Après 14 ans à raconter des histoires à rêver debout, le collectif l'oeil Public cesse de cligner. Motif : le photojournalisme ne permet plus ce type d'aventures et est à réinventer.
Pendant ses 14 ans d'existence, l'Oeil public a toujours refusé le corporate et rechigné à faire dans l'illustration, "pas par snobisme mais parce que cela nous a permis de nous distinguer et de faire vivre en tant que petite structure", ajoute Brault.
Cette structure rassemblait des photographes indépendants - dont le nombre oscilla entre 8 et 10 - qui mettaient en commun leur réseau et expérience mais ne travaillaient pas collectivement contrairement à ce qu'on a pu lire ici ou là.
Chacun gardait le fruit de ses ventes, en revanche, ils vendaient en commun leurs archives sur un site. Pendant longtemps, la vente d'archives constituera donc une grande part de leur revenu et permettra de payer les trois salariés de l'Oeil Public qui géraient l'iconographie et l'administratif.
Mais depuis 1 an et demi environ les commandes étaient en baisse, et les charges fixes devenues trop lourdes pour le volume.
Malgré la prolifération des medias en ligne, la vente de photos n'a pas forcément augmenté. "Les tarifs du web sont très bas. Un diaporama de 15 photos sur le site du magazine Time est acheté 300 dollars", indique Philippe Brault.
Les 8 photographes ont préféré liquider la société avant que celle-ci ne croule sous les dettes.
Retrouvez sur le site de l'Oeil Public quelques travaux des membres du collectif.
Après le mur de rue 89, c'est au tour d'Agoravox de demander l'aide financière de ses lecteurs. Le site participatif qui réunit 330 000 visiteurs uniques par mois (environ selon Nielsen Mediamétrie)La photo de logo est signée Julien Daniel à Odessa Texas en 2004.
Sur le web
- le site de l'Oeil Public
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