Entretien avec Grégoire Lejonc
La déforestation en Amazonie a chuté de 45% sur les douze derniers mois. "Extraordinaire", s’est félicité le président brésilien Lula, à l’approche du sommet de Copenhague sur les changements climatiques (du 7 au 18 décembre). Pour l’association Greenpeace, il serait dangereux de crier victoire trop tôt alors que 7000 km2 de forêt ont encore été détruits cette année.
Le poumon de la planète est pourtant loin d’être sauvé, estiment les militants de Greenpeace qui sont loin de sauter au plafond comme Lula. C’est ce qu’explique à Fluctuat Grégoire Lejonc, chargé de campagne forêt pour Greenpeace France.
La destruction de la forêt amazonienne en baisse de 45% au Brésil, c’est une bonne nouvelle pour Greenpeace ?
La déforestation diminue, on ne peut que s’en féliciter. Même si le vrai objectif reste zéro déforestation. Juste avant le sommet de Copenhague, c’est intéressant pour le Brésil, mais il faut voir d’où ils partent. La forêt amazonienne est toujours en péril. 7000 kilomètres carrés sont encore partis cette année et 20% de sa superficie totale a déjà disparu. Il faut continuer à lutter contre les moteurs de la déforestation qui sont le commerce du bois, la culture du soja et l’élevage bovin.
Certains estiment que cette baisse de la déforestation pourrait surtout être liée à la crise économique. Vous partagez ce point de vue ?
La courbe de la déforestation diminue, mais il faudra dix ans de recul pour en connaître les raisons exactes. En attendant de savoir si c’est dû à des mesures structurelles ou à la crise économique, il ne faut pas relâcher l’effort. Mais on peut voir sur la carte de la déforestation que nous avons mise à jour qu’on continue à construire des routes au milieu de l’Amazonie, ce qui n’augure rien de bon.
Qu’est-ce que Greenpeace attend du sommet de Copenhague sur la question de la déforestation ?
La communauté internationale doit mettre en place un fond pour aider les pays qui ont des forêts à les conserver. Selon nous, il faudrait investir 30 milliards d'euros par an pour ce programme. La déforestation étant à l’origine de 20% des gaz à effets de serre, c’est un enjeu fort pour la lutte contre le réchauffement climatique.
La déforestation sera une des priorités de Copenhague ?
La lutte contre la déforestation est une des priorités de Copenhague. Mais il faut à la fois réduire les gaz à effets de serre, notamment dans les pays industrialisés, et lutter contre la déforestation dans des zones comme le bassin du Congo et l’Indonésie. L’un ne peut pas aller sans l’autre si on veut être efficace.
On met souvent en opposition la volonté écologique des pays du Nord à la réalité des populations locales qui jouent leur survie au jour le jour et n’ont pas toujours les moyens de répondre à nos critères environnementaux. Qu’en est-il selon vous ?
Les grands groupes qui exploitent le bois ou mettent en place de grands élevages bovins sont les principaux responsables de la déforestation en Amazonie. Pas les populations locales qui n’ont pas vocation à détruite leur habitat et leurs ressources. Ça, c’est ce que certains lobbys essaient de nous faire croire. Pour Greenpeace, reconnaître le droit de ses populations locales à vivre de leur environnement est fondamental.
Un clip de Greenpeace sur la déforestation :
- Sur le web :
Le site internet de Greenpeace France
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