Sandbag : ou comment détruire une tonne de CO2 en quelques clicsC'est sans doute l'expérience d'autophagie capitaliste la plus réjouissante du moment : le site Sandbag.ork.uk, qui vient juste d'ouvrir, permet à tout un chacun d'acheter des permis d'émissions de C02 pour les sortir du marché. L'idée est aussi lumineuse qu'un halo de pollution urbaine dans une nuit d'automne : alors que le nombre de « droits à polluer » émis fait débat (leur surabondance entraine une chute du cours des crédits carbones et place certains industriels parmi les plus pollueurs en position virtuellement « éco-créditrice »), il s'agit ni plus ni moins de détruire ces permis. Ce qui, dans une métaphore dont seuls les marchés financiers ont le secret, revient à retirer ces tonnes de C02 elles-mêmes de nos beaux ciels azurés.
![]() ![]() Evidemment, passés ces quelques clics, la question sur le fond est forcément un peu plus compliquée que ça (et le site Sandbag, sur le mode "il y a un problème ? nous avons la solution", en rajoute un chouia). Difficile de ne pas s'y perdre dans la technicité de ces échanges stratosphériques... Mes collègues de la rubrique Société préparent d'ailleurs un dossier sur ce sujet ô combien complexe, pour ne pas dire : épineux. En attendant, l'initiative peut clairement marquer les esprits : le nombre de certificats à émettre pour la phase 3 du mécanisme mis en place sont actuellement en cours de discussion à Bruxelles (cf. cet article sur le cours de la tonne de C02 pour y voir plus clair). Bryony Worthington, conceptrice du projet Sandbag, a quelques autres bons arguments en réserve, qu'elle développe dans cet entretien avec le Guardian (elle explique notamment comment elle espère convaincre certains industriels eux-mêmes de rétrocéder à Sandbag des permis d'émission ; ce marché est fou, on vous dit). Et si vous n'êtes toujours pas convaincu - ou que vous aimez la comédie anglaise version homebrew, ce spot est pour vous : Commentaires
De Stanislas, posté le 18.09.08 à 12:30
![]() Superbe concept. Je n'arrive pas à trouver par contre le total complet de permis émis : combien cela représente-t-il de tonnes de CO2 ? A quel niveau de retraits de ce type passe-t-on du symbolique au (un peu) emmerdant pour les industriels ? Merci. De meleze, posté le 19.09.08 à 10:28 ![]() La video est tres amusante. Quand au nombre de permis en surplus le Guardian ne donne pas un nombre total mais des sur allocations par entreprises telle que Ford qui en a reçu 80 000 en surplus et Astra Zeneca 37 000. Il cite aussi le cas emblematique de l'aeroport d'Heathrow qui a dit dans un intervew qu'il ne savait pas quoi en faire. Le surplus provient de l'année d'évaluation choisie, l'année 2003, et de la force de negociation de l'industrie britannique qui s'est bien battu pour devaluer le systeme. L'industrie la plus embarasante pour le gouvernement de Brown c'est l'industrie du ciment, qui pollue allegrement trois sites tres connu et qui n'a pas fait un pas en 4 ans dans le sens de la compensation. De jean, posté le 14.07.09 à 14:23 ![]() C'est effectivement un bon moyen de réduire les émissions de CO2. Mais cela n'a rien d'anti-système. Toute l'idéologie des marché à polluer est au contraire fondé sur cette idée: que ceux qui seraient gagnants à une réduction des émissions de gaz à effet de serre payent les perdants de cette réduction. Malheureusement, il y a encore des grosses fuites dans le système de quotas (du fait par exemple des pseudo-mécanismes de développement propre), de sorte Ajouter un commentaire |
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