J-2 : Soleil. Décontraction. Evidence. Comme le remarquait Denis Baupin hier, les Non-istes de gauche les plus "européens" reprochent donc aux partisans du Oui d'abandonner les services publics au marché, avec le risque que leur "rentabilité" finisse par primer sur le bien-être des citoyens. A vrai dire, l'honnêteté oblige à reconnaître qu'ils n'ont pas tout à fait tort : si l'on s'en tient au texte et rien qu'au texte, ce risque existe en effet. Mais le TCE donne aussi des solutions pour le contrecarrer. Notamment celle-ci."Prenant acte (...) de l'article III-122 prévoyant l'adoption d'une loi européenne garantissant l'accomplissement des missions des services d'intérêt économique général, de l'article II-96 faisant de l'accès aux services d'intérêt général un des droits fondamentaux garantis par la Constitution, et de l'article I-47 permettant à un million de citoyens européens de demander à la Commission européenne de soumettre au Parlement un acte juridique pour l'application de la Constitution,
Nous demandons à la Commission, dès que la Constitution européenne sera entrée en vigueur, de proposer au Parlement et au Conseil une législation européenne offrant aux citoyens européens des garanties supérieures pour les services d'intérêt économique général. Cette législation doit être préparée dès maintenant."
- texte conjoint des associations Club Témoin (tendance Delors), Convictions (tendance Rocard), Confrontations (tendance Herzog) - signer la pétition.
J'aime ce texte parce qu'il est porteur de la seule logique constructive, à mes yeux, pour un Européen de gauche décidé à oeuvrer réellement pour garantir à tous l'accès aux services publics. Il a en effet le mérite de poser un choix clair :
- dire Oui au TCE, engranger ses avancées vers une Europe politique, et utiliser les nouveaux instruments démocratiques qu'il donne (droit de pétition, nouveaux pouvoirs du Parlement européen) pour se battre en faveur d'une société plus juste.
- dire Non au TCE, oublier (pour l'heure, peut-être à jamais) l'Europe politique, garder les traités "libéraux" actuels et laisser un Jacques Chirac affaibli renégocier, en intergouvernemental, un traité "plus social" avec Tony Blair et la droite allemande qui reprendra le pouvoir en septembre.
Pour ma part, j'ai choisi mon camp.
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