C'est vraiment le retour des nineties....
A ceux qui ont vécu le début des mouvements alters dans les années 1990, le sommet de Copenhague rappellera des souvenirs : images de batailles entre policiers et manifestants, incapacité des négociateurs à se mettre d'accord, mépris plus ou moins évidents des pays du Sud , perspective d'un bilan nul... Les points communs ne manquent pas.
Il s'agissait d'ouvrir un nouveau cycle de négociations mondiales, baptisé le Millenium Round.
Le but était de libéraliser un certain nombre de biens et services suppl"mentaires, comme l'éducation ou les produits agricoles.
Des milliers de personnes se rassemblèrent à Seattle pour protester contre ce sommet planétaire .
C'était la première fois qu'une de ces réunions - à laquelle pour la première fois participaient la Russie et la Chine - , était éclairée de manière aussi crue.
L'un des premiers reproches faits au sommet était d'ailleurs ce mépris de la démocratie. A Copenhague, José Bové a ressorti le couplet quand les membres de Climate Action Justice se sont vu refuser l'entrée du Bella Center.
On parle encore du club des riches
A Seattle, outre le déni de démocratie et l'opacité des processus décisionnels c'est le mépris des pays en voie de développement qui était mis en cause. Certains des représentants de ces pays relaieront les positions des altermondialistes à l'intérieur des débats officiels.
En cela Copenhague est similaire au rendez-vous américain : là encore, les opposants y voient la réunion d'un club des riches, imposant sa loi à tous les autres et amenant le monde à la catastrophe.
Ce mouvement altermondialiste à dimension planétaire s'était focalisé très directement en 1999 sur l'économie du libre-échange - normal me direz-vous à un sommet de l'OMC.
Cette fois si on cause écologie, mais c'est toujours la structure de l'économie capitaliste qui est mise en cause. Deux camps aux positions irréconciliables s'opposent : Ceux qui croient que l'adaptation des économies et les innovations technologiques sont les meilleurs atouts pour relever le défi écologique, contre ceux qui pensent que rien n'est possible sans une large transformation du système. On stigmatisait l'injustice globale, aujourd'hui on parle de la nécessité d'une justice climatique sur le même mode : il convient de transformer profondément les relations Nord/Sud, les choix de développement et plus largement en finir avec le modèle de l'économie capitaliste.
Naomi Klein est encore là
A l'époque on parlait de taxer les échanges financiers (la fameuse taxe Tobin) ATTAC était une organisation de premier plan, Naomi Klein la figure de proue.
Tiens, voilà un autre point commun entre Seattle et Copenhague : Naomi Klein.
L'auteur de No logo trouve elle aussi que Copenhague ressemble à Seattle et elle s'en félicitait récemment dans un texte
"le nombre impressionnant de groupes qui seront présents, la diversité des tactiques qui vont être employées, ainsi que le fait que les dirigeants des pays en développement soient décidés à relayer les revendications de certains militants lors du sommet.
Mais Copenhague ne sera pas pour autant une simple répétition de Seattle. Il semble en effet que les plaques tectoniques du progrès aient bougé et soient en train de créer un mouvement qui s'appuie sur les points forts du passé tout en parvenant à tirer les leçons des erreurs commises." (traduction complète ici)
Un dernier point commun
Si Klein n'appelle pas à une telle répétition c'est en raison d'un dernier point commun entre Copenhague et Seattle : du côté des négociateurs officiels qui se quittèrent sans signer le moindre accord même symbolique; comme du côté des alters qui ne surent jamais donner forme politique opérante à leur point de vue, le rendez-vous fut un échec cuisant
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