Rojo Tv Le déjà très bon magazine espagnol ROJO, consacré à l'art contemporain, se lance dans l'art vidéo.Hier, à Milan, a en effet été inaugurée ROJOtv qui propose une sélection conséquente de vidéos d'art d'artistes du monde entier. Difficile de vous conseiller l'une d'elle en particulier car la qualité est souvent au rendez-vous, et comme toute chaine de télé, le meilleur reste quand même de simplement regarder et être surpris par un programme qu'on aura pas choisi. Pour ceux qui font le pont et qui ne comptent pas sortir malgré le beau temps, voici un bon moyen d'éviter la vision suicidaire des chaînes de télé traditionnelles. [Illus : Satanic messages in digital video, Yoshi Sodeoka] Galerie en ligne La pratique devient de plus en plus fréquente.Aujourd'hui, n'importe qui peut ouvrir sa galerie en ligne, pour peu que l'on ait des choses intéressantes à montrer. C'est le cas de Club Internet (l'homonymie avec le fournisseur d'accès n'est pas volontaire) qui proposera, du 8 mai au 14 juin prochain une sélection d'oeuvres de net art dirigée par Harm van den Dorpel. Pré-ouverture aujourd'hui, avec Blown Up Explosion de Constant Dullaart, pas franchement révolutionnaire, mais qui a au moins le mérite de donner le coup d'envoi de ce projet qui réunira un groupe d'artistes particulièrement prometteurs. A suivre donc, tout au long du mois. Vestiges du mondeC'est pas parce que c'est un copain qu'il ne faut pas parler de son travail, hein ? ![]() Mais loin d'être seulement un blog photo, Fricheries est surtout une réflexion permanente sur ce qu'évoquent ces images, chaque légende ajoutant à l'aspect délabré de ces ruines industrielles une évocation de notre société, de ce qu'elle a été, et de ce qu'elle est devenue. Ou comment un rêve de modernité peut en quelques années se changer en paysage apocalyptique.
Ecran géant zéro énergieDepuis longtemps, nos calculatrices n'ont plus besoin de piles et leurs petits écrans s'illuminent grâce à l'énergie solaire accumulée pendant la journée.
Le principe de GreenPIX est le même, à la petite différence que l'écran en question mesure la bagatelle de 2200 m². ![]() Installé à Pékin par les cabinets d'architectes Simone Giostra & Partners et Arup, non loin des installations olympiques, l'engin devrait fonctionner dans le courant du mois du mai et accueillir des performances visuelles d'artistes du monde entier. On a déjà souvent évoqué ici la conception d'écrans de grande taille, mais celui-ci est le premier qui propose, en plus du gigantisme, une réflexion sur la consommation d'énergie d'une telle installation. A quand une Nuit Blanche "zéro énergie" à Paris ? Le saut dans le vide reloadedComme le dit le Dailymail, il y a un peu de Yves Klein dans les photographies de l'artiste chinois Li Wei.
Se mettant en scène dans des situations impossibles, il flirte avec l'impression du danger et met le spectateur face à sa peur du vide, et à tout ce qu'elle contient. Pour un bon graphiste, ces photographies peuvent paraître quelque peu banales, mais l'artiste assure qu'elles sont toutes réalisées sans aucun trucage numérique, mais seulement grâce à un savant agencement de miroirs. ![]() Entre photographie et performance, le travail de Li Wei se lit à plusieurs niveaux. D'un côté, l'effet saisissant de la performance spectaculaire, et de l'autre, une réflexion permanente sur la politique contemporaine. Sa série "Li Wei falls to...", par exemple, le met en scène, crashé comme une météorite dans différents endroits du globe, et symbolise, sans grands discours, les problèmes d'intégration des migrants chinois. You tomb : le cimetière de Youtube Que sont devenues les vidéos disparues de Youtube ? Et pour quelle(s) raison(s) ont-elles été retirées ? Initié par le MIT Free Culture, le serveur YouTomb est un projet de recherche qui permet de conserver la mémoire des vidéos qui été supprimées de Youtube, après y avoir vécu une exploitation "pirate" de quelques minutes à plusieurs semaines. Un moteur de recherche analyse en temps réel les feeds du site de partage, pour en extraire uniquement les vidéos censurées. Une base de données conserve les informations qui décrivaient la vidéo (Titre, Description, Tags utilisés) et quelques captures