Aeiou, le blog de Flu. Blog !

Archives > Mars 2008

Hacking façon Banksy

Posté par Life on Mars le 31.03.08 à 22:59 | tags : blogs, hacktivisme, marketing, vidéo
Dixit Christophe : "Un blogueur français se fait de la pub en employant des techniques façon Banksy. La vidéo est vraiment bien :"

Du blogueur Brad-Pitt Deuchfalh on avait parlé (un peu) ici et .
On avait aussi causé du Paris Hilton Punked, le détournement grandiose signé Banksy.
On est donc heureux de remercier Christophe pour cet agréable moment de nostalgie mémétique.
(vous aussi vous pouvez proposer vos news ici ; on ne publie pas toujours très vite, mais on publie parfois...)



Le plus vieux son enregistré du monde ?

Posté par Life on Mars le 31.03.08 à 22:31 | tags : inventions, mp3, musique

Gilbert dixit : "Le plus vieil enregistrement sonore du monde, réalisé en 1860 par l'inventeur parisien Edouard-Léon Scott de Martinville, est désormais audible sur Internet, sur le site d'un collectif d'historiens et d'ingénieurs du son. Il s'agit d'une séquence de 10 secondes d'Au clair de la lune, enregistrée le 9 avril 1860, soit 17 ans avant l'invention du phonographe de Thomas Edison. L'inventeur français avait enregistré la célèbre chanson grâce au phonautographe, l'ancêtre du phonographe (illus. ci-contre). Le procédé consistait à recueillir des vibrations acoustiques puis de retranscrire les ondes sonores sur une feuille de papier noircie par de la fumée. Cette invention ne permettait toutefois pas de réécouter le morceau enregistré. C'est désormais chose faite, un siècle et demi plus tard !" Ouvrez grandes vos esgourdes, voici the sound :

 

(source : FirstSounds.org)

 

Merci Gilbert pour cette info (revue entre temps dans la presse ; la ritournelle a fait son chemin). Cette découverte rappelle l'exhumation récente des 24 urnes mises à l'abri par l'Opéra de Paris en 1908 pour témoigner de l'art du chant à cette époque (enregistrements qui seront repris sur CD par EMI cette année). Comme pour parachever cette fringale de "voix ensevelies", la BN propose mercredi 2 avril une conférence sur l'invention de l'enregistrement sonore : l'ère des pionniers.







Baby-foot virtuel

Posté par Troudair le 31.03.08 à 09:08 | tags : inventions, media art
On le croyait mort, mais le baby-foot revient au XXIe siècle par l'intermédiaire des étudiants du Medialab du MIT de Boston.
Stiff People's League, présenté au Ars Electronica 2007, est composé d'un stade virtuel sur lequel peuvent agir des joueurs connectés via leur ordinateur, en plus des deux joueurs traditionnels de baby.

Stiff People's League

La vidéo de démo est disponible ici, mais à aucun moment il n'est précisé si on peut faire une gamelle ou aller à la pêche.
Parce que bon, si y'a pas moyen, je vois pas l'intérêt !



L'avant-garde sans le savoir (8)

Posté par Troudair le 29.03.08 à 09:15 | tags : avant-garde involontaire, vidéo
Panorama du Grand Canal vu d'un bateau - 1896Tout le monde ne le sait pas, mais le premier travelling de l'histoire du cinéma a été réalisé, presque involontairement, par Alexandre Promio, opérateur des frères Lumière, à Venise en 1896.
En recherche permanente de nouvelles prises de vues pour le tout récent cinématographe, Promio a l'idée, pour filmer le Grand Canal, de poser la lourde machine sur une gondole en mouvement. On peut difficilement imaginer la sensation qu'ont dû ressentir les premiers spectateurs de cette révolution graphique, se prenant de plein fouet la prémonition de Jean-Luc Godard selon laquelle "un travelling est une affaire de morale".
Une chose est sûre : au moment de l'enregistrement de ce Panorama du Grand Canal vu d'un bateau, Promio ne pouvait que se douter qu'il était en train de réaliser un effet qui allait faire date, et placer son film un cran au-dessus des mornes plans fixes de rigueur chez les autres opérateurs.

8 - La colline a des oreilles


Geowink fait du vélo. De la randonnée plus exactement.
Et son activité l'emmène dans les paysages buccoliques de la Virginie de l'Ouest, où quasiment pas une voiture ne vient troubler le doux ronronnement de l'herbe qui pousse.

C'est du moins ce qu'il croit, en enregistrant sa série "WV Downhill", équipé visiblement d'une caméra très maniable, téléphone ou appareil miniature.
Car si ses oreilles à lui sifflent légèrement du fait de l'air qu'il transperce à pleine vitesse, le micro de son appareil est pour sa part impuissant à retranscrire le vent violent qui s'y engouffre.
Et en fait de calme travelling à vélo au milieu de la campagne, la saturation transforme le film en plongée apocalyptique, où tout gronde, et tout explose.
La nature environnante, la route qui défile, les ombres des arbres immobiles, tout se change en infernal tableau grouillant et assourdissant, où les vibrations du vélo impriment au film un effet d'accélération et de déconnection du réel que n'auraient pas renié un Stan Brackage ou un Jonas Mekas.

A l'entrée du sous-bois, le spectateur n'est déjà plus sur un vélo, et le visage du cycliste qui l'accueillait au début du film s'est perdu, sur une autre route, à un autre moment, pour que le seule demeure la bouche béante du cadre, qui absorbe à grande vitesse des kilomètres de bitume, qui mange littéralement l'espace tout autour sans aucun ménagement, sans faire le moindre détail, et dont la bruyante digestion emplit tout le spectre sonore.

Tout comme Promio en 1896, l'anonyme Geowink apporte une illustration frappante à la moralité du travelling défendue par Godard.
En faisant involontairement de son film un objet saturé et surréaliste, il démontre, en contre-point d'un muet Grand Canal vénitien, que ça n'est pas parce qu'on filme tout qu'on voit tout.



Le site le plus moche du moment

Posté par Puck le 28.03.08 à 11:58 | tags : design, mauvais goût, réseaux sociaux

C'est le genre de fantaisie que s'autorisent les geeks, parfois. Les utilisateurs de Digg ont procédé à une nouvelle élection du site internet le plus moche du web (World's Worst Website en anglais) et on doit reconnaître que ce millésime est plutôt croquignolesque. Jugez plutôt. (Merci, Van !)




Chaos des mots

Posté par Troudair le 28.03.08 à 08:01 | tags : flash, littérature, net art
Jason NelsonCa n'est pas parce qu'on lui a déjà posé nos 3 questions qu'il ne faut plus s'intéresser à Jason Nelson.
Ses deux dernières oeuvres de poésie numérique se révèlent parfaitement dans la lignée de ce qu'on disait déjà de lui.
Dimension is night is night et A letter today to attact a rushing hall sont en effet deux superbes explorations de la langue graphiquement triturée, tournoyante ou cubique, qui ajoutent une dimension aux cut-up sur papier de nos ancêtres beat.
Une illustration interactive de la saturation de la langue par accumulation et des connexions invisibles et rhyzomatiques que notre cerveau invente pour relier des phrases sans relation apparente.



