Bon bah voilà, çe devait arriver : je doute. Dans le camp du non, désormais, il n'y a plus uniquement les rouges-bruns, accompagnés de quelques bo-bos qui se la pêtent révolutionnaires et de quelques sociaux-dém' qui surfent sur le mécontentement social français à des fins électorales personnelles. Il y a aussi des hommes politiques européens responsables. A vrai dire, c'est ce texte, paru vendredi dans Le Monde, qui m'a mis la puce à l'oreille. Dans ce texte, il y a en effet trois éléments, qui me semblent tous essentiels pour formuler une proposition politique crédible, et dont la conjonction manquait à tous les argumentaires pro-non que j'avais lus jusqu'à présent. Trois éléments, à savoir :Bref, l'un des principaux arguments du Oui, dont je me faisais également le porteur - à savoir "Oui, d'accord, ce texte est pas génial mais c'est le seul dont on dispose en l'état, et la concertation qui en est à l'origine est telle qu'il semble difficile d'obtenir un texte plus consensuel en Europe" - est en train de vaciller : on pourrait peut-être, en renégociant longuement avec l'ensemble de nos partenaires européens, obtenir un texte plus "à gauche". Peut-être... Mais alors il y aurait les mêmes protestations à droite (car bon, "200 parlementaires" de gauche, ça ne vaut pas une centaine de conventionnels de toutes les tendances politiques en Europe...) Toujours la même question en somme... Se battre pour un texte qui existera peut-être et être avant tout de gauche ? Ou ratifier un texte qui existe et être avant tout européen ? Je crois tout de même avoir fait mon choix, mais je vous laisse lire, donc.
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Afficher par : naissance / nationalité / métiers
Sur le fond, ce texte ébranle nettement moins ma conviction du "Oui" parce que, entre autres, 1) les démocrates chrétiens et sociaux qui ont refondé l'Allemagne au lendemain de la seconde guerre mondiale me semblent des gens relativement efficaces économiquement, équitables socialement et fréquentables politiquement et que cette référence collective me convient pour l'Europe ; 2) je ne pense pas que tout l'édifice européen soit à jeter par la fenêtre (ce qui semble être dit, là, tout de même), et l'option Lafontaine propose de garder à peu près tout le TCE, sauf la partie III à laquelle devraient s'ajouter des "critères de convergence" sociaux. Beaucoup plus pertinent à mon avis.
Ceci dit, on n'en est pas encore là, on est est actuellement à approuver ou non ce qui nous est proposé, avec des avancées politiques fortes mais sans ces "critères de convergence" sociaux, donc. Et ce soir, je trouve que la question est en effet ardue, même si je ne suis pas le seul à douter (laurent m., lui, a fait son choix semble-t-il, à mon avis il ne devait pas hésiter tant que ça). On en reparlera d'ailleurs demain.
Je continue de penser qu'à mon avis, on aura très difficilement mieux mais bon, j'ai encore quelque confiance dans la démocratie représentative, moi, ou du moins je ne pense pas qu'il faut tout foutre par terre. Avec ce texte la démocratie avance, me semble-t-il, donc ce sera OUI. (tout en étant d'accord pour taxer davantage les capitaux "dormants" de M. Pinault, par exemple, et pour le condamner personnellement s'il s'est montré l'auteur de malversations).
Quant à la confiance en les institutions européennes, bah... Oui, je crois que l'argument de ton commentaire précédent ("prend en compte") revient à dire que tu ne crois pas que l'UE le fera. Moi, je crois que si on se mobilise pour donner une majorité de gauche au Parlement européen, c'est sûr qu'elle le fera (et sinon, c'est sûr, elle le fera moins). D'où mon laïus sur la participation, d'ailleurs ("en tout état de cause, tout cela dépend de nous et de notre investissement dans les instances démocratiques", etc., bref du Sandor quoi...)
je n'ai pas parlé du droit de pétition, qui est certes une avancée démocratique, mais bien moindre que le triplement des prérogatives du Parlement européen, dont la majorité politique sera avec le TCE ratifié déterminante pour la composition de la Commission. Mais les deux sujets sont liés : si la Commission est de gauche, elle accueillera favorablement une pétition "sociale" et la soumettra au vote du Parlement européen. Si elle est de droite, elle la foutra en effet dans une corbeille, au moins provisoirement, car elle aura sans doute d'autres priorités. Fr. M. :
je n'ai pas de religion mais je respecte en effet les institutions démocratiques, plus que les textes de sociologue il est vrai (même les textes intelligents de sociologues intelligents comme celui de Baudrillard que tu as proposé, merci encore). Ceci dit, je suis réformiste, je ne suis pas aujourd'hui pour abolir le capitalisme comme (semble-t-il) tu le proposes. Et en effet avec le TCE, ce n'est pas de cela dont il s'agit. Et en effet il y a un point où toi et moi ne parlons pas de la même chose (je parle de ce qu'il faut faire dimanche prochain, tu parles de... je ne sais pas au juste, mais je crois que tu places "ici" ta réflexion un degré en amont de moi, je te pense en l'occurence plus théorique que politique, et ce n'est effectivement pas ce degré que je veux aborder prioritairement "ici").
