J-2 : Question de logique J-2 : Soleil. Décontraction. Evidence. Comme le remarquait Denis Baupin hier, les Non-istes de gauche les plus "européens" reprochent donc aux partisans du Oui d'abandonner les services publics au marché, avec le risque que leur "rentabilité" finisse par primer sur le bien-être des citoyens. A vrai dire, l'honnêteté oblige à reconnaître qu'ils n'ont pas tout à fait tort : si l'on s'en tient au texte et rien qu'au texte, ce risque existe en effet. Mais le TCE donne aussi des solutions pour le contrecarrer. Notamment celle-ci."Prenant acte (...) de l'article III-122 prévoyant l'adoption d'une loi européenne garantissant l'accomplissement des missions des services d'intérêt économique général, de l'article II-96 faisant de l'accès aux services d'intérêt général un des droits fondamentaux garantis par la Constitution, et de l'article I-47 permettant à un million de citoyens européens de demander à la Commission européenne de soumettre au Parlement un acte juridique pour l'application de la Constitution, J'aime ce texte parce qu'il est porteur de la seule logique constructive, à mes yeux, pour un Européen de gauche décidé à oeuvrer réellement pour garantir à tous l'accès aux services publics. Il a en effet le mérite de poser un choix clair : - dire Oui au TCE, engranger ses avancées vers une Europe politique, et utiliser les nouveaux instruments démocratiques qu'il donne (droit de pétition, nouveaux pouvoirs du Parlement européen) pour se battre en faveur d'une société plus juste.
Pour ma part, j'ai choisi mon camp. Commentaires
De JDM, posté le 23.08.06 à 09:02
![]() Bravo pour cette belle bataille pour un oui plein d'espoir, un oui qui, tout au long de ce débat, n'a pas fleurté une seule fois avec la démagagogie, qui a su dépasser les questions strictement nationales, sans aucun rapport avec l'enjeu de ce vote, et qui était surtout sincère. Merci Sandor pour ton investissement, ton engagement, et pour avoir su montrer que le oui de gauche existait, avec force ; si Hollande un jour tombe sur le blog AeOUI, je lui conseille de s'en inspirer... De Fr. M., posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() JDM, c'est pas beau l'ironie forcée à ce point De Sandor, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Merci à toi, JDM. J'ai la faiblesse de te croire : que veux-tu, l'éternelle naïveté des hommes de gauche... De JDM, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Fr.M., contrairement à toi, je ne suis pas spécialiste de l'ironie facile, du cynisme falsifié : tout le monde n'a pas ta bassesse et ta mauvaise foi. De Damien, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Sandor, Merci pour tes remarques, elles vont me permettre de préciser les miennes. Sur la question de la Pologne et du Portugal: en 1986, l’Acte unique a constitué le grand marché. La Grèce, l’Espagne et le Portugal avaient déjà adhéré à l’UE. A l’époque, il n’avait échappé à personne que la concurrence, sur fonds d’inégalités, augmente les écarts. Des fonds structurels ont donc été alloués aux nouveaux entrants. Une politique généreuse et volontariste, j‘en conviens. Les maçons portugais ont donc pu faire leur beurre, comme les professeurs espagnols de flamenco… Ah, j’oubliais les philosophes grecs qui allaient profiter de la manne bruxelloise pour ne rien foutre et déblatérer des conneries à longueur de journée… Maintenant, les nouveaux entrants peuvent aussi prétendre à ces fonds. Mais, désormais, les paysans polonais (Eh oui ! Ils débarquent dans la campagne !) ont un peu de souci à se faire : le budget de l’Union passe en effet de 1,24% du PIB pour l‘exercice 2000-2006 (ce qui est déjà pas terrible…) à 1% pour 2007-2013. Dans ces eaux-là, je crois, doivent arriver les Bulgares et les Roumains. Le problème est là : le budget est plus petits et il faut le répartir entre plus de pays… Don’t worry, Bruxelles veuille : dans sa grande générosité, elle a décidé de prendre au Sud pour donner à l’Est et, pour la forme, de filer 25% de ce que touche les paysans français aux agriculteurs polonais… Sans marge budgétaire, c’est désormais le marché (comme le dit le TCE, il « régule » le social) qui prend le relais. Le grand marché est libre… mais entre inégaux. Et exit les fonds structurels « généreux », interdiction des déficits oblige. Bien sûr, on peut négocier, mais le texte est là et il a la force d‘une Constitution. Alors bien sûr, à l’Est, la croissance repart. Mais le critère est socialement peu parlant car elle est le fait, entre autres choses, d’une constellation