Trois questions dispensables à... Rafaël Rozendaal

Posté par Troudair le 27.03.08 à 07:58 | tags : 3 questions, flash, net art

De double nationalité, néérlandaise et brésilienne, Rafaël Rozendaal égraine au fil des années une production minimale à base de petits sites-concept en Flash.
Recherche sur les couleurs, les boucles ou l'interactivité, ses projets sont le fruit d'une seule et même idée percutante, simplement déclinée sur une page.
A sa manière, il utilise l'outil Flash comme ses prédécesseurs utilisaient le HTML et le Javascript : pour faire dire au système le contraire de ce pourquoi il a été créé.


Vaiavanti1- Il est aveugle, mais peut me montrer l'avenir. Dois-je appeler mon navigateur Tiresias ?
Je ne pense pas qu'un navigateur soit aveugle. Il a des yeux différents des notres, et il étend ses yeux tout le temps avec les mises à jour et les plugins.

2- Où mènent les routes ?
Les routes sont des cercles, elles ne mènent nulle part. Elles existent pour que l'on puisse bouger, pas parce que nous voulons aller quelque part.

Fatal to the Flesh3- Quelle est la température de fusion des idées ?
Ca prendra du temps, mais comme nous sommes de plus en plus connectés, toutes nos idées se rejoindront dans la bibliothèque universelle, et finalement, quand toutes les idées auront été indexées et inter-référencées, et quand toutes les sources auront été absorbées, nous entrerons dans l'ère du grand sommeil.

 




Vais-je trouver une idée pour Wassup bloggers ? (Part VI)

Posté par Easywriter le 26.03.08 à 13:13 | tags : nombriliste

" L'information peut tout nous dire. Elle a toutes les réponses. Mais ce sont des réponses à des questions que nous n'avons pas posées, et qui ne se posent sans doute même pas", disait Jean Baudrillard.

A Flu on pose cette semaine les vraies questions (et parfois on y répond) :

Jacques Pradel sait-il vraiment qui a tué Saint-Exupéry ?

Franchement, qui a vraiment envie de diriger le PS ?

Suis- je le seul (bordel) à ne pas avoir vu la sextape de Kristin Davis ?

Qui osera fictionner sur la mort de Chantal Sébire ?

Peut-on encore mentir à l'heure du web, Nadine ?

Houellebecq ferait-il un bon Premier ministre ?




Cris et noms d'oiseaux

Posté par Troudair le 26.03.08 à 07:55 | tags : cartographie, environnement, musique
Xeno CantoDans un monde de vitesse ultra-technologique, qu'il fait bon, parfois, de faire une pause et d'écouter simplement le chant des oiseaux.
Grâce au très beau projet Xeno Canto, il est désormais possible de se livrer à cette apaisante activité bien calé dans son fauteuil.
Réunissant les enregistrements d'ornithologues amateurs et professionnels, le site est une fabuleuse base de données de chants d'oiseaux, dont certains sont même géolocalisés grâce à l'API de Google Maps. Pour les spécialistes, les audiogrammes de chaque espèce sont aussi affichés.

Au départ ciblé sur le continent sud-américain, le site ne cesse de s'étendre et a même ouvert, le 9 mars dernier, son antenne africaine.
Aujourd'hui, on peut donc écouter sur Xeno Canto les chants de plus de 3000 espèces de volatiles, soit plus de 126 heures d'écoute.
Ca nous change des API de Google Maps techno-centrées censées nous aider à trouver le marchand de pizzas le plus proche, non ?



Besoin de super-héroïsme

Posté par Troudair le 25.03.08 à 08:05 | tags : inventions, vidéo

Le monde a besoin de super-héros.
Parce que découvrir qu'il existe des super-héros signifie, au fond, qu'on pourrait en devenir un, et c'est ça le plus important.
Alors plutôt que d'attendre les mutations/manipulations génétiques à venir, Yuichiro Katsumoto a préféré inventer un matériel qui puisse lui permettre de faire semblant.

Son parapluie-épée Amagatana est donc une sorte de Wii-mote portable qui reconnaît les mouvements de l'utilisateur et envoie les sons appropriés dans des écouteurs. Equipé de ce charmant objet, il vous sera donc possible de revenir du boulot en combattant tout un tas d'ennemis invisibles tout en déclenchant la fureur du samouraï qui sommeille en vous.
Pour corser le tout, le plastron Fula utilisera la chaleur de votre corps pour actionner une ventilation dorsale et faire voler votre écharpe derrière vous.

Les deux systèmes associés, ça donne ça :


Wata !

 




The office (party)

Posté par sumoto.iki le 23.03.08 à 16:21 | tags : net art
Vivement Lundi qu'on retrouve tous nos amis...
En attendant le retour dans nos open spaces douillets ou nos alcôves spacieuses, Dennis Knopf propose sur son trackybirthday, enrichi en éléments web2.0 plus actifs, un double-face book du caucus démocrate de Washington.



Veux-tu être mon ami ?

Posté par Troudair le 22.03.08 à 09:12 | tags : net art, réseaux sociaux
Il n'a fallu que quelques lignes de code à Nicolas Frespech pour résumer à peu près tout ce que tout le monde reproche aux réseaux sociaux.
Rien d'autre à ajouter... à part peut-être des amis.

Les amis de Nicolas



Ode aux cinéastes amateurs

Posté par Troudair le 21.03.08 à 09:23 | tags : vidéo, loufoque, cinéma, zombies
Pour ceux qui trouvent que Ed Wood, c'est vraiment trop mainstream et que Michel Gondry n'est rien qu'un vendu d'Hollywood, allez faire un tour sur le phénoménal Cine Massacre de James Rolfe.
Apôtre de la série-moins-que-Z, champion toute catégorie du bricolage, l'individu conçoit, depuis qu'il est tout petit, des vidéos complètement barrées à base de bouts de ficelle et de litres de ketchup mettant en scène des copains et des gosses du quartier dans des rôles aussi profonds que le Senseï Gay, le Ninja Loup-Garou, et bien sûr des légions de zombies qui attendent patiemment la décapitation au plan suivant.

Maintenant à la tête de deux bonnes centaines de vidéos, Rolfe a décidé, pour son 200e film (!), de consacrer un documentaire à son oeuvre, expliquant sa passion, ses techniques de tournage et de montage, exemples à l'appui. On reste scotché devant une telle débauche d'énergie, déployée sans aucun autre but que celui de se divertir et de faire rigoler ses nombreux fans. "L'ambition est le dernier refuge de l'échec", disait Oscar Wilde, et James Rolfe en est le plus bel exemple, soldat solitaire dans la guerre qui oppose la platitude à X millions de dollars d'un blockbuster estival aux milliers d'âneries sans prétention d'une poignée d'amateurs.