écran de celle-ci. Surtout, le projet permet de connaître le classement et les motifs de retrait invoqués, qui sont de trois ordres : - 1. Vidéo supprimée par l'utilisateur (has been removed by the user), sans plus d'explication. - 2. Vidéo retirée par l'algorihme de Youtube pour violation des CGU (due to terms of use violation). - 3. Vidéos supprimée suite à une plainte pour violation du droit d'auteur (due to a copyright claim by...). Suit surtout une litanie de noms des grandes marques de l'entertainement et du sport qui ont demandé ces retraits. Parmis les plus zélées : Viacom, NBC Universal, l'Association of Copyright for Computer Software ou la National Football League. Voir le classement ici. Plus politique, l'Eglise de scientologie se hisse à une bonne place dans ce top of the pops des entités morales qui, par delà la protection de la propriété intellectuelle, gèrent parfois aussi leur réputation. A noter : l'algorithme de Youtube invoque deux autres motifs de disparition inconnue : Unknown:only18 et Unknown:private. Finger Beat Box
Test d'inattention Une nouvelle page web de Frédéric Madre, c'est un peu comme un bon vin : quand on met le nez dedans, on se demande comment on a pu se contenter de piquette les autres jours.Toujours dans le minimalisme et la distanciation, BOARD est un diptyque aléatoire qui associe poésie quotidienne et collages de termes issus de la nomenclature web, c'est à dire toutes ces expressions qu'on lit sans voir et que l'internaute a tellement intégré qu'il ne les voit même plus. "Subscribe", "sort", "join", "search", "sign-in", "home", "view all", entre autres, deviennent ainsi sous la plume de Madre, sans feuille de style et réduits à l'état de simples mots, autant de mystères sémantiques sur lesquels, pour une fois, on prend le temps de s'arrêter. Ces expression accolées à des visions urbaines défilant en rythme, comme autant de micro-événements incontrôlables, on mesure l'écart radical entre l'apparence de la communauté en ligne et l'âpreté du vrai contact humain. "Essai d'écriture exaspérée dans l'image", "test d'inattention", pour citer l'auteur, BOARD est en tout cas le moyen de prendre un peu de recul, et de se souvenir que les images et les mots ont une force qu'il serait bien dommage d'épuiser en cliquant frénétiquement dessus. Pourquoi au fond ? Trois questions dispensables à... Michael SzpakowskiCollaborateur de DVblog, vidéaste, musicien, plasticien... La liste des faits d'armes de Michael Szpakowski est longue et ne s'arrête pas à au web.
Pas plus tard que la semaine dernière, il était en Grèce, à projeter sur la façade d'un hôtel la figure fantômatique d'une jeune fille au son de la bossa nova... Sans trop de surprise, c'est donc en vidéo qu'il a décidé de répondre à nos trois dispensables questions. [Cliquez sur les images pour télécharger ou lancer les réponses vidéo.] 1- La vie est-elle diffusée en haute résolution ? Smile clubJohn Cleese visite un club indien de rire yoguique. Le Graal retrouvé : Le soleil est un poète Après les chambres noires d'Abelardo Morell, voici une installation qui utilise cette fois le principe du cadran solaire.Sauf qu'au lieu de donner l'heure, le One Day Poem Pavillon de Jiyeon Song projette sur le sol un poème différent selon l'heure de la journée et la date de l'année. La technique semble rudimentaire, et pourtant, quand on y réfléchit, l'inclinaison des trous en fonction du lieu où est finalement installé le dôme se doit d'être calculée avec une grande précision pour obtenir un texte lisible. Les poèmes en question sont des Sijo, c'est à dire des poèmes traditionnels coréens, et ceux qui s'affichent sur le sol sont extraits de l'oeuvre de Kim Ch'on-taek (1725-1766), évoquant la nature éphémère de nos vies et invitant à un instant de méditation. Une vidéo accélérée permet de voir le résultat en ligne, mais bien entendu, au-delà de l'idée, c'est la composante temporelle la plus importante du projet, puisque pour lire l'intégralité du poème, il vous faudrait rester près de l'installation des heures entières, à attendre l'apparition d'un seul mot. Les Pixies en tutuLa vidéo zarbie du jour nous vient de Boing Boing, assez incongrue pour rester scotché trois minutes.
