En 2008, la French Touch 2.0 (la nouvelle génération d'artistes électro français) s'attirait les faveurs d'un public étranger. Un an après, le genre a toujours la cote et c'est à présent au tour de la pop-rock de l'Hexagone (avec Phoenix en tête) de séduire le marché américain en particulier.
L'Amérique, l'Amérique, je veux l'avoir et je l'aurai
Ce ticket pour l'étranger, l'électro à la française, l'a déjà acquis, il y a plus de 10 ans, via des groupes comme Daft Punk (et toute la clique versaillaise) et plus récemment, Justice, Yuksek ou Minitel Rose. En 2009, David Guetta s'est assuré par le biais de featurings avec des stars internationales (Akon et Kelly Rowland) des belles ventes pour son album, One Love. Efficace et sans paroles, la musique électro française s'est faite une place dans un pays où la scène électro n'est pas inexistante mais plus marginale.
Dans leur sillon les formations phares de la french touch, tout aussi portées sur le krautrock, la disco que la pop ou le rock brassent des influences diverses et entraînent leur copains de la scène pop-rock. Les collaborations (Air qui produit Charlotte Gainsbourg), les réseaux qui participent à créer des scènes et pôles de création (Versailles, Reims) et la transversalité de nos artistes électro parfois, tout aussi dj que poppeux, voilà tout autant de facteurs qui pourraient expliquer le basculement d'intérêt progressif des USA de la french touch vers la french pop.
Cette année on aura noté le succès de Sliimy remarqué par le blog de Perez Hilton, Housse de Racket cité sur le blog de Kanye West ou encore la mise en place du festival Ooh la L.A. ! organisé en septembre à Los Angeles avec Marc Collin, Sébastien Tellier, Cocoon, The Do.... Des frenchies qui commencent à se faire remarquer aux USA en espérant bien percer un jour comme l'a fait le groupe Phoenix.
Phoenix, groupe international
Si Phoenix a été choyé par les USA en 2009, son succès outre-Atlantique remonte déjà à quelques années. Originaires de Versailles, ses membres confessent avoir toujours voulu se tirer de cette banlieue, de Paris et de la France pour viser ailleurs. Un premier pied posé sur le territoire américain avec la participation à la B.O. de The Virgin Suicides, le deuxième avec le titre "Too Young" présent sur celle de Lost in translation. Proportionnellement au succès de la réalisatrice Sofia Coppola, Phoenix voit sa réputation s'accroître au fil des singles et sorties d'albums sur le continent américain.
Début 2009 : l'annonce d'un nouvel album de Phoenix semble faire beaucoup d'heureux aux USA, où des sites comme Pitchfork ou Stereogum reprennent l'info sans tarder. Sorti en mai, Wolfgang Amadeus Phoenix s'est vendu à 200 000 exemplaires outre-Atlantique (50 000 en France).

Phoenix à la télé US
Les USA se les ont arraché cette année et le groupe a fait le tour des talk-shows (passage obligé et rêvé des groupes aux USA) : Late Late Show, Fallon, Jimmy Kimmel Show... et SNL, qui pour la toute première fois invite un artiste français à jouer en live. Cerise sur le gâteau, Phoenix fait partie aux côtés de U2, Paul McCartney et de Coldplay des seuls groupes à qui le célèbre talk-show a demandé de jouer 3 titres au lieu des 2 habituels. A suivre pour le groupe qui a déjà fait deux dates à Central Park : un possible concert, cette fois-ci au Madison Square Garden. Prochaine étape, celle des Grammy Awards ? Au L.A. Times qui a mis Wolfgang Amadeus Phoenix dans sa liste des potentiels gagnants, on y croit en tout cas.
Comme nous le confiait Thomas Mars, la route qui a mené Phoenix aux USA a été tracée par Daft Punk, sorte de Magellan des années 2000. Depuis la french touch, c'est Phoenix qui pourrait bien ouvrir la voie à ses petits copains.
Voir ci-dessous le groupe s'exprimer sur le succès des Français à l'étranger et sur leur passage à SNL
Une génération qui revendique une culture anglo-saxonne
Si les groupes de pop-rock français jouaient auparavant pour le public français chantant donc en français, tentant de faire un rock à la française, les formations plus jeunes telles que Housse de Racket, Revolver ont bien conscience de s'adresser tout comme Phoenix à une scène sans frontière. Les scènes musicales font moins office de chappelles qu'auparavant et les artistes français n'ont à présent plus honte d'afficher leurs influences anglo-saxonnes. On peut avoir grandi à Lyon et se sentir plus touché par les Smiths que par Noir Désir ou par Bashung. La francophonie, qui autrefois pouvait faire débat, ne semble plus être un problème. On chante en anglais, certes pour s'attirer un marché étranger, mais également par souci de cohérence avec son propre univers musical. Peut-on parler d'une perte d'identité nationale au profit d'une image plus internationale ? Doit-on se plaindre que 20 ans après le succès de Telephone, les Plastiscines soient invitées dans la série Gossip Girl ? Que les blogs US aient repris le dernier clip de Charlotte Gainsbourg ?
2009 aura été marquée par le succès de Phoenix aux USA. Une dynamique qui devrait être prolongée par les sorties attendues outre-Atlantique d'IRM, prochain Charlotte Gainsbourg en collaboration avec Beck et d'About Love, le 2nd effort des Plastiscines.
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