Non-sous-titrées, les 23 minutes de ce documentaire seront peut-être un peu laborieuses à suivre pour les non-anglophones, mais pour les autres, apprêtez-vous à pénétrer dans le monde merveilleux du montage à deux magnéto, du mixage de la musique en direct sur le tournage, dictaphone à la main, ou encore des ralentis réalisés en filmant sa télé image par image. Du grand art.



A noter que ce billet ne fait pas partie de la série des avant-gardes sans le savoir, mais franchement, le coeur y est...



Editeur de mensonges

Posté par Troudair le 20.03.08 à 09:22 | tags : dissidences, hacktivisme, internet 2.0, médias
Le Figaro is a FakeLa déception du web 2.0 commence à poindre.
On vous avait promis un monde online plus démocratique, où la voix de chacun aurait autant de poids que celle d'un grand groupe de presse, où les réseaux sociaux permettraient de faire émerger des idées singulières, à contre-courant de la pensée consensuelle ambiante. Et on vous a menti. Les réseaux sociaux, l'information, la communication : tout est faux.

C'est la base de la réflexion de Fake is a Fake, nouveau projet du collectif italien "Les Liens Invisibles", qu'on connaissait déjà pour son détournement de Flickr subversif, le bien nommé Subvertr.
Fake is a Fake se présente sous la forme d'un Wordpress amélioré dont tous les thèmes prédéfinis sont des plagiats graphiques de sites tels que le Financial Times, la Repubblica, ou en français, Le Figaro et l'Elysée.

Inspirés par l'initiative de 0100101110101101.org, qui avait lancé un faux site du Vatican en 98, Les Liens Invisibles se sont dit qu'il fallait rendre cette technologie de la subversion accessible à tous. Ainsi, moyennant une inscription gratuite et quelques connaissances de Wordpress, tout le monde peut maintenant lancer son propre faux site institutionnel, hebergé sur les serveurs du projet, et dont l'adresse, inévitablement, ressemblera, par exemple, à jesus.isafake.org

Mais ça, on le savait déjà...



Psychoscreens

Posté par sumoto.iki le 19.03.08 à 22:06 | tags : arts visuels

Une petite lassitude de son fond d’écran couché de soleil tropical, Cordillère des Andes, ou plan serré d'une feuille de platane suave ? Roglok propose une bonne alternative psychotrope aux screensavers glabres des industries du design d’intérieur d’écran.

(En illustration : papier Ring Sick 43x43, 16 couleurs, 5 frames, 1,6k)



Video kills the blog stars (wassup bloggers Part V)

Posté par Easywriter le 19.03.08 à 12:50 | tags : nombriliste

A Flu quand on a pas d'idées, on a des vidéos. Top des dernières perles estampillées You tube ou Dailymotion sur les blogs de la redac.

Sur De Visu : Faut-il vraiment filer de l'art à ces cochons surfriqués du Ritz ? Quand les performers vont plus loin que l'entertainement, plus personne ne rigole....

Sur Playlist : Popopopo...

Sur Ecrans : A part les hamburgers et la guerre, ils savent faire quoi ces p.. d'américains ? Réponse : des films d'animation (mortels) avec des hamburgers qui font la guerre

Sur Sexe, love and gaudriole : 40 ans d'(r)évolution sexuelle via le petit écran et via SLG.

Sur le blog télé : Dis-moi que c'est pas pour de vrai

Bonus 1 : j'avais oublié ce générique indépassable.

 

Bonus 2 : tous les entretiens videos sur l'espace Dailymotion de Fluctuat.

 

 




Mur d'images en 3D

Posté par Troudair le 19.03.08 à 07:38 | tags : flickr, inventions, logiciels, photo

Marre des recherches d'images en deux dimensions, page par page, comme un minable bibliothéquaire du 20e siècle ?
Vous préféreriez vous prendre pour Tom Cruise dans Minority Report, à manipuler les données brutes sur un mur d'images infinies ? Alors le plugin PicLens, pour Firefox, est fait pour vous.

PicLens

D'un simple clic sur une recherche (Google Images, Flickr, Yahoo, etc.), vous voilà transportés face à une galerie qui étend son rayonnage à perte de vue.
Très fluide, très léger, PicLens a peut-être un seul défaut, celui de ne pas autoriser de lien vers les sites desquels sont extraites les images.
Mais bon... Ca n'est que la version 1.6, on va pas chipoter.

2001, A Space Odyssey" en guise d'ultime salut au vieux briscard des étoiles.]



Ondes-o-graphie

Posté par sumoto.iki le 18.03.08 à 23:10 | tags : cartographie, technologeek
Atlas of Electromagnetic Space, pensé et développé par José Luis Vicente et Irma Vilà, cartographie l’étendue du spectre radioélectrique. De 1Khz à 100Ghz, cet atlas interactif offre un aperçu global de la répartition et relation des technologies radio (FM, radar, GPS, WIFI, satellite,..) qui se nichent au cœur des ondes. Au-delà de la base taxonomique qu’il représente, l’objectif de cet l’atlas est, selon José Luis Vicente, de mettre en évidence les dissonances entre enjeux politico-financiers (attribution autoritaire de certaines fréquences par l’armée et des géants des télécoms) et lots de pratiques citoyennes (radios amateurs, wardriving,…). Une gouvernance (consortium) du spectre radio (ou plus globalement du spectre électromagnétique) pourrait-elle clarifier les nombreuses interrogations autour des problèmes de santé publique (nocivité récurrente de certaines fréquences), de distribution autoritaire des canaux (gestion de la bande FM, ..) ou encore de monopole de fréquence ?



Mediapart et les paris en ligne

Posté par Easywriter le 18.03.08 à 18:59 | tags : médias

Après Arrêt sur images, et en attendant Detoxinfos (site satirique bientôt en ligne d'après Rue 89), voici donc Mediapart, le nouveau site d'information lancé par Edwy Plenel.

Mediapart fait d'abord le pari que les internautes sont prêts à payer pour des informations généralistes, secteur saturé de toutes parts et où la concurrence des ".fr" de grands quotidiens est âpre. Même s'il emploie des collaborateurs de qualité (dont l'ami Davduf, ou Jade Lindgaard transfuge des Inrocks) quelle sera la valeur ajoutée de Mediapart ? Surtout avec seulement 25 journalistes, ce qui est à la fois peu comparé à une rédaction "classique" et énorme en terme de rentabilité de la structure. L'article en Une sur l'hémorragie des adhérents au PS, pour intéressant qu'il soit, n'est ni un scoop, ni une analyse plus ambitieuse que ce qu'on aurait pu lire dans Le Monde ou Libération ou Rue 89. Dans une tribune dont je ne retrouve pas le lien Lindgaard imagine bien une piste avec l'investigation sociale mais tout cela restait assez évasif.

Mediapart parie ensuite qu'il peut aller contre des usages web plutôt bien installés. Contre la gratuité donc mais aussi contre de nouvelles habitudes de consommation types rss qui agrègent des fils spécifiques au détriment des "medias packagés".

