Sommet de Copenhague
Alors que le discours des scientifiques prend des accents de plus en plus anxiogènes, au risque de décourager le citoyen-consommateur, Fluctuat a décidé de se pencher sur les projets et innovations susceptibles d'enrayer l'apocalypse écologique qu'on nous prédit.
A force de nous répéter que l'on fonce droit dans le mur et de nous promettre le pire, entre crises énergétique, catastrophes climatiques et chaos alimentaire, certains sont tentés de ne plus croire ou écouter la communauté scientifique. Et donc de refuser d'adopter les comportements écologiques qui s'imposent, considérant soit qu'on nous ment, soit qu'il est de toute manière trop tard pour changer les choses.
A l'heure où démarre le sommet international de Copenhague sur le réchauffement climatique, il n'est pourtant pas opportun de pleurer ou nier la réalité. Les énergies renouvelables se développent un peu partout dans le monde et sont encore loin d'exploiter tout leur potentiel. Les logements basse consommation poussent comme des champignons. La crise de l'eau n'est pas aussi grave qu'on ne le pense. Et même la Chine rouge, souvent présentée comme un pollueur monstrueusement cynique, se met au vert.
1. L’air peut fournir de l'eau
Et si la solution au problème majeur de l’accès à l’eau se trouvait d’ans l’air ? C’est la piste qu’a suivi Marc Parent, un inventeur originaire des Bouches-du-Rhône (04), fondateur de la société Eole Water. Oui, Eole Water. Parce que la trouvaille de ce bricoleur humaniste, c’est de condenser l’humidité présente dans l’atmosphère via une éolienne. Tout simplement.
"L’énergie de l’éolienne sert à produire du froid, jusqu’à ce qu’on arrive au point de rosée. En fait, on fabrique de la pluie", nous explique Marc Parent. Un réservoir stocke l’eau, qui est filtrée et prête à consommer à la sortie.
Brevetée en 2001, l’idée lui est venue à l’esprit en 1997 alors qu’il habitait aux Antilles. Sa maison n’était pas raccordée à l’eau et il récupérait les gouttes qui tombaient de son climatiseur pour faire son linge. Depuis 2008, il s’est associé avec des amis pour créer sa compagnie, Eole Water, et commencer à commercialiser son produit.
"Beaucoup de pays sont intéressés en Afrique, où les conditions sont très favorables dans les régions littorales. Il y a aussi l’Inde, le sud des Etats-Unis, le Mexique, l’Amérique Latine, l’Australie, certaines îles d’Asie et des pays du Moyen-Orient", énumère Marc Parent, qui met en avant les avantages de son procédé. "Le dessalement a de l’avance sur nous, mais ce n’est pas du tout écologique. Pour faire un litre d’eau douce, il faut trois à quatre litre d’eau salée. Du coup, on rejette une eau hyper salée qui nuit à l’écosystème".
L'éolienne de Parent peut produire 70 et 200 litres d'eau par jour et coûte 90 000 euros, contre 30 000 à une éolienne classique qui ne produit que de l’électricité : "pour l’instant on est une TPE, on pourra baisser les prix en industrialisant notre fabrication". Son prochain modèle, prévu pour 2010, devrait en prime atteindre une production de "1000 litres en moyenne, avec des pointes à 2000 selon les conditions atmosphériques", précise l’inventeur. Car la capacité de son éolienne dépend évidemment du taux d’humidité, de la chaleur et du vent. S'il espère connaître le succès avec Eole Water, Marc Parent souligne la "dimension humaine" de son projet : "Notre projet, ce n’est pas que du business, je me bats tous les jours pour que cette machine arrive en Afrique et ailleurs. Des enfants meurent tous les jours de problèmes liés à l’eau."
2. La Chine est plus verte que vous ne le croyez
Souvent montrée du doigt comme un mauvais élève en matière d'écologie, avec son industrialisation galopante et désastreuse pour environnement, l'Empire chinois a pris conscience qu'il ne pourrait pas continuer ainsi éternellement. Au risque de voir son modèle économique imploser.
Pollution de l'air, des fleuves, extinction des abeilles qui oblige les ouvriers agricoles à polliniser manuellement, la Chine subit de plein fouet le contre coup de son essor fulgurant. Elle réalise également qu'elle paiera fortement les conséquences du réchauffement climatique, avec par exemple la fonte des glaciers de l'Himalaya qui lui fournissent son eau.
Si la Chine rouge passe au vert, ce n'est donc pas par plaisir ou idéologie. Un des enjeux du géant asiatique est notamment de devenir leader sur les technologies propres et les énergies renouvelables. Le parc éolien chinois (10% du total mondial) fournit ainsi 12,17 millions de kilowatts, contre 350.000 en 2000.
En 2050, la Chine compte atteindre un tiers d'énergies renouvelables.
D'ici 2020, elle s'est fixée comme objectif de réduire son intensité carbone (la quantité de CO2 émise pour chaque point de PIB) de 40 à 45% par rapport au niveau de 2005.
3. Les éco-cités, ça marche
Construit en 1996 sur une base militaire française désaffectée, le Quartier Vauban de Fribourg-en-Brisgau, au Sud-Est de l'Allemagne, est le premier écoquartier du monde. Logements peu énergivores, transports en commun ultra développés, promotion du vélo et recours massif au photovoltaïque. Ce quartier de Fribourg de 5500 habitants tend vers l'auto-suffisance énergétique. Vauban produirait ainsi 70% de ce qu'il consomme.
Peu répandu en France, où l'importance du nucléaire ne favorise pas ce genre d'initiatives, le modèle de Fribourg fait des petits un peu partout en Europe. Au point qu'on compterait aujourd'hui 2500 villes impliquées dans le développement de quartiers durables.
Copenhague, qui abrite le sommet international consacré au réchauffement climatique, fait également partie des villes avant-gardistes sur le terrain de l'écologie. La capitale danoise prévoit de devenir CO2 neutre en 2025.
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- Sur le forum : le réchauffement climatique causé par l'homme, une arnaque intellectuelle ?
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