de micro entreprises instables, souvent installées dans les zones urbaines, surtout les capitales (bonjour la cohésion territoriale!). Le chômage y est exponentiel - 20% en Pologne (bonjour la cohésion sociale!). Je gage que l’Europe peut aider un peu lieux les Polonais. Alors le développement… Sur les prolos: dis-moi combien tu gagnes, je te dirai qui tu es… L’argument n’est pas seulement polémique, il est aussi très facile. Un jour, quand on sera suffisamment ivres, je t’expliquerai les raisons sociologiques de mon vote. Tu pourras alors relativiser à loisir mon NON. En attendant, je peux déjà te dire que je n’ai pas trouvé ça très classe, voilà tout. Et même blessant. Sur les SIEG: tu parles de "mythe français" à propos des services publics. A mon avis, si mythe il y a, il est libéral. Encore une fois, c'est le dogme des privatisations, entretenu et accéléré par Bruxelles, de l‘interdiction (relative, il est vrai) des déficits, de la concurrence libre et non faussée. A termes, il est légitime de se poser la question de ce que va devenir l‘hôpital, le chemin de fer, l‘énergie… hors de la puissance et du contrôle publics. Mais on dit que la Constitution sauvegarde le modèle social français et la tradition du service public « à la française » : le gouvernement Raffarin qui met en pièces ce double modèle (il est vrai que Jospin avait bien attendri le mammouth en privatisant à tour de bras) se fait en la circonstance le bras armé de Bruxelles, en récitant le catéchisme des « traités antérieurs ». Sauver le « modèle français » ? Par quel tour de passe-passe mental les gouvernants, droite et gauche confondues, vont-ils s’opposer aux dérégulations après les avoir approuvé sans ciller? Le marché, on le sait bien, ne s’arrête que quand il n’a plus rien à digérer. Peut-on vivre sans lui? C’est une autre question à laquelle j’avoue ne pas pouvoir répondre. Mais il est évident que des limites claires et solides doivent lui être assignées. L’Europe a la possibilité de le faire mais, une nouvelle fois, j’en ai peur, pas ou peu de volonté politique en la matière. Et je ne vois rien dans la Constitution qui puisse inverser la tendance d‘une Europe du marché. Ce référendum, c’est l’occasion de dire NON à tout cela. Au niveau européen, enfin, on va pouvoir dire ce qu’on ne veut pas. C’est unique et presque inespéré. Voilà, j’en termine là. Demain, c’est le week-end et dimanche, c’est D Day et en plus, je bosse. Personne à Flu pour modérer, ils seront tous dans les bureaux de vote. Ce post sera donc mon dernier. Sans doute répondras-tu, Sandor, et auras-tu le mot de la fin, pour la campagne du moins. Car dès lundi, l’après-29 mai débute. Et après les mots d’oiseaux balancés, il va falloir cultiver la paix civile. Cordialement, Damien De Lucrece, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() C'est fou ce qu'ils font peur les Polonais. Ok, ça permet aux Arabes de se reposer, c'est gentil pour eux, mais vous ne voudriez pas arrêter de verser dans l'image du méchant immigré qui va se pointer avec un couteau entre les dents ? Arrêter de remuer l'idée "droitière et xénophobe selon laquelle l'abolition des frontières entraîne des conséquences sociales indésirables" ? (Habermas, repris par Colombani dans son édito sur l'illusion du non). Je trouve ça honteux de remuer ces vieilles peurs et de prendre la parole à leur place : en majorité, les Polonais sont pour le TCE. Je trouve ça honteux qu'on se permette de décrire la Pologne comme une sorte d'Al Qaeda de l'ultra-libéralisme ! Vous préférez peut-être le "modèle russe" ? ou le chinois ?? Vos réflexes souverainistes et nationalistes sont horripilants. Un peu d'humanisme serait bienvenu. Merci pour eux. De Sandor, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() - Pour le lecteur, Damien, je corrige une erreur : la Grèce est entrée dans la CEE en 1980, l'Espagne et le Portugal sont entrées en 1986. - Les fonds structurels, c'est bien : je suis tout à fait d'accord. - Il faut appliquer la même politique aux nouveaux Etats membres : 100 % d'accord. Le prochain budget de l'UE est trop faible : 100% d'accord également. Mais aujourd'hui, ce sont les Etats qui le définissent au Conseil européen. Demain, avec un TCE ratifié, le Parlement européen votera le budget. De quoi être plus généreux avec les Polonais ? Je suis sûr, en tout cas, que toi et moi le souhaiterons et voterons aux élections européennes pour des partis qui l'exigeront. - Les prolos : je voulais juste te dire qu'on en peut pas me dire que j'étais trop éloigné du problème. Je