Arme fatale de la musique des années 80, le synthétiseur était plus que de retour en 2009. En version vintage analogique ou en plug-in numérique, analyse d'une vraie vague de fond artistique et revue de détails des groupes qui ont opté pour ces sons rétro-futuristes.
Le synthétiseur dans la musique, ce n'est pas nouveau bien sûr. Même si l'on fait abstraction des pionniers de la musique électroniques des 50's/60's, du rock progressif et du krautrock des 70's ou de la new wave des 80's, l'engouement autour de ces fabuleuses machines à sons ne date pas d'hier. Après dix ans de domination sans partage de la techno minimale d'une part et du "retour du rock" de l'autre, il semblerait donc que les kids se soient lassés du tout numérique et de la guitare. Conséquence et réelle nouveauté en 2009, c'est désormais en haut des charts que s'affichent aujourd'hui ceux qui usent (et abusent parfois) de cet instrument longtemps honnis : le synthétiseur !
Une vraie vague de sons synthétiques
Simian Mobile Disco, Flairs, La Roux, Animal Collective, The Flaming Lips, Yuksek, Bat For Lashes, Calvin Harris, Krikor, Bot'Ox, Yacht, Etienne Jaumet, Joakim, Health, Jeremy Jay jusqu'à Julian Casablancas, tous reviennent cette année aux sonorités vintage et bourdonnantes des synthétiseurs analogiques.
Des artistes qui sont, peu ou prou, tous passés entre nos deux oreilles cette année. Même LCD Soundsystem, pourtant absent des bilans de fin d'année et qui ne sort qu'un maxi offre une reprise vintage d'un morceau d'Alan Vega ("Bye Bye Bayou") ! La lassitude d'une techno minimale millimétrée et d'un rock calibré et de plus en plus présenté comme un nouveau moyen de vendre des produits en tous genres, a sans doute participé à cette tendance. Autre phénomène indiscutable : celui du retour du disco et de la new wave.
La revanche du disco et de la new wave
Chroniqués, analysés, partagés sur les blogs, adorés ou décriés, mais aussi clippés par les plus grands et multi-récompensés (La Roux, Hot Chip, Simian Mobile Disco, MGMT...), recevant les honneurs des couvertures de magazines, les musiciens de 2009 avouent ne plus pouvoir se passer des sons intemporels des synthétiseurs.
Le plus étonnant pourtant, reste l'affiliation flagrante (et souvent revendiquée) avec deux genres autrefois méprisés (tout au moins dans le rock), l'Italo disco et l'Italo pop incarnés entre autre par le pape du genre, Giorgio Moroder, ainsi que la new wave et sa cohorte de groupes synth-pop dont certains sont toujours en activité aujourd'hui. Côté disco, ce sont les trublions de The Emperor Machine et Padded Cell qui fricotent avec le krautrock à grands coups de riffs analogiques. Mais dans les rangs de ces revivalistes du rythme 4x4, on compte aussi Yacht, Hecuba, Minitel Rose, Lindstrom, WhoMadeWho, le Français Anoraak et tout le Collectif Valérie à Nantes. La new wave quant à elle récupère les rejetons blessés des 00's, avec Cold Cave, Koudlam ou encore Jeremy Jay et les Français Bot'Ox.Nos tops 2009
Compte à rebours et rééditions
En 2009, impossible d'ignorer le revival. Il est partout. A tel point que l'on a parfois l'impression que l'histoire de la musique se vit à rebours, de la techno au post-punk, à la new wave et au disco, jusqu'aux expériences psychédéliques et excentriques des grands anciens (Jean-Jacques Perrey, White Noise ou Silver Apples). Entre les deux, il existe une foule de groupes et de projets jusqu'alors inconnus et à nouveau disponibles grâce à l'enthousiasme des foules sur internet et au nez creux de certains labels et producteurs. C'est le cas de The Units, fabuleux collectif synthpunk de San Fransisco qui se voit honorer par Community Library sur un History of the Units - The Early Years- 1977-1983 aussi sauvage qu'intemporel. Tout comme le Catholic du producteur disco Patrick Cowley, accompagné de Jorge Socarras et ici à l'origine d'une synth-pop inoxidable. C'est aussi le label allemand Bureau B qui réédite à tour de bras les oeuvres de Cluster, du krautrock des 70's et 80's, moins connu que Can ou Neu!, mais tout aussi brilliant. En 2009, on notera aussi le retour des pionniers synth-punk Devo ou des parrains de l'indus belge, Front 242.
2009 : le retour des hommes machines
Tous genres confondus, pop, rock et électro, les stars de l'année 2009 mélangent le désormais mythique tryptique basse, guitare, batterie et les sons synthétiques des multiples instruments analogiques mis à leur disposition. Sur Ebay ou chez les destockeurs, c'est la ruée sur les Roland Juno-106, Arp Odyssey, Fairlight CMI, Moog Voyager, Mellotron et même sur diverses versions de ce bon vieux Theremin, inventé en 1919 par le Russe Léon Thermen. Même les laptopistes convaincus s'y mettent. Les synthétiseurs et leurs sons inouïs étant maintenant facilement disponibles et compatibles avec le format numérique sous forme de logiciels et d'émulateurs pour MAC et PC. Le mythe des hommes-machines qui fait aujourd'hui vibrer le rock et la pop effectue même son retour dans la sacro-sainte minimale techno, délaissant par le même coup le minimalisme pour se rapprocher du progressif par la bande. C'est le cas de Fuck Buttons, de The Field, de Fairmont ou, pour les plus rigoristes, des Français David Carretta et Arnaud Rebotini, ou de Black Meteoric Star chez DFA.
Bref, en 2009, plus que jamais, l'usage du synthé s'est imposé comme une tendance lourde, et avec les prochains Hot Chip, LCD Soundsystem et !!!, annoncés pour 2010, on peut parier sans avoir peur de se tromper que la vague n'est pas prête de s'arrêter.

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