
Vous ne comprenez rien au titre de cette notule ? C'est parce que vous ne potassez pas assez le dictionnaire du futur dont Fluctuat a interrogé la fondatrice.
@dicodufutur Anne Caroline Paucot, ceci est une twitterview (1), ok ?
@Fluctuat Ok. Si McCain peut le faire, moi aussi.
@dicodufutur Le dico du futur, c'est pour décrire des activités existantes mais sans nom ou proposer des situations nouvelles ?
@Fluctuat Le dico du futur sert surtout à inventer le futur. Comme on ne peut pas penser sans mot, en créer s'impose. @Fluctuat.ll est utile pour vulgariser la réflexion prospective afin que tout le monde contribue à cette invention du futur.
@dicodufutur Ah non pas de double réponse, je suis obligé d'annuler cette dernière intervention.
@dicodufutur Qui compose l'Académie française du Futur ?
@Fluctuat L'Académie du futur est en cours de composition
@dicodufutur Ok mais c'est quoi le profil type de "l'Immortel" du futur ?
@Fluctuat Elle réunira des linguistes, des spécialistes des nouvelles technologies, des artistes, des prospectivistes des scientifiques. Ces amoureux
Encore trop long, je coupe... Bon quel est ton mot du futur préféré ?
@Fluctuat J'aime le côté rétro de Kilimandjar et désignant les objets frappés d'obsolescence par la rugissante technologie.
@dicodufutur Moi c'est Moranoïa : Sentiment de peur éprouvé derrière, au contact ou face à un écran d’ordinateur, pour soi ou pour ses proches.
@Fluctuat Loliciel ou logiciel destiné à l'amusement me plaît car il agrège une abréviation anglaise LOL et un mot français.
@dicodufutur Un solublème récent ?
Le dispositif Hadopi.
(1) : Twitterview : Entretien où questions et réponses ne dépassent pas 140 signes. Elle a été introduite par George Stephanopoulos d'ABC pour l'interview de John McCain. Par extension, l'expression désigne un entretien mal préparé mais publié sans complexe sous prétexte de technophilie media. Copyright Fluctuat.net)
Traduction du titre de ce billet en langage du présent : "A force de me faire piéger par les traces que je laisse sur le net, je n'ai plus aucune activité numérique".
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certes un certain nombre d'outils linguistiques existent déjà mais une langue qui vit est une langue qui avance également par néologismes - qu'ils soient artificiellement créés ici sous le prisme ludique ou hérité du brassage avec d'autres langues.
Au fond il s'agit d'anticiper un certain nombre de vocables que finissent par générer des comportements nouveaux. Dirait-on de "googliser" qu'il n'est qu'un artifice de langue ou qu'il correspond à un usage nouveau sans dénomination (et sans équivalent antérieur) dans le vocabulaire existant ?
C'est un sujet bien trop vaste pour l'aborder ici plus en détail. En ce qui concerne votre exemple « Googliser » c'est simplement une pure horreur syntaxique, parfaitement inutile qui plus est. Pour commencer, j'ai déjà entendu « Googeuliser », « Googueuler », « Googler », etc. Si personne n'est d'accord, c'est précisément parce que cela repose sur une construction artificielle. A-t-il été nécessaire de créer de nouveaux vocables quand l'encyclopédie ou le dictionnaire sont apparus pour signifier « chercher dans le dictionnaire » ou « chercher dans l'encyclopédie ». Réalisez vous qu'à ce rythme, il faudrait inventer de nouveaux mots chaque jour, dès qu'un détail technique change ? Le langage est fait pour être généraliste, lorsqu'il devient hyper-spécialisé on appelle ça du jargon.
Il faut vraiment avoir une notion de soi déformée pour penser ainsi que ce que l'on fait aujourd'hui est forcément meilleur que ce que des siècles d'usage de la langue ont établi de facto. La langue a évolué logiquement jusqu'à aujourd'hui mais une tripotée de pervers syntaxiques décide qu'il est temps de la faire exploser. Le comble étant que ce souhait émane d'une génération qui commet l'exploit d'être moins lettrée que la précédente (je ne prétends pas qu'elle en est responsable), ce qui est assez déjà, en soi, particulièrement remarquable.
Enfin bref, je ne saurais trop recommander la prudence si je ne savais par avance que ces tentatives de modification de la langue sont vaines et vouées à l'échec. Personne, aucun ouvrage, n'est jamais parvenu à influer sur l'évolution du vocabulaire, pas même le Gouvernement lorsqu'il a tenté d'imposer le ridicule Mél. Dans ce domaine, seul l'usage fait foi et avant que l'usage ne consacre un vocable, bien d'autres auront le temps de disparaître avant d'avoir servi.
ps : pour les fautes, personne n'est à l'abri.
Je pensais en fait à "se googliser" qui consiste à mesurer sa notoriété sur le moteur de recherche. C'est tout bête et vous me direz que c'est d'un narcissisme peu nouveau, pour autant on googlise souvent les gens que l'on va employer ou ceux que l'on vient de rencontrer, ce qui autorise à penser qu'une forme d'identité numérique se met en place - ce qui est nouveau aussi. Ce n'est pas à mon sens uniquement un détail technique. Et c'est la généralisation d'une pratique qui fait sens qui amène à un terme nouveau.
Mais sur le fond vous avez en grande partie raison.
crypto : telex (from le dictionnaire d'avant-hier)
Ceux que je n'aime pas ce sont les mots mous ou méchants.