Bon... Avec un peu de mauvais esprit, on pourrait presque faire la fine bouche et estimer que la Nuit blanche, c'est un peu comme le 31 décembre : une obligation d'être de bonne humeur et de le vivre ensemble, une gigantesque fête culturelle version figure imposée. Peut-être. Mais c'est aussi une rare occasion de sortir par centaines de milliers dans la rue avec, au coeur, ni la haine du gouvernement, ni l'amour du football. Et puis surtout, le programme est pas mal. Flu a voulu y apposer, en guise de repères, quelques petites pierres (blanches).


Nuit blanche, nuit du sponsoring ? : Lire la brève de flu du 26.09.2003

Quelques jours avant la fête, Flu a affrêté une équipe d'envoyés spéciaux.

Parcours 1 : Seine Rive gauche (BNF/Batofar/MEP & more)
Côté Est, dans le quartier Seine rive gauche, au pied de la BNF. La plus grosse opération d'urbanisme à Paris depuis la réfection de Bercy, il y a vingt ans. Les chantiers ont commencé en 1996, du côté de la Gare d'Austerlitz. Les immmeubles ont fleuri, et c'est plutôt pas mal, de l'archi contemporaine avec des immeubles de logements aux lignes claires, aux silhouettes effilées, au milieu d'un dédale de rues étroites et de jardins. P'tet' l'occasion d'aller jeter un oeil à la Cabane gourmande de la plasticienne Anne Ferrer au coeur du square James-Joyce. Ou de s'arrêter pour contempler l'éclairage toujours léché que le Canadien James Turrell a pu imaginer pour le bâtiment de la Caisse des Dépôts et Consignations sur le quai d'Austerlitz. Ou encore de participer à la Nuit spatiale que Zurban et la Maison européenne de la photographie organisent au Batofar, dans le cadre du festival @rt Outsiders : une rétrospective en images de la conquête de l'espace avec performances de VJs sur écran géant.

Parcours 2 : Paris Centre (IMA/Immanence)
Si on bouge un peu vers le centre, on pourra s'arrêter à l'Institut du monde arabe. Là, on trouvera une nuit du cinéma égyptien avec des comédies musicales hallucinantes, quasi-burlesques, avec des figures mélodramatiques et mièvres aussi inoubliables que Samia Gamal ou Farid al-Atrache. C'étaient des films réalisés par Henri Barakat ou Ahmed Badrakhan dans l'Egypte cosmopolite des années quarante, cinquante. C'était l'époque où les sociétés arabes ne s'étaient pas encore purgées de leurs éléments exogènes, où elles n'avaient pas peur de rêver, où elles n'avaient pas peur d'aimer. Toujours rive gauche, autre expérience onirique : celle proposée par Grégory Chatonsky, chantre de "l'insensé à l'ère numérique", à la galerie Immanence (avenue du Maine, 15e). En articulant un dispositif iconographique complexe - des personnes filmées avec une caméra infra-rouge durant leur sommeil - avec un accompagnement sonore composé musiques de films aussi connus que Fenêtre sur cour (Hitchcock) ou Mulholland Drive (Lynch), il trouve une voie pour s'adresser à tous en proposant un art de notre temps parmi les plus exigeants.

Parcours 3 : Côté Rive droite (Marais & Guests)
Rive droite, Bertrand Delanoë a de nouveau tenu, envers et contre tout, à accueillir les Parisiens dans leur hôtel de ville. Les façades en sont illuminées par Gilbert Moity ; dans la cour intérieure, un dispositif du (grand) chorégraphe William Forsythe métamorphose sur écran les mouvements des passants filmés dans les rues de Paris. On peut également interagir avec une installation de William Forsythe à l'Espace des Blancs-Manteaux (48, rue Vieille-du-Temple, 4e) ou encore en répondant aux instructions de danse qu'il fait défiler, tout au long de la nuit, sur les panneaux électroniques de la municipalité.

Parcours 4 : Extérieurs nuit (CIU/MAM/Villette)
Un petit tour à Beaubourg ("Alors, la Chine ?"), ouvert jusqu'au petit matin, et il sera sans doute temps de prendre le large, de s'excentrer, de se décaler. Là, trois options semblent assez alléchantes. Se rendre plein Sud à la Cité internationale universitaire, boulevard Jourdan (14e), pour y suivre l'un ou l'autre des nombreux ateliers plastiques d'une "Ecole d'art pour une nuit". Le cadre y est particulièrement propice, entre un vaste jardin de hêtres et quelques sompteux bâtiments néo-classiques ou issus de l'école moderne (ne rater sous aucun prétexte la maison du Brésil conçue par Oscar Niemeyer). Ou alors explorer l'Ouest parisien pour se reposer avec une des nombreuses animations "art de vivre" (mode, design, etc.) proposées par le Musée d'art moderne de la Ville de Paris, également ouvert toute la nuit. Ou enfin se rendre à la Villette, au Nord-Est, pour suivre la programmation de musique électronique (Burö / In Famous / Dirty / Ars Longa) offerte par la Gaîté-lyrique. C'est là, sans aucun doute, que viendront s'achever les plus cyber des collaborateurs de Flu... Avant un retour au centre pour le p'tit déj', dès 5h, sur le parvis...

N.B. : Facilités de transports toute la nuit.
Bus et métros (voir le site de la RATP).
6 stations de covoiturage proposées par Citroën : rue Saint-Martin, Hôtel de Ville, Canal Saint-Martin, Musée d'art moderne de la Ville de Paris, BNF, Cité U.




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