Mediapart parie donc sur la transposition pure et simple du journal papier en numérique (après tout 9 euros c'est moins cher que le Fig, merde...) mais avec trois éditions dans la journée, le tout agrémenté d'un "lieu d’une conversation démocratique entre des citoyens qui discutent et échangent autour du journal dont ils sont les lecteurs fidèles. Le club d’une réinvention de nos pratiques démocratiques, à l’instar des clubs révolutionnaires qui furent les lieux de l’invention républicaine". Euh... à l'instar des forums en ligne aussi Edwy, non ?....

Autre rupture du même ordre : s'inscrire en dehors de l'économie de l'information qui suppose l'intégration et le référencement de ses contenus dans les moteurs de recherche. La circulation par lien de l'information faisant le reste. Imaginez les gens discuter autour des quotidiens posés sur le comptoir avec au milieu d'eux un Mediapart sous plastique que personne n'ose ouvrir.
En offrant un maximum de ses contenus en free access sur les moteurs malgré une partie payante rentable, le New-York-Times a compris qu'il avait plus d'intérêt (notamment commercial mais pas seulement) à faire circuler son info et donc sa marque.
Regardez Daniel Schneidermann, on en parle nettement moins maintenant qu'il faut casquer pour écouter ce qu'il a à nous dire. (Combien de temps avant le système mixte large partie gratuite/ petite partie payante ?)

Ce qui nous amène au dernier point :
Mediapart parie que le nom d'Edwy Plenel peut suffire à porter une communauté de lecteurs. Une communauté qui serait capable de s'enquiller ce genre d'éditos :


Si vous avez réussi sans rire, bailler, pleurer, vous êtes sur la bonne voie...




Down for everyone or just me ?

Posté par Troudair le 18.03.08 à 08:02 | tags : blogs, chine, médias, politique

Ca ne vous aura pas échappé, la Chine connaît ces derniers jours quelque agitation.
Et comme c'est souvent le cas dans ce genre de situation, ce sont d'abord les journalistes qu'on écarte soigneusement des zones sensibles, puis, dans un second temps, les possibilités d'information des Chinois qui sont verrouillées, à commencer par internet.
Toutes les images de propagande que nous avons pu voir ici ont été agrémentées des commentaires des journalistes pas dupes, ce qui bien entendu n'était pas le cas dans l'Empire du Milieu. Et pour ne pas risquer qu'un citoyen chinois tombe malencontreusement sur une image ou une vidéo non-approuvée par le régime, ce sont Flickr et YouTube qui les premiers ont été interdits d'accès.

Down for everyone

En Chine donc, la repression violente des manifestations au Tibet a été très largement sous-traitée par les médias, et beaucoup de Chinois ignorent même qu'elle a eu lieu... ou bien n'osent carrément pas en parler en ligne. C'est dans cet entre-deux surréaliste que John, américain d'origine vivant à Shangaï, écrit les derniers posts de son blog Sinosplice, se demandant pourquoi diable YouTube et Flickr sont innaccessibles, et à quel point ce désagrément l'agace.

On ne saura jamais s'il n'a pas connaissance des événements au Tibet, ou bien s'il s'interdit tout simplement d'en parler, mais un mal pour un bien, il nous donne quand même une adresse bien utile en cas de dictature numérique, celle du site Down for everyone or just me ?

Celle-ci permet de tester des adresses et vous indique si oui ou non, c'est votre pays qui bride votre accès, votre machine qui délire, ou bien si le site en question est tout simplement en rade.
A garder dans ses favoris... au cas où.

 




eXcel Engine 3

Posté par sumoto.iki le 18.03.08 à 00:01 | tags : jeux video, logiciels, microsoft, technologeek
Excel peut-il être un outil de modélisation 3D et un moteur physique ? Gamasutra révèle, par un petit tutorial, une certaine disposition du tableur pour la projection et la synthèse vectorielle. Avec quelques scripts et des fonctions de calcul alambiquées, il semble possible de générer, entre deux bilans financiers et analyses statistiques, du fond d’écran à la chaîne ou un MMORPG léniniste.



Big Dog : robot arachnéen en forme de chien

Posté par Gflu le 17.03.08 à 22:17 | tags : chien, futur, loufoque, robot, vidéo
Nous qui travaillons dans un quartier sensible en terme de déjections canines (le seizième arrondissement), ne pouvons qu'applaudir cette incroyable démonstration de civisme canin :

La tentation est grande d'y voir une chorégraphie de Découflé ou une production de série Z surfant sur l'imaginaire kafkaïen, mais il s'agit bel et bien d'un prototype de quadrupède robotisé, conçu par Boston Dynamics et financé par l'armée américaine. Son petit nom : Big Dog. Gentil, le chien.



La course du temps façon Flickr

Posté par Puck le 17.03.08 à 18:31 | tags : flickr, google, internet 2.0, photo, réseaux sociaux, web-réalité

On connaissait déjà Flickr Time (cf post précédent sur Aeiou et www) ou Flickr graph (www) de Marumushi. Mais nous avions omis de vous présenter Flickr Fusion. L'API de Flickr est utilisée ici pour donner à voir en temps réel les dernières images publiées, sur fond de géolocalisation via Google Map. L'effet de vision globalisée et simultanée des temps personnels de chacun des usagers, partout dans le monde, est saisissant. Mais c'est exactement le même principe que TwitterVision (www), remarquerez-vous. Certes, c'est le même créateur, David Troy, qui l'a développé. La force visuelle en plus.




Vie de merde

Posté par Life on Mars le 17.03.08 à 15:13 | tags : blogs, loufoque

Vous aimez les belles histoires ? "Aujourd'hui j'ai marché dans la merde... Sauf qu'une dizaine de pas plus loin j'ai aussi marché sur le pied d'une fille, avec le même pied". Vie de merde, le Digg-like blog des tranches de vies merdiques.

MAJ de merde : devenu un véritable fait de société (?) étudié par la fine fleur de la sociologie et de la marketologie française (??), le site ViedeMerde.fr s'est lancé tous azimuts dans des déclinaisons moins merdiques - niveau business model - que ce bon vieux world wide web :
- badges vie de merde
- t-shirts vide de merde
- vie de merde LE LIVRE !
- avant, peut-être, la série vie de merde sur M6, la twingo vie de merde, , le vide merde de table, le tour operator vie de merde...
Un filon inextinguible. Antonin Artaud ne disait-il pas "Là où ça sent la merde ça sent l'être" ?




Triny Prada et la justice

Posté par Troudair le 16.03.08 à 18:34 | tags : media art, médias, politique, surveillance, vidéo
Artiste franco-colombienne, invitée du festival Vidéoformes à Clermont-Ferrand, Triny Prada a fait les frais, le 12 mars dernier du zèle de policiers clermontois.
La scène, malheureusement trop banale depuis plusieurs mois, est relatée en détails par Loiez Deniel, président du festival, et la version de Gabriel Soucheyre, présent sur les lieux, apparaît elle aussi dans les commentaires de l'article. Plus important que tout, le témoignage vidéo de Triny Prada vient d'être mis en ligne .