D'abord, ce n'est pas aussi caricatural. Tu oublies : "b) d'assurer un niveau de vie équitable à l apopulation agricole, notamment par le relèvement du revenu individuel de ceux qui travaillent dans l'agriculture", ainsi que c) (stabiliser les marchés) et d) (sécuriser les approvisionnements).
Deuxièmement, une fois de plus, de toute façon, cet article existe déjà dans des traités déjà ratifiés, et il continuera d'exister même si tu votes Non.
Enfin, il n'est pas question d'OGM dans a), et au contraire, le Parlement européen a voté plusieurs fois contre le développement d'OGM en Europe. Manque de chance, en la matière, son avis n'est que consultatif. Si le TCE est ratifié, désormais, son avis sera impératif. Alors, tu votes toujours Non ?
François, il est tard, alors je prends plus le temps de convaincre ceux qui le sont déjà.
Sur le fond, ce texte ébranle nettement moins ma conviction du "Oui" parce que, entre autres, 1) les démocrates chrétiens et sociaux qui ont refondé l'Allemagne au lendemain de la seconde guerre mondiale me semblent des gens relativement efficaces économiquement, équitables socialement et fréquentables politiquement et que cette référence collective me convient pour l'Europe ; 2) je ne pense pas que tout l'édifice européen soit à jeter par la fenêtre (ce qui semble être dit, là, tout de même), et l'option Lafontaine propose de garder à peu près tout le TCE, sauf la partie III à laquelle devraient s'ajouter des "critères de convergence" sociaux. Beaucoup plus pertinent à mon avis.
Ceci dit, on n'en est pas encore là, on est est actuellement à approuver ou non ce qui nous est proposé, avec des avancées politiques fortes mais sans ces "critères de convergence" sociaux, donc. Et ce soir, je trouve que la question est en effet ardue, même si je ne suis pas le seul à douter (laurent m., lui, a fait son choix semble-t-il, à mon avis il ne devait pas hésiter tant que ça). On en reparlera d'ailleurs demain.
Je continue de penser qu'à mon avis, on aura très difficilement mieux mais bon, j'ai encore quelque confiance dans la démocratie représentative, moi, ou du moins je ne pense pas qu'il faut tout foutre par terre. Avec ce texte la démocratie avance, me semble-t-il, donc ce sera OUI. (tout en étant d'accord pour taxer davantage les capitaux "dormants" de M. Pinault, par exemple, et pour le condamner personnellement s'il s'est montré l'auteur de malversations).
Quant à la confiance en les institutions européennes, bah... Oui, je crois que l'argument de ton commentaire précédent ("prend en compte") revient à dire que tu ne crois pas que l'UE le fera. Moi, je crois que si on se mobilise pour donner une majorité de gauche au Parlement européen, c'est sûr qu'elle le fera (et sinon, c'est sûr, elle le fera moins). D'où mon laïus sur la participation, d'ailleurs ("en tout état de cause, tout cela dépend de nous et de notre investissement dans les instances démocratiques", etc., bref du Sandor quoi...)
je n'ai pas parlé du droit de pétition, qui est certes une avancée démocratique, mais bien moindre que le triplement des prérogatives du Parlement européen, dont la majorité politique sera avec le TCE ratifié déterminante pour la composition de la Commission. Mais les deux sujets sont liés : si la Commission est de gauche, elle accueillera favorablement une pétition "sociale" et la soumettra au vote du Parlement européen. Si elle est de droite, elle la foutra en effet dans une corbeille, au moins provisoirement, car elle aura sans doute d'autres priorités. Fr. M. :
je n'ai pas de religion mais je respecte en effet les institutions démocratiques, plus que les textes de sociologue il est vrai (même les textes intelligents de sociologues intelligents comme celui de Baudrillard que tu as proposé, merci encore). Ceci dit, je suis réformiste, je ne suis pas aujourd'hui pour abolir le capitalisme comme (semble-t-il) tu le proposes. Et en effet avec le TCE, ce n'est pas de cela dont il s'agit. Et en effet il y a un point où toi et moi ne parlons pas de la même chose (je parle de ce qu'il faut faire dimanche prochain, tu parles de... je ne sais pas au juste, mais je crois que tu places "ici" ta réflexion un degré en amont de moi, je te pense en l'occurence plus théorique que politique, et ce n'est effectivement pas ce degré que je veux aborder prioritairement "ici").
D'abord, ce n'est pas aussi caricatural. Tu oublies : "b) d'assurer un niveau de vie équitable à l apopulation agricole, notamment par le relèvement du revenu individuel de ceux qui travaillent dans l'agriculture", ainsi que c) (stabiliser les marchés) et d) (sécuriser les approvisionnements).
Deuxièmement, une fois de plus, de toute façon, cet article existe déjà dans des traités déjà ratifiés, et il continuera d'exister même si tu votes Non.
Enfin, il n'est pas question d'OGM dans a), et au contraire, le Parlement européen a voté plusieurs fois contre le développement d'OGM en Europe. Manque de chance, en la matière, son avis n'est que consultatif. Si le TCE est ratifié, désormais, son avis sera impératif. Alors, tu votes toujours Non ?
François, il est tard, alors je prends plus le temps de convaincre ceux qui le sont déjà.