Un cri est politiqueAujourd'hui, tout est politique d'ailleurs.
Ca n'est pas moi qui le dis, c'est Orwell. Et son observation s'avère encore plus juste aujourd'hui, qu'elle ne l'était au 20e siècle. ![]() Sur la base de cette réflexion, les deux artistes de MTAA (Michael Sarff et Tim Whidden) ont conçu la pièce "Our Political Work", dont la version finale est présentée par la galerie portugaise Lisboa 20. Alimenté par une série de 141 vidéos à lecture aléatoire, le diptyque met en scène les deux hommes poussant des cris en une boucle changeante de fureur, de colère et parfois même de rire. Si l'oeuvre peut sembler repoussante au premier abord, force est de constater que l'énergie déployée par ces artistes éveille chez le spectateur des sentiments variés, de l'impression d'agression à la réelle compassion. Et passées les 2 premières minutes, une fois que ces visages et ces voix sont devenus familiers, on se surprend à adhérer à ce discours politique, réduit à sa plus simple expression de bruit et de fureur. Car le système logiciel qui lance les vidéos, et les arrête souvent au milieu d'un cri, permet d'entretenir l'illusion que ce qui se passe devant nous est une performance en temps réel, que ces deux hommes ont bel et bien crié pendant des heures, et sont peut-être même en train de crier encore en ce moment. L'oeuvre politique dont parle le titre prend alors un sens qui va au-delà des images et du son. Elle s'installe dans la durée, théoriquement infinie, de la projection. L'oeuvre politique n'est alors plus seulement la vidéo en elle-même, mais aussi et surtout le temps qu'elle dure. CommentairesAjouter un commentaire |
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