Dossier LA Noire
Avec Mafia I & II sur le marché, on se demandait ce que Team Bondi aurait à dire après que l’Amérique des années 40 en monde ouvert ait déjà été exploitée avec pertinence. Toutefois, l’équipe ne s’est pas contentée de livrer un GTA à ambiance, elle a décidé d’en détourner la forme et de la pousser dans d’autres directions, aussi bien dans son rythme que dans son contenu, au risque d’en souligner les travers. LA Noire est, par ses choix, une expérience ludique en clair-obscur, qui oppose poncifs d’exécution et audaces de conception.
LA Noire est ce projet, un faux-Mafia, un faux-GTA, qu’on pourrait prendre au premier abord comme un énième jeu de déambulation motorisée, avec des fusillades à chaque mission, des objectifs triviaux. Même à la surface, LA Noire n’est rien de tout cela, et impose dès les premières minutes un game-design qui n’emploie le monde ouvert que comme support visuel.
L’angle du polar interactif permet en effet à LA Noire d’être en rupture avec son architecture d’origine, en basant son rythme et son mode narratif sur celui des romans Pulp ou du cinéma noir des années 40-50.
Empruntant jusqu’à pasticher, le jeu de Team Bondi en devient un jeu de genre qui parvient cependant à convaincre. Pour comprendre ce qui met LA Noire en marge des autres titres Rockstar tels Red Dead Redemption ou GTA IV, il faut l’envisager sous plusieurs aspects : Ses mécanismes ludiques, son obsession du détail, et la technique au service de son propos.
LA Noire
Développeur : Team Bondi
Editeur : RockStar Games
Plateformes : Xbox 360 et PS3
Sortie en france : 20 mai 2011