, l'installation se compose d'une partie logicielle qui analyse les messages postés sur le célèbre site communautaire en fonction de plusieurs listes de synonymes associés à des émotions (haine, dégoût, confiance, joie, etc.), et d'un objet mobile inspiré du diagramme de la théorie psycho-émotionnelle de Robert Plutchik. L'objet change donc de forme en fonction des émotions des bloggeurs sondés, offrant au public un aperçu de leur moral général. Si on peut voir ce projet comme un gadget de plus proche de nombreuses autres oeuvres sondant le réseau en temps réel, il n'est aussi pas interdit d'imaginer qu'un tel outil (logiciel en particulier) pourrait parfaitement intéresser les instituts de sondage du futur. En effet, alors qu'on nous rabat les oreilles tous les mois avec le prétendu moral des ménages (entendez "si vous faites vos courses, c'est que votre moral est bon"), pas besoin d'être futurologue pour imaginer que les émotions synthétisées par le logiciel Pulse pourraient tout aussi bien servir à un nouvel indicateur de moral guidant l'économie. Aura-t-on, dans un avenir proche, en plus de la météo du ciel, celle des émotions de la Toile, avec prévisions et indices de confiance ? "Aujourd'hui, sévère dépression sur toute la zone belge et luxembourgeoise, mais le vent d'euphorie venu de l'Est devrait gagner le nord de l'Europe demain en fin d'après-midi." Réaliste, non ? Ce message s'auto-détruira dans : un clicUn service très utile pour les agents doubles.0 : Privnote permet d'envoyer un message sur une URL éphémère qui s'auto-détruit après lecture du message. Ce message par exemple, rédigé par votre serviteur, ne pourra être lu que par le ou la premier(e) d'entre vous à se connecter à cette adresse. Merci à cette personne pour sa discrétion.
8-bit artQue ceux qui n'avaient pas d'ordinateur dans les années 80 passent leur chemin, car ils ne comprendront rien à cette forme d'art.
Fortement dosée de nostalgie, de couleurs criardes et de pixels géants, les images de Julien Ducourthial, via son projet ilbm.info, nous replongent dans une esthétique qu'on croyait super techno-moderne à l'époque, mais qui aujourd'hui ferait doucement rigoler les gamins capables de lâcher sans scrupule des GIF animés de 80Mo sur leur blog. ![]() Et tant qu'on y est, un petit tour aussi du côté de la mecque des images super-basses résolution avec le toujours utile 8bitpeoples. Le web version papierAvant de devenir de belles interfaces bardées de pixels, la plupart des sites web sont passés par l'étape croquis : hop un logo ici, une box par là, trois onglets là haut et les vignettes à peu près comme ça. Le blog Deeplinking présente une petite dizaine de ces sketchbooks, dont certains comme Twitter, Flickr ou Vimeo sont devenus les hits que l'on sait. Ci-dessous, poussant le vice un peu plus loin, une version interactive du service de messagerie coréen Hanmail : A Flu aussi on froisse du papier chaque fois que l'on tente d'améliorer une rubrique ou que l'on lance une nouvelle fonctionnalité. Malheureusement (ou pas), de ces crobards il ne reste rien. Quoique... si on retrouve des planches historiques (!?), promis on vous les met de côté pour fêter notre jubilé (10 ans) à la rentrée prochaine... Zombies et pâte à dé-modelerLe lapin garou des studios Aardman était un peu poussif, c'est un fait. Les amateurs de pâte à modeler et de zombies se consoleront avec ce petit chef d'oeuvre :
Ca s'appelle Chainsaw maid ("la soubrette à la tronçonneuse") et le concepteur de ce bijou sanguinolent en a commis plein d'autres ici. Si l'un d'entre vous lit le japonais ou a plus d'infos sur le(s) concepteur(s), merci de nous illuminer. Comment embrouiller un idiotLa vidéo lol du moment : ![]() Des dessins dans le sableAprès le vélo pour sept, voici une autre activité plagière pour tous ceux qui s'ennuient en vacances.
A la fois inspirés par le land-art et le phénomène des crop circles, ce sont les artistes Andres Amador et Jim Denevan qui montrent l'exemple sur les plages désertes de Californie en dessinant des formes géantes à l'aide d'un simple bâton. ![]() ![]() Sans aucune aide (informatique ou mathématique), les deux américains, chacun de leur côté, concoivent ces éphémères et monumentales figures dont l'importance ne peut être saisie que d'avion ou d'une haute falaise proche. Si ces artistes se contentent de produire des formes géométriques abstraites, rien ne vous empêche, à votre tour, de vous lancer dans des dessins plus figuratifs, surtout si vous avez du mal à trouver une plage vide cet été. Par exemple, pourquoi ne pas dessiner une HLM grandeur nature en prenant soin de coller un touriste dans chaque fenêtre ? L'effet, sans aucun doute, sera percutant, et témoignera de tout le bien que vous pensez des accumulations humaines sur les plages. A vous de jouer ! Sept ça suffit ! C'est l'été, ça y est, et vous vous demandez quel loisir farfelu vous fera vous démarquer de vos sinistres contemporains une fois gagnées les terres sèches de la Côte d'Azur.De plus, la honteuse propagande écolo actuellement à l'oeuvre vous fait culpabiliser d'utiliser votre monospace pour vos sorties entre amis. Mais comment lier la joie de se retrouver entre potes et la réduction nécessaire de votre empreinte carbone ? Comment se retrouver à 7 sur le même vélo ? Hum ? Ne cherchez plus. Le Conference Bike est là pour répondre à toutes vos questions. Plus ridicule, tu meurs. Plus inutile, tu meurs aussi. Mais au fond, qui sommes-nous pour juger ? Vous n'êtes pas encore morts mais... Tout le monde sait que Twitter ne sert strictement à rien, et on pourrait même écrire un roman sur les raisons de son succès.Mais plutôt que de se fatiguer (il fait chaud, pfiou...), intéressons-nous plutôt à une initiative qui dans le rien général apporte du "pas grand chose" particulier. Tom Taylor, geek autoproclamé, a en effet conçu un bot sympathique qui envoie directement sur un compte Twitter les occurrences prélevées dans la Near Earth Objects Database de la NASA. En clair, ça signifie que régulièrement, on peut voir sur ce Twitter quel astéroïde dangereux vient de frôler la Terre. Y sont inscrits sa vitesse, son petit nom, et de combien de millions de kilomètres il nous a loupé. Comme on l'a dit, c'est un bot qui alimente ce compte, et par conséquent, si jamais l'un de ces astéroïdes venait à s'écraser sur Terre, anihilant toute vie sur son passage, on imagine que le Twitter en question témoignera de la collision avec la même froideur physique, sans que plus aucun humain ne soit là pour le voir. Twitter qui survit à la race humaine, et qui en plus l'annonce bêtement et sans émotion, voilà la nouvelle idéale pour nous mettre de bonne humeur ce matin. |
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