On ne sait pas trop où ça se passe, mais c'est le spectacle de fin d'année d'une école de danse quelconque, et le chorégraphe, probablement sous hallucinogènes, n'a rien trouvé de mieux, pour son final, que de coller "Where is my mind" des Pixies à fond les ballons pendant que ses petites danseuses enchaînent entrechats et jetés en tutu. Un truc de ouf, comme diraient les jeunes, et Kamel Ouali peut aller se coucher tranquille : la relève est assurée. A chacun son Far West![]() Non, vous n'êtes pas dans une région perdue du Texas, mais en Belgique. Avec sa série en cours "A chacun son Far West - Espace Belgique", le photographe Nicolas Bomal se fait le témoin des espaces abandonnés, des friches posées au milieu de terres désertiques qui selon lui, racontent l'inertie d'un pays tout entier. "L'oubli à chaque coin de rue, on se voile la face, on veut rester tranquille et continuer à faire ses petites affaires en douce. Le temps n'est rapide que pour ceux qui en font une boulimie rentabiliste. Et l'histoire des hommes, inlassablement, se répète. Ils foncent droit vers la mort en laissant derrière eux l’environnement qu’ils ont colonisé, témoin involontaire de la surconsommation dans laquelle ils perpétuent l’espèce et dont la nature panse les plaies avec patience et de manière infatigable…" Glaçant. Technolo-graff Suite de notre tout petit tour d'horizon génératif avec l'installation Graffonic conçue par le groupe 3kta l'année dernière.Propulsé par le logiciel MAX/MSP, ce système permet de dessiner à partir d'un pointeur laser. Aux formes réalisées sont associées sons et algorithmes de modification qui font évoluer le rendu graphique en une vidéo d'animation en temps réel. Dit comme ça, ça semble très compliqué, mais le rendu est parfaitement explicite. Sur la vidéo disponible sur le site de présentation du projet, on voit en effet très bien le résultat, c'est à dire un graffeur qui premièrement ne se salit pas les doigts, deuxièmement crée de la musique en plus des images, et finalement ne dégrade pas le mur sur lequel il intervient, ce que les autorités apprécieront. Une oeuvre éphémère dans sa version première, mais pourquoi ne pas imaginer après ça des projections un peu partout dans les villes où les graffs lumineux et sonores resteraient en place toute l'année ? Notre Dame destructurée On a commencé la semaine avec de l'art génératif, alors tant qu'à être cohérent, continuons.Aujourd'hui, direction le travail de Jim Andrews, qui entre autres projets, a conçu le dbcinema, un système qui lui permet de récupérer automatiquement sur le web des images en fonction d'un mot-clé donné. Bon, rien d'exceptionnel jusque là, me direz-vous, et d'ailleurs, la version 0.50, disponible en ligne (seulement pour IE, attention), s'avère on ne peut plus rudimentaire. Là où le travail de Andrews devient intéressant, c'est quand il se sert de ce programme de base pour concevoir des films qui appliquent aux images récupérées des filtres graphiques et géométriques, décomposant puis recomposant chacune d'elles pour en faire des fresques à la limite de l'abstraction. Ci-contre, on voit ce que ça donne avec les mots-clés "Notre Dame Cathedral", et d'autres screenshots sont disponibles ici sur les mots-clés "Kandinsky", "Sunset" ou encore "Faces". Pour l'instant, cette dernière version de dbcinema n'est pas publique, mais on a hâte de pouvoir tester ce bel engin. Dessine-moi un virus Il y a quelques mois, Alex Dragulescu n'était connu que de quelques scientifiques passionnés proches du MIT de Boston.Mais en quelques expositions, en Grande Bretagne, puis aux Etats-Unis, la réputation de cet artiste chercheur a explosé et on ne compte plus les posts ou reportages qui lui sont consacrés. Son fait d'arme : avoir développé un programme de représentation graphique qui analyse et transforme en objet 3D à peu près n'importe quel groupe de données. En collaboration avec les chercheurs de MessageLabs, il a ainsi créé les images de virus informatiques, de messages de spam, ou encore de spywares vicieux (ci-contre, la représentation du méchant virus Mydoom). Mais si son travail a trouvé une grande résonnance dans le domaine particulier de la sécurité informatique, un petit tour sur son site nous démontre que son champ de recherche ne s'arrête pas là et qu'il est aussi parfaitement capable de produire la superbe représentation graphique d'un trio en Do majeur de Mozart, en se basant sur le tempo, la durée des notes et bien sûr leur tonalité. Transformer toutes les données du monde en images, un projet qui pourrait paraître simple ou futil, mais qui nous en apprend beaucoup sur la manière dont nous mêmes nous débattons au milieu des milliards de données chiffrées, toujours plus abstraites, qui nous entourent. |
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