En partenariat avec Vodkaster
Bienvenue dans le monde des chiens de guerre, des vétérans traumatisés ou revanchards, des super soldats invincibles qui remettent les pendules à l’heure. A l’occasion du retour de L'Agence Tous Risques sur grand écran, petit florilège de films (souvent 80’s) travaillant, pour le pire et le meilleur, tout autant une série de figures impérialistes, rebelles ou malades qu’une esthétique, passionnante ou effroyable, faisant déjà partie de l’histoire du cinéma - américain. En partenariat avec Vodkaster.
Le Vietnam aura marqué l’Amérique. Au point de hanter le cinéma hollywoodien des 80’s, du film d’auteur au pire produit d’exploitation. Parmi les images fortes du conflit, l’hélicoptère fut l’une des plus mémorables. En témoigne, entre autres, ce Tonnerre de feu signé John Badham, où Roy Scheider, ex-pilote d’hélico au Vietnam et traumatisé, se retrouve aux commandes d’un super engin créé pour faire régner l’ordre à L.A.
Héros d’un cinéma revanchard et reaganien ne craignant pas de refaire l’Histoire ni botter des culs, Chuck Norris aura fait le bonheur des vidéoclubs durant les années 80. Avec le mythique Portés disparus, l’heure est au règlement de comptes : dix ans après le Vietnam, frère Chuck revient sur le terrain pour sauver du GI oublié dans les geôles ennemies. Et au passage exploser la gueule à ces ordures de vietcongs communistes. Deux suites suivront.
Il fallait bien un film, au moins, pour explorer le fond, le vrai, du cinéma d’exploitation américain des 80’s surfant sur la figure du soldat ou vétéran qui en a gros sur la patate. Au point de péter sérieusement les plombs et se découvrir une carrière de vigilante prêt à nettoyer les rues malfamées du pays au karcher, enfin ici plutôt au lance flamme, très utilisé durant la guerre, ça tombe bien. Pour l’exemple voici donc Exterminator 2 de Mark Buntzman. Dont on sauvera la B.O.
La guerre, c’est lui, John Rambo. Plus qu’un personnage, un concept. Une maladie aussi, qui ne passe pas et revient hanter l’Amérique. Moins pour prendre sa revanche (comme on l’a souvent dit) dans une perspective idéologique reaganienne, qu’appuyer là où ça fait mal et ressasser - tel un mélo drainant tout le pathos dont Stallone est champion. Film symbolique, musculeux, dégénéré, Rambo II, où un portrait de son temps. Et de l'acteur, as usual.
Il faudrait faire rentrer l’affiche de Commando au MOMA à côté de celle de Rambo II. Dire qu’elle est une icône de son époque. Le film, lui, participera à fétichiser le corps de Schwarzenegger, figure indestructible et mutante d’une décennie où l’Amérique rêve de redorer son blason. Un super soldat, comme sur l’affiche. A moins que Commando soit finalement une version réactualisée d’Electre avec un lance roquette.
Pour Tarantino il est une fable homosexuelle, pour d’autres un symbole de l’impérialisme américain des 80’s et une publicité king size pour l’US Air Force. Tranchons : Top Gun est d’abord un film de Tony Scott, donc un film obsédé par la vitesse, le mouvement, les lignes, les raccords. Un film ivre d’images à la plastique laquée. Un film pop, ou plutôt post pop, comme le furent les 80’s. Et la guerre, les avions ? Des motifs, rien que des motifs, fuselés.
On ne présente plus Predator, figure de légende maintes fois reprise (comics, jeux vidéo etc.). Du chef d’oeuvre de John McTiernan (parmi les derniers grands cinéastes classiques hollywoodiens), on se souvient de ce casting de Bérets verts musclés avec Schwarzy en tête de peloton. Ils n’étaient rien d’autres qu’un fantasme du soldat envoyé au Vietnam et se faisant décimer par un ennemi invisible renvoyant aux Viêt-Cong cachés dans la jungle.
Héros d’un bis qui tache et félicite les amateurs de séries Z (qui se complaisent toujours dans le second degré et le mauvais goût), Chuck Norris a, il faut bien l’avouer, un peu cherché sa réputation. Preuve encore avec Delta force 2 (sans Lee Marvin, seul élément à sauver du premier) faisant l’éloge de la troupe d’élite éponyme. Un mythe du super soldat se peaufine, entre dialogues aberrants et distributions de baffes, ici aux narcotrafiquants.
Grand film d’action et géniale satire politique, Starship Troopers est celui qui dérange dans cette liste. Cynique, méchant et d’une redoutable efficacité, le film de Paul Verhoeven est une délirante parabole futuriste (donc au présent, sinon intemporelle) sur la guerre, l’industrie militaire, sa vision américaine en particulier et un certain rapport à la violence, déréalisée et transformée par des médias propagandistes. Tragicomique, jubilatoire, simple mais direct.
Actualisation customisée des soldats en plomb, les G.I. Joe méritaient bien un film. Loin des Greengrass, Bigelow, Scott et autres cinéastes contemporains prenant la guerre et ses armées au sérieux, Stephen Sommers préfère la voie du blockbuster numérisé et du militaire high tech en plastoc. Joyeusement bordélique, limite abstrait et parfois illisible voire incompréhensible, G.I. Joe est un gros jouet inoffensif et conforme à son modèle.
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