En partenariat avec Vodkaster
Non, le chick flick, ou film de filles, ne se résume pas qu’à Sex and the City, Confessions d'une accro au shopping, Princesse malgré elle ou Comme Cendrillon. Il peut, loin de toute mythologie de presse féminine ou des fantasmes pour ados assujetties au matérialisme, investir d’autres horizons ; inventer des figures qui ne doivent pas qu’à leur identité sexuelle, sans pour autant la renier. Panorama (avec Vodkaster) d’un faux genre où les filles nous illuminent.
Jouant avec les codes, mélangeant les genres, floutant les identités, Thelma et Louise a jeté un pavé dans la mare d’un cinéma hollywoodien qui aime la testostérone. Entre road movie féministe et buddy western, Ridley Scott emprunte la figure mythique du hors la loi, l’espace américain, son idéal de liberté absolue, pour parler de l’émancipation des femmes. Drôle, sensible, tragique et critique, Thelma & Louise, avec Susan Sarandon et Geena Davis, fera date.
Personne n’avait vu venir cette adaptation de Charlie et ses drôles de dames par le méconnu McG. Et pourtant, en 2000, à peine remis de Matrix et ses bullet time, le film s’impose comme le nouvel étalon d’un cinéma d’action dopé aux effets numériques. Avec son trio d’actrices aussi sexy que généreuses et décomplexées (Cameron Diaz, Drew Barrymore et Lucy Liu), baddass mais pas trop, le film déploiera une énergie folle et un vrai sens de la comédie. Une certaine idée d’un girl power coloré et pop.
La superficialité n’existe que dans le regard des autres. Et elle n’est pas incompatible avec ce que, ces autres, jugent digne des plus grandes ambitions. Pour preuve, La Revanche d'une blonde de Robert Luketic, où les bigoudis, la manucure et les fringues n’empêchent pas la géniale Reese Witherspoon de mener de brillantes études de droit. Grand récit initiatique tordant les clichés sur les blondes, le film montre que de l’ultra féminité peut naître aussi une métaphysique.
Intégrer un nouveau lycée, d’autant plus américain, c’est un peu comme débarquer au zoo, avec ses espèces ici disséminées en tribus. Partant de ce constat vérité, Lolita malgré moi balance Lindsay Lohan, avant son stage chez Chanel, dans un monde sans pitié où être une fille est très compliqué. Mark Waters signe surtout ici l’un des meilleurs teen movie des années 2000. Méchant, cynique, intelligent - la présence de Tina Fey au scénario est palpable.
Quel kid n’a pas rêvé d’être adulte, d’un coup de baguette magique ? Reprenant ce bon vieux fantasme et son concept déjà utilisé dans Big, 30 ans sinon rien imagine Jennifer Garner avec son corps de femme mais l’esprit d’une pré-adolescente. La transmutation, un classique du cinéma américain, qui ici passionne, en considérant son actrice, éternelle jeune fille qui se cherche, jamais vraiment fixée, à l’image de son personnage dans Alias.
La mode et son univers impitoyable qui pourtant ne cesse de fasciner. Missel de la chick lit’ qui lancera des vocations, Le Diable s'habille en Prada se distingue avant tout pour sa petite leçon d’éthique : face à une Meryl Streep Anna Wintourisée, Anne Hathaway fait l’épreuve du matérialisme et des jeux de pouvoir pour finir par refuser leur assujettissement. Sans nier l’existence du monde qu’elle traverse, elle choisit la liberté. Une micro révolution au féminin.
Le meilleur film de Tarantino est aussi celui donnant le plus la parole aux femmes. Dans Boulevard de la mort, celles-ci bavardent, et suivre leurs conversations interminables fascine jusqu’au vertige. Rien de très féministe ici, sauf à considérer Kurt Russel en gadget symbolique qu’on émasculera à la fin, mais des héroïnes dignes d’un girl group, à la fois sexy, filmées avec amour, et dans leur plus totale intégrité.
La superficialité, encore, révèle quelque chose de nos préjugés. C’est une écorce, parfois un masque. Dans Super Blonde, Anna Faris, bunny Playboy congédiée du manoir Hefner, met à profit ses talents pour déniaiser une confrérie universitaire de geeks au féminin. Jouant des archétypes pour les défaire, le film invente surtout une héroïne aux allures d’ange doué d’une bonté et générosité innées sur lesquelles la véritable bêtise du monde ricoche.
Les chick flicks avec teenagers pullulent, généralement pour le pire. Exception définitive : le très beau Bliss, premier film de Drew Barrymore, qui sur la voie du coming of age imagine Ellen Page en jeune adepte de compétitions de roller ball au féminin. Vrai film de filles, délicat, tendre, sentimental et parfois un peu sauvage, Bliss est un magnifique récit d’apprentissage, à la fois démocratique et emprunt de classicisme.
Biopic consacré à Joan Jett et son groupe de rock 100% féminin pendant les années 1970, The Runaways devrait avoir sa place ici, sans être encore sorti. Les deux jeunes actrices à l'affiche, Kristen Stewart et Dakota Fanning, sortent pour la première fois de leur peau (et leurs rôles) lisse d'ados pour faire l'expérience des vices et du rock n'roll. Et s'y donnent à corps perdu.
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