A la lecture et à l'écoute de ces récits détaillés, on se souviendra bien sûr des grands shows médiatico-démocrates où le candidat Sarkozy, alors Ministre de l'Intérieur, répondait sèchement à un jeune homme accusant les forces de police de violences. A l'époque, les propos du ministre étaient sans ambiguïté, et condamnaient avec fermeté ces comportements, promettant même de s'occuper de ces affaires personnellement... si les faits étaient vérifiés.

A-t-on entendu, depuis, à quelles enquêtes ces plaintes publiques ont mené ? Bien sûr que non.
Attaquer frontalement une présumée victime, pour enfin ne pas donner suite à ces promesses de justice avait (et a eu) un seul objectif simple, médiatiquement parlant : changer le témoignage en "on dit" et le témoin en menteur.

Aujourd'hui pourtant, avec l'affaire Triny Prada, qui survient à peine une semaine après un autre incident du même genre, les victimes ne sont plus de simples "racailles de banlieue" molestées et humiliées, mais des artistes d'un côté, et des étudiants de l'autre. Mauvaise pioche pour les policiers zélés mis en cause, puisqu'une plainte sera en effet déposée auprès du procureur de la République à Clermont.

On pourrait se rejouir de ces démarches, tout en souhaitant que la justice autorise encore des recours contre des forces de l'ordre indélicates, mais comme on vient de le dire, il s'agit là d'artistes, intégrés à la vie de leur cité et de leur pays, socialement fréquentables et dignes de confiance a priori.
Mais qu'en est-il des autres ? De tous ceux qui sont victimes des mêmes abus mais ne possèdent pas la stature sociale suffisante pour leur permettre d'être de bonne foi a priori ?
Outre la constatation que ces débordements scandaleux continuent de se multiplier en France, c'est bien la principale question qui serait à débattre aujourd'hui.



Police ! Votre ADN !

Posté par Troudair le 15.03.08 à 09:50 | tags : arts visuels, design numérique
Quand WEB2DNA est sorti il y a quelques années maintenant, tout le monde s'est moqué en prétendant que ça ne servait vraiment à rien d'avoir une représentation graphique de "l'ADN" de son site web.
Mais aujourd'hui, où la modernisation du pays avance à grands pas, l'utilité de cet outil en devient bien plus évidente.
Et oui ! Qui nous dit que bientôt, les sites web autorisés à rester en France ne feront pas l'objet de tests ADN, eux-aussi ?
Allez vite vérifier, en prenant bien soin de ne pas utiliser Firefox, bande de gauchistes !

l'ADN de Flu



Programme de solitudes

Posté par Troudair le 14.03.08 à 07:34 | tags : net art, performance réseau

Salon de PanoplieAujourd'hui, de 11 heures à 17 heures, le salon de Panoplie sera occupé par Annie Abrahams et les participants à son atelier au nom évocateur : "Toute présence sur internet peut être qualifiée comme une performance dans l'espace public de solitude ?".
En direct de l'Ecole des Beaux-Arts de Montpellier, Julie Cham, Julia Garbuzova, Marguerite Leudet, Swea, Milan Tutunovic et Sophie Valero, guidés par Annie Abrahams, mettent au point un programme inspiré de multiples travaux en ligne dont on nous propose une liste non-exhaustive ici.

Volontairement, on n'a pas posé trop de questions sur le déroulement de ce workshop, parce que bon, on aime bien les surprises aussi !

Au programme :

11h "Drugistan : Conférence officieuse : Démenti" 20 min
"Ubiphonie"
12h "AnnLee Rewind - La théorie du trickster" 45 min
"Ubifonie"
14h "Google soothsaying" 45 min
"Ubifonie"
15h "Symétrie Variable" 20 min
"Ubifonie"
16h "Plus on regarde quelque chose plus elle se vide de son sens et mieux on se sent" 30 min
"Ubifonie"
17h "Drugistan : Conférence officieuse : Démenti" 10 min

Autant de dénominations mystérieuses dont on découvrira la teneur tout au long de la journée.




Graff négatif

Posté par Troudair le 13.03.08 à 08:01 | tags : photo, street art
Petit mélange de posts aujourd'hui, pour ceux qui suivent.
On parle beaucoup de street-art et de graff sur ce blog, et on a aussi évoqué cette semaine l'utilisation de techniques associées au cinéma sur le support web.
The Mac, graffeur américain de Phoenix, a conjugué ces deux thèmes en une seule une pièce impressionnante basée à la fois sur la technique de peinture à la bombe, et sur le principe du négatif photo, dont on sait qu'il s'agit d'un objet en voie de disparition.

Voici le graff original :
The Mac

Et voici ce que ça donne quand on y applique l'inversion des couleurs (l'effet négatif) grace à son logiciel photo préféré :
The Mac (inversé)

Et dire que les policiers de Santa Ana continuent à courir après ces gens parce qu'ils dégradent des portes de garage...




Lire ce titre t'a déjà fait perdre trois secondes (wassup bloggers ?)

Posté par Easywriter le 12.03.08 à 13:32 | tags : nombriliste

"Aujourd'hui tout est culture, tout se vaut, puis tout disparait en quelques secondes dans ce monde obnubilé par le mouvement.
- Quoi ?
- Laisse tomber j'ai pas le temps de t'expliquer".

Politique : speed-dating de l'alliance électorale avec François Bayrou qui, en quelques heures goupille des deals avec n'importe qui.

Cinéma : C'est l'histoire d'une croisière sur un bateau et  plouf

Réseau : "Tu te souviens quand on allait sur Facebook en 2007 ?"

Foot : à peine le temps de réaliser qu'il pourrait se passer quelque chose en L 1 qu'oups !  c'est fini..

Télé : heureusement il y a des choses que le temps n'atteint pas. 




Facebook : excuse my french !

Posté par Puck le 12.03.08 à 10:36 | tags : blogs, facebook

Plus le temps passe et plus Facebook fascine autant qu’il déçoit. Peut-être est-ce la conséquence de la sur-médiatisation ? Peut-être est-ce parce que les utilisateurs voient en Facebook un service révolutionnaire qui va combler les lacunes des autres (et développent ainsi des attentes irréalistes donc de la frustration) ? Peut-être est-ce parce que l’équipe est en pleine crise de croissance (trop jeune, trop petite…) ? Peut-être un peu des trois… Toujours est-il que Facebook est en ce moment fortement chahuté par la blogosphère.

Fred Cavazza revient sur la baisse de popularité de Facebook en Grande-Bretagne (ou au Québec), et synthétise une nouvelle fois avec méthode ce qui se dit de par le réseau ici.

Telex : depuis deux jours, Facebook existe aussi en français. L'interface a été traduite par un réseau de collaborateurs bénévoles, comme elle l'avait été en espagnol en début d'année. Dilemne infernal : conserverez-vous la version brit pop ou passerez-vous à celle dans la langue de Molière ?