viens d'un milieu socialement aisé mais, pour faire des choses qui me semblent valoir la peine d'être faites, je me suis mis en danger économiquement dès que j'ai fini mes études et aujourd'hui encore je le reste. Désolé de t'avoir blessé. - Pour les services publics, je ne suis pas tant en désaccord que toi sur le fond mais ce post J-2 propose une solution (je n'en rajoute pas davantage, maintenant de toute façon c'est plié, on vote demain). J'ai noté que tu n'y croyais pas et je respecte ton avis. Je n'ai balancé aucun nom d'oiseau, je te souhaite bon vote et bonne vie. Merci à toi pour tout ça, amicalement, Sandor. De Fr. M., posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Salut sandor, ça m'a bien fait plaisir de te voir hier. De JDM, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Bravo pour cette belle bataille pour un oui plein d'espoir, un oui qui, tout au long de ce débat, n'a pas fleurté une seule fois avec la démagagogie, qui a su dépasser les questions strictement nationales, sans aucun rapport avec l'enjeu de ce vote, et qui était surtout sincère. Merci Sandor pour ton investissement, ton engagement, et pour avoir su montrer que le oui de gauche existait, avec force ; si Hollande un jour tombe sur le blog AeOUI, je lui conseille de s'en inspirer... De Fr. M., posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() JDM, c'est pas beau l'ironie forcée à ce point De Sandor, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Merci à toi, JDM. J'ai la faiblesse de te croire : que veux-tu, l'éternelle naïveté des hommes de gauche... De JDM, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Fr.M., contrairement à toi, je ne suis pas spécialiste de l'ironie facile, du cynisme falsifié : tout le monde n'a pas ta bassesse et ta mauvaise foi. De Damien, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Sandor, Merci pour tes remarques, elles vont me permettre de préciser les miennes. Sur la question de la Pologne et du Portugal: en 1986, l’Acte unique a constitué le grand marché. La Grèce, l’Espagne et le Portugal avaient déjà adhéré à l’UE. A l’époque, il n’avait échappé à personne que la concurrence, sur fonds d’inégalités, augmente les écarts. Des fonds structurels ont donc été alloués aux nouveaux entrants. Une politique généreuse et volontariste, j‘en conviens. Les maçons portugais ont donc pu faire leur beurre, comme les professeurs espagnols de flamenco… Ah, j’oubliais les philosophes grecs qui allaient profiter de la manne bruxelloise pour ne rien foutre et déblatérer des conneries à longueur de journée… Maintenant, les nouveaux entrants peuvent aussi prétendre à ces fonds. Mais, désormais, les paysans polonais (Eh oui ! Ils débarquent dans la campagne !) ont un peu de souci à se faire : le budget de l’Union passe en effet de 1,24% du PIB pour l‘exercice 2000-2006 (ce qui est déjà pas terrible…) à 1% pour 2007-2013. Dans ces eaux-là, je crois, doivent arriver les Bulgares et les Roumains. Le problème est là : le budget est plus petits et il faut le répartir entre plus de pays… Don’t worry, Bruxelles veuille : dans sa grande générosité, elle a décidé de prendre au Sud pour donner à l’Est et, pour la forme, de filer 25% de ce que touche les paysans français aux agriculteurs polonais… Sans marge budgétaire, c’est désormais le marché (comme le dit le TCE, il « régule » le social) qui prend le relais. Le grand marché est libre… mais entre inégaux. Et exit les fonds structurels « généreux », interdiction des déficits oblige. Bien sûr, on peut négocier, mais le texte est là et il a la force d‘une Constitution. Alors bien sûr, à l’Est, la croissance repart. Mais le critère est socialement peu parlant car elle est le fait, entre autres choses, d’une constellation de micro entreprises instables, souvent installées dans les zones urbaines, surtout les capitales (bonjour la cohésion territoriale!). Le chômage y est exponentiel - 20% en Pologne (bonjour la cohésion sociale!). Je gage que l’Europe peut aider un peu lieux les Polonais. Alors le développement… Sur les prolos: dis-moi combien tu gagnes, je te dirai qui tu es… L’argument n’est pas seulement polémique, il est aussi très facile. Un jour, quand on sera suffisamment ivres, je t’expliquerai les raisons sociologiques de mon vote. Tu pourras alors relativiser à loisir mon NON. En attendant, je peux déjà te dire que je n’ai pas trouvé ça très classe, voilà tout. Et même blessant. Sur les SIEG: tu parles de "mythe français" à propos des services publics. A mon avis, si mythe il y a, il est libéral. Encore