Régionales 2010
L’écologie n’est ni de droite, ni de gauche. Tel est le mot d’ordre de l’UMP depuis son échec au premier tour des élections régionales. Une chasse au vote vert dont la majorité présidentielle risque de repartir bredouille. En dépit de ses efforts.
"Nous voulons un label produit en Ile-de-France. Et nous voulons aider les agriculteurs franciliens à trouver leur marché, un marché de proximité.
C’est notre programme agri-proxi", assure Valérie Pécresse à la caméra de l’Express venue immortaliser l’évènement.
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Distribuer des pommes pour récupérer les électeurs d’Europe Ecologie, voilà à quoi en est réduit l’UMP dans cet entre-deux tours, faute de réserves de voix.
Dès dimanche soir et l’annonce des résultats des régionales 2010, l’argument a été martelé par Frédéric Lefebvre. Les électeurs écologistes n’appartiennent à personne (sous entendu pas au Parti Socialiste) et sont cordialement invités à glisser un bulletin UMP dans l’urne au deuxième tour. Débat à l’origine de la fameuse passe d’arme entre le porte-parole de l’UMP et Daniel Cohn Bendit, sur le plateau de France 2, qui s’est terminée par un "shut up !" de Dany le rouge à Frédo le bleu.
"Europe Ecologie a vendu son âme"
Depuis, l’UMP ne cesse de repartir à la charge dans les medias, dénonçant les tractations honteuses menées par le PS et EE. Celles-ci ayant abouties (sauf en Bretagne), Frédéric Lefebvre en a rajouté une couche, mardi, dans un communiqué au ton cinglant :
"Les responsables d’Europe Ecologie viennent de vendre leur âme pour des places et des postes ! Cela ressemble à une trahison en bonne et due forme de leurs électeurs! A une large majorité, ceux-ci sont en effet opposés à la fusion avec les socialistes (61% des électeurs d’Europe Ecologie le déclarent dans un sondage CSA publié par «Le Parisien»)."
Ce chiffre, brandi depuis lundi par les représentants de l’UMP, ne sort pas de nulle part, comme certains ont pu le laisser entendre (notamment Marianne). Il provient d’une enquête CSA/ Le Parisien réalisé le 14 mars. L’intitulé exact de la question : "Dans les régions où la liste Europe Ecologie réalisera de bons scores, quelle est votre préférence ?" La réponse : 61 % d’électeurs d’Europe Ecologie souhaiteraient que les listes EE se maintiennent au 2e tour, contre 35 % favorables à une alliance.

Comment faut-il donc prendre ce chiffre ? Selon Jean-Daniel Levy de l’institut CSA, auteur du sondage incriminé, l’UMP va un peu vite dans son interprétation :
"On remarque que le vote pour Europe Ecologie est motivé par une vraie adhésion à un projet politique. D’où cette volonté de voir ces listes se maintenir au second tour pour 61% des sondés.
Contrairement aux années 90, les électeurs considèrent les écologistes comme une force politique en capacité de gouverner. Ce n’est plus un vote futile."
52% des électeurs déclarent en effet avoir voté pour un projet, contre 27% en moyenne, selon la même étude du CSA.
Ses 61 % seraient donc compatibles avec les sondages avancent que 78 % des suffrages d’Europe Ecologie devraient se porter sur les listes fusionnées avec le PS au second tour ?
"Ces chiffres ne sont pas contradictoires avec notre sondage", poursuit Jean-Daniel Levy. "Les gens répondent qu’ils sont pour le maintien des listes Europe Ecologie au second tour, mais sans être au fait de certaines subtilités électorales. Ensuite, une fois qu’il faut choisir, ils reviennent à leur famille d’origine et votent pour le PS."
22% à convaincre
Reste un fait : 22 à 26%, selon les études, des électeurs d’Europe d’Ecologie ne seraient pas disposés à suivre la "logique" du vote socialiste. Un report moins bon, selon l'Ifop, que celui des voix du Front de Gauche (96 %), et même du NPA (82 %). Seul l’électeur de Lutte Ouvrière, pour d’autres raisons, se montre plus boudeur (69 %).
La brèche a beau être petite, l’UMP s’y est engouffrée. Sauf que ne pas voter PS ne veut pas forcément dire voter UMP. Et que la récente déclaration de Nicolas Sarkozy en marge du Salon de l’Agriculture ("L’environnement, ça commence à bien faire") est arrivée au plus mauvais moment. Mais, qui sait, avec les pommes de Valérie Pécresse, tout est possible.
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