Chemins de désir

Posté par Troudair le 12.03.08 à 09:17 | tags : flickr, photo
Puisque Gflu a eu la bonne idée de citer Bachelard dans son précédent post, profitons-en pour faire la connaissance d'un groupe de photographes admirateurs du fameux penseur.
Inspirés par une pensée développée dans le livre "Poétique de l'espace", les membres de ce groupe sur Flickr sont à la recherche des "Desire Paths", c'est à dire ces chemins anarchiques que les hommes dessinent sur les pelouses du fait de leurs passages répétés.
Alors que les autorités municipales se fatiguent à concevoir des routes et des trottoirs qui gèrent les trajets des habitants d'une ville, la loi du plus court chemin l'emporte souvent sur l'urbanisme et donne naissance à ces voies "naturelles", écrasant l'herbe pour creuser des axes imprévus, symboles de la résistance des hommes aux lois qu'on veut leur imposer.
Chacun de ces "chemins de désir", à sa manière, est un discret pied de nez libertaire à l'ordre établi.

Chemin de désir



Moleskine tuné

Posté par Troudair le 11.03.08 à 07:46 | tags : hype naze, shopping
Moleskine tunéBeaucoup d'entre vous ont été choqués par le méchant billet qui tapait sur les pauvres Moleskine sans défense.
Voici donc, pour rétablir l'équilibre dans la Force, LE site qui contredit totalement cette précédente théorie selon laquelle l'utilisation de ces petits carnets noirs se résumait à se la péter dans les lieux publics.

Grâce à Engrave Your Book, et pour la modique somme de 25$, vous pouvez en effet commander un authentique Moleskine à la couverture personnalisée.
Envoyez votre image, lâchez les thunes, et la technologie laser se chargera de cramer idéalement la couverture en faisant apparaître le somptueux motif que vous aurez conçu vous-même, devant votre chevalet, passant des nuits blanches à retoucher le dessin de la ligne d'un sein, du galbe d'une hanche.
Et si cela ne suffit pas, nous vous expliquerons, dans les semaines à venir, comment limer le carbu de votre Moleskine, ou encore comment équiper votre Moleskine d'une superbe lame de spoiler.



Cinéma sur navigateur

Posté par Troudair le 10.03.08 à 21:20 | tags : cinéma, net art

Au cinéma, la vitesse d'un film dépend de la vitesse de la machine qui le projette.
Avec "Frame" de Michael Szpakowski, le projecteur, c'est vous, et pour voir le film, il vous faudra charger ses 80 images dans le cache de votre navigateur, puis lancer la projection en cliquant sur le bouton Back, si possible à 24 clics par seconde.

Frame

Posté sur les forums de Rhizome dimanche dernier, Frame est l'une des multiples épitaphes maintenant posées sur la tombe de l'invention des frères Lumière.
Et dans quelques années, on se demandera bien sûr : mais pourquoi il a pas fait un GIF animé plutôt ?
Et un peu plus tard... on ne se demandera plus rien du tout.



Design and the elastic mind

Posté par Gflu le 09.03.08 à 14:00 | tags : arts visuels, design, net art, origami, technologeek
Elasticité = adaptabilité + accélération. L'exposition Design and the Elastic Mind au MoMA revient sur 25 années d'hybridations artistiques et scientifiques. "Dans la pensée scientifique, la méditation de l'objet par le sujet prend toujours la forme du projet" dixit ce bon vieux Gaston (Bachelard). L'adage semble parfaitement s'appliquer aux 300 travaux présentés ici. Nano-objets, bricopensée, existenzmaximum (xmx), biomimesis... les catégories s'emballent. Grand déballage de néologismes, c'est le printemps. Une sélection serait forcément partiale (et laborieuse pour l'auteur de ces lignes, héhé) : pas mal de projets ont déjà fait l'objet de notules sur Aeiou, des dizaines d'autres nous inspireront sans doute des posts à venir. Signalons simplement que le site de l'expo est signé par les japonais du studio tha* (les auteurs du très joli Amaztype) et qu'une liste de liens complémentaires devrait vous assurer quelques milliers d'heures de surf (passionnantes et gratuites).

Illus. du haut : la télécommande-origami de Hayeon Yoo. Sur les liens entre origami et code source, lire le texte Ordigami et Oribotics d'Etienne Cliquet, qui fut notre invité sur Aeiou. Et remarquer au passage qu'il y a peu, très peu d'intervenants français à l'expo du MoMA... Je n'en ai compté que deux, dont l'ingénieur Frederic Kaplan qui présente son Wizkid (mais c'est vrai que l'index par artistes / intervenants est très mal fichu... il y a peut-être d'autres frenchies planqués dans la programmation). Suite de notre grande saga l'art numérique français mort né ?...
Illus. du bas : le code de Pac-Man "illustré" par Ben Fry, l'un des co-développeurs du langage Processing.



Porno choco

Posté par Troudair le 08.03.08 à 10:09 | tags : loufoque, sexe, vidéo
Au début, c'est mignon et romantique, puis ça devient carrément immonde, jusqu'à rappeler la mythique scène finale du grand Society de Brian Yuzna.
Du porno à base de chocolats, conçu par la société Giant Ant Media.




Lire sans les yeux

Posté par Troudair le 07.03.08 à 11:03 | tags : audio, lectures, littérature, mp3
Jules VerneLe vendredi, c'est connu, c'est le jour de transition où plus personne n'a vraiment envie de bosser, mais fait comme si.
Pour tous ceux qui ne sont pas en vacances et que la motivation a déjà abandonné (alors qu'il est pas encore midi), voici donc un moyen agréable de passer la journée tout en faisant semblant d'être super-concentré sur son travail.
Le site litteratureaudio.com propose en effet des dizaines de fichiers mp3 grâce auxquels vous pourrez écouter la lecture de grands classiques de la littérature ou de la philosophie. Des courtes nouvelles de Maupassant aux gros pavés de Jules Verne, impossible de ne pas trouver un bon moyen pour passer le temps jusqu'à ce soir.

D'un point de vue plus artistique, notons quand même que le talent des lecteurs est assez variable, ce qu'on pardonne volontiers vu le caractère bénévole et gratuit du projet.

Et pour finir, si cette initiative vous inspire et que vous vous sentez le courage de lire pour les autres, profitons-en pour rappeler que des dizaines d'associations de non-voyants à travers la France sont toujours à la recherche de bénévoles pour ce genre d'enregistrements. Il y en a forcément une près de chez vous.



Big Picture : le net art gagne Facebook

Posté par Puck le 07.03.08 à 10:32 | tags : arts visuels, facebook, net art, réseaux sociaux

Capture de Big Picture du jour : le Newsmap à l'âge des réseaux sociaux ?

Des nouvelles d'Albertine, d'Olivier et Yann qui nous avaient gracieusement envoyé une invitation à participer à la Big Picture sur Facebook. Le principe de ce widget est simplissime : "il s'agit d'une expérience artistique permettant de suivre les mises à jours de status dans Facebook, de manière collective ou individuelle..." Initié il y a déjà plusieurs semaines, ce projet de détournement low tech des relations personnelles à l'oeuvre sur les réseaux sociaux a évolué : il propose de créer " une image vivante du status d'amis de Facebook" et se décline aujourd'hui en captation vidéo de longue durée. Ex : à quoi aura ressemblé la vie en ligne de mes amis 24 heures durant ? Plus d'info ici. Merci, Albertine !




