Je twitte donc je ne suis pas Une rupture, c'est douloureux, et ce qui obsède l'éconduit, parfois jusqu'à la fin de ses jours, c'est la question du pourquoi.Aurais-je pu faire mieux ? Aurais-je pu éviter une erreur ? Quelle(s) erreur(s) j'ai bien pu faire ? C'est pour aider à répondre à ces questions qu'a été conçu Qwitter, un outil complémentaire de Twitter qui envoie un mail à l'utilisateur dès qu'un de ses abonnés le quitte et lui en explique la raison. Par exemple "Machin vient de vous quitter après avoir lu votre message 'J'ai oublié de retirer mon slip pour prendre ma douche'." Car aujourd'hui, une proportion non-négligeable de la communication entre les hommes se fait par l'intermédiaire des réseaux sociaux, et les millions d'utilisateurs de ces services sont tourmentés par la même angoisse de plaire, si possible au plus grand nombre. D'apparence accessoire, l'outil Qwitter devient ainsi, pour l'utilisateur assidu de Twitter, une source de données primordiale qui va lui enseigner ce que désirent ses abonnés, et ce qui les fait fuir. Si sur Neural, notre confrère Paolo Pedercini compare ce principe à une forme de darwinisme électronique, nous n'irons pas jusque là, nous contentant de pointer la similitude entre cet outil et les formulaires automatiques liés aux désabonnements, notament dans la téléphonie mobile. Qwitter agit en effet de la même manière, à la seule fin "d'améliorer le service" des utilisateur d'un fil Twitter particulier. Puisque bien entendu, si on souhaite savoir les raisons de la fuite d'un de ses abonnés, c'est pour tenter d'y remédier. A l'heure où une chaîne de fast-food lance une campagne de pub avec comme slogan "venez comme vous êtes", autrement dit, "soyez tous différents", on remarque au contraire que du côté consommateur (de hamburger ou d'info), le service rendu - c'est à dire qui nous sommes - éprouve le besoin vital de faire coïncider l'offre (moi) à la demande (eux). Qwitter ne peut ainsi pas nier qu'il ne fait rien d'autre qu'encourager à ne plus être soi, mais à présenter à un public le spectacle de soi, ce spectacle répondant à un cahier des charges établis en fonction des goûts et des couleurs des abonnés. Rien de nouveau sous le soleil du capitalisme, me direz-vous. Si ! Quand jusqu'à présent, les méthodes de séduction inhérentes à tous nos rapports sociaux se faisaient de manière intuitive et souvent inconsciente, celles-ci sont désormais motivées par une mini-étude de marché en temps réel. Si bien que la métamorphose amorcée du "moi" en "trademark" consensuelle se poursuit inévitablement. Commentaires
De Sicmorre, posté le 27.12.08 à 10:56
![]() Edifiant. Le tuning d'identité numérique est promis à un bel avenir. Qwitter signe d'ailleurs son service d'un "Qwitter is not affiliated with Twitter, but wouldn't it be cool if it was?"... Ajouter un commentaire |
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