une fois, c'est le dogme des privatisations, entretenu et accéléré par Bruxelles, de l‘interdiction (relative, il est vrai) des déficits, de la concurrence libre et non faussée. A termes, il est légitime de se poser la question de ce que va devenir l‘hôpital, le chemin de fer, l‘énergie… hors de la puissance et du contrôle publics. Mais on dit que la Constitution sauvegarde le modèle social français et la tradition du service public « à la française » : le gouvernement Raffarin qui met en pièces ce double modèle (il est vrai que Jospin avait bien attendri le mammouth en privatisant à tour de bras) se fait en la circonstance le bras armé de Bruxelles, en récitant le catéchisme des « traités antérieurs ». Sauver le « modèle français » ? Par quel tour de passe-passe mental les gouvernants, droite et gauche confondues, vont-ils s’opposer aux dérégulations après les avoir approuvé sans ciller? Le marché, on le sait bien, ne s’arrête que quand il n’a plus rien à digérer. Peut-on vivre sans lui? C’est une autre question à laquelle j’avoue ne pas pouvoir répondre. Mais il est évident que des limites claires et solides doivent lui être assignées. L’Europe a la possibilité de le faire mais, une nouvelle fois, j’en ai peur, pas ou peu de volonté politique en la matière. Et je ne vois rien dans la Constitution qui puisse inverser la tendance d‘une Europe du marché. Ce référendum, c’est l’occasion de dire NON à tout cela. Au niveau européen, enfin, on va pouvoir dire ce qu’on ne veut pas. C’est unique et presque inespéré. Voilà, j’en termine là. Demain, c’est le week-end et dimanche, c’est D Day et en plus, je bosse. Personne à Flu pour modérer, ils seront tous dans les bureaux de vote. Ce post sera donc mon dernier. Sans doute répondras-tu, Sandor, et auras-tu le mot de la fin, pour la campagne du moins. Car dès lundi, l’après-29 mai débute. Et après les mots d’oiseaux balancés, il va falloir cultiver la paix civile. Cordialement, Damien De Lucrece, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() C'est fou ce qu'ils font peur les Polonais. Ok, ça permet aux Arabes de se reposer, c'est gentil pour eux, mais vous ne voudriez pas arrêter de verser dans l'image du méchant immigré qui va se pointer avec un couteau entre les dents ? Arrêter de remuer l'idée "droitière et xénophobe selon laquelle l'abolition des frontières entraîne des conséquences sociales indésirables" ? (Habermas, repris par Colombani dans son édito sur l'illusion du non). Je trouve ça honteux de remuer ces vieilles peurs et de prendre la parole à leur place : en majorité, les Polonais sont pour le TCE. Je trouve ça honteux qu'on se permette de décrire la Pologne comme une sorte d'Al Qaeda de l'ultra-libéralisme ! Vous préférez peut-être le "modèle russe" ? ou le chinois ?? Vos réflexes souverainistes et nationalistes sont horripilants. Un peu d'humanisme serait bienvenu. Merci pour eux. De Sandor, posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() - Pour le lecteur, Damien, je corrige une erreur : la Grèce est entrée dans la CEE en 1980, l'Espagne et le Portugal sont entrées en 1986. - Les fonds structurels, c'est bien : je suis tout à fait d'accord. - Il faut appliquer la même politique aux nouveaux Etats membres : 100 % d'accord. Le prochain budget de l'UE est trop faible : 100% d'accord également. Mais aujourd'hui, ce sont les Etats qui le définissent au Conseil européen. Demain, avec un TCE ratifié, le Parlement européen votera le budget. De quoi être plus généreux avec les Polonais ? Je suis sûr, en tout cas, que toi et moi le souhaiterons et voterons aux élections européennes pour des partis qui l'exigeront. - Les prolos : je voulais juste te dire qu'on en peut pas me dire que j'étais trop éloigné du problème. Je viens d'un milieu socialement aisé mais, pour faire des choses qui me semblent valoir la peine d'être faites, je me suis mis en danger économiquement dès que j'ai fini mes études et aujourd'hui encore je le reste. Désolé de t'avoir blessé. - Pour les services publics, je ne suis pas tant en désaccord que toi sur le fond mais ce post J-2 propose une solution (je n'en rajoute pas davantage, maintenant de toute façon c'est plié, on vote demain). J'ai noté que tu n'y croyais pas et je respecte ton avis. Je n'ai balancé aucun nom d'oiseau, je te souhaite bon vote et bonne vie. Merci à toi pour tout ça, amicalement, Sandor. De Fr. M., posté le 23.08.06 à 09:02 ![]() Salut sandor, ça m'a bien fait plaisir de te voir hier. Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur les forums :
|