Mass-media artistique

Posté par Troudair le 06.03.08 à 07:58 | tags : media art, performance réseau
HipicSi comme le pensait McLuhan, le média c'est le message, que penser de l'installation Hipic ?
Créé par un collectif d'artistes chinois (dont Yang Zhenzhong, Xu Zhen et Huang Kui), le projet lancé en septembre dernier propose la diffusion simultanée d'images sur toutes formes de support, à commencer par le web, en passant par des écrans géants, des téléviseurs ou des téléphones portables.
Chaque minute, le serveur du projet envoie une image, puisée dans un stock que tout le monde peut approvisionner via le site officiel.
Même si pour l'instant, les écrans ne sont disposés qu'en Chine, à Shangaï et Pékin en particulier, les créateurs du projet sont à la recherche de partenaires internationaux pour étendre le réseau de diffusion de Hipic.
On ne trouve que très peu de commentaires sur la pensée à l'origine de ce projet, et il est donc assez difficile de définir s'il s'agit d'une initiative de diffusion sincère ou bien d'une critique imagée des mass-medias.
Parce qu'au fond, la même chose, au même moment, sur tous les écrans, dans le monde entier, n'est-ce pas à peu de chose près ce qu'on appelle aujourd'hui la télévision ?



La machine à remonter les blogs (Wassup bloggers Part IV)

Posté par Easywriter le 05.03.08 à 16:12 | tags : nombriliste

La semaine dernière on a beaucoup parlé futur sur Flu, cette semaine comme l'ami Michel Gondry, on rembobine.

1947 : La frêle Edith Piaf conquiert l'Amérique. 2008 : apparemment Hollywood ne s'en est toujours pas remis.

1967 : The Velvet Underground joue Sister Ray pour la première fois. Quarante ans plus tard, 2Goldfish exhume pour nous ce bootleg cultissime.

1977 : Vladimir Nabokov remet à sa femme et à son fils Dimitri le manuscrit de son dernier roman en leur demandant de le brûler. Trente ans plus tard, Dimitri n'a toujours pas obéi à son père.

1984 : Madonna chante like a virgin en robe de mariée. Un quart de siècle après la robe sacrilège est à vendre (chère) avec la cape de Superman et le fouet d'Indiana Jones.

1985 : Pour ne pas mourir d'ennui dans leur pavillon de banlieue, les fondateurs de Fluctuat matent une honteuse série, Les deux font la paire. Aujourd'hui ils nient cette époque mais le soir venu ils allument la téloche sur IDF1, la petite chaîne qui (re)monte (le temps).

1991 : Ariel Ortega débute sa carrière au mythique River Plata, club argentin surnommé "La maquina" tant il enchaîne les victoires. En 2008, La "Maquina" a remonté le temps et accueille à nouveau El Burrito (le petit âne) qui plante un but face aux Mexicains pour célébrer les retrouvailles.

 




Une étoile de plus dans le panthéon geek

Posté par Troudair le 05.03.08 à 08:07 | tags : jeux video, ludique, vidéo
Avant qu'on appelle les geeks des geeks, on ne les appelait pas. Du moins, en France.
Outre-atlantique en revanche, on pouvait souvent les qualifier de "nerds", même si aujourd'hui, les définitions sont devenues tellement précises qu'un "nerd" n'a bien sûr rien à voir avec un "geek".
Beaucoup de caractères, physiques et sociaux, permettaient de reconnaître un "nerd", et l'un d'eux était sans conteste le fait que plusieurs fois par semaine, le brave retrouvait ses petits camarades pour se livrer à des parties de jeu de rôle acharnées et interminables.

Sur la couverture du livre de règles du jeu de rôle fondateur, Donjons & Dragons bien sûr, figurait la signature d'un homme, Gary Gygax, à qui les joueurs du monde entier livraient un culte respectueux et reconnaissant.
Sans Gary Gygax, point de Donjons & Dragons, pensaient-ils, peut-être à raison. Et sans Donjons & Dragons, point de jeu de rôle, sans jeu de rôle, point de RPG dans des univers médiévaux-fantastiques, voire pire encore... point de MMORPG... et point de WoW !
Qui sait à quoi les geeks d'aujourd'hui joueraient si Gary Gygax n'avait pas conçu les règles avancées de Donjons & Dragons il y a maintenant 30 ans ?
Peut-être qu'un autre l'aurait fait... Mais peut-être pas.

Hier, mardi 4 mars, Gary Gygax est mort, et ce qui reste des rôlistes sur table sont orphelins.

Et pour tous ceux qui n'ont toujours pas compris ce qu'était un jeu de rôle sur table, une petite vidéo virale pas toute neuve, mais un bien bel hommage à cette communauté de comédiens en herbe, qui à l'aide de  dés et de feuilles de papier, inventaient des mondes où tout était possible.






La flambée du bio-business

Posté par Troudair le 04.03.08 à 09:33 | tags : cartographie, environnement, google
Lorsqu'un consensus apparaît dans l'opinion publique, il est bien rare de ne pas trouver un régiment de businessmen pour s'en emparer et surfer sur cette tendance lucrative.
Dans un premier temps, ce vent d'approbation globale permet de lever des fonds, et ensuite, bien sûr, de vendre un produit beaucoup plus facilement en bénéficiant d'une image éthique et responsable, ce qui n'est pas donné à toutes les entreprises.

Il y a 10 ans donc, alors que les chiffres d'analyse prospective étaient les mêmes qu'aujourd'hui, c'est à dire qu'ils prévoyaient la fin du règne du pétrole pour les années 2050, une société avait pourtant bien du mal à trouver de l'argent pour financer une activité de recherche en carburant de substitution. Les Etats-Unis se foutaient ouvertement de Kyoto, les grands groupes pétroliers refusaient d'accepter cette réalité mathématique, les fabriquants de voitures continuaient de traiter la crise environnementale à coup de pots catalytiques et le consommateur se sentait super-responsable quand il achetait du déodorant Narta avec le petit logo "préserve la couche d'ozone".

Earth2TechMais aujourd'hui, tout à changé.
En France, on a Nicolas Hulot et son pacte, aux Etats-Unis, Scwharzenegger et son hydrogène, et tout le monde s'accorde à dire qu'il faut sauver la planète, tout en s'assurant si possible de pouvoir continuer à aller chercher le pain en bagnole.
En économie, c'est ce qu'on appelle un "secteur porteur", et si vous avez besoin de millions, c'est vers lui qu'il faut impérativement se tourner (comme ce fut le cas d'internet il y a 10 ans).

Afin de mettre en évidence cette réalité, le site Earth2Tech a donc décidé de répertorier les 101 start-up majeures créées dans ce très éthique domaine des "énergies propres", et de les représenter sur une carte. En cliquant sur les petits logos, on peut ainsi découvrir combien de millions la société est parvenue à lever, ainsi que les dernières infos relatives au secteur.

D'apparence très encourageante pour les générations à venir, cette carte a pourtant la terrible qualité de nous mettre face aux mécanismes capitalistes, eux-mêmes dénués de toute éthique, mais dont la capacité d'analyse prospectiviste permet de se glisser dans des niches financières spécifiques tout en profitant du "capital-éthique" qu'elles contiennent.

Espérons que cette carte sera actualisée dans les années à venir, afin de saisir pleinement une autre grande capacité du capitalisme mondialisé : celle de transformer une multitude d'initiatives, opportunistes ou citoyennes, en conglomérats financiers détenus par les trois ou quatre multinationales. Aucune raison, en effet, pour que les énergies dites "propres" ne subissent pas à leur tour cet enviable sort.

Et quand on sait que jusqu'à présent, les grands groupes pétroliers étaient particulièrement bien placés pour financer l'essentiel des campagnes électorales des partis politiques occidentaux, cette carte pourrait bien, à terme, devenir la représentation (géo-)graphique des nouveaux méta-décideurs du 21e siècle.



I want to ride my bicycle

Posté par Gflu le 03.03.08 à 18:22 | tags : générateur, ludique


Inspiré de BarackObamaIsYourNewBicycle.com, le site IsYourBicycle.org est enregistré en "wildcard DNS", c'est à dire qu'il permet à tout un chacun d'ajouter ce.qu.il.veut.devant.isyournewbicycle.org. Un formulaire permet ensuite d'ajouter tous types de phrases derrière le préfixe choisi (vous suivez ?). Par exemple, vous voulez faire une chouette surprise à Tatie Yvonne, vous créez tatie.yvonne.isyournewbicycle.org et vous lui dites tout le bien que vous pensez d'elle. Un cadeau écologique, économique, et mémétique.

 


 




La ville de Santa Ana vous informe

Posté par Troudair le 03.03.08 à 07:56 | tags : street art, surveillance
Tagger Child"Le tag n'est pas une forme d'art ou un moyen d'expression. C'est du vandalisme et de la destruction de propriété privée ou publique."
C'est ainsi que commence la page consacrée au graffiti sur le site de la ville de Santa Ana en Californie.
Une explication bien utile pour tous les parents inquiets qui ne savent pas très bien ce que c'est que cette pratique étrange et tout à fait nouvelle.

"La différence entre le graffiti en tant qu'art et le délit, c'est la PERMISSION !"
continue le communiqué, avant de donner quelques pistes pour essayer de savoir si derrière votre enfant ne se cache pas en réalité un dangereux tagger.
Un petit fichier .pdf (voir ci-contre) permet ainsi, à l'aide de quelques indices, de débusquer le jeune criminel.

Est-ce que votre enfant s'en va le soir avec un sac à dos plein de bombes de peinture ?
Est-ce qu'il a dans sa chambre des photos de murs taggés ?
Est-ce qu'il possède un cahier d'artiste rempli de tags ?
Est-ce que les favoris de son ordinateurs contiennent des adresses de sites consacrés au tag ?

Autant d'éléments suspects qui vous permettront, tel un Sherlock Holmes des temps modernes, de mettre à jour la criminelle passion de votre progéniture.
Bien entendu, une fois que vous aurez prouvé sa culpabilité, les nécessaires sanctions vous reviennent. Et surtout, ne vous laissez pas attendrir. Peu importe ses explications, ou ses convictions, dessiner des graffitis sur les murs est illégal, point final.

On note au passage que pour accompagner cette campagne de répression au coeur du foyer, un formulaire a été conçu par la ville.
Si vous réussissez à dénoncer un tagger et que vos informations mènent à son arrestation, la municipalité vous offrira généreusement 500$.

Quand on pense qu'en France, le souci majeur des citoyens est leur pouvoir d'achat, ceci pourrait donner des idées à nos dirigeants.
Délation = pognon. Quoi de plus simple pour relancer la croissance ?



L'avant-garde sans le savoir (7)

Posté par Troudair le 01.03.08 à 11:37 | tags : avant-garde involontaire, vidéo

Dans "Le Chateau" de Kafka, il y a ce personnage qui indéfiniment raconte la même histoire.
Ce procédé, qui transforme la parole sensée (un simple récit historique) en folie obsessionnelle, on le retrouvera souvent, traité avec un peu moins de brio, dans des films ou des livres cherchant à exposer la folie en rapprochant le fou de l'automate.
Pourtant, quand il est traité de manière artistique, ce procédé de répétition obsessionnelle souffre souvent d'un défaut majeur : la perfection de la répétition.
L'obsession, en termes psychiatriques, a en effet une particularité, celle de surgir dans des contextes différents, et de se matérialiser avec d'infimes variations. Il n'y a presque jamais, pour un individu souffrant de névrose obsessionnelle, de répétition à l'identique et chaque nouvelle crise intègre à la fois le contexte particulier où elle se manifeste, ainsi que souvent le souvenir des crises passées, en une évolution tragique puisqu'elle impose à la victime la conscience même de son propre asservissement.

7- Nylon sous le bureau



On est à première vue face à l'une de ses nombreuses vidéos purement exhibitionniste où un modèle sans visage s'expose pour le bonheur d'internautes voyeurs.
Des jambes serrées dans un collant opaque, des chaussures à talons dans lesquels un pied gigote comme pour dire bonjour à la caméra, et en arrière-plan, les câbles emmêlés d'une prise multiple qui nous racontent que nous ne sommes pas dans un espace privé, mais bien au bureau. Sous le bureau, pour être précis.
Un brin de fétichisme lynchien fait s'attarder l'objectif sur le détail démesuré d'une chaussure, et soudain, alors que le voyeur s'attend à une reproduction des codes de l'érotisme héritée de la scène des jambes du Emmanuelle original de 1974 ("Lui n'aura que tes jambes. Un seul homme ne t'aura pas toute entière."), la vidéo bascule dans un gros plan extrême et pénètre littéralement la texture du collant.

L'érotisme a disparu, poussé dehors par l'abstraction, et quand la mise au point réussit à capter les mailles du nylon, la perspective s'inverse pour changer le petit en grand, le détail en paysage.
A ce moment, la fascination fétichiste du collant l'a emporté sur celle des jambes, jusqu'à l'absurdité d'une caméra posée à même la matière synthétique.

D'une vidéo supposée érotique, on est passé à une manifestation obsessionnelle, et les autres films du bien nommé Strumpfhosenlover (littéralement : l'amoureux des collants) en sont la confirmation.
Le même modèle, sans visage, répète les mêmes mouvements, dans le seul but de montrer ses collants, et rien que ses collants, en une effrayante galerie de contre-plongées presque identiques, où les variations (de couleur, de texture) ne peuvent plus être comprises que par une autre victime de la même obsession.

 

Strumpfhosenlover

De retour dans le Chateau de Kafka, où on est contraint d'entendre encore et encore la même histoire, l'aspect sensé du récit s'érode, les codes classiques de la représentation s'évanouissent, et ne reste plus que la folie, au coeur même du monde du travail, où la passion incompréhensible pour un bout de tissu synthétique l'emporte sur tout le reste : le bureau, le parquet lisse, et bien entendu, la femme